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Juin 2002
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Conseil Municipal
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34 - Vœu déposé par M. Jacques DAGUENET, Mme Catherine GÉGOUT et les membres du groupe communiste concernant les résidentes du Palais de la Femme, 94, rue de Charonne (11e)

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2002


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Le v?u suivant est présenté par Jacques DAGUENET, Catherine GÉGOUT et le groupe communiste. Il concerne les résidentes du Palais de la Femme.
Monsieur DAGUENET, vous avez la parole.
M. Jacques DAGUENET. - Merci, Madame la Maire.
Le Palais de la Femme est géré, comme chacun sait, par la fondation Armée du Salut. Nous avons été interpellés par les résidentes. Je rappelle que ce foyer social est le plus grand d'Europe. Aujourd'hui, les conditions d'accueil et de sécurité ne répondent plus aux normes actuelles et ont conduit la fondation Armée du Salut à envisager une réhabilitation de grande ampleur sur cinq ans, avec les premiers travaux pour la mi 2003, d'après ce qui est annoncé.
Cette réhabilitation va modifier considérablement les capacités d'accueil. De 630 résidentes aujourd'hui, on passerait à 160 environ. D'ores et déjà, des chambres libérées sont définitivement fermées.
Actuellement, les résidentes peuvent y séjourner pour une durée de trois ans. Etudiantes, stagiaires, salariées se côtoient et beaucoup d'entre elles sont des salariées précaires et en très grandes difficultés.
Jusqu'à présent, les femmes en très grandes difficultés obtenaient des délais supplémentaires de maintien dans les lieux. L'inquiétude, aujourd'hui, est très vive parmi les résidentes qui, en fin de contrat, se voient aujourd'hui refuser tout prolongement et n'ont reçu aucune proposition de relogement par la fondation, ni d'accompagnement social pour leur relogement dans une structure de même statut.
Une telle situation risque de fragiliser encore davantage ces femmes, aggravant ainsi leurs conditions d'existence, ne leur laissant comme seule perspective que le recours à l'hébergement d'urgence.
Parallèlement à cela, je rappelle que notre collectivité a soutenu les demandes de subvention de la fondation pour ses projets. On est intervenu, plusieurs fois, sur cette question, en matière d'hébergement d'urgence ou d'actions de réinsertion.
Il serait paradoxal que la réhabilitation, si nécessaire soit-elle, aggrave sur Paris le manque de capacité d'accueil social des personnes fragilisées, venant contrarier les efforts entrepris par la Ville par une diminution de l'offre générale de sites d'hébergement social sur la Capitale.
L'incompréhension et l'émotion sont donc fortes parmi les acteurs sociaux qui oeuvrent en direction des femmes en difficulté et qui agissent pour favoriser le droit au logement pour toutes et tous. C'est pourquoi nous proposons au Conseil de Paris le v?u suivant : "que le Maire interpelle la fondation Armée du Salut pour qu'elle s'engage à proposer un relogement dans une structure équivalente aux résidentes en fin de contrat et que soit mis en place un accompagnement social ; enfin, que la Ville examine les possibilités de relogement social sur son parc, notamment pour les résidentes suivies par le C.A.S., dans le 11e arrondissement".
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur DAGUENET.
Je vais répondre à ce v?u.
Il vient après, Madame, puisqu'il était présenté en 8e Commission.
Mme Isabelle GUIROUS-MORIN. - Pour une explication de vote.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Oui. Je réponds et je vous laisse intervenir ensuite.
Je partage les constats et les préoccupations exprimés par vous-même au nom des élus communistes, Monsieur DAGUENET, sur la réhabilitation du Palais de la Femme dans le 11e arrondissement. La réhabilitation de ce lieu qui est, vous l'avez rappelé, le plus grand foyer d'Europe destiné exclusivement à des femmes, est prévue par l'Armée du Salut depuis plusieurs années et cette réhabilitation est incontestablement nécessaire. En effet, parmi les 630 chambres de ce lieu, une grande partie d'entre elles sont trop exiguës et n'offrent pas des conditions de logement satisfaisantes. C'est pourquoi la réhabilitation entraînera inévitablement une perte de nombre de places, mais le confort des résidentes sera amélioré.
La Ville de Paris sera attentive à ce que, parmi les résidentes actuelles, le plus grand nombre puisse bénéficier de propositions de relogement d'une part, et que l'offre d'hébergement pour les Parisiennes en grandes difficultés soit non seulement maintenue mais améliorée d'autre part. C'est un des enjeux majeurs de la politique d'égalité entre les femmes et les hommes dont j'ai la charge au sein de l'Exécutif municipal.
A ce stade, le projet de l'Armée du Salut n'a pas encore fait l'objet d'une présentation officielle et encore moins d'une validation technique par la Ville de Paris et les services de l'Etat, mais il a été l'objet d'une concertation avec l'administration départementale.
Il est donc aujourd'hui nécessaire, comme vous le dites, d'étudier précisément avec les services de l'Etat et l'Armée du Salut le projet qu'elle souhaite présenter, notamment la possibilité de reloger les résidentes.
L'Armée du Salut a déjà commencé un travail de prospection en ce sens. La mise en place d'un véritable accompagnement social pour les résidentes du Palais de la Femme constituera également un objectif essentiel auquel la Ville sera très attentive.
La politique d'égalité entre les femmes et les hommes, cette politique que nous conduisons, j'ai à c?ur de veiller à ce qu'elle permette à la capacité d'accueil des femmes en grandes difficultés d'être accrue dans les résidences sociales.
Je propose donc de voter ce v?u.
Madame Isabelle GUIROUS-MORIN, vous avez la parole.
Mme Isabelle GUIROUS-MORIN. - Merci, Madame la Maire.
Chers collègues, deux minutes pour une explication de vote.
Pour ce v?u, cela va de soi, compte tenu de la gravité de ce dossier, nous suivrons l'avis de l'Exécutif. Néanmoins, je tiens à attirer l'attention des élus intéressés par ce dossier sur le fait qu'en raison de la difficulté à obtenir des informations, il est très délicat d'envisager des décisions qui pourraient engager la Ville. C'est la raison pour laquelle j'ai déposé, au nom du groupe "Les Verts", une question à M. le Maire, qui sera examinée demain.
En attendant, j'ai relevé quelques petites erreurs, qui méritent d'être expliquées.
Le Palais de la Femme a une capacité de 650 places et non de 600, et cette capacité serait en effet réduite à 160 studios, ce qui reviendrait à une perte de 490 places.
Les chambres libérées actuellement sont plutôt de l'ordre de 80 à 90 places et non pas de 50 à 60.
Par ailleurs, un plan datant de 1999 prévoyait 450 studios. Une question orale de Mme Martine BILLARD à M. le Maire, sous la précédente mandature, évoquait déjà ce projet, à l'époque. Il n'intégrait cependant pas l'installation du centre d'hébergement d'urgence qui est prévu dans le projet actuel. Or, ce centre, qui serait installé au 96, rue de Charonne n'empêcherait pas le transfert au Palais de la Femme 94, rue de Charonne, du quartier général de l'Armée du Salut, actuellement dans le 20e.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Ce n'est pas une explication de vote et cela vient demain avec une réponse spécifique puisque vous êtes en train de lire le voeu que vous présenterez demain.
Mme Isabelle GUIROUS-MORIN. - Pas du tout.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Une explication de vote, c'est plus rapide. Je vous propose d'être plus brève, et demain nous reviendrons sur le voeu que vous avez présenté sur lequel il y a une réponse favorable, je vous l'indique par avance, de l'Exécutif.
Mme Isabelle GUIROUS-MORIN. - C'est ce qui est en jeu aujourd'hui et nous ne pouvons qu'espérer qu'aucune subvention ne sera accordée tant que la meilleure solution ne sera pas adoptée.
Personnellement, je plaiderai pour les plans de 1999 car alors il ne resterait plus que 200 places à créer.
Nous ne pouvons nous prononcer avant d'avoir réalisé cette étude.
En ce qui concerne le relogement des femmes pendant la durée des travaux, il doit être étudié en urgence.
Merci.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le voeu présenté par les élus communistes et sur lequel j'ai émis un avis favorable.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le voeu est adopté. (2002, V. 67).