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Decembre 1999
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Conseil Municipal
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53 - 1999, DPE 61 - Subvention à l'association "Gare aux pollutions" (18e). - Montant : 10.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 1999


M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DPE 61 relatif à une subvention à l'association "Gare aux pollutions" (18e). - Montant : 10.000 F.
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, cette association "Gare aux pollutions" lutte contre la pollution atmosphérique depuis des années dans les 10e, 18e et 19e arrondissements. Son action est particulièrement connue concernant la pollution engendrée par les locomotives diesel du dépôt S.N.C.F. Villette. Un comité d'experts a rendu un rapport sans appel qui souligne que les émissions présentent des risques pour les personnes fragiles comme les enfants asthmatiques.
La Direction Sanitaire et Sociale de Paris a lancé une campagne de dépistage dans les établissements scolaires voisins, très exposés où les enseignants ont été contraints de prendre des mesures pour protéger les enfants.
Je peux vous dire que, moi-même, c'est un endroit où je suis allée fort souvent et où il y a des jours où il est vraiment difficile de respirer convenablement. Ce ne sont pas des histoires.
La solution réside dans la recherche d'un autre site pouvant accueillir ces locomotives, mais surtout dans l'inscription des crédits nécessaires à l'électrification de la ligne Paris-Bâle.
Monsieur le Maire, je voterai pour les moyens que vous souhaitez accorder à cette association afin de lui permettre de réaliser des analyses de mesures des risques d'émissions polluantes produites par les motrices diesel. Mais ce que les habitants attendent de vous, c'est que vous agissiez avec eux pour éliminer cette source de nuisances, que vous vous engagiez dans cette bataille pour améliorer leurs conditions de vie.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Oui, Monsieur le Maire, je soutiens et je voterai bien évidemment cette subvention, toutefois et au vu simplement du projet de délibération que vous soumettez, dans la présentation financière de l'association, vous faites apparaître que le bilan financier de l'association prévoit 170.334 F de dépenses correspondant à des frais d'analyse des polluants émis par les motrices diesel. Cela mérite une explication. L'association a engagé un constat auprès du Tribunal administratif et a demandé à ce qu'un constat soit fait de la nature exact des polluants émis par les locomotives diesel.
Un expert a été nommé par le Président du Tribunal administratif et c'est cet expert qui a demandé qu'une mesure et une analyse soient faites par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques et le coût de cette analyse effectivement dépasse les 100.000 F.
J'ajouterai que pour procéder à cette analyse la S.N.C.F. doit "prêter" une de ses locomotives et que pour ce faire elle facture un coût de location de ladite locomotive de l'ordre de près de 20.000 F, c'est comme si lorsque vous faites un contrôle routier à votre voiture vous demandiez aux services de l'Etat de vous verser quelques milliers de francs pour la location de la voiture pendant le temps que vous faites faire ce contrôle. C'est d'un cynisme relativement invraisemblable.
Je voulais dire qu'avec 10.000 F il est évident que cette association ne pourra pas procéder à cette mesure qui est demandée par l'expert diligenté par le Président du Tribunal administratif de Paris et que si l'on veut prendre de front le problème de ces pollutions diesel cela suppose une autre intervention de la Ville.
Je rappellerai simplement, et je conclurai là-dessus, d'abord que le rapport de la D.A.S.S. a dit que 45.000 personnes étaient en situation de danger sanitaire entre le 10e arrondissement, le 18e et le 19e, le long de ces faisceaux ferroviaires, qu'effectivement les services de la D.A.S.S. de Paris ont décidé de tester plusieurs milliers d'enfants des écoles du 18e et du 19e, qui sont à proximité de ce faisceau ferroviaire, exactement entre 5 et 6.000 à peu près.
Le 10e arrondissement a été soigneusement oublié, or c'est l'épicentre de ce foyer de pollution et les locomotives de la ligne Paris-Troyes/Paris-Bâle effectuent une centaine de mouvements par jour, chaque locomotive qui sont des "72.000", représente l'équivalent selon les chiffres de la S.N.C.F. de 11 à 12 camions poids-lourds diesel. C'est l'équivalent d'un millier de poids lourds diesel qui tous les jours tournent sur la gare de l'Est.
Par rapport à cela, je rappelle que notre Conseil à l'unanimité avait voté un v?u demandant à ce que ces locomotives diesel soient décrochées en Région Ile-de-France de sorte que...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Excusez-moi de vous interrompre, je suspends la séance pour quelques instants.