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Juin 2002
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Conseil Municipal
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92 - QOC 2002-443 Question de Mme Catherine GÉGOUT et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris concernant le fonctionnement du "Cœur de Paris"

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2002


Libellé de la question :
"Le "C?ur de Paris" est un service du Centre d'action sociale de la Ville de Paris, qui assure la distribution de colis-repas aux sans-abri dans plusieurs points de la Capitale.
Ce service tente de répondre à des besoins alimentaires d'urgence et son fonctionnement pose de graves problèmes.
Le dévouement du personnel, amené à travailler dans des conditions très difficiles, est indéniable. D'autre part des efforts ont été faits pour améliorer la qualité alimentaire des colis-repas distribués.
Deux problèmes importants se posent :
d'une part, les conditions de travail sont inadmissibles : le personnel, qui prépare les colis avant leur distribution, est hébergé dans l'entrée d'un restaurant pour personnes âgées. Cette situation, en principe provisoire, n'a jamais été réglée malgré les engagements de la direction du C.A.S.-V.P. Aussi, chaque jour, le matériel et le mobilier nécessaire à la préparation doivent être installés et déménagés. Les lieux de stockage sont très inférieurs aux besoins, obligeant la responsable à travailler en flux tendu avec les commandes journalières. De plus ce stockage, non plus que les vestiaires du personnel, n'est pas distinct de celui du restaurant, entraînant des difficultés et des conflits au quotidien ;
d'autre part, la population concernée par les distributions au cul du camion a augmenté de façon très importante, et il est matériellement impossible de faire autre chose que de gérer les files d'attente, subir les difficultés psychologiques de ces personnes, voire les problèmes de violence.
Cette situation, très visible pour peu qu'on prenne la peine de faire un tour dans Paris la nuit, est une honte pour notre Capitale. A chacun des points de distribution, ce sont des centaines de personnes qui font la queue pour un colis, voire un bol de soupe avalé à la hâte, assis à même le trottoir. De telles distributions devraient être l'exception, elles sont la règle.
Aussi, Mme Catherine GÉGOUT et les membres du groupe communiste demandent à M. le Maire de Paris s'il est prêt à faire le nécessaire pour que le "C?ur de Paris" soit hébergé dans les meilleurs délais dans un local spécifique permettant la préparation des colis et le stockage de la nourriture dans des conditions normales ;
qu'un plan d'urgence soit mis en place avec les partenaires concernés pour que des restaurants sociaux de petite taille soient ouverts sur l'ensemble du territoire parisien pour accueillir les sans-abri dans des conditions dignes et permettant un accompagnement social.
Réponse (Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe) :
"Les conditions d'hébergement du "C?ur de Paris", au restaurant Santeuil, ne sont pas satisfaisantes, tant sur le plan de l'espace disponible que sur celui de la cohabitation avec l'équipe du restaurant "Emeraude". La recherche de locaux propres au "C?ur de Paris" n'a pas abouti jusqu'à présent, du fait des difficultés liées au stationnement des véhicules de livraison du "C?ur de Paris". Une solution rapide de réinstallation est actuellement envisagée en liaison avec les services municipaux. Elle ne pourrait toutefois qu'être temporaire.
S'agissant du contenu des sachets distribués, je rappelle qu'il a été amélioré et diversifié au cours du 4e trimestre 2001. Ainsi, des assortiments de salade complète, des laitages et des fruits ont été inclus ; une soupe en plus est proposée et des portions de pain conséquentes. Le contenu des sachets est évalué à 1.192 kilocalories et couvre 50 % des apports quotidiens nécessaires en protéine, calcium et vitamine C. En ce qui concerne les Centres d'hébergement d'urgence gérés par le C.A.S.-V.P., des modifications ont été proposées au niveau de la structure des repas et du choix des plats proposés. Ainsi, début novembre 2001, les consommateurs ont été interrogés sur leurs préférences alimentaires. Un cycle de menus spécifique au site, plus adapté aux attentes perçues, a été mis en place le 26 novembre 2001.
Pour ce qui concerne l'orientation globale de l'aide alimentaire sur Paris, la volonté municipale est de privilégier la multiplication, de façon équilibrée sur le territoire, de sites installés de restauration sociale. A ce jour, le Centre d'action sociale de la Ville de Paris gère le restaurant Baudricourt, les "Restos du C?ur", trois sites (les sites Haxo, Rambuteau et quai d'Austerlitz), le restaurant de "La Mie de Pain" offre une grande capacité d'accueil.
Toutefois, il convient de remarquer qu'une telle politique de restauration sociale se heurte à des difficultés conséquentes pour trouver des locaux. En effet, un certain nombre de ces sites ne sont pas pérennes, d'autres recherches sont donc en cours, en liaison avec l'A.P.-H.P. Un restaurant "Emeraude" peu fréquenté et proche d'un autre restaurant de même type pourrait y être consacré. La restauration assise le soir nécessite également d'articuler des réponses alimentaires avec des réponses d'hébergement.
Par ailleurs, elle nécessite l'adhésion de l'ensemble des partenaires intervenant sur le territoire, y compris de ceux qui, comme les "Restos du C?ur" ont fortement développé la distribution dans la rue.
Pour l'été, du fait de la fermeture traditionnelle de nombreuses associations, la Ville de Paris a pour la première fois et grâce à un travail partenarial engagé depuis un an, souhaité participer avec la D.A.S.S. à un plan de renforcement de l'aide alimentaire. Ce dispositif permettra le maintien de lieux de distribution par le remplacement des équipes de bénévoles et 1.500 repas supplémentaires seront servis tous les jours.
Ainsi, un renforcement des capacités de distribution de repas de certains C.H.R.S. ainsi que le maintien de fonctionnement des sites habituellement fermés en cette saison a été organisé. L'accès à ce dispositif se fera par l'intermédiaire des Espace Solidarité Insertion (E.S.I.)."