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Fevrier 1999
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Conseil Municipal
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73 - QOC 99-87 Question de M. Georges SARRE et des membres du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police sur les résultats des études du trafic automobile dans la Capitale

Débat/ Conseil municipal/ Février 1999


Libellé de la question :
" M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens attirent l'attention de M. le Maire de Paris et de M. le Préfet de police sur la pression automobile très importante qui s'exerce depuis plusieurs années sur Paris et notamment sur les arrondissements centraux du fait d'une circulation de transit facilitée notamment par les axes rouges mis en place par la Municipalité en 1990.
Ils constatent que cette circulation n'est pas nécessairement liée à des déplacements domicile-travail, comme en témoignent les flux automobiles très importants le samedi en fin d'après-midi, par exemple.
Aussi, M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens demandent-ils à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police les principaux résultats des études de trafic effectuées par les services dont ils ont la charge afin de pouvoir apprécier l'importance quantitative des flux de véhicules entrant et sortant de Paris durant les périodes de la journée où le trafic est le plus dense et, en particulier, de ceux qui donnent lieu à la traversée des arrondissements centraux, du 1er au 9e arrondissements, et au passage dans les arrondissements de la couronne intérieure, du 10e au 20e arrondissements.
Ils souhaitent par ailleurs obtenir des données précises sur les flux de véhicules particuliers, en semaine et le week-end, aux heures de pointe sur les axes les plus importants de Paris (quais de Seine, voies sur berges, boulevard Saint-Germain, rue de Rivoli, grands boulevards, boulevards des Maréchaux, Sébastopol, rue Saint-Michel) et connaître les principaux motifs de ces déplacements d'après les enquêtes effectuées.
M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens demandent enfin à disposer de données sur l'importance de la circulation automobile avant 1990, afin de pouvoir apprécier les conséquences de la mise en place des axes rouges et de l'accroissement rapide du nombre de places dans les parcs de stationnement concédés depuis cette date. "
Réponse (M. Bernard PLASAIT, adjoint) :
" Paris est une ville dense, centre d'une agglomération de près de 10 millions d'habitants. Plus de la moitié des déplacements s'y effectue à pied. L'espace public parisien qui n'est pas extensible doit aussi permettre chaque jour 7,2 millions de déplacements motorisés intéressant Paris dont 60 % en transports en commun et 36 % en véhicules particuliers. Les seuls Parisiens effectuent la moitié de ces déplacements motorisés ainsi que la moitié de ceux effectués en véhicules particuliers.
Les 2,58 millions de déplacements journaliers en véhicules particuliers intéressant Paris concernent :
- 22 % le domicile-travail ;
- 32 % les affaires professionnelles ;
- 22 % les loisirs ;
- 22 % affaires personnelles (santé, achats, etc.) ;
- 2 % école.
Ainsi les déplacements domicile-travail en véhicules particuliers ne représentent que 22 % des déplacements alors que ceux concernant les loisirs et affaires personnelles en représentent le double.
Depuis 1990 on constate une stabilité du volume de circulation voire une tendance à la baisse avec un étalement des heures de pointes.
Dans la zone centrale où les variations sont plus importantes, on constate une diminution globale de 5 % du volume de circulation par rapport à la période précédant la mise en place des axes rouges (1990).
Dans cette zone centrale, le volume de circulation sur les voies mises en axe rouge est resté stable entre janvier 1990 et janvier 1999.
Débits journaliers pour janvier 1990 :
- rue de Rivoli : 31.500 ;
- boulevard Saint-Germain : 40.000 ;
- boulevard de Sébastopol : 45.600.
Débits journaliers pour janvier 1999 :
- rue de Rivoli : 31.400 ;
- boulevard Saint-Germain : 36.000 ;
- boulevard de Sébastopol : 45.600.
L'analyse des débits de circulation recueillis en janvier 1999 permet d'estimer les flux entrants dans Paris ainsi que les sortants aux heures de pointe :
- flux entrants : 45.000 véhicules par heure ;
- flux sortants : 48.200 véhicules par heure.
Aux heures de pointe (7 heures - 10 heures le matin et 16 heures - 21 heures le soir) les débits horaires pendant les jours ouvrables restent en moyenne plus élevés que ceux de fin de semaine.
Pour le week-end :
- rue de Rivoli : 1.700 ;
- boulevard Saint-Germain : 2.100 ;
- boulevard de Sébastopol : 2.580 ;
- boulevard Saint-Michel : 1.550 ;
- voie express Rive droite : 3.700 ;
- quai Rive droite : 2.700 ;
- voie express Rive gauche : 2.600 ;
- quai Rive gauche : 2.900.
Pour les jours ouvrables :
- rue de Rivoli : 2.100 ;
- boulevard Saint-Germain : 2.700 ;
- boulevard de Sébastopol : 2.900 ;
- boulevard Saint-Michel : 1.750 ;
- voie express Rive droite : 4.200 ;
- quai Rive droite : 3.200 ;
- voie express Rive gauche : 3.200 ;
- quai Rive gauche : 3.700.
Il est néanmoins certain que le samedi les heures de pointe se décalent dans la journée compte tenu des pratiques d'achats et de loisirs plus importantes ce jour de la semaine.
Cette maîtrise du volume de la circulation est la conséquence des efforts entrepris en matière d'organisation des réseaux, de régulation du trafic, et de gestion du stationnement.
I - L'organisation des réseaux
Il a été défini, à l'intérieur du réseau de voirie parisien, des voies qui sont plus spécialement aménagées pour permettre la circulation d'un quartier ou d'un arrondissement à l'autre. Cette hiérarchisation a permis de définir des quartiers tranquilles à circulation automobile réduite.
II - La régulation du trafic
Depuis 1989, la régulation qui concernait 450 carrefours a été étendue à près de 1.200 carrefours. Sur ce réseau principal, en améliorant la fluidité du trafic, elle a permis de diminuer de 15 millions par an le nombre d'heures passées en circulation.
III - La gestion du stationnement
La gestion du stationnement de surface et l'offre de places de stationnement en souterrain ont un rôle de régulateur des modes de déplacements.
La politique volontariste menée par la Municipalité a eu pour résultat la création de 20.000 nouvelles places de stationnement en souterrain entre 1990 et 1999. Cette politique offre l'avantage de libérer la voie publique des véhicules en stationnement ou en recherche de places disponibles. Cela contribue à une meilleure fluidité du trafic tout en diminuant la pollution. De plus la surface récupérée, à l'occasion de réaménagements peut être attribuée au profit des piétons, des cyclistes et des transports en commun.
Ainsi le programme d'aménagement en faveur des cyclistes a conduit à diminuer l'espace utilisable par la circulation générale, en particulier sur les principaux axes du Centre de Paris (rue de Rivoli, boulevard Saint-Germain, boulevard de Sébastopol). A l'issue de la réalisation du programme 1998, 128 kilomètres d'aménagements réservés aux cyclistes auront été terminés. Ainsi l'objectif que j'ai fixé - 150 kilomètres d'ici 2001 - sera aisément atteint.
Il en est de même de la mise en site protégé des couloirs réservés aux autobus. Ainsi sur les 70 kilomètres prévus d'ici 2001, 20 kilomètres sont d'ores et déjà opérationnels.
Bien entendu, tous les aménagements réalisés et les dispositions prises par les services de la Voirie ne valent que si les réglementations relatives au stationnement et à la circulation sur la voie publique sont respectées. Or le Maire de Paris ne dispose pas des pouvoirs qui permettraient d'agir; c'est donc au Ministère de l'Intérieur de renouveler les instructions de fermeté à la Préfecture de police pour renforcer ses efforts dans ce domaine. "
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
" Les axes rouges, créés en 1990 à l'initiative du Maire de Paris en accord avec le Préfet de police, ont pour objectif d'améliorer les conditions sur le réseau principal, pour réduire, en contrepartie, le trafic dans les voies secondaires de quartier.
En effet, il avait été constaté que la circulation automobile augmentait chaque année de 2 % et que de nombreux points critiques permanents existaient sur le réseau principal de la Ville de Paris, c'est-à-dire sur les 300 kilomètres de voies assurant 80 % du trafic automobile.
Cette situation avait pour conséquence de saturer les voies secondaires des quartiers, inadaptées du fait de leur configuration au trafic de transit, et donc de dégrader la sécurité et le confort des riverains.
Aussi, les axes rouges devaient-ils permettre, à trafic constant, de fluidifier les points critiques du réseau principal.
Aujourd'hui, la présence des axes rouges reste cohérente avec la nouvelle politique des déplacements de la Ville de Paris qui a pour objet d'améliorer la qualité de vie des riverains par la création des " quartiers tranquilles ", dont l'objectif vise également à inciter les automobilistes à circuler sur le réseau principal plutôt qu'à emprunter les voies de desserte locale comme itinéraire de délestage.
La notion même de quartier tranquille suppose d'ailleurs l'existence d'un réseau principal capable d'absorber dans des conditions satisfaisantes l'essentiel du trafic automobile.
A cet égard, les services de police maintiennent une action constante de surveillance des grands axes qui s'est traduite en 1998 par l'établissement de 34.417 procès-verbaux pour des infractions à la circulation commises sur ces seules voies.
S'agissant des études de trafic permettant d'apprécier l'importance quantitative des flux de véhicules, elles relèvent de la Direction de la Voirie et des Déplacements de la Mairie de Paris, qui est chargée de ces analyses et qui dispose d'outils et de moyens adéquats. "