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Juin 2002
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Conseil Municipal
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39 - 2002, JS 141 - Approbation du principe de la réalisation d'une piscine flottante sur barge(s) sur la Seine dans l'ouest parisien. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer tous les actes administratifs nécessaires à la réalisation de cette opération. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour une mission de programmation et d'assistance à maîtrise d'ouvrage pour la réalisation d'une piscine flottante sur barge(s) sur la Seine dans l'ouest parisien

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2002


M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du dossier JS 141 portant approbation du principe de la réalisation d'une piscine flottante sur barge(s) sur la Seine dans l'ouest parisien. Autorisation à M. le Maire de Paris de signer tous les actes administratifs nécessaires à la réalisation de cette opération. Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour une mission de programmation et d'assistance à maîtrise d'ouvrage pour la réalisation d'une piscine flottante sur barge(s) sur la Seine dans l'ouest parisien.
La parole est à Mme CHRISTIENNE.
Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe. - Merci de nous donner la parole. Je m'adresse au nom de Georges SARRE.
A Paris, il suffit de se promener sur les quais, en été, pour constater que les Parisiens et des touristes, en grand nombre, les utilisent comme autant de solariums. Mais ces plages improvisées ne sont pas aménagées en conséquence et n'offrent aucune possibilité de baignade. Jadis, les établissements de bains étaient nombreux. Un seul a survécu : la piscine Deligny près du pont de la Concorde, mais elle a disparu en 1993.
Ce projet de barges sur la Seine renoue avec cette tradition et nous nous en réjouissons. Nous notons qu'il prévoit l'installation de 2 bassins dotés d'un toit coulissant permettant son exploitation toute l'année.
Autour, seraient disposés les cabines, un bar, un solarium et des activités de détente annexes (sauna, salle de gymnastique, fitness). Bref, un véritable établissement de bains moderne et confortable, ouvert toute l'année, ce qui permet de corriger le handicap des piscines d'été qui, soumises aux aléas de la météo, sont pour la plupart non rentables.
Si nous connaissons le coût prévisionnel de cet équipement, en revanche, nous disposons de peu d'informations sur sa réalisation. A quel horizon planifiez-vous l'ouverture de cet établissement ? L'implantation de barges flottantes à l'est, entre les ponts de Tolbiac et d'Austerlitz, est-elle toujours d'actualité ? Je souhaite, en tout cas, que ces piscines flottantes soient accessibles au plus grand nombre et que le futur cahier des charges impose aux concessionnaires des tarifs attractifs et proches des prix proposés dans les piscines municipales. Votre volonté de réserver des créneaux horaires aux scolaires répond en partie à cette préoccupation.
Comme vous le savez, l'opération "Paris plage" dont un mémoire proposé à cette séance de notre Conseil renouvelle le principe, permet aux Parisiens de profiter pleinement des berges de la Seine, fermées pour cette occasion à la circulation. Ces manifestations se déroulent du dimanche 21 juillet au dimanche 18 août et proposent des démonstrations sportives et culturelles.
Nous pensons que nous pourrions donner à cette manifestation une plus grande ampleur si nous permettions l'installation de plages sur les quais où seront installées les barges flottantes.
Ce que nous proposons, Monsieur le Maire, c'est une vision d'ensemble d'aménagement des berges de la Seine. Il faut partir à la reconquête de cet espace et offrir aux Parisiens un véritable lieu de détente et de loisirs, ouvert du début du printemps à la fin de l'été.
Renouer avec cette tradition est possible en utilisant des techniques modernes à l'instar des plages créées sur les rives du fleuve Saint-Laurent, à Québec. A Paris, les berges capables d'accueillir de véritables plages avec dalles et caillebotis existent : le port de Bercy, très bien desservi par le métro et METEOR, à proximité d'un grand parc, mais aussi le quai André-Citroën, au débouché du parc du même nom. Nous disons cela car il existe encore une incertitude que cette étude devra trancher, sur l'implantation de ces barges flottantes à l'ouest et à l'est de notre Capitale.
A côté des piscines amarrées aux quais, des aires de jeux pourraient être aménagées, des kiosques pourraient abriter des buvettes et des restaurants. Surtout, ces lieux de détente pourraient accueillir des manifestations sportives (beach-volley, soccer-beach) et culturelles ou conviviales à l'image de ce qui existe sur les berges de la Marne.
Réconcilier notre Ville avec son fleuve suppose de repenser totalement l'aménagement des voies sur berges classées au patrimoine mondial de l'U.N.E.S.C.O. C'est pourquoi nous préconisons leur couverture sur la rive gauche du pont Royal au pont de la Concorde, face au Jardin des Tuileries mais aussi sur la rive droite du pont au Change au souterrain Mazas. Vous voyez qu'il s'agit bien de rompre avec l'urbanisme des années Pompidou.
Cet espace dédié aux piétons permettrait de donner un nouvel élan à la fréquentation des berges dans le c?ur historique et d'accueillir des équipements légers de restauration. Nous n'ignorons pas que nous dépassons vos champs de compétence, Monsieur le Maire, mais nous voulons rappeler que la reconquête des berges de la Seine repose sur une vision d'ensemble. Nous invitons la majorité à se saisir de cet ambitieux projet pour Paris et pour les Parisiens.
Je vous remercie.
(Applaudissements).
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Je vous remercie, Madame CHRISTIENNE.
Je donne la parole à Melle Charlotte NENNER du groupe "Les Verts".
Melle Charlotte NENNER. - Merci, Monsieur le Maire.
Il s'agit ici d'approuver le principe de réalisation d'une piscine flottante sur la Seine dans l'ouest parisien. Nous approuvons tous les efforts faits par la nouvelle Municipalité pour combler l'énorme déficit de piscines dans Paris. Ainsi cette piscine Deligny 2 s'inscrit dans un programme qui prévoit également d'autres piscines dans l'Est parisien.
Le besoin de ce type d'établissements est à mon avis plus fort dans les arrondissements plus jeunes que le 16e ou le 15e, où les enfants n'ont pas tous l'occasion de passer des vacances au bord de la mer. Je souhaite donc que cette expérience aille plus loin. Ainsi, fin 2001 je vous ai adressé, Monsieur CHERKI, une demande d'étude pour une piscine saisonnière dans le canal Saint-Martin dans le 10e. Je pense qu'il est possible de faire ce type d'équipement...
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - S'il vous plaît, je vous demande de bien vouloir écouter Melle NENNER qui pose une question sérieuse et à laquelle je répondrai.
Melle Charlotte NENNER. - Je pense qu'il est possible de faire ce type d'équipement, très demandé quand même, sans non plus bétonner des dizaines de mètres de berges. Faire simple à mon avis est possible. Ce pourrait être une structure souple, repliable, constituée d'une simple membrane et de flotteurs pour isoler l'eau de la piscine de celle du canal. Et pourquoi pas faire plancher sur ce projet une école d'ingénieurs qui pourrait tout à fait participer à ce projet ?
A moins que notre collègue Myriam CONSTANTIN ne nous annonce que nous aurons une eau de qualité de baignade pour le canal Saint-Martin d'ici la fin de la mandature mais je me méfie des annonces du type "On pourra se baigner dans la Seine".
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Merci pour votre intervention qui ne manquait pas d'esprit mais je vous répondrai.
Je donne la parole à Mme RIMBERT.
Mme Hélène RIMBERT. - Monsieur le Maire, Mme Martine AURILLAC, maire du 7e et moi-même avons appris par la presse du 15 juin 2002 qu'une délibération concernant la réalisation d'une piscine flottante sur barge sur la Seine dans l'ouest parisien serait présentée à ce Conseil. Une fois encore nous nous étonnons que vos directions travaillent sur un projet pouvant concerner l'arrondissement sans tenir compte de l'avis du maire qui représente les habitants futurs utilisateurs.
En effet, de 1801 à 1993 la piscine Deligny, jusqu'à son naufrage le 9 juillet 1993, n'a pas quitté notre arrondissement. Nous y sommes tous très attachés car elle était la seule piscine dans les 7e et 8e arrondissements pouvant recevoir les scolaires.
Depuis sa disparition de nombreuses études ont été effectuées. Un dossier d'implantation du bain Deligny avait été présenté en Commission des sites de Paris et un inventaire des sites portuaires du 7e a été réalisé par le Port autonome de Paris. La proposition du Port autonome de Paris suggérait la reconstruction sur le même site au Port de Solférino, dans la partie aval. Nous souhaiterions d'une part que ce site soit à nouveau évoqué lors des études d'implantation, d'autre part - et je dirai surtout - être associés à ce projet dès les premières études.
Merci.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président, au nom de la 7e Commission. - Pour répondre aux trois orateurs je vais commencer par vous, Madame RIMBERT. Tout d'abord vous dites que nous n'avons pas tenu compte de l'avis du maire du 7e. Nous sommes dans les débats de cette Assemblée, il est normal, comme c'est noté au bulletin des débats, que vous accrochiez la majorité mais ce n'est pas la vérité. J'ai déjà répondu en 7e Commission que dans l'opération que nous menons nous en sommes au stade de la recherche des lieux.
Quel est notre objectif ? C'est ce que nous avons fait pour la piscine sur la Seine de l'Est parisien. Il ne suffit pas de vouloir une piscine quand on est la Ville de Paris, il faut trouver une localisation qui corresponde à l'objectif que nous nous sommes donné. Il s'agit d'un investissement conséquent donc nous voulons pouvoir trouver un lieu qui puisse accueillir une piscine toute l'année et la piscine Deligny n'était pas ouverte toute l'année. C'est pourquoi nous voulons un toit qui puisse s'ouvrir et se refermer, parce que nous ne voulons pas simplement que l'on en profite l'été.
Dans ce cadre-là nous sommes obligés de rentrer en discussion avec nos partenaires naturels, que sont "Voies navigables de France" et le Port autonome. Nous avons besoin de faire des recherches d'implantation. C'est la raison pour laquelle quand nous avons recours à des bureaux d'études pour nous aider, nous leur citons une zone géographique large ; ils recherchent et ils nous proposent plusieurs sites et sur la piscine de la Seine de l'Est parisien c'est ce que nous avons fait. Plus de 10 sites avaient été proposés au départ.
Après, dans la concertation avec les mairies d'arrondissement, les maires d'arrondissement sont des interlocuteurs naturels de la nouvelle Municipalité pour les projets localisés dans les arrondissements. Vous savez à quel point Bertrand DELANOË y tient et nous y veillons. Nous allons décider ensemble, en commun, avec M. CAFFET et Mme CONSTANTIN et les maires d'arrondissement, des lieux les plus adéquats, en fonction des objectifs du programme, en même temps que de la possibilité de le faire.
Donc je ne suis fermé sur aucun lieu, je n'ai aucun problème si l'on m'apporte la démonstration concrète que c'était à l'ancien endroit Deligny que l'on pouvait le faire, pour qu'on le refasse là. C'est pour cela que la zone géographique déterminée est large, pour ne pas freiner notre réflexion.
En ce qui concerne la question évoquée par Melle NENNER, après tout pourquoi pas ? Je vous avoue que cela outrepasse mon domaine de compétence. Moi je suis adjoint aux Sports. Ce que vous évoquez comporte peut-être un aspect sportif quand on s'y baigne, mais je pense que votre interlocutrice la plus immédiate et la plus naturelle serait Myriam CONSTANTIN en l'espèce.
Donc je peux vous inviter à vous rapprocher d'elle en qui vous trouverez une écoute attentive. Je ne sais pas si la réponse qui vous sera faite sera une réponse positive mais je pense que vous aurez une écoute attentive. J'ai pu constater à quel point elle épaulait M. CAFFET dans le dossier des piscines sur la Seine. Honnêtement elle est plus qualifiée que moi pour conduire une réflexion de qualité avec vous là-dessus. J'interviendrai en dernier ressort.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Avec le maire d'arrondissement.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président, rapporteur. - Bien sûr. On peut réfléchir avec tout le monde. Il n'y a pas d'objection.
En ce qui concerne l'intervention de M. SARRE, bien évidemment tout le monde sait l'intérêt qu'a toujours porté M. SARRE à une étude globale, une réflexion globale sur les berges de la Seine. D'ailleurs les deux piscines que nous allons réaliser dans l'Ouest et dans l'Est de Paris figuraient au contrat de mandature que nous avons passé devant les Parisiens et dans lequel la formation politique à laquelle appartient M. SARRE a été partie prenante.
Je n'ai pas participé à l'élaboration de ce contrat de mandature mais il a été un élément moteur pour que nous inscrivions cet élément des deux piscines sur la Seine dans ce contrat. Que M. SARRE soit rassuré, nous allons poursuivre et amplifier la réflexion. Il s'agit de pouvoir mener à terme, dans le cadre de la mandature, la réalisation des deux projets.
Nous espérons réaliser la piscine dans l'Est de Paris pour juin 2005. L'équipement, la localisation qui est envisagée se trouveraient à proximité de la passerelle François-Mauriac entre le pont de Bercy pas très loin de la Bibliothèque nationale de France afin d'avoir une continuité urbanistique entre la Z.A.C. "Bercy" dans le 12e et le 13e arrondissement.
En ce qui concerne le 12e, j'ai déjà répondu à Mme RIMBERT, il est difficile de savoir à ce stade puisqu'en ce qui concerne la piscine de l'Est de Paris, le bureau d'études a déjà travaillé. Là nous allons lancer la réflexion, mais nous souhaitons arriver à une livraison fin 2006 au plus tard.
Voilà les réponses à apporter à cette étape. En ce qui concerne la piscine de l'Ouest, il appartiendra au bureau d'études de nous faire plusieurs propositions. Il est bien évident qu'à partir du moment où nous avons la volonté de faire ces deux équipements pour les Parisiennes, les Parisiens et tous les autres, nous aurons une réflexion très approfondie sur les tarifs afin que ce soient des équipements accessibles au plus grand nombre.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération JS 141.
Qui est pour ?
Contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, JS 141).