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Juin 2002
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Conseil Municipal
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65 - 2002, DAC 232 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec la Caisse des dépôts et consignations une convention pour la participation de la Caisse des dépôts et consignations aux démarches d'études d'aménagement d'un centre culturel, 104, rue d'Aubervilliers (19e).Vœu déposé par M. Jean VUILLERMOZ et les membres du groupe communiste tendant à ce que les acteurs culturels et artistiques soient associés au travail du comité de pilotage qui se met en plan pour la transformation des anciennes pompes funèbres du 104, rue d'Aubervilliers en espace dédié à la création contemporaine

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAC 232 autorisant M. le Maire de Paris à signer avec la Caisse des dépôts une convention pour une participation au démarrage d'un centre culturel, 104, rue d'Aubervilliers.
Monsieur MADEC, vous avez la parole.
M. Roger MADEC, maire du 19e arrondissement. - Le 104, rue d'Aubervilliers fait partie des grands chantiers de cette nouvelle mandature qui vont transformer et reconfigurer la Ville de Paris.
A cet endroit, en effet, 26.000 mètres carrés de surface de plancher seront consacrés à un grand équipement culturel de la Capitale destiné à la création contemporaine avec des espaces de répétition et de travail pour les arts plastiques, le théâtre, la danse, les arts de la rue et du cirque.
Ce projet, que la mairie du 19e, a défendu depuis le début, notamment quand elle était dans l'opposition municipale, est un atout majeur pour l'Est parisien qui va en bénéficier.
En s'ouvrant sur le quartier, il devrait contribuer à la revalorisation de ce secteur du 18e et du 19e arrondissement trop longtemps délaissé, négligé et même destructuré du point de vue de l'urbanisme.
L'immeuble du 104, rue d'Aubervilliers a été édifié en 1873 par l'architecte Edouard Delebarre de Bay à la demande de l'Archevêché de Paris. Il a ensuite été repris par la Ville de Paris dans le cadre des lois de séparation des églises et de l'Etat et il fut pendant plus d'un siècle le siège du Service municipal des Pompes funèbres.
C'est un rare témoignage du passé dans un quartier qui a énormément souffert de la politique d'urbanisme criminogène menée pendant plusieurs décennies dans la Capitale. Le 104 était menacé par une nouvelle opération de 700 logements décidée et programmée par l'ancienne Municipalité.
L'ensemble des bâtiments et des halles est par ailleurs conçu dans la plus pure tradition de l'architecture industrielle de la fin du XIXe siècle et il constitue un témoignage architectural typique du patrimoine parisien.
Dès mon élection comme maire du 19e arrondissement, j'ai demandé au Préfet de la Région d'Ile-de-France son inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
Nous avons été soutenus dans cette démarche par de nombreux habitants du 19e, de nombreux Parisiens et des personnalités éminentes du monde des arts et de l'architecture nous ont apporté leur appui.
J'en citerai deux :
- Bernard Zehrfuss, grand architecte aujourd'hui disparu, ancien secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts ;
- et Paul CHEMETOV, grand prix national d'architecture, mondialement connu.
Après deux ans de lutte et de mobilisation, la raison l'a emporté puisque par arrêté du 21 janvier 1997, l'ensemble du site, façades, toitures, halles et cours ont été inscrits à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
Une fois cet immeuble classé se posait la question de sa réutilisation. Très vite s'est imposée l'idée de valoriser ce bâtiment par des activités culturelles étant donné l'attrait de ses qualités spatiales. En effet, l'immeuble a la particularité d'être composé de plusieurs unités indépendantes dans un ensemble homogène qui offre un espace de travail assez exceptionnel dans Paris intra-muros avec de vastes zones de circulation.
Je voudrais remercier chaleureusement tout d'abord Bertrand DELANOË, alors leader de l'opposition municipale, qui dès le début a soutenu avec enthousiasme ce projet, ainsi que notre collègue Marie-Pierre de LA GONTRIE, et Jean-Paul HUCHON, Président du Conseil régional d'Ile-de-France, qui ont retenu cette opération pour une inscription au Contrat de plan.
Comme vous le savez, le 104 a vocation à devenir un immense centre de création artistique, un espace où les créateurs seront invités à produire, façonner, rechercher, à réfléchir et échanger, et éventuellement élaborer des projets communs.
C'est pourquoi nous avons privilégié la recherche d'une interdisciplinarité en destinant le lieu à plusieurs activités artistiques : arts plastiques, musique, sculpture, théâtre, danse, sans oublier les arts de la rue et du cirque.
Le projet s'inscrit donc dans une logique de transversalité qui devrait permettre aux artistes résidents de développer de nouvelles pratiques de création, aidés en cela par la topographie des lieux. Il permettra également de rapprocher les créateurs et le public dans un dispositif plus habituel et informel. Notre ambition est qu'il bénéficie d'une visibilité européenne voire internationale.
Bien entendu, compte tenu de sa vocation, ce futur centre de création va contribuer au prestige de Paris et au développement de la culture dans la Capitale, mais il va également permettre à un quartier quelque peu déshérité de trouver une nouvelle dynamique. Je compte en effet sur cette nouvelle structure pour relancer la vie de quartier dans ce secteur qui est un des moins favorisés de la Capitale.
Cette nouvelle dynamique devrait être renforcée par l'aménagement urbain du secteur qui est appelé à évoluer dans un proche avenir avec la création d'un jardin de 4 hectares cour du Maroc, la construction d'un I.U.T. rue Pajol, et l'ouverture future de la gare R.E.R. "EOLE - Evangile".
Je suis persuadé que l'arrivée de tous ces équipements créera avec le 104 une véritable synergie dont le quartier ne pourra que profiter.
Vous l'aurez compris, j'attends beaucoup de cet équipement culturel majeur mais j'ai également souhaité qu'y soit implanté un équipement public de proximité dont la nature sera soumise à la concertation des conseils de quartier concernés.
Compte tenu de l'ampleur du projet, de son caractère novateur et de la complexité des procédures à mettre en ?uvre, un groupe de travail que je préside avec le Cabinet du Maire, avec naturellement les représentants de l'Adjoint à la Culture de la Mairie de Paris, rassemblent les principales directions de la Ville et je souhaite maintenant que le monde de la culture soit associé, compte tenu que nous rentrons dans une phase opérationnelle.
Par ailleurs, l'implantation de surfaces commerciales permettra d'assurer des échanges avec les Parisiens ou les habitants de proximité peu perméables jusqu'ici à la culture.
Cette première délibération est un grand pas. Il faut continuer dans cette voie et ne plus perdre de temps. Permettez-moi de terminer en remerciant Christophe GIRARD qui s'est beaucoup investi dans ce dossier.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur VUILLERMOZ, vous présentez le voeu n° 29 du groupe communiste.
M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Maire.
Effectivement, le 104, rue d'Aubervilliers sera une des grandes opérations culturelles de la mandature. Les bâtiments et les halles, qui sont dans la tradition architecturale de la fin du XIXe siècle, ont été inscrits à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques et les travaux doivent donc recevoir l'aval du Ministère de la Culture. Des crédits impliquent d'ailleurs l'Etat et la Région. De ce point de vue, avec M. Roger MADEC, nous avons été de ceux qui se sont battus pour l'inscrire dans le contrat de plan.
26.000 mètres carrés de surface de plancher vont être dédiés à la création contemporaine, avec des espaces de répétition et de travail pour les arts plastiques, le théâtre, la danse, les arts de la rue et du cirque. La réalisation des projets pourra déboucher sur des représentations dans le site en recherchant l'interdisciplinarité et l'entrée du public. Les artistes seraient accueillis pour des durées de quelques jours à quelques semaines.
Une partie des espaces sera laissée aux activités commerciales, en complémentarité de sa mission culturelle. Ces activités commerciales occuperaient, dans ce qui nous est dit, 30 % des surfaces aménageables.
Ce futur équipement entend donc offrir aux artistes de véritables lieux de travail correspondant à leurs besoins, contribuer à la valorisation et à la vie du quartier tout proche, situé en politique de la ville, et favoriser les liens avec les publics et associations du quartier, notamment la jeunesse.
Le projet culturel est donc conduit sous l'égide d'un groupe de travail qui rassemble les principales directions de la Ville concernées. A ce jour, ni les acteurs culturels et artistiques ni les populations concernées n'ont été associés à l'élaboration de ce projet culturel. En complément, la Ville souhaite mener une étude de cadrage juridique et financière en coopération avec la Caisse des dépôts et consignations en vue notamment d'apprécier les conditions d'association des opérateurs privés à la réalisation du 104 dans le but d'en réduire la charge pour les finances municipales.
En tout état de cause, la Ville doit rester, c'est ce qui nous paraît le plus important, l'un des acteurs financiers principaux compte tenu de ses objectifs de rééquilibrage dans la capitale en matière d'égalité d'accès de tous les Parisiens aux équipements publics, mais aussi en matière d'aménagement, de revitalisation et d'animation des quartiers politique de la ville.
L'ouverture et l'accès au public de cet équipement sont indispensables puisque se situant dans l'un des quartiers les plus populaires de Paris. Dans ces conditions, l'implantation d'activités commerciales, près de 30 % des surfaces aménageables, ne peut être considérée comme le meilleur vecteur d'attractivité pour la population de ce futur grand équipement culturel.
En conséquence, tout appelle à travailler dans la transparence, à consulter largement, à faire circuler les informations. Cela ne peut que contribuer, il me semble, au succès de ce projet, à son intégration dans la vie du quartier.
C'est pourquoi, nous proposons, et nous avons déposé un v?u en ce sens, que les acteurs culturels et artistiques, les associations et parmi celles-ci les actionnaires du 104, qui est une association qui s'est constituée spécifiquement pour le 104, rue d'Aubervilliers, puis le conseil de quartier, soient associés au travail du comité de pilotage qui se met actuellement en place.
A mon tour de remercier le maire-adjoint, évidemment Christophe GIRARD qui s'est très investi dans ce projet, et permettez-moi aussi d'y associer Joël HOUZET.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
M. GIRARD peut-il répondre aux interventions et au v?u ?
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - J'appellerai notre Assemblée à voter favorablement ce v?u, mais j'aimerais apporter un certain nombre de précisions sur ce dossier.
C'est un lieu, le 104, que j'ai connu il y a bien longtemps, amené par Yves Mourousi à l'époque où la Mairie de Paris lui avait confié une mission pour les célébrations de l'an 2000.
C'est un lieu extraordinaire, non seulement pour le 19e, pour l'arrondissement voisin, mais également pour Paris et la Région parisienne. Nous devons absolument faire en sorte que ce lieu soit le plus universel possible de façon à répondre, non seulement aux attentes bien légitimes des habitants dans un quartier assez déserté culturellement, mais également aux demandes culturelles de Paris et de la Région parisienne.
Je souhaiterais également ajouter, comme Bertrand DELANOË l'a initié, lors des comptes rendus de mandat, que je vais dans chaque arrondissement, au fil du temps, rencontrer les habitants et en particulier les associations culturelles et les artistes des arrondissements.
Lors d'une réunion organisée par Joël HOUZET, l'adjoint à la Culture du 19e, mais avec évidemment la complicité du maire d'arrondissement, Roger MADEC, j'ai rencontré des gens qui m'ont beaucoup parlé de ce projet. Ils avaient un certain nombre de remarques justes et interrogations justifiées, comme c'est souvent le cas quand on ne connaît pas le contenu d'un projet qui est en cours de réflexion. Je les ai rassurés en leur rappelant qu'ils seraient associés. A la demande, non pas d'un collectif, mais d'une association culturelle de riverains qui s'appelle "Les actionnaires du 104", je leur ai proposé de siéger dans le comité de pilotage. J'ai répondu favorablement, en direct, à cette demande parce que je pense qu'il est utile d'avoir des représentants qui vont eux-mêmes fédérer toutes les demandes individuelles qu'il pourrait y avoir sur un dossier comme celui-là.
Je voudrais également attirer l'attention des élus sur le risque de voir un dossier comme celui-là déraper d'un point de vue financier puisque c'est un lieu vaste avec ses 26.000 mètres carrés. Tout un chacun a évidemment des idées pour le contenu de ce lieu. Je serai extrêmement sévère sur le calendrier, sur le respect des engagements et sur le contenu artistique qui sera déterminé par le comité de pilotage, en accord avec les élus et le Maire de Paris.
Je crois que la Ville maîtrisera totalement ce projet. Il s'agit bien d'un projet municipal mais la contribution d'un partenaire privé est une chose saine puisqu'elle nous permettra à la fois d'alléger le coût pour les Parisiens, mais également, peut-être, de stimuler une bonne gestion de ce lieu.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le v?u présenté par M. VUILLERMOZ.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le v?u est adopté. (2002, V. 75).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 232.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DAC 232).