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Juin 2002
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35 - Vœu déposé par Mmes Violette BARANDA, Marie-Pierre MARTINET et les membres du groupe "Les Verts" relatif à l'implantation d'un centre de l'enfance et de la parentalité, 11-15, rue Courat (20e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2002


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons au voeu suivant présenté par Violette BARANDA, Marie-Pierre MARTINET et le groupe "Les Verts" du Conseil de Paris relatif à l'implantation d'un centre de l'enfance et de la parentalité dans le 20e arrondissement.
Madame, vous avez la parole.
Mme Marie-Pierre MARTINET. - Madame la Maire, chers collègues, il est des projets qui reflètent plus que d'autres les ambitions d'une mandature. Celui qui vous est soumis ce soir en fait partie par ce qu'il représente, par ce qu'il porte en lui, par le quartier auquel il s'adresse.
Je ne reprendrai pas l'exposé des motifs mais apporterai quelques informations complémentaires.
Ce projet est parti d'un constat, celui de la Z.A.C. "Saint-Blaise" :
- une des zones les plus denses d'Europe : rares espaces verts, grand "turnover" des parents et commerçants accompagné d'une fuite des classes moyennes ;
- sentiment d'infériorité et d'enfermement des populations ;
- enfants, pré-ados et ados très présents dans la rue face à une quasi-absence de structures relais ;
- un manque chronique d'équipement ;
- familles en situation précaire dont beaucoup en grande difficulté sociale entraînant une mise à distance avec le monde extérieur (illettrisme, non maîtrise du français) ;
- les enfants et jeunes confrontés à des difficultés scolaires voire une vraie déscolarisation, comportements agités, non-respect des autres dans un monde où ces enfants sont confrontés très tôt à la loi du plus fort et à l'absence de modèle parental fort ;
- une demande des familles qui se sentent impuissantes et isolées, des professionnels de l'école qui cherchent des partenariats pour trouver des réponses à ces problèmes.
Ce quartier est, je vous le rappelle, quartier "politique de la ville".
Depuis juillet 2001, le C.F.P.E. a étoffé son projet suite à une demande de l'O.P.A.C. compte tenu de la taille des locaux, rencontré les services de la D.A.S.E.S., de la D.A.U.C., de la C.A.F. et présente aujourd'hui un projet qui a rencontré l'assentiment des services et des élus concernés. Le C.F.P.E. envisage même de vendre son siège social pour s'installer dans l'Hôtel industriel du 11-15, rue Courat et occuper un étage.
Comme vous pouvez le constater dans les objectifs de ce centre, une action globale en direction des enfants, un réseau d'écoute, d'appui et d'accompagnement pour les parents. Mais il s'agit également d'une réelle ouverture sur le quartier par des actions de proximité de prévention en direction des habitantes et des habitants.
Outre la crèche, la mini-crèche collective et la halte-garderie qui pemettront d'absorber une partie des énormes besoins de ce quartier, la dimension d'aide à la parentalité au c?ur de cette Z.A.C. est un de ses atouts majeurs.
En effet, cette question est récurrente de la part des acteurs travaillant tant sur l'enfance que sur la prévention.
Lors de la première table de concertation du quartier Plaine-Lagny réalisée dans le cadre du Bureau des temps dans le 20e, la semaine dernière, dont le thème est l'enfance à Paris, de 0 à 15 ans, les participantes et participants issus des associations, de l'Education nationale, du commissariat du 20e, de la D.J.S., de la D.A.S.C.O. se sont tous accordés pour dire que l'approche d'aide à la parentalité et un travail sur l'intergénérationnel sont des approches pertinentes des difficultés que rencontrent les enfants et les jeunes.
Même écho lors du C.I.C.A. 20e consacré à l'école ouverte sur son quartier qui a eu lieu jeudi dernier en présence de M. FERRAND.
Et enfin le conseil de quartier Saint-Blaise a mis une telle structure comme priorité de son quartier lors des états généraux des conseils de quartier dans le 20e qui s'est tenu ce samedi 22.
Alors, oui ! Ce projet est une vraie chance pour Saint-Blaise, une chance pour rattraper des erreurs urbanistes passées. Quartier où l'on est obligé de "bâcher" certaines cours d'école pour protéger les enfants en récréation des immeubles alentours...
Il est vrai qu'il a été proposé que ce projet trouve un lieu d'implantation au 122, rue des Pyrénées plutôt que rue Courat.
Un bref regard sur un plan de Paris assorti de l'expérience menée sur le quartier Plaine dans le cadre du bureau des temps quant à l'impact des fractures territoriales que peut être une rue un peu large ou passante, ou la voie dite "petite ceinture" difficilement franchissable par manque de "passerelles" sur la fréquentation d'un lieu, suffit à nous faire comprendre que les résultats escomptés ne seraient pas au rendez-vous si ce projet était installé au 122, rue des Pyrénées, pour lequel il convient de rappeler qu'il faudra acheter le terrain, démolir les bâtiments existants avant reconstruction.
Par contre, ce quartier, comme le 20e, a aussi besoin de lieux d'activités générateurs d'emplois qui pourraient trouver au 122 ou ailleurs un espace opportun.
Ce matin, M. le Maire disait : "le sens de notre mandat est d'influer sur le cours des choses avec créativité". Je crois que ce projet y répond. C'est pour toutes ces raisons et bien d'autres encore, mais le temps me manque, que notre Municipalité s'honorerait d'un vote favorable à ce voeu permettant ainsi à ce projet de trouver toute sa place au c?ur de Saint-Blaise.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - M. Christian SAUTTER a la parole pour répondre.
M. Christian SAUTTER, adjoint. - Je vais répondre à Mme MARTINET que le projet de Centre français de protection de l'enfance est un projet vraiment intéressant dans la mesure où il permet de créer des berceaux supplémentaires dans un arrondissement, le 20e arrondissement, qui en est fort dépourvu puisque c'est un des arrondissements où la densité d'équipement de la Petite enfance est l'une des plus faibles de Paris.
Ce projet va au-delà d'une crèche puisqu'il a pour but d'aider les parents en difficulté, de veiller à leurs problèmes sociaux, de rapprocher aussi les seniors et les enfants dans des activités intergénérationnelles.
Le Maire de Paris et Olga TROSTIANSKY considèrent que c'est un projet vraiment intéressant.
La question n'est pas sur le projet mais sur sa localisation. Et je voudrais dire que sa localisation 11-15, rue Courat pose deux gros problèmes :
Le premier problème est qu'il s'agit, vous l'avez dit, Madame MARTINET, d'un Hôtel industriel, c'est-à-dire dont l'architecture est tout à fait inadaptée pour répondre aux normes de confort et de sécurité qu'exige l'accès du public et en particulier des jeunes enfants. Si l'on voulait transformer cet Hôtel industriel en structure d'accueil de jeunes enfants, il faudrait procéder à 4,5 millions d'euros de travaux pour adapter ces bâtiments.
Deuxième difficulté : ces locaux sont classés dans le plan actuel d'occupation des sols comme des locaux d'activité. Il faudrait changer la destination de ce bâtiment.
La mise en oeuvre des procédures légales d'urbanisme, dont Jean-Pierre CAFFET est beaucoup plus spécialiste que moi, ne permettrait pas d'envisager une ouverture d'un équipement Petite enfance d'ici la fin de la mandature.
J'ajoute - vous y avez fait allusion - que dans le 20e arrondissement, le taux de chômage est particulièrement élevé, notamment dans le quartier Saint-Blaise et il serait paradoxal de supprimer un Hôtel industriel qui aurait bientôt la possibilité d'accueillir une imprimerie d'insertion qui emploie des personnes en difficulté. Cette imprimerie d'insertion réussit si bien dans cette tâche, à la fois économique et sociale, qu'elle souhaite s'implanter dans des locaux plus vastes.
Comment concrétiser ce bon projet ? Le Maire de Paris a écrit à Michel CHARZAT, le maire du 20e arrondissement, le 21 juin, pour que des propositions d'implantation de ce projet, en direction des enfants et des familles de ce quartier, soient faites dès que possible.
Je crois que la démarche est assez claire, c'est un bon projet pour lequel il faut trouver une bonne localisation. C'est pourquoi, Madame MARTINET, puisque vous plaidez pour ce voeu, je proposerai volontiers de l'amender de la façon suivante : Mme Violette BARANDA, Mme Marie-Pierre MARTINET et les élus du groupe "Les Verts" "émettent le voeu que le projet d'implantation d'un Centre de l'enfance et de la parentalité soit réalisé dans les meilleurs délais (tout ceci est dans votre v?u) et prioritairement dans le 20e arrondissement, en accord avec son Conseil d'arrondissement".
Vous voyez que le principe du projet reste, mais il faut trouver une localisation qui soit adaptée, d'où la proposition d'amendement que je fais à votre v?u, Madame MARTINET.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente.- Merci, Monsieur Christian SAUTTER.
Madame Marie-Pierre MARTINET, vous avez la parole.
Mme Marie-Pierre MARTINET. - Je ne peux que saluer les efforts de notre Exécutif pour le soutien à ce projet. Que l'on veuille l'installer dans le 20e c'est très bien, car il est vrai que l'arrondissement manque cruellement de structures de ce type, néanmoins je crois que le quartier Saint-Blaise est emblématique de ce problème. Malheureusement, dans la proposition telle qu'elle est faite, cela veut dire qu'il n'y a plus de place à Saint-Blaise. Le quartier de Saint-Blaise va se priver d'une telle structure.
On aura un mal fou à récupérer les enfants et toutes les problématiques qui peuvent se poser. A terme, qu'est-ce qui se passe ? Il y a un appauvrissement du quartier, il y a une fuite. J'ai exposé cela dans mon voeu. Je vous rappelle que cela veut dire que l'on se retrouve confronté à une absence totale de structure de garde d'enfants.
Vous avez, à fort juste titre, rappelé mon intervention sur l'égalité hommes et femmes, mais nous allons nous retrouver, probablement, avec des difficultés pour les mamans ; je vous rappelle que dans le projet il y avait une aide en direction des femmes pour une formation d'assistante maternelle.
Je suis partagée entre deux choses : je regrette que depuis juillet 2001, concernant la demande faite sur la rue Courat, personne n'ait mis en exergue tout de suite ces difficultés rencontrées. Je pense que cela aurait évité un certain nombre de choses, notamment en direction des services de la Ville et du C.F.P.E. Cela nous aurait évité d'entretenir une espèce de flou qui fait que tout le monde a cru en ce projet. Visiblement, on s'aperçoit qu'il est irréalisable. Il y a un côté qui me déçoit.
Je suis partagée entre le fait d'accepter votre sous-amendement qui, probablement, restera un voeu pieux parce qu'on aura du mal à trouver les locaux. Le 20e est une zone extrêmement dense. Nous sommes un peu saturés en termes de logements et c'est vrai qu'il faut utiliser ce qui existe. Je ne vois pas actuellement ce qui pourrait être monté avant la fin de la mandature, et cela m'inquiète beaucoup.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Il faut conclure !
Mme Marie-Pierre MARTINET. - Cela concerne un quartier qui est en grande difficulté et je me permettais de prendre un peu de temps sur ce sujet important.
Concernant l'amendement, je suis désolée, je crois que ce n'est pas parce que je vais refuser cet amendement que le projet ne se fera pas et qu'il n'y aura pas une recherche, parce que j'ai confiance à la fois dans Mme TROSTIANSKY et dans l'adjoint à l'Enfance dans le 20e arrondissement pour mener à bien la recherche de locaux pour les crèches. Je pense que ce projet avait un sens et une âme au coeur de Saint-Blaise et il aura du mal à s'exporter ailleurs.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Mme Catherine GÉGOUT voulait aussi une explication de vote. Je vous propose de donner des explications de vote courtes sinon cela ne prend plus du tout la nature d'une explication de vote.
Mme Catherine GÉGOUT. - Comme cela concerne le 20e, je ne sais pas à quel degré s'est faite la concertation mais comme élue du 20e, je n'en ai jamais entendu parler. Le C.F.P.E. est une association très fiable, mais ce n'est pas parce qu'un projet est intéressant que l'on doit sauter sur tout ce qui bouge. C'est important d'avoir des locaux qui permettent le développement des emplois dans le 20e, et notamment à cet endroit-là. Je ne vois pas pourquoi dans ce quartier extrêmement dense on ne prendrait pas quelques logements pour assurer cet équipement. C'est une proposition, je pense que tout n'a pas été exploré et qu'il faut tout faire pour que le projet puisse se réaliser, notamment à Saint-Blaise mais pas à cet emplacement là.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Mme Edwige ANTIER a la parole pour une explication de vote également.
Mme Edwige ANTIER. - Nous voterons le voeu de Mme MARTINET et de Mme BARANDA avec beaucoup d'admiration pour leur projet auquel nous souscrivons totalement.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Madame TROSTIANSKY, vous avez la parole.
Mme Olga TROSTIANSKY, adjointe. - Le projet d'amendement présenté par l'Exécutif va dans le bon sens et va dans le sens du travail que l'on mène dans le 20e arrondissement. Une réunion récente a été menée avec Michel CHARZAT et d'autres membres du cabinet chargés de l'urbanisme, pour trouver un autre lieu qui permette de trouver une place à ce projet, si possible dans son ensemble.
Par rapport à la remarque de Mme MARTINET, tout le travail que l'on a fait avec le C.F.P.E. n'est pas un travail vain. Le C.F.P.E. souhaite travailler avec le 20e arrondissement. C'est pour cela que je vous propose de voter l'amendement du v?u proposé par le groupe "Les Verts".
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je vous propose de passer au vote sur ce voeu amendé par l'Exécutif.
Je mets d'abord aux voix, à main levée, l'amendement de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
L'amendement est adopté.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Maintenant, je mets aux voix, à main levée, le voeu amendé avec l'amendement adopté de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le voeu amendé est adopté. (2002, V. 68).