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Juin 2002
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73 - Vœu déposé par M. Sylvain GAREL, Mmes Isabelle GUIROUS-MORIN, Anne LE STRAT et les membres du groupe "Les Verts" relatif à la création d'un Observatoire de la coopération décentralisée

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Il y a un voeu 34 qui est présenté par M. GAREL à qui je donne la parole.
M. Sylvain GAREL. - Déposé avec Mme GUIROUS-MORIN, Mme LE STRAT et au nom des élus "Les Verts".
C'est un voeu que les gens qui siégeaient déjà il y a deux mois et demi dans cet hémicycle ont déjà lu puisque nous l'avons déposé lors d'un précédent Conseil de Paris. C'est un v?u qui concerne la création d'un Observatoire de la coopération décentralisée ; ce v?u avait été retiré parce que nous devions avoir une démarche commune avec le groupe socialiste ; cette démarche n'ayant pu avoir lieu, nous le présentons de nouveau.
Ce v?u vise simplement à ce que la politique internationale de la Ville qui, sous les précédentes mandatures, était une politique pour le moins opaque et dont l'intérêt était assez peu évident pour les populations les plus défavorisés dont je parlais tout à l'heure, subisse un changement radical. Nous souhaitons que se mette en place un Observatoire de la coopération décentralisée qui réunisse des élus de tous les groupes, des représentants d'association et des présidents d'O.N.G. investies dans la coopération internationale, pour déterminer ce qu'une grande ville comme Paris pourrait faire dans ce domaine. Je pense qu'elle peut faire beaucoup, à la fois d'un point de vue symbolique et matériel.
Nous souhaitons que cet Observatoire ait notamment un droit de regard sur une des associations qui concentre entre ses mains plus de la moitié du budget de la ligne "relation internationale" : l'A.I.M.F., l'Association internationale des maires francophones, dont le Maire de Paris a toujours été le Président quelle que soit l'identité du Maire.
Nous souhaiterions que cette structure qui pour l'instant n'est absolument pas contrôlée par les élus, puisque le Maire de Paris est par statut le seul élu qui y siège, puisse être vérifiée, les orientations discutées dans cet Observatoire.
Voilà le sens de notre voeu ; nous pensons que dans un souci de transparence et d'efficacité il est important que le Conseil de Paris mette des outils en place pour permettre que notre fonctionnement puisse être le plus rigoureux possible et pour mieux utiliser l'argent des contribuables et que ce soit vraiment efficace pour la coopération.
Je vous remercie.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - M. SCHAPIRA a la parole.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Monsieur le Maire, Monsieur GAREL, merci de votre intervention et merci au groupe "Les Verts", en particulier aux auteurs de ce v?u, de l'intérêt qu'ils manifestent avec constance pour la coopération internationale de Paris.
Ce voeu avait déjà été déposé lors d'une précédente réunion du Conseil puis retiré par ses auteurs suite à l'engagement que j'avais pris alors de renforcer l'information et la consultation des groupes sur la politique internationale de la Ville. C'était effectivement le 8 avril. Je vous ai réunis le 12 juin, excusez-moi, mais entre le 8 avril et le 12 juin, nous étions entrés en hibernation électorale et en ce qui me concerne avec succès dans la 1ère circonscription. J'avais donc la tête ailleurs !
J'ai quand même réuni entre les deux tours, le 12 juin, les présidents de groupe ou leurs représentants et j'ai profité de cette occasion pour donner des précisions concernant la date de la communication du Maire au Conseil de Paris sur la politique internationale, nos priorités et enfin les modalités de notre action.
J'ai, par ailleurs, confirmé mon entière disponibilité à réunir ce groupe de travail pour évoquer des aspects plus précis de notre coopération et je me suis engagé en organisant en septembre prochain, avant le Sommet de la francophonie qui se tiendra à Beyrouth, une rencontre sur l'action de l'A.I.M.F., puisque c'est un des opérateurs du Sommet de la francophonie, en présence des responsables de cette association, c'est-à-dire le secrétaire permanent et le secrétaire adjoint permanent.
Dans cet esprit, je suis disposé à une concertation de ce type sur tous les aspects de notre politique.
J'ai un message d'ouverture et j'aimerais bien que vous m'entendiez. Très honnêtement, sur cette histoire du dernier trimestre, avouez quand même que c'était très compliqué, mais je m'engage à réunir les correspondants de chaque groupe, opposition et majorité, pour parler de la politique internationale de la Ville, pour vous expliquer les priorités, pour écouter ce que vous souhaitez.
Je suis favorable et je l'ai dit en 9e Commission à davantage de concertation mais je ne suis pas favorable à la création d'une structure de type observatoire. Une nouvelle institution politico-administrative dont je doute qu'elle apporterait plus d'efficacité à notre coopération.
A cet égard, je veux souligner que nous entretenons naturellement des relations très étroites avec les associations et plus largement les O.N.G. dont certaines sont d'ores et déjà les vecteurs de notre action notamment dans les pays du sud.
Par ces contacts fréquents et réguliers, ces associations, soyez-en sûrs, sont et seront pleinement associées à l'élaboration et à la mise à ?uvre de notre action. C'est déjà le cas avec un certain nombre d'O.N.G. que vous connaissez très bien puisqu'à chaque fois qu'il y a des délibérations, je vous les cite et je vous dis exactement ce qu'elles font.
Comme vous, j'ai la conviction que la Ville doit mener une politique internationale ambitieuse et déterminée. Nous travaillons dans cette direction et nous avons ouvert plusieurs chantiers très importants dans le cadre des priorités que nous nous sommes données, que j'ai rappelées le 12 juin dernier, et qui seront précisées dans la prochaine communication en Conseil de Paris.
J'ajoute que nous avons d'autres ambitions notamment dans les endroits où la Ville de Paris peut jouer un rôle. Je pense notamment au Proche Orient ; j'ai été approché par l'Association des Maires palestiniens et conjointement l'Association des Maires israéliens pour une coopération à la reconstruction de villes palestiniennes.
Dans cet esprit, je reste naturellement à la disposition de tous ceux qui souhaitent renforcer la cohérence, l'efficacité, et la lisibilité de notre action ; je pense aux élus évidemment, aux responsables des S.E.M., des syndicats intercommunaux, aux acteurs multiples de la coopération internationale à Paris ; je veux parler notamment de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur GAREL, voulez-vous ajouter quelque chose ?
M. Sylvain GAREL. - Oui, je ne comprends pas bien pourquoi M. le Maire s'oppose à la création de cet observatoire puisque nous avons apparemment les mêmes buts et les mêmes objectifs. Ce n'est pas une institution politico-administrative, c'est un groupe d'élus - et on veut bien y associer les présidents de S.E.M. -, de représentant d'O.N.G., et d'acteurs sur le terrain, qui travaillerait ensemble.
Bien sûr, nous maintenons ce voeu.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - M. VUILLERMOZ a la parole.
M. Jean VUILLERMOZ. - Je crois que sur cette affaire il y a besoin de se concerter car ce que ce qui nous est proposé là ne nous convient pas complètement. Il y a des points positifs mais il aurait fallu que l'on en parle.
Il serait justement utile que ce qui vient d'être proposé par Pierre SCHAPIRA se mette le plus rapidement possible en ?uvre c'est-à-dire que l'on puisse avoir sur les questions de la coopération décentralisée, sur les problèmes de la politique internationale de la Ville, plus de contacts qui nous permettent de nous exprimer, de donner notre avis et surtout d'échanger parce que je crois que c'est quelque chose qui à l'heure actuelle n'est pas encore complètement effectif.
Il y a donc besoin de progresser. Nous allons donc nous abstenir dans le but d'essayer de rechercher très rapidement des moyens pour trouver les solutions qui permettent à tous de pouvoir retrouver ses orientations dans ce qui est fait à Paris.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - M BLOCHE souhaite intervenir. Je lui donne la parole.
M. Patrick BLOCHE. - Monsieur le Maire, une explication de vote très rapide. Les considérants de ce voeu reprennent un certain nombre de préoccupations que partage le groupe socialiste et radical de gauche. Par contre, nous avons un désaccord sur le voeu lui-même et sur les propositions qui sont exprimées, notamment par Sylvain GAREL. Je fais partie, nous faisons partie de ceux qui émettent toujours beaucoup de réserve quand on veut déshabiller, en quelque sorte, les élus qui ont la légitimité du suffrage universel. Alors on crée un observatoire par ci, une commission ad hoc par là.
Nous sommes favorables à ce que les Conseillers de Paris, compte tenu de leur légitimité, et en responsabilité, assument tout simplement leur mandat en ce domaine comme en d'autres.
Nous avons entendu avec beaucoup d'intérêt les propositions faites par Pierre SCHAPIRA. L'idée qu'il existe un groupe de Conseillers de Paris représentant les différents groupes de notre Assemblée, de la majorité comme de l'opposition, autour de lui pour, ensemble, construire les grandes orientations de la coopération décentralisée, nous apparaît comme la bonne solution. Dans cet esprit, nous ne pouvons nous abstenir sur ce voeu même si nous en partageons les objectifs légitimes, mais nous sommes obligés de voter contre car il amènera la création d'une structure qui ne correspond pas à l'idée que nous nous faisons du fonctionnement de notre Assemblée et de la façon d'assumer notre mandat.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le voeu.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le voeu est repoussé.