Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2002
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

68 - Vœu déposé par MM. Philippe SÉGUIN et Michel BULTÉ et les membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" relatif à un hommage public et solennel au général Alexandre Dumas, père du romancier, sous la forme de l'édification d'un monument à sa mémoire

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous allons examiner un certain nombre de v?ux qui concernent les Affaires culturelles.
Nous commençons par le v?u n° 30 qui est présenté par le groupe "Rassemblement pour la République et apparentés".
Monsieur SÉGUIN, vous avez la parole.
M. Philippe SÉGUIN. -Je vous remercie, Monsieur le Maire.
Comme vous le savez, on rendra cette année hommage à Alexandre Dumas et j'imagine que la Ville de Paris s'associera à cet hommage qui sera marqué principalement par le transfert de la dépouille de l'écrivain au Panthéon.
Nous pensons, au groupe "Rassemblement pour la République et apparentés", que ce pourrait être l'occasion pour la Ville de se souvenir qu'elle avait déjà pris, il y a plusieurs dizaines d'années, l'initiative d'un hommage à l'ensemble des Dumas.
Il y a en effet au moins trois Dumas, en tous cas trois Dumas qui ont atteint la célébrité, il y a le Général Dumas, son fils Alexandre, le grand écrivain, et son petit-fils Alexandre, également écrivain et paradoxalement connu sous le nom de Dumas fils.
Notons que c'est la statue du Général en même temps que celle des deux écrivains que la Ville avait choisi d'ériger sur une de ses places, qu'elle baptisât place des Trois-Dumas, place devenue depuis la place du Général-Catroux. Alors il est vrai que le Général Dumas a été un homme d'exception, Anatole-France a dit de lui qu'il était le plus grand des Dumas. Il avait qualifié son exercice de "chef d'?uvre auquel il n'y a rien à comparer".
Et il est vrai qu'il s'agit d'un destin hors du commun, Alexandre Dumas né esclave en 1762, dans ce qui était alors la colonie française de Saint-Domingue, fut emmené par son père en France, à l'âge de 14 ans. Il s'engagea en 1786 dans le régiment des Dragons de la Reine et fut un des grands généraux de la Révolution française, avant de faire preuve face à Bonaparte d'une réelle force de caractère. Il s'éleva ainsi publiquement contre les méthodes trop brutales à ses yeux utilisées par l'armée contre les Turcs et il refusa de prendre la tête de l'expédition répressive qui avait été envoyée contre la colonie révoltée de Saint-Domingue en 1802. Attitude qui lui valut en retour d'être privé de la Légion d'Honneur.
La Ville de Paris en exaltant le souvenir de ce père valeureux, que son fils d'ailleurs aimait par-dessus tout, et qui mourut dans l'oubli, avait voulu honorer le serviteur d'une république ouverte, généreuse, tolérante en même temps qu'un adversaire résolu de toutes formes de discrimination et d'exclusion.
Les nazis en tous cas comprirent parfaitement ce que pouvait symboliser cet homme, cet ancien esclave, ce général noir, ils firent retirer sa statue qui n'a jamais été réinstallée. Alors il nous semble que le temps est venu d'annuler le geste des nazis et de réparer un oubli. Il n'est pas de meilleure occasion que cette année commémorative de son fils. Nous souhaitons donc que le Conseil émette le v?u que la statue du Général Dumas, si on la retrouve, soit remise en place et dans la négative qu'on en élève une nouvelle.
Je vous remercie, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés").
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur GIRARD, vous avez la parole.
M. Christophe GIRARD, adjoint. - Je suis plus que favorable pour plusieurs raisons. Nous sommes en 2002, et chacun sait ce que 2002 représente pour au moins un des Dumas. Ensuite je dirai qu'au nom de la Révolution, de la République, des esclaves et également de nos compatriotes d'origine africaine, je crois que ce serait un beau geste si en effet on réparait cette diversion de l'histoire.
M. Alain DESTREM. - Très bien !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Donc, je mets aux voix le v?u... Monsieur LE GARREC, vous demandez la parole ?
M. Alain LE GARREC. - Oui, je suis tout à fait d'accord avec M. SÉGUIN et M. GIRARD, d'autant plus qu'il y a quelques mois nous donnions le nom du Chevalier de Saint-Georges à une rue du 1er arrondissement et je rappelle que le Général Dumas a servi sous les ordres du Chevalier de Saint-Georges en 1802. Il y a bien une cohérence dans ce que l'on fait à Paris en ce qui concerne les rues.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, ce v?u.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le v?u est adopté. (2002, V. 76).