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Septembre 2002
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Conseil Général
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9 - 2002, ASES 103 G - Subvention d'équipement à l'association "Médecins du monde" (18e) pour l'action du "Bus méthadone" auprès d'usagers de drogues marginalisés. - Montant : 35.826 euros. - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une convention avec cette association

Débat/ Conseil général/ Septembre 2002


M. Christian SAUTTER, président. - Chers collègues, nous passons maintenant au projet de délibération ASES 103 G relatif à l'attribution d'une subvention d'équipement à l'association "Médecins du monde" basée dans le 18e arrondissement pour l'action du "Bus méthadone" auprès d'usagers de drogues marginalisés. C'est une subvention de 35.826 euros. Il s'agit également d'autoriser M. le Président du Conseil général de Paris à signer une convention avec cette association.
Mme DUBARRY a souhaité intervenir, je lui donne la parole.
Mme Véronique DUBARRY. - Je voudrais faire une remarque liminaire : si la température continue à descendre autant que la fréquentation de cette assemblée je ne vois aucune raison d'y rester moi non plus ! S'il pouvait y avoir moyen de faire remonter la température, ce serait très bien. Plusieurs collègues se sont plaintes comme moi de la température qu'il fait ici.
M. Christian SAUTTER, président. - Les hommes s'enrhument aussi.
Mme Véronique DUBARRY. - Joignons nos efforts pour que cela remonte.
M. Christian SAUTTER, président. - Nous allons faire ce qu'il faut, si c'est dans la mesure des moyens du Conseil de Paris.
Mme Véronique DUBARRY. - Je voudrais intervenir sur 2 délibérations la 103 G relative à la subvention à l'association Médecins du monde et une autre subvention à l'association "S.O.S. Drogue international", délibération 179 G.
Ces 2 délibérations illustrent bien, si on les rassemble, la nécessité d'une approche transversale dans le domaine des toxicomanies.
La première effectivement permet de s'adresser à un public jeune déjà usager ou confronté à d'éventuelles conduites à risques et l'autre à une population marginalisée souvent coupée des structures traditionnelles.
Ces délibérations me permettent de revenir sur un sujet qui me tient à c?ur et de poser une nouvelle fois la question de la politique de la Ville en matière de toxicomanie, bien que comme sur d'autres sujets abordés cet après-midi la question se posera plus sur le plan national que sur le plan départemental ou local.
La question des toxicomanies est toujours d'actualité ; c'est une question politique, une urgence sanitaire. Une véritable politique en matière de toxicomanie ne doit pas se résumer à une réponse sécuritaire, elle doit être à l'articulation de 5 politiques publiques, une politique de sécurité publique mais aussi une politique de santé publique, une politique sociale de lutte contre les exclusions, une politique de la jeunesse et une politique de rénovation urbaine.
Rappelons quelques éléments des données parisiennes :
Aujourd'hui Paris ne dispose d'aucune équipe de rue spécialisée qui travaille la nuit ou le week-end. Rappelons que Paris ne dispose que d'une seule structure d'accueil de nuit, soit une capacité maximum de 30 lits seulement. Rappelons que Paris ne dispose que de 2 centres d'accueil de jour et que ces 2 boutiques, à force de recevoir d'autres publics, sont totalement surchargées et même si bien évidemment les problématiques ne sont pas les mêmes, on le voit bien les besoins sont parfois similaires.
Une politique en matière de toxicomanie doit être cohérente, elle doit s'inscrire dans une approche globale, transversale de ces différentes politiques publiques, elle doit constituer un maillage sans faille et sans rupture de la prévention primaire à la prise en charge des plus marginalisés. Elle doit être innovante, il faut réfléchir à de nouveaux modes d'action, rechercher des réponses alternatives au plus près du terrain.
Cette politique doit être concertée entre les différents partenaires, les différents intervenants, mais également avec les citoyens qui, malheureusement peut-être mal influencés, parfois encore ont tellement peur dès lors qu'on leur annonce l'ouverture d'une structure à proximité de chez eux.
Cette politique doit être concrète, doit nous proposer une programmation efficiente avec des engagements précis.
Bien évidemment nous nous félicitons du soutien à ces associations, à celle-là et à d'autres aujourd'hui, hier et demain j'espère, mais nous aimerions que la Ville s'engage plus avant dans une politique en matière de toxicomanie. Il y a des éléments qui nous permettent d'être optimistes : l'avenant thématique sur les toxicomanies au contrat parisien de sécurité et surtout l'installation plus récente de la mission toxicomanie au sein du cabinet d'Alain LHOSTIS, cette mission étant sous la responsabilité de Marguerite ARENE.
Je voulais surtout en profiter pour remercier et féliciter Alain LHOSTIS et Marguerite ARENE de l'invitation que nous avons tous reçue d'une participation à des conférences dont les sujets sont particulièrement alléchants.
Ces conférences permettront à chacune et chacun d'entre nous...
(Mouvements divers).
... Il serait bon que chacun et chacune d'entre nous reçoive cette invitation alors !
Il y a six conférences dans les six mois à venir, une par mois. Cela nous permettra à tous de confronter nos idées qui sont différentes, d'échanger et d'avoir un point de vue qui permettra de faire avancer la politique de la Ville, même si, je l'ai dit, cette politique de la Ville ne pourra être mise en ?uvre que si, au niveau national, il y a un soutien de la politique nationale, et je crains fort qu'il n'y en ait pas vu les déclarations, ce serait vraiment dommageable.
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame DUBARRY.
On va faire une information plus large sur ces six conférences. M. LHOSTIS ne pouvant assister à nos travaux cet après-midi, c'est Mme STIEVENARD qui répond à sa place.
Mme Gisèle STIEVENARD, vice-présidente, au lieu et place de M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - En effet, M. LHOSTIS est empêché et m'a demandé de répondre à sa place.
Concernant la série de conférences, les élus sont conviés par groupe. Donc vous le serez. L'ensemble du Conseil sera concerné par ces conférences. Pour des raisons d'échanges pratiques, il n'a pas été souhaité que tout le monde soit là au même moment, mais personne ne sera privé du contenu de ces conférences.
Comme vous l'avez indiqué à juste titre, la question des drogues et des dépendances est prégnante à Paris. Elle est au croisement du sanitaire, de l'éducatif et du social. Les réponses sont complexes à élaborer. C'est aussi une compétence première de l'Etat, bien sûr.
A travers et grâce à l'existence de la mission toxicomanie, qui a été voulue par le Maire de Paris et qui est de création récente, il y a la volonté de mettre en cohérence les stratégies de prévention et aussi de soutien auprès des personnes touchées en développant les lieux d'écoute et d'accueil pour les jeunes ou les parents.
Je pense en effet que ce domaine mérite en soi une communication. Je n'aurai pas la prétention d'épuiser le sujet. Simplement, comme vous l'avez indiqué, il est question d'attribuer une subvention d'équipement à l'association "Médecins du monde". Il y a eu un premier bus. Maintenant, la R.A.T.P. a donné un deuxième bus à "Médecins du monde". Le Département de Paris est sollicité pour prendre en charge son aménagement. C'est bien volontiers que nous avons répondu à cette sollicitation.
De même, vous avez raison de dire que l'offre de lieux d'accueil de jour ou d'hébergement est encore insuffisante à Paris. Là-dessus aussi, nous avons le souhait de travailler. En tout cas, je me réjouis qu'il y ait un nouveau bus dans la mesure où il va pouvoir s'installer sur trois nouveaux sites à la fois rue du Faubourg-Saint-Martin, boulevard Ney, cours de Vincennes. Nous savons à quel point les problèmes sont sensibles dans ces quartiers.
Bien évidemment, je vous propose, chers collègues, de soutenir cette nouvelle action de santé publique parmi beaucoup d'autres.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame STIEVENARD.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 103 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, ASES 103 G).