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Fevrier 1999
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Conseil Municipal
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89 - QOC 99-115 Question de M. Bertrand DELANOË et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police concernant les passages piétons dits " en deux temps "

Débat/ Conseil municipal/ Février 1999


Libellé de la question :
" M. Bertrand DELANOË et les membres du groupe socialiste et apparentés constatent de plus en plus dans Paris la présence de passages piétons dits "en deux temps". Ces aménagements de voirie exigent l'arrêt des piétons au milieu de la chaussée et indiquent sur un simple petit panneau : "Piétons, attention, traversée en 2 temps".
Ce type d'aménagement pose plusieurs problèmes :
- tout d'abord, cette modification de la voirie vise à favoriser la circulation automobile au détriment du piéton. Son objectif est en effet de raccourcir le temps d'attente des automobilistes aux carrefours au détriment des piétons qui voient leurs temps de parcours s'allonger. Ces derniers doivent dans les faits attendre 2 fois au lieu de traverser en une fois. Le fait que les services de la voirie municipale favorisent cet équipement va donc à l'encontre du souhait de nombreux Parisiens, que M. Bertrand DELANOË et les membres du groupe socialiste et apparentés soutiennent, de rendre sa place au piéton dans la Capitale. Il permet aussi de constater une nouvelle fois que les annonces faites par la Municipalité pour rendre la ville plus "humaine" n'engagent que ceux qui les entendent ;
- ensuite, ce type d'aménagement présente indéniablement un aspect de dangerosité important :
- l'habitude acquise par les piétons de regarder d'abord à gauche, puis à droite avant de traverser, est rompue. Les réflexes sont donc trahis par ces modifications et cette situation constitue autant de risques pour les piétons, en particulier pour les personnes moins réceptives aux messages et à leurs mises en pratique (personnes âgées, enfants) ;
- sur beaucoup d'aménagements, l'espace réservé au centre de la chaussée est insuffisant, voire inadapté, soit en raison du nombre important de personnes venant à traverser, soit en raison du type de personnes venant à traverser : personnes avec poussette, personnes en chaise roulante, etc. Dans toutes ces situations, les personnes se retrouvent le plus souvent en contact direct avec la circulation entre 2 flots de voitures ;
- enfin, nombre de ces aménagements ne présentent pas les normes de sécurité suffisantes d'un point de vue réglementaire. Le Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (C.E.R.T.U.), service technique du Ministère de l'Equipement, préconise obligatoirement avec le panneau "traversée en deux temps" la construction d'un îlot central, avec barrières métalliques en chicane. Or, ce dispositif est rarement respecté dans son intégralité à Paris.
Considérant qu'aujourd'hui à Paris la priorité doit revenir aux piétons, que la Ville de Paris ne respecte pas les règles minimales exigées dans un souci de sécurité par les services de l'Etat, l'augmentation constante des accidents concernant les piétons ces dernières années dans la Capitale, M. Bertrand DELANOË et les membres du groupe socialiste et apparentés demandent donc à ce que l'installation de traversées piétons en deux temps cesse et que les installations existantes et ne respectant pas les règles minimales de sécurité exigées par l'Etat soient supprimées. "
Réponse (M. Bernard PLASAIT, adjoint) :
" Certains carrefours parisiens équipés en signalisation tricolore sont dotés de panneaux " Piétons, attention, traversée en deux temps ", destinés à attirer l'attention de l'usager sur les conditions particulières de traversée de la chaussée par passage protégé.
La politique municipale en matière de circulation, et notamment de traversée, des piétons, accorde une importance majeure à leur sécurité, tout particulièrement pour ceux pouvant rencontrer des difficultés de déplacement.
Ainsi, alors que le temps d'apparition sur les caissons piétons des feux tricolores de la figurine verte est réglementairement fixé à 6 secondes, il est généralement porté, à Paris, à 10 secondes. En outre, le temps d'affichage de la figurine rouge simultanée avec le feu rouge est également dans la norme réglementaire supérieure, afin que les traversées entamées puissent être achevées en toute sécurité.
Compte tenu du temps ainsi laissé aux piétons, il est apparu nécessaire, essentiellement dans des voies à double sens de circulation et de largeur importante, de scinder en deux cette traversée.
Ceci s'accompagne de la création de refuges aménagés afin de permettre aux piétons un arrêt dans des conditions de sécurité satisfaisante ; et notamment, pour les carrefours où il est constaté une circulation piétonne importante, de cheminements en baïonnette, transitant par un îlot central généralement conçu avec une largeur comprise entre 2 et 3 mètres, réalisé avec des bordures de trottoir et protégé par des barrières.
Alors que le C.E.R.T.U. (Centre d'études sur les réseaux, les transports et l'urbanisme) étudie actuellement, en concertation avec les représentants des collectivités locales dont la Ville de Paris, un projet de texte et de recommandations sur ce sujet, il convient de rappeler que Paris a été parmi les premières collectivités à se préoccuper de ce problème de sécurité en équipant ses traversées de refuge.
Enfin, s'agissant de l'évolution du nombre d'accidents impliquant des piétons, je tiens à rappeler qu'il est en diminution, avec une baisse constatée de 14 % pour le 3e trimestre 1998 comparé au 3e trimestre 1997. "
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
" La Capitale comporte environ 50.000 passages pour piétons et le temps imparti à ces derniers pour traverser une chaussée est défini par les services de la Direction de la Voirie et des Déplacements de la Mairie de Paris en fonction de divers facteurs dont la largeur de la voie, la fréquentation piétonne et la densité du trafic.
Lorsque la largeur d'une chaussée est supérieure à 15 mètres, il est difficile pour les piétons, qui s'engagent sur la voie plusieurs secondes après le début de l'apparition de la figurine verte, de terminer la traversée dans les temps en sécurité.
Aussi, les services de la Mairie de Paris installent-ils au milieu des chaussées d'une telle dimension, des bornes hautes reposant sur des socles de 1,20 mètres de diamètre environ.
Les piétons sont protégés par ces dispositifs dans l'attente d'être autorisés par la signalisation à emprunter la deuxième demi-traversée.
Des îlots sont également réalisés, notamment, sur les chaussées pouvant atteindre 20 mètres de large comme celles des boulevards des Maréchaux.
Toutefois, la largeur de ces refuges varie en fonction des caractéristiques du site, aucune règle ne définissant la configuration de ces aménagements.
Une série de recommandations est toutefois en cours d'établissement dans le cadre de la mise aux normes européennes des équipements de carrefours.
Les terre-pleins de ce type, dont certains sont encadrés par des passages pour piétons décalés, permettent d'améliorer les conditions de sécurité sur de tels axes.
A cet égard, il convient de rappeler que de nombreux accidents impliquant des piétons se produisent à l'occasion de traversées en dehors des passages aménagés pour ceux-ci.
Par ailleurs, la configuration de certains sites a nécessité l'instauration d'un décalage des feux situés de part et d'autre d'une chaussée afin de permettre l'évacuation du carrefour avant le démarrage des véhicules sur la voie transversale.
Ces traversées décalées étant systématiquement signalées par des panneaux, il appartient aux piétons de respecter scrupuleusement les indications des caissons à figurines piétons et de ne pas s'engager sur la première demi-traversée lorsque les véhicules circulent encore, au prétexte que le courant de circulation opposé est arrêté par la signalisation implantée sur le trottoir en vis-à-vis.
En tout état de cause, lorsque les piétons respectent les indications données par les caissons lumineux à figurines, ils n'encourent pas de risques sur les refuges aménagés à cet effet. "