Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mai 1998
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

9- 1998, DAC 13 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres ou un marché négocié, dans l'hypothèse où l'appel d'offres serait déclaré infructueux, pour la fourniture et la livraison de livres, équipés pour le prêt public et destinés aux établissements du réseau des bibliothèques de la Ville de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 1998



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAC 13 concernant la fourniture et la livraison de livres, équipés pour le prêt public et destinés aux établissements du réseau des bibliothèques de la Ville de Paris.
Mme BILLARD a la parole.
Mme Martine BILLARD, élue " Les Verts ". - Monsieur le Maire, cette possibilité de fournir des livres tout équipés aux bibliothèques est une bonne chose puisqu'elle permet de réduire les délais de livraisons et de pouvoir mettre les nouveautés plus rapidement à la disposition des lecteurs.
Le montant proposé pour le marché appelle plusieurs remarques.
Le précédent marché négocié pour un montant total de 600.000 F T.T.C. et ce pour une durée de 10 mois, a permis d'acquérir des livres équipés. Le marché que vous nous proposez de 680.000 F est valable pour un an reconductible.
Pourquoi ne pas avoir profité pleinement de ce type de marché pour augmenter de manière significative le montant maximum ?
Comment se situe ce marché par rapport à l'ensemble des autres marchés de reliure et d'acquisition de livres. Va-t-il s'ajouter aux montants de ces marchés ou la somme ainsi dépensée est-elle soustraite des autres marchés ? En effet le marché de fournitures d'ouvrages destinés aux bibliothèques comporte 2 lots de commandes de nouveautés.
Les crédits de reliure sont en baisse constante depuis 10 ans. Ainsi ce marché ne fait que pallier le manque pour les nouveautés. Les crédits de reliure restants sont insuffisants pour maintenir un état correct des collections.
Plus globalement la politique de lecture publique à Paris continue à stagner.
Le budget primitif de 1998 prévoit une baisse des crédits d'achats de livres : 35.000 F en moins, ce qui compte tenu de la progression du prix du livre, signifie un nombre moins important de livres pouvant être achetés. A moins que la baisse ne porte que sur les abonnements de périodiques. Ce qui n'est pas mieux.
Vous continuez à justifier cette stagnation par l'informatisation du réseau des bibliothèques. Mais cela ne trompe personne.
C'est ainsi que le Centre national du livre a annoncé en mars que les crédits attribués pour la constitution de fonds thématiques ne le seraient que si la Ville de Paris déposait un dossier justifiant cette demande. Or un des critères d'attribution consiste à dépenser au moins 10 F par habitant en achat de livres. Ce n'est pas le cas de Paris qui aujourd'hui dépense moins de 8 F par habitant alors que la moyenne nationale se situe autour de 13 F.
Les bibliothèques de Paris se contentent de livres, périodiques et phonogrammes. Pas de CD ROM dans les bibliothèques de la Ville. Pas de logiciel.
Paris, capitale de la France, n'est toujours pas un référent de la lecture publique en France.
Malheureusement votre politique ne vise pas à redresser la situation. Et pour conclure je citerai un exemple : la bibliothèque des Orteaux, située dans un quartier, la Z.A.C. " Réunion ", en pleine restructuration, est menacée de fermeture.
L'opportunité existe de doter le 20e arrondissement de la grande médiathèque qu'il n'a jamais eue. Les terrains disponibles existent. La demande existe. Mais faute de volonté politique, le risque est grand de se retrouver dans quelques années, avec au mieux, un établissement qui sera saturé dès son ouverture comme cela est arrivé pour la bibliothèque Saint-Blaise et pour la bibliothèque Parmentier.
Et comme il ne restera plus d'opportunités immobilières, on risque de se retrouver, une nouvelle fois, dans une situation insatisfaisante, coûteuse et irrémédiable.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à Mme MACÉ de LÉPINAY.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Votre question est multiple et déborde largement le cadre de la délibération qui vous est soumise mais je vais cependant vous apporter un maximum de précisions.
Tout d'abord sur le montant maximum de l'appel d'offres pour la fourniture de livres équipés. Il est effectivement le même - 680.000 F annuels - que celui du marché négocié passé en 1997. Il aurait été inutile de relever ce seuil, dans la mesure où le recours des bibliothèques à cette prestation tout à fait particulière n'est pas susceptible de dépasser ce montant au cours des trois prochaines années.
Je peux également vous préciser que les prestations rendues dans le cadre de ce marché de livres équipés ont vocation à se substituer, pour un petit nombre de titres très réclamés par les lecteurs, à celles rendues par les fournisseurs de livres " classiques ".
Ce marché n'a pas les caractéristiques habituelles des autres marchés de livres puisque les livres sont livrés déjà équipés pour le prêt et dans des délais rapides.
Sur les crédits de reliure, il me paraît utile de vous indiquer que ce marché de livres équipés pour le prêt n'est pas destiné à pallier un manque des crédits de reliure destinés au traitement des nouveautés éditoriales. En effet, ce type de livres, très demandé par les lecteurs, a toujours fait l'objet d'un traitement prioritaire. Par ailleurs, ce traitement étant confié essentiellement aux ateliers du Service technique des bibliothèques, la dépense correspondante n'a jamais été imputée sur les crédits destinés au paiement des prestations de relieurs.
Sur le montant des crédits d'achat de livres dans le budget 1998, je peux vous dire que votre information est fausse, les crédits d'achat de livres n'ont pas diminué dans le budget 1998. Cette erreur découle probablement d'une confusion liée à la nouvelle procédure comptable qui indique le montant cumulé des budgets d'acquisitions de livres, cassettes et disques de différents services. La part réservée aux bibliothèques est la même qu'en 197.
Par ailleurs, contrairement à ce qu'affirme Mme Martine BILLARD, la stabilisation du montant des crédits d'acquisitions en 1997 et 1998, demeurés au niveau de 1996, ne signifie pas une diminution du nombre de livres achetés.
En effet, les nouveaux marchés de livres passés en avril 1997 permettent aux bibliothèques de disposer de remises très supérieures à celles des marchés précédents. S'agissant par exemple de la série des " nouveautés ", déjà évoquée, les remises consenties par les nouveaux fournisseurs de la Ville de Paris s'élèvent désormais à 31 % et 36 % contre 20 % en 1994, soit un gain de pouvoir d'achat réel de 13,5 %.
Les statistiques d'acquisitions 1997, non encore disponibles, devraient donc enregistrer une hausse du nombre d'ouvrages achetés.
Quant à la participation du Centre national du livre à la constitution de fonds thématiques, je peux rassurer Mme BILLARD : la dernière commission des attributions du Centre national du livre vient de rendre un avis favorable à l'octroi d'une subvention de 800.000 F à la Ville de Paris. Cet avis devrait être confirmé rapidement.
Certes, il est vrai qu'à Paris la dépense par habitant pour les acquisitions de livres est moins élevée que dans d'autres communes.
Ce qu'on oublie cependant souvent de préciser c'est qu'à Paris le prêt d'ouvrage dans les bibliothèques municipales est gratuit alors qu'il est payant dans plus de 70 % des communes françaises.
Si demain, la Ville de Paris demandait aux lecteurs une cotisation, il est clair que la dépense municipale en matière d'acquisition pourrait augmenter de plusieurs millions.
Le Maire, jusqu'à présent, a souhaité privilégier la gratuité et je crois que la Ville de Paris peut en être fière.
Vous soulevez également la question des CD ROM. Je peux vous préciser que les deux nouveaux établissements qui vont ouvrir dans les prochains mois (bibliothèque Goutte-d'Or et Maine - Georges-Brassens) proposeront des CD ROM. Ils seront même, à ma demande, équipés d'Internet.
Je souhaite d'ailleurs qu'à terme, la plupart des bibliothèques municipales propose Internet aux usagers.
Alors vous me dites que " Paris n'est pas un référent de la lecture publique en France ". Certes tout est toujours améliorable mais quelle autre ville propose un réseau de 55 bibliothèques municipales de lecture publique et des bibliothèques spécialisées, telles la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, la Bilipo, la bibliothèque Forney, etc.
J'ai demandé à ce qu'un effort très particulier soit consenti pour les usagers des bibliothèques, ainsi que pour les personnels dont le travail est remarquable. Les bibliothèques de la Ville de Paris doivent s'adapter aux nouvelles technologies, pour envisager de nouveaux équipements.
Les besoins existent, je le reconnais.
Mais, Madame BILLARD, Paris n'a quand même pas à rougir de son réseau de bibliothèques qui est, pour moi, un des éléments essentiels dans la Capitale de l'accès à la culture, voire de la socialisation.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, ce projet de délibération.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe du Mouvement des citoyens ayant voté contre et M. REVEAU s'étant abstenu. (1998, DAC 13).