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Juin 2002
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82 - 2002, DVD 108 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer le contrat "Capitals ITTS" avec la Commission européenne

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2002


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons maintenant au dossier DVD 108 portant autorisation accordée à M. le Maire de Paris de signer un contrat "Capitals ITTS" avec la Commission européenne.
Je donne la parole à Anne LE STRAT.
Mme Anne LE STRAT. - Merci, Madame la Maire.
Mes chers collègues, mon intervention sera relativement brève et visera simplement à insister sur les points qui me paraissent importants.
Tout d'abord, je souhaite saluer les objectifs de ce projet de délibération qui visent à améliorer la gestion des cars de tourisme dans le cadre d'une coopération entre villes européennes, Rome, Berlin, Madrid, Bruxelles et Paris, étant les capitales concernées.
Il est en effet nécessaire que des villes européennes s'associent pour partager leurs expériences, apporter des solutions à des problèmes communs qu'elles rencontrent, ici les déplacements liés au tourisme, mais aussi pour faire avancer et nourrir la réflexion à l'échelle européenne, autour de thématiques qui nous sont chères, le déplacement, l'environnement, la qualité de vie, la conception du tourisme, toutes ces activités sont des thèmes qui dépassent très largement le cadre national. Il serait d'ailleurs utile qu'en matière de coopération, des thèmes prioritaires soient déterminés de sorte que ces projets de délibération s'inscrivent dans une politique de coopération de la Ville clairement définie.
Ce projet de délibération qui nous est soumis vise donc à traiter le problème posé à Paris par les cars de tourisme, problème récurrent étant donné l'ampleur des activités touristiques dans la Capitale et les nuisances causées par ces cars et leur stationnement illicite en termes d'environnement, de déplacement et de santé publique.
Pour autant le projet européen "Capitals ITTS" ne prévoit qu'une solution technique aux problèmes posés par ces cars. Il s'agit en effet d'utiliser les nouvelles technologies de l'information pour gérer le stationnement et la circulation de ces bus de tourisme dans la Ville. Nous ne pouvons cependant nous priver d'une réflexion plus large sur des solutions moins techniques et qui prendraient en compte la dimension multiple du problème, aussi bien en termes de promotion d'un tourisme alternatif à Paris, par exemple, que d'aménagement de l'espace urbain.
La promotion de modes alternatifs de déplacement pour les touristes pourrait ainsi faire l'objet d'une coopération entre collectivités européennes. Nous devons innover en matière de déplacement et repenser la Ville en valorisant les circulations douces. Cette réflexion a déjà été engagée pour les transports réguliers ; elle est également nécessaire pour le transport touristique.
Nous avons la chance d'avoir un fleuve qui traverse le c?ur de la Capitale, desservant des lieux parmi les plus touristiques de la Ville, tout au moins les plus visités. Le transport fluvial serait donc à mon avis une alternative à explorer, surtout en matière de tourisme, pour lequel ce type de déplacement semble tout à fait adapté.
Merci.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Anne LE STRAT.
M. Denis BAUPIN a la parole.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Oui. Je remercie Mme LE STRAT de son intervention. Je voudrais rappeler qu'en matière de déplacements et de tourisme nous avons Jean-Bernard BROS et moi-même une longue expérience de concertation tant avec les associations de riverains des sites concernés par les sites touristiques qu'avec les professionnels du tourisme et que cette démarche produit petit à petit ses effets.
Cette démarche a quatre étapes principales.
La première étape est d'abord de faire respecter la réglementation telle qu'elle existe aujourd'hui et donc de faire respecter l'interdiction de stationner des autocars sur un certain nombre de sites. Sur ce point - et je pense particulièrement au boulevard de Clichy, au boulevard de Rochechouart et à l'Ile de la Cité - le Maire et moi-même avons saisi à plusieurs reprises le Préfet de police qui nous a confirmé que pour la période estivale des mesures allaient être prises de façon à mieux faire respecter la réglementation.
Deuxième étape de notre procédure : le traitement de deux sites particuliers. Le premier site est la Butte-Montmartre, sur laquelle nous avons entamé des discussions sur le réaménagement des boulevards de Clichy et de Rochechouart, réaménagement dont les travaux vont être entamés à partir de l'automne prochain. Celui-ci s'inscrit dans un projet d'une envergure qui évidemment dépasse largement la simple question des autocars. Par ailleurs d'autres sites de stationnement pour autocars à proximité du 18e et du 17e arrondissement vous seront proposés par délibération inscrite au Conseil de juillet.
Le deuxième site sur lequel nous avons engagé un travail spécifique est le site de l'Ile de la Cité et donc de Notre-Dame sur lequel nous avions proposé des dispositifs transitoires pour cette année en matière de déplacement des touristes. La population des riverains concernés a estimé que ces solutions transitoires n'apportaient pas suffisamment d'amélioration par rapport à ses attentes. Les riverains nous ont fait savoir, lors d'une réunion publique tenue avec la Maire du 4e il y a environ une semaine, qu'elle préférait maintenir pour une année supplémentaire la situation actuelle plutôt que le dispositif transitoire qui était le moins mauvais auquel nous avions pu aboutir dans les délais qui nous étaient donnés.
En revanche sur ce site de Notre-Dame, des solutions plus pérennes sont en préparation pour l'année prochaine qui consisteront à ce que les autocars de tourisme stationnent aux parkings de Bercy et du Louvre, déposent les touristes au niveau de ces parkings et que ces touristes soient transportés par navette fluviale auprès de Notre-Dame. Donc d'ores et déja des éléments de réponse à votre question sur l'utilisation du fleuve.
Troisième niveau : mieux gérer les autocars et c'est dans ce cadre que se situe ce programme "ITTS". Ce troisième niveau consiste à faire en sorte que l'on améliore le stationnement des autocars de tourisme en périphérie de Paris, je précise bien en périphérie à l'intérieur de Paris. Nous mettons en place des systèmes d'information des autocaristes ainsi qu'un titre de paiement pré-payé par les autocaristes de façon à ce que quand l'autocar rentre dans Paris son stationnement soit déjà payé. Nous aurons ainsi une véritable incitation de l'autocariste à aller stationner dans le parking puisqu'il n'aura pas de surcoût, alors qu'aujourd'hui, lorsque l'autocariste se trouve dans la Capitale à attendre ses touristes il peut être tenté d'économiser le prix du stationnement en stationnant à des endroits illégaux.
Il s'agit donc d'un système à la fois de parkings, éventuellement supplémentaires en périphérie, d'information des autocaristes et de mise en place d'un système de pré-paiement du parking qui fait l'objet de cette coopération avec d'autres capitales.
Enfin la quatrième étape qui sera celle sur laquelle nous allons entamer maintenant des discussions avec les professionnels du tourisme, consistera à développer des modes de déplacement alternatifs pour les touristes dans la Capitale qui nous permettraient, nous l'espérons, à terme de faire en sorte qu'il n'y ait plus d'autocars qui circulent à l'intérieur de la Capitale. On peut imaginer, par exemple, que les touristes viennent en autocar éventuellement jusqu'à la périphérie parisienne et qu'ils se déplacent en utilisant des modes de transport plus propres à l'intérieur de la Capitale.
Voilà les quatre étapes que nous avons enclenchées. Dans cette procédure, le projet de délibération d'aujourd'hui porte sur la troisième étape qui est sans doute celle sur laquelle nous avons recueilli le plus d'assentiment car ce système permettra de mieux gérer les autocars. C'est un atout à la fois pour les riverains, pour l'ensemble des habitants de Paris et en même temps pour les professionnels.
Je rappelle évidemment - je ne l'ai pas dit - que dans toute cette optique nous gardons en ligne de mire deux objectifs majeurs. Apparemment difficilement conciliables, mais nous devons réussir à développer l'attraction touristique de Paris et en même temps à diminuer les nuisances. C'est tout l'enjeu du dispositif actuel, dans lequel nous devons rappeler de temps en temps à nos interlocuteurs que Paris n'est pas Disneyland. Paris n'est pas un site uniquement touristique. Il y a des habitants à Paris. Visiter Paris ce n'est pas faire se succéder une série de sites touristiques, de bâtiments, certes très intéressants. Il y a aussi une ville, des habitants, une vie dans Paris et cela fait partie sans doute de l'attractivité de Paris. Evitons de considérer ses habitants comme simplement des indigènes qui seraient enfermés à l'intérieur de leur territoire.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup Denis BAUPIN, pour cette défense de la vie à Paris.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 108.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DVD 108).