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Fevrier 2003
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Conseil Général
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3 - 2003, DAEE 6 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une convention d'objectifs de 3 ans avec "Paris Initiatives Entreprises" (8e) prévoyant pour 2003 l'attribution d'une subvention d'investissement de 457.400 euros, une participation de fonctionnement de 365.878 euros et une cotisation de 500 euros

Débat/ Conseil général/ Février 2003


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous abordons tout d'abord l'examen du projet de délibération DAEE 6 G concernant la signature d'une convention d'objectifs de 3 ans avec "Paris Initiatives Entreprises" assortie d'une subvention d'investissement de 457.400 euros, d'une participation de fonctionnement de 365.878 euros et d'une cotisation de 500 euros.
M. DAGUENET a la parole. M. SAUTTER lui répondra ensuite.
M. Jacques DAGUENET. - Merci, Madame la Présidente.
Nous revenons à des choses un peu plus sérieuses. Notre groupe, bien entendu, approuve ce projet de délibération visant à soutenir "Paris Initiatives Entreprises" dans le cadre du financement des projets d'aide à la création d'entreprises portés par les demandeurs d'emploi. Le niveau des objectifs fixés d'ici à 2005 est intéressant, puisqu'il s'agit de passer de 130 soutiens aujourd'hui à 600.
C'est la raison pour laquelle il nous paraît nécessaire que "Paris Initiatives Entreprises" améliore sensiblement ces objectifs en direction des projets d'économie solidaire portés par des associations intermédiaires, des entreprises d'insertion par l'économie ou les sociétés coopératives. Dans ce domaine, les objectifs pour la période 2003-2005, ne sont pas précisés. Mais si nous nous référons aux projets collectifs soutenus en 2002, soit moins de 10 %, cela nous paraît très insuffisant au regard des politiques que la Ville souhaite mener en leur direction en vue de s'attaquer à l'exclusion qui frappe les populations, notamment dans les quartiers "politique de la ville".
N'y aurait-il pas lieu d'être plus exigeant en la matière ? Par ailleurs, nous souhaiterions pouvoir disposer d'un bilan beaucoup plus précis pour la période 2000-2002 avec notamment la nature des activités des projets soutenus, leur lieu d'implantation envisagé, mais aussi les réseaux qui ont été créés avec les différentes structures publiques et associations qui travaillent en direction des populations ciblées par "Paris Initiatives Entreprises".
Madame la Présidente, puisque nous évoquons avec ce projet de délibération l'aide en direction des personnes en difficulté, je me permettrai d'insister une nouvelle fois sur les difficultés persistantes et aggravantes que vivent les Parisiennes et les Parisiens exclus de l'emploi. Si cette question n'est pas une prérogative municipale, comme il a été dit tout à l'heure par M. SAUTTER, notre collectivité ne peut rester indifférente aux évolutions qui se dessinent et qui risquent, à terme, de marginaliser Paris dans le fonctionnement du marché de l'emploi francilien.
Car non seulement le chômage des personnes peu diplômées reste très important dans les quartiers du Nord-est de Paris, mais aussi celui des cadres ne cesse de s'aggraver. Il ne s'agit pas, ici, d'occulter les différentes actions entreprises par notre collectivité pour tenter de redynamiser l'emploi à Paris. Je pense au soutien à l'implantation d'entreprises à haute technologie, mais aussi à la création de régies de quartier, aux actions d'insertion et aux activités dites traditionnelles comme les métiers de la mode et des arts.
Le P.L.U. est aussi une opportunité - je l'ai dit plusieurs fois - pour tenter de changer "la donne" en matière d'emplois en améliorant l'offre de locaux d'activités, tout comme les grands projets d'aménagement peuvent redynamiser les arrondissements concernés. Mais nous savons que la réussite de ces projets économiques dépendra de l'impact qu'ils auront aussi sur l'emploi local. Impact qui ne va pas de soi si l'on regarde ce qui s'est passé avec le déplacement progressif d'activités dites de "buiseness" vers la Plaine-Saint-Denis où 90 % des emplois occupés le sont par des non résidents de ces quartiers dans lesquels le taux de chômage n'a pas été infléchi.
Enfin, si de nombreuses études et prospectives économiques dessinent les contours des secteurs d'activité propices au redémarrage économique de Paris, nous manquons d'éléments quant à l'impact des différentes actions de la Ville, mais aussi de prospectives solides en termes de bassin d'emplois à mettre en rapport avec les filières de formation nécessaires à développer pour sortir les populations des quartiers "politique de la ville" à la fois du chômage, dont elles sont victimes, mais aussi des seules perspectives de Revenu minimum qui les excluent du monde du travail.
C'est la raison pour laquelle nous avons proposé, Madame la Présidente, lors de la discussion budgétaire de décembre dernier, je le rappelle, d'organiser des Etats généraux de l'emploi, proposition que nous avons adoptée. Ces Etats généraux de l'emploi ne peuvent pas être conçus comme un simple grand rendez-vous des employeurs avec les Parisiens. Il s'agit avant tout de mettre tous les acteurs de l'éducation, de la formation professionnelle, mais aussi ceux qui participent à la vie économique, les structures publiques et privées qui travaillent à ces questions, en situation d'appréhender ensemble les perspectives d'emplois à Paris et cela afin de donner un nouveau souffle à notre Capitale pour éviter que Paris ne soit qu'une ville à habiter.
Je souhaiterais donc effectivement que M. Christian SAUTTER nous fasse connaître ses propositions pour la mise en oeuvre des Etats généraux de l'emploi.
Je terminerai sur la Poste. La Direction de la Poste a fait savoir, notamment sur la messagerie de Paris VI, qu'après le départ de la Caisse d'épargne rue Saint-Romain, elle entendait délocaliser le service postal des colis de cet arrondissement en banlieue. A court terme, est programmée également la fermeture du restaurant interentreprises qui fonctionne sur ce site. A notre sens, c'est un contresens de vouloir à nouveau réduire les services de la Poste.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Vous avez dépassé votre temps de parole. Veuillez conclure !
M. Jacques DAGUENET. - Nous souhaitons, sur cette question, qu'il soit possible d'intervenir auprès de la Direction de la Poste, mais aussi auprès du Ministère de tutelle afin que cette partie de Paris continue à bénéficier d'une agence colis poste sur place, donc d'un service public permanent.
Merci.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Mme CATALA était inscrite, mais n'est pas présente. Je donne donc la parole directement à M. Christian SAUTTER.
M. Christian SAUTTER, vice-président, au nom des 1ère et 2e Commissions. - Madame la Présidente, M. DAGUENET a abordé de nombreux points auxquels je vais essayer de répondre avec précision, portant sur l'emploi à Paris et plus particulièrement sur "Paris Initiatives Entreprises" qui est une association qui a été créée par la Ville de Paris en 1999 et dont M. Jacques DAGUENET a bien montré à quel point elle se développait grâce au soutien de la Ville de Paris et grâce à une équipe de grande qualité.
En effet, il vous est proposé une perspective sur trois ans, 2003-2005, qui va faire passer le nombre de projets de créations d'entreprises par des personnes en grande difficulté, chômeurs de longue durée ou titulaires du R.M.I., de 24 projets en 2000 à 200 en 2003 et 250 en 2005, ceci grâce à des prêts d'honneur ou grâce à des garanties qui sont apportées à des prêts bancaires.
M. DAGUENET trouve que, du côté des projets collectifs, c'est-à-dire des apports de fonds propres à des structures collectives qui accueillent des personnes en grande difficulté, du type des entreprises d'insertion, l'effort est insuffisant. Je rappellerai que cet effort était nul encore tout récemment, que dix projets collectifs devraient être soutenus par des apports de fonds propres en 2003 et l'objectif est de passer à 20 en 2005. Alors que la progression est rapide, il est vrai que les nombres sont encore relativement faibles, mais je suis sûr que si l'équipe de "Paris Initiatives Entreprises" veut aller au-delà de ces objectifs, elle sera soutenue par notre Conseil.
Vous demandez qu'un bilan 2000-2002 soit dressé avec un certain nombre de précisions. Dès que le bilan de l'année 2002 aura été établi par "Paris Initiatives Entreprises" dans le courant de ce semestre, nous le transmettrons à tous les Conseillers de Paris intéressés.
Ensuite, vous élargissez la perspective. Je crois vous avoir déjà répondu ce matin, concernant les initiatives concrètes pour développer l'embauche de proximité dans les quartiers difficiles, dits de "politique de la ville". Il ne suffit pas de créer des emplois, il faut aussi créer des emplois qui soient adaptés au fait qu'un certain nombre de candidats à l'emploi, je ne dirai pas sont peu qualifiés, mais sont en tout cas peu diplômés. Il y a tout un champ de travail sur les services de la personne et nous y travaillons avec Mme STIEVENARD et d'autres adjoints pour développer des services de proximité avec des embauches de proximité.
De même, vous avez posé la question des cadres. On peut se demander si un certain nombre de cadres, notamment de plus de 50 ans, ne pourraient pas être aidés soit à reprendre, soit eux-mêmes à créer de telles entreprises de petite taille où ils pourraient déployer leur talent.
Bien évidemment, je vais très vite, Madame la Présidente, l'insertion par l'économique n'est pas la seule politique de l'emploi menée à Paris. Nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer le développement des activités de haute technologie dans le domaine des technologies de l'information plutôt au Nord-est de Paris, dans le domaine des biotechnologies dans le Sud-est de Paris et, dans le domaine de la création et des métiers d'art plutôt dans le centre historique de Paris sans qu'il y ait des exclusives.
Vous avez demandé que les Etats généraux se penchent sur ce que vous appelez une prospective des offres et demandes d'emploi dans Paris. Nous y travaillons et je vous l'ai déjà dit, nous y travaillerons ensemble dans un souci de concertation pour partager le diagnostic et réfléchir ensemble aux solutions.
Dernier point, et j'en ai terminé, concernant les établissements de la Poste, le Maire de Paris a déjà écrit au Président de la Poste et il le refera autant qu'il est nécessaire pour maintenir un service public de qualité dans Paris.
Merci.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAEE 6 G.
Qui est pour?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAEE 6 G).