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Septembre 2002
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Conseil Général
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21 - QOC 2002-1010 G Question du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, à propos des actions de prévention mises en œuvre par la Ville de Paris pour lutter contre la tuberculose

Débat/ Conseil général/ Septembre 2002


Libellé de la question :
"Dans le cadre des actions de prévention sanitaire, le Département de Paris engage des crédits pour lutter contre la tuberculose. En 2002, les crédits consacrés à la prophylaxie de la tuberculose se sont élevés à 766.624 euros. Or, ces dernières années, les cas de tuberculose sont en augmentation dans Paris. Cette situation s'explique notamment par l'arrivée sur notre sol d'immigrants venus de l'Est et qui n'ont pas été sensibilisés au dépistage de cette maladie infectieuse.
Récemment, 35 nouveaux cas ont été découverts par les services de dépistage du Département de Paris dans un foyer du 12e arrondissement. Cette augmentation préoccupante du nombre de personnes atteintes du bacille de la tuberculose appelle de la part de notre Ville une réponse adaptée.
Voilà pourquoi M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens demandent à M. le Président du Conseil général de bien vouloir leur préciser les actions de prévention sanitaire mise en ?uvre par la Ville de Paris pour lutter contre la tuberculose. Cette action de prévention passe à leur yeux par une relance de la politique d'information et de sensibilisation du public, dans les écoles, les dispensaires, les centres de P.M.I."
Réponse (Mme Mylène STAMBOULI) :
"Comme le signale M. Georges SARRE dans la question qu'il pose au nom du groupe du Mouvement des citoyens, l'action du service de dépistage itinérant du Département de Paris a permis de détecter et de prendre en charge cette année un nombre de cas de tuberculose significatif dans un foyer de migrants du 12e arrondissement de Paris.
Cet événement vient nous rappeler que la tuberculose, maladie de la précarité, de la pauvreté n'a pas disparu, pire elle est en augmentation dans le monde et, en France, le nombre de cas ne diminue plus depuis 4 ans. Paris connaît pour sa part une incidence particulièrement élevée avec 50 cas pour 100.000 habitants.
Les données fournies par les déclarations obligatoires suggèrent que la situation parisienne est en grande partie à expliquer par une incidence élevée chez les sans abri et parmi la population migrante (117 pour 100.000), en particulier chez la population originaire d'Afrique sub-saharienne et non au sein de la population des migrants de l'Europe de l'Est.
Face à cette situation il était urgent de renforcer notre dispositif sanitaire. Des moyens supplémentaires ont été demandés au titre même de l'exercice budgétaire 2002 et également pour l'exercice budgétaire de 2003.
Il s'agit de moyens en équipement (notamment 1 appareil de radiographie supplémentaire au B.P. 2002) et en personnel (notamment 3 postes sur le B.M. 2002) afin d'organiser un meilleur suivi des patients et d'observer l'évolution épidémiologique.
Dans le cadre du B.P. 2003, des moyens supplémentaires, surtout en personnel, ont également été demandés.
Le dispositif mis en place s'articule de la façon suivante :
- Le dépistage systématique et ciblé de la tuberculose dans les foyers de travailleurs migrants implantés dans la Capitale, en raison de l'incidence élevée de la tuberculose parmi la population venant de pays où elle existe à l'état endémique et des conditions d'hébergement de cette population.
Cette action, menée par l'équipe du centre médico-social "Edison", consiste à se déplacer avec une cabine de radiologie dans les foyers où les résidents sont invités à passer une radiographie pulmonaire gratuite. C'est cette démarche qui a permis de dépister très tôt ces cas de tuberculose à la forme.
120 séances de dépistage nocturnes sont réalisées annuellement dans les foyers de migrants et de personnes sans domicile fixe à l'aide de 3 cabines démontables de radiologie. Dix mille radiophotographies sont ainsi réalisées qui ont mis en évidence un nombre décroissant de tuberculoses, démontrant ainsi le rôle positif de ces actions. De plus, au centre d'hébergement d'urgence de "La mie de pain", 30 séances sont réalisées annuellement avec développement des clichés sur place et consultation immédiate avec un pneumologue.
Le centre "Edison" réalise par ailleurs le dépistage radiologique quotidien à la maison d'arrêt de Paris "La Santé".
Enfin, j'ai également réuni nos services de la D.A.S.E.S. avec la direction de l'A.P.-H.P. afin de mettre en place une meilleure coordination entre les actions de la Ville et celles des hôpitaux de l'A.P.-H.P. pour améliorer le système d'alerte et de veille des cas de tuberculose afin d'intervenir de manière toujours plus précoce, d'assurer leur prise en charge et surtout le suivi thérapeutique.
- Des enquêtes de dépistage sont réalisées dans l'entourage proche - familial, professionnel ou scolaire - des personnes, par des travailleurs sociaux, les secrétaires médico-sociales et les pneumologues des C.M.S. Dans ce cadre 300 demandes d'enquêtes arrivent annuellement au C.M.S. "Edison" pour 1.000 déclarations obligatoires transmises par la Direction des Affaires sanitaires et sociales de Paris.
- Le traitement et le suivi des tuberculeux : 80 à 100 tuberculeux sont traités et suivis dans les cinq centres médico-sociaux de Paris qui proposent gratuitement des consultations de pneumologie assurées par 10 pneumologues vacataires équivalents à 2,5 postes à temps plein, les secrétaires médico-sociales (S.M.S.), les infirmières et les manipulateurs de radiologie.
Des réunions régulières du "réseau tuberculose" animées par la D.A.S.E.S. sont en place depuis 1999. Elles permettent de débattre des thèmes spécifiques de la tuberculose à Paris avec l'ensemble des partenaires médico-sociaux concernés.
Par ailleurs, la Ville a annoncé dès le C.A. du S.A.M.U.-social de décembre 2001, qu'elle accordait à ce dernier pour 2002 des crédits supplémentaires de 73.000 euros pour participer au financement de l'équipe mobile "tuberculose".
- La prévention vaccinale : la vaccination par le BCG est un outil relativement performant de protection contre la tuberculose. Obligatoire et gratuite, elle est pratiquée dans les centres de consultations de la protection maternelle et infantile (P.M.I.) et les 8 centres de vaccinations relevant du Service départemental de vaccinations.
Le Service des vaccinations est aussi chargé des vaccinations et des tests de contrôle dans les établissements scolaires parisiens. En effet, la vaccination BCG, obligatoire dès le plus jeune âge, est par la suite régulièrement contrôlée : des tests tuberculiniques (I.D.R.) sont réalisés en grande section de maternelle, en CM2, en 5e et en seconde.
Le Département de Paris a ouvert une consultation de prise en charge de la tuberculose du jeune enfant depuis deux ans au centre médico-social "Edison". Cette consultation examine tous les enfants qui lui sont adressés par le Service des vaccinations à la suite d'un test tuberculinique anormal. Cette consultation permet une prise en charge précoce rapide du risque tuberculeux.
Le service intervient également dans le cas de dépistage autour d'un cas de tuberculose dans une école.
- Enfin, à l'initiative des services du Département, un réseau de suivi de la tuberculose a été constitué dans le but d'améliorer le dispositif de lutte contre la tuberculose à Paris et, en particulier, de diminuer le nombre de "perdus de vue", c'est-à-dire le nombre de personnes qui ne sont pas suivies jusqu'à la fin de leur traitement. Ce réseau s'appuie sur un comité de pilotage créé au sein de l'Assistance publique, une cellule "S.O.S. tuberculose" gérée par la D.A.S.E.S. ainsi que sur des organismes de suivi parmi lesquels figure la "mission tuberculose" du S.A.M.U.-social de Paris. Ce réseau doit contribuer à améliorer l'observance du traitement antituberculeux des personnes en situation de précarité."