Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 1999
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

27 - 1999, DVD 14 - Projet de revalorisation des grands boulevards à Paris (2e et 9e). - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres ou un marché négocié, en cas d'appel d'offres infructueux, pour la réalisation des travaux d'aménagement des trottoirs des boulevards Montmartre et Poissonnière (2e et 9e)

Débat/ Conseil municipal/ Février 1999


M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DVD 14 : projet de revalorisation des grands boulevards à Paris. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres ou un marché négocié, en cas d'appel d'offres infructueux, pour la réalisation des travaux d'aménagement des trottoirs des boulevards Montmartre et Poissonnière (2e et 9e).
La parole est à Mme SCHNEITER
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, lorsque vous avez réhabilité l'avenue d'Italie, vous avez, à la fois, pris en compte le réaménagement de la chaussée, des carrefours, du stationnement et des trottoirs. C'était la bonne façon de procéder, même si le résultat n'est pas vraiment satisfaisant, notamment pour les bus et les vélos, mais quel changement dans la méthode ! Je ne comprends pas pourquoi, pour un projet aussi ambitieux que la rénovation des grands boulevards, vous ne vous fixiez pas les mêmes objectifs. Il est impossible de réaménager les trottoirs des boulevards Montmartre et Poissonnière sans penser aussi à la voirie. C'est un tout indissociable que l'on ne peut traiter séparément.
L'espace public des grands boulevards est occupé à plus de 50 % par la circulation. Votre silence sur le problème m'avait déjà inquiétée en mars 1997 car, quoique vous fassiez sur les trottoirs, vos efforts seront vains si vous ne traitez pas en même temps les graves problèmes causés par la circulation. Les grands boulevards ne pourront redevenir des lieux animés, pittoresques, propices à la flânerie et aux loisirs que si vous repensez le partage et l'organisation de la voirie. Vous ne redonnerez pas à ces lieux une " atmosphère " ou une " harmonie ", comme vous l'avez par ailleurs déclaré, au milieu du bruit et des gaz d'échappement ! Ou alors, renoncez, pour l'instant, à la dépense de remplacer les arbres dépérissants pour en planter d'autres qui, en quelques années, seront à leur tour, malades de la pollution.
Il faut repenser, dès maintenant, le partage et l'organisation de la voirie sur les grands boulevards, à commencer par la remise en double sens de la circulation sur toute leur longueur, afin de limiter la circulation de transit qui les transforme en autodrome et qui détourne une bonne partie du transit ouest-est vers les petites rues comme la rue des Petites-Ecuries, devenue invivable.
Mais il faut aussi penser à améliorer la circulation des autobus. Les parcours des autobus 20 et 39, par exemple, sont actuellement illisibles. Il est indispensable que les autobus aient un trajet bien identifié et identique à l'allée comme au retour. Bien évidemment, bus ou tramway, les transports en commun de surface doivent être en site propre, séparés de la circulation. Les grands boulevards s'imposent naturellement pour aménager des voies pour les cyclistes, vous n'en prévoyez pas. A quoi bon créer des aires de stationnement pour les deux-roues sans piste cyclable, qui permettent aux cyclistes de rouler avant de stationner ?
Je vous avais félicité, en mars 1997, de vouloir engager une concertation avec les habitants. J'avais parlé trop tôt, car il n'en est rien. Les associations des quartiers riverains ne sont pas consultées, elles n'ont aucune information précise, leurs lettres restent sans réponse. L'on ne peut se contenter d'une concertation avec les seules associations de commerçants. Je sais combien il est difficile de mettre tout le monde d'accord, mais c'est pourtant ainsi qu'il faut procéder. En cas de conflit, c'est à vous, en dernier ressort, qu'il reviendra, Monsieur le Maire, de trancher.
Les commerçants en France comme à Paris, sont toujours au départ contre la réduction de la circulation automobile ou du stationnement. Cette réaction est infondée et peut parfois tourner à l'absurde. C'est ainsi qu'à Lyon, lorsque le Conseil municipal hésitait à faire passer la fameuse voie expresse en bord de Rhône, les commerçants avaient farouchement opté pour cette solution, pensant que les touristes, pourtant pressés de se rendre dans le Midi, s'arrêteraient ainsi pour aller faire leurs courses dans les magasins ! Ils ont vite déchanté par la suite.
Il faut faire comprendre aux commerçants que lorsque les rues et les trottoirs sont mieux aménagés et moins bruyants les clients éventuels prennent plus de plaisir à venir s'y promener, à entrer dans les boutiques, donc à acheter. Les résultats liés à la création de rues piétonnes en France, à de très rares exceptions, montrent que le chiffre d'affaires des commerçants augmente en moyenne de 15 à 20 %. Monsieur le Maire, il faut garder à l'esprit qu'il vous faut gagner ce pari de dégager progressivement Paris de son carcan automobile. C'est possible, si vous en avez la volonté politique. Je voterai sans enthousiasme pour ces premiers aménagements, en espérant que la réorganisation de la voirie suivra.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - La parole est à M. PLASAIT.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais remercier Mme SCHNEITER de cet intéressant exposé sur l'aménagement qu'elle souhaiterait pour les grands boulevards.
Je voudrais simplement lui dire que c'est complètement hors sujet. Concernant la concertation, je lui répondrai tout à l'heure puisqu'elle a posé à ce sujet une question orale.
En l'occurrence, ce projet consiste à adopter l'aménagement des trottoirs qui constitue la suite logique de ce que notre Assemblée a décidé pour les travaux d'éclairage.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 14.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DVD 14).