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Fevrier 1999
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Conseil Municipal
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11 - IV - Question d'actualité de M. Jean-Philippe HUBIN, au nom du groupe " Union pour la démocratie à Paris ", à M. le Préfet de police relative à la sécurité à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Février 1999


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à la question d'actualité de M. Jean-Philippe HUBIN, au nom du groupe " Union pour la démocratie à Paris ", à M. le Préfet de police sur la sécurité à Paris.
M. HUBIN a la parole.
M. Jean-Philippe HUBIN. - Monsieur le Préfet, chaque jour, l'insécurité progresse, pas seulement dans les faits, mais surtout dans les esprits ; la semaine dernière, nous avons assisté à l'attaque non pas d'une diligence ou d'un autobus, mais d'une benne à ordure !
La Ville n'a pas les moyens d'agir et, en dépit des suggestions de beaucoup, il n'y a pas de police municipale.
Le Maire a donc, à juste titre, réclamé 1.500 policiers supplémentaires, mais cela reste un v?u pieux.
M. le Préfet dispose pourtant, quand il s'agit de terrorisme ou de défense des pouvoirs publics, de moyens importants (C.R.S. et gendarmes mobiles) : 80 hommes ont passé ainsi leur samedi après midi du 13 février dernier sur l'esplanade des Invalides afin de protéger l'Assemblée nationale. Je ne sais pas contre qui ils la protégeaient, mais elle était bien protégée.
Pour nous, l'enfarinage du bureau des Ministres est condamnable, mais moins que l'incendie d'un autobus. Nous demandons donc au Préfet de police, en attendant mieux, d'affecter, comme il l'a fait pour lutter contre le terrorisme, une fraction significative des forces de maintien de l'ordre au maintien de la sécurité publique de terrain en organisant, pour ce faire, le renforcement des moyens humains des commissariats d'arrondissement, par prélèvement sur les C.R.S. et les Compagnies de gendarmes mobiles dont il dispose et qui pourraient être affectés dans les arrondissements de Paris.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, la Préfecture de police de Paris consacre, et de très loin, la grande majorité de ses moyens à assurer la sécurité quotidienne des Parisiens. Le privilège de Capitale fait peser sur les forces de police un certain nombre de servitudes, dont la protection des institutions et le maintien de l'ordre public.
Il serait faux de croire que la police parisienne est utilisée de manière excessive dans les missions de ce type au détriment des autres.
La Préfecture de police engage massivement ses effectifs dans la protection des Parisiens, la lutte contre la délinquance et la police de proximité. Les tâches liées à l'ordre public sont accomplies par les unités mobiles, C.R.S. et gendarmes mobiles.
Quant aux 6 Compagnies de district de la Préfecture, leur part dans cette mission, dont le volume varie quotidiennement et considérablement d'un jour à l'autre, atteint 21 % du total de leur activité. Lorsqu'elles ne sont pas engagées au maintien de l'ordre, les Compagnies de district sont employées dans les missions de sécurisation à la disposition des commissaires d'arrondissement et au renfort des services locaux ou dans des missions de service d'ordre liées à de grands événements à caractère festif, culturel ou sportif. Au cours d'une manifestation, lorsque l'évolution de la situation le permet, ces compagnies sont reconverties vers les missions de sécurisation et il en va de même des unités de renfort, en particulier des C.R.S.
En outre, la Préfecture bénéficie quotidiennement de renforts pour assurer la sécurité générale de la Capitale et la sécurisation. C'est ainsi que sont affectées à Paris, depuis plusieurs mois, 2 Compagnies républicaines de sécurité pour assurer la sécurité du métro et des autobus. Un escadron de gendarmes mobiles et 300 militaires sont déployés en permanence à Paris dans le cadre du plan " Vigipirate ".
Bien que ce dispositif réponde en premier lieu aux objectifs de lutte contre le terrorisme, il produit des effets bénéfiques sur la lutte contre la délinquance et la sécurisation en général.
Le souci de préserver un juste équilibre entre les missions liées à l'ordre public et celles liées à la sécurité des Parisiens constitue l'une de mes préoccupations permanentes.
La réforme de la Préfecture de police, qui va prochainement se mettre en place, a un objectif majeur consistant à privilégier la police de proximité.
La création de 2 Directions distinctes, l'une pour la Police de proximité et l'autre pour assurer l'Ordre public, traduit cette volonté d'établir une séparation étanche entre les moyens affectés aux 2 Directions et de limiter aux circonstances exceptionnelles le prélèvement d'effectifs des commissariats locaux pour des missions d'ordre public.
Toutefois, la Direction de l'Ordre public et de la Circulation mettra systématiquement à disposition de la Direction de la Police urbaine de proximité ces unités lorsque celles-ci ne seront pas employées au maintien de l'ordre.