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Juin 2002
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134 - QOC 2002-398 Question de Mme Laurence DOUVIN et des membres du groupe "Démocratie libérale et indépendants" à M. le Maire de Paris relative aux problèmes de stationnement pour les commerçants suite à l'installation des couloirs de bus protégés

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2002


Libellé de la question :
"Dès l'installation en septembre dernier des couloirs de bus protégés et élargis, Mme Laurence DOUVIN et les membres du groupe "Démocratie libérale et Indépendants" avaient exprimé leur inquiétude par rapport aux conséquences négatives qu'on pouvait en attendre pour les Parisiens.
Au bout de 9 mois, Mme Laurence DOUVIN voudrait attirer l'attention de M. le Maire de Paris sur l'une d'elles qui devient une dangereuse réalité pour les commerçants installés le long des axes concernés.
En effet, notamment quand l'installation de ces couloirs entraîne la suppression de places de stationnement mais aussi quand elle supprime la possibilité de s'arrêter un très court instant, les commerçants disent aujourd'hui, avec l'expérience de quelques mois, que leur chiffre d'affaire baisse dans des proportions inquiétantes et que leur clientèle délaisse leur commerce parce qu'ils ne peuvent plus se garer ou s'arrêter brièvement.
Les déclarations répétées qu'entendent Mme Laurence DOUVIN et les membres du groupe "Démocratie libérale et Indépendants" allant toutes dans le même sens les amènent à rappeler à M. le Maire de Paris les deux points suivants : d'une part, les commerces de proximité jouent un rôle fondamental dans notre tissu social et nous en avons besoin. D'autre part, il est dans le rôle des responsables municipaux de favoriser les conditions de leur essor économique.
Comment M. le Maire de Paris compte-t-il prendre ces remarques en considération et montrer aux commerçants qu'il prend en compte leurs problèmes ?"
Réponse (Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe) :
"La Municipalité parisienne est consciente de la perception de certains commerçants vis-à-vis de la réalisation de couloirs bus en site propre, dont l'utilité en matière de développement des transports collectifs n'est plus à démontrer.
Ce point de vue est généralement développé sous 2 angles : celui du stationnement de la clientèle et celui des livraisons.
1/ Les aménagements réalisés se traduisent par une impossibilité de stationnement dans les couloirs bus pour les automobilistes. Cette impossibilité est perçue par certains commerçants comme nuisant au développement économique de leur affaire.
Il convient de rappeler, dans ce domaine, que les stationnements de véhicules étaient d'ores et déjà interdits sur les sites concernés (couloirs de bus matérialisés), et que le stationnement de la clientèle était généralement un stationnement illicite, nuisant fortement au trafic des autobus. L'implantation de couloirs protégés ne modifie donc pas le régime du stationnement, mais permet tout au plus d'en assurer le respect de manière plus efficace.
De plus, il faut souligner que l'étude des grandes tendances d'achat à Paris montre clairement que la voiture particulière est très peu utilisée pour les achats. Ainsi, l'Enquête globale sur les Transports (enquête portant sur plus de 10.000 ménages) met en évidence la faible part du mode de déplacement en voiture particulière pour les achats dans Paris (9 % contre 26 % aux transports en commun et 65 % à pieds). Ceci traduit un certain décalage entre la réalité des chiffres et la perception des commerçants en ce qui concerne la contribution des automobilistes à leur chiffre d'affaire qui ne s'appuie sur aucune donnée tangible de la part des commerçants qui s'expriment sur le sujet.
On peut également ajouter que l'augmentation de la fréquentation du commerce par les piétons dont l'espace a été requalifié, par les usagers des transports en commun dont le mode de déplacement a été revalorisé et par les usagers du vélo dont le stationnement consomme 10 fois moins d'espace public, n'est pas non plus quantifiée et mériterait d'être étudiée et prise en compte dans les indices de satisfaction de la clientèle.
2/ Ces aménagements ont également une influence sur les possibilités de livraison des commerces. Pour faire face aux besoins, les services techniques de la voirie disposent d'outils tels que l'aménagement d'aires de livraison en Lincoln ou demi-Lincoln sur les axes traités ou dans les voies adjacentes. Chaque projet d'aménagement fait l'objet d'une étude fine des besoins, sur la base d'une enquête exhaustive menée sur le terrain. Un objectif d'une distance maximum de 50 mètres entre l'aire de livraison et chaque commerce est recherché dans toute la mesure du possible. Dans ce cadre, les services locaux de voirie se tiennent à la disposition des commerçants pour rechercher avec eux les solutions les mieux adaptées à leurs besoins, dans le respect de la réglementation en vigueur. Cette association des commerçants en amont de l'élaboration des projets est d'ailleurs une demande de la Délégation de Paris de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris.
Il est par ailleurs prévu dans les mois qui viennent d'évaluer, en termes d'impact sur les marchandises, les dispositifs mis en place sur les couloirs de bus existants et d'apporter des solutions correctives si nécessaire. Le cas échéant, la réalisation d'expérimentations innovantes d'"aires de livraison" avec association de technologies et de services pourra être préconisée. Plus globalement, la Direction de la Voirie et des Déplacements est chargée d'étudier un plan d'action d'ensemble pour le traitement des marchandises, qui constituera un volet à part entière du futur Plan de déplacement de Paris."