Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juillet 2008
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Général
> Type de document (Débat / Délibération)  

2008, DASES 162 G - Signature d’une convention triennale avec l’association “Centre Lesbien, Gai, Bi et Trans de Paris et Ile-de-France (C.G.L. de Paris)”. - Montant : 112.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Juillet 2008


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous examinons le projet de délibération DASES 162 G relatif à la signature d?une convention triennale avec l?association ?Centre Lesbien, Gai, Bi et Trans de Paris et Ile-de-France?.

C?est M. Gauthier CARON-THIBAULT qui interroge Mme BENGUIGUI. Je lui donne la parole.

M. Gauthier CARON-THIBAULT. - Monsieur le Président, mes chers collègues.

Notre Assemblée doit aujourd?hui renouveler la convention triennale qui a été passée avec le ?Centre Lesbien, Gai, Bi et Trans de Paris et Ile-de-France?, situé dans le 3e arrondissement et attribuer à cette même association une subvention de 112.000 euros.

Le premier financement municipal de cette association a fait parler de lui en son temps, en 2001 comme on le sait, mais il est temps aujourd?hui de faire un point pragmatique sur le résultat de ce partenariat.

Tout d?abord le centre dispose depuis février d?un local de 200 mètres carrés en plein centre-ville, tranchant ainsi radicalement avec la discrétion de leur ancienne localisation, rue Keller dans le 11e arrondissement, et se rapprochant ainsi de la visibilité et de la parfaite intégration qu?ont des centres similaires dans les capitales européennes et de la plupart des pays libres.

Ce partenariat tissé depuis 2001 a enfin permis au Centre LGBT de renforcer son dispositif d?accueil, puisque plus de 1.100 personnes ont pu être reçues en 2007, ce qui marque une nette augmentation par rapport aux années antérieures et, à n?en pas douter, une réelle diversification.

Les personnes qui s?y rendent, venues de tout Paris et de l?Ile-de-France, viennent pour une aide juridique, une orientation sociale, une écoute psychologique ou un entretien relatif à leur santé. Il ne s?agit pas ici de se substituer à l?offre commune d?information que tout un chacun peut trouver n?importe où, mais de constituer un centre de ressources pour venir en aide à des détresses ou interrogations spécifiques auxquelles seuls des spécialistes ou associatifs peuvent répondre dans le cadre d?échange d?expérience ou suite à des formations spécifiques.

Le renouvellement de cette convention triennale permettra aussi au Centre de pérenniser deux actions qui répondent à des besoins toujours plus importants : la prévention santé et l?accueil des jeunes issus de la population LGBT.

Le Centre est devenu un véritable relais de prévention médicale contre les maladies et infections sexuellement transmissibles. Cette action de prévention prend diverses formes et va de la mise à disposition de brochures, des permanences hebdomadaires assurées par la Croix-Rouge à la distribution gratuite de préservatifs. Son champ d?application dépasse très largement, par ailleurs, celui du VIH et traite également de toutes les formes de dépendance, tels la drogue, le tabagisme ou l?alcool qui ne sont que la face révélée d?un mal-être plus profond résultant d?une non-acceptation de son orientation sexuelle ou d?une grande détresse face à la maladie ou à des discriminations.

En tout état de cause, il résulte que cette action particulière sur un public spécifique a permis à 250 personnes en 2007 de recevoir information ou réponse.

Le Centre effectue également une mission de première importance vis-à-vis des jeunes en situation de précarité sociale, et ce, dûe à l?homophobie qui peut se manifester au sein de leur famille, dans leur parcours éducatif, sur leur lieu de travail, dans leur entourage plus ou moins proche.

Grâce au soutien que la Ville leur apporte, les bénévoles du Centre LGBT peuvent venir efficacement en aide à de trop nombreux jeunes qu?un jour l?intolérance des autres a frappés. Il s?agit de jeunes qui, du jour au lendemain, se retrouvent délaissés, sans emploi, sans logement, sans attache sociale et parfois même fraîchement arrivés à Paris, ou même au bord de la prostitution.

Dès lors, le Centre apporte une aide matérielle et un accompagnement à ces personnes afin de leur permettre de retrouver rapidement les conditions d?une insertion sociale réussie.

Malheureusement, le chiffre de ces jeunes qui subissent une telle violence sociale est en augmentation, ce qui nécessite de renforcer l?efficacité d?un acteur associatif comme le Centre LGBT.

Monsieur le Président, mes chers collègues, il est coutume de dire qu?on mesure le niveau de démocratie de nos sociétés à la manière dont elles traitent leurs minorités. Force est de constater qu?il y a un véritable besoin d?une présence sociale et associative pour répondre aux besoins et attentes des personnes lesbiennes, gays, bi et trans qui subiraient violences et discriminations en fonction de leur orientation ou de leur genre.

Le Centre LGBT, par la synergie qu?il réussit à instaurer entre des acteurs associatifs et les acteurs institutionnels traditionnels, assure une mission que j?oserais qualifier de service public et qui devrait, je l?espère, recevoir un très large assentiment de notre Assemblée.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur CARON-THIBAULT.

Je donne la parole à Mme Yamina BENGUIGUI.

Mme Yamina BENGUIGUI, au nom de la 6e Commission. ? M. Gauthier CARON-THIBAULT, je l?en remercie, nous a permis d?apprécier la victoire honorable qu?est l?ouverture du Centre lesbien, gay, bi et trans dans un espace enfin adapté et digne de sa mission.

Je voudrais toutefois rappeler que non seulement il jouera un rôle sur le plan de la prévention, de l?écoute, du soutien juridique et matériel, mais qu?il aura également la mission d?être un pôle de recherche et de créativité.

L?une des missions expresses du centre, qui est également un lieu culturel et festif, est en effet la promotion de la vie associative, sportive et culturelle en rapport avec l?orientation sexuelle. Il s?agit aussi de créer les conditions d?un débat sur l?identité et la place des homosexuels, bi et trans dans la société et sur les nouveaux droits liés au couple et à la parentalité.

Le Centre domicilie 52 associations dont la cohabitation est source d?échanges et de créativité et qui assume des fonctions variées. Le Rainbow Symphony Orchestra ouvre, par exemple, une saison culturelle 2008-2009 très riche, en programmant, en partenariat avec le London Gay Symphony Orchestra, deux concerts à Londres, les 29 et 30 novembre, et à Paris, les 6 et 7 décembre.

Je pourrais également vous parler de Mélo?Men, le ch?ur international gay de Paris, qui prévoit un festival du 24 au 28 octobre à Prague. Des projections de films, des vernissages, des débats sont également organisés au Centre dont la lettre ?Genres? annonce chaque mois un choix de lectures, pièces de théâtre et expositions.

Je voudrais, à cette occasion, rendre hommage aux 50 volontaires - le Centre ne compte que 4 salariés - dont l?action se professionnalise de plus en plus et qui animent cet espace de façon remarquable. La ?Marche des Fiertés? qui a eu lieu le samedi 28 juin sur le thème ?Pour une école sans aucune discrimination? a montré par les nombreux témoignages qu?elle a suscités que les violences homophobes existent toujours, même au sein des institutions républicaines, comme les collèges ou les lycées.

L?homophobie existe toujours, nous devons la combattre. C?est pour cela, j?espère, que cette Assemblée votera très largement cette subvention d?un montant de 112.000 euros au titre de l?exercice 2008. Je vous en remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame BENGUIGUI.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 162 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DASES 162 G).