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Juillet 2008
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Conseil Général
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2008, Voeu déposé par le groupe UMPPA relatif au lancement d’une grande campagne parisienne d’information et de sensibilisation sur le thème de la prévention de la consommation d’alcool chez les jeunes à Paris.

Débat/ Conseil général/ Juillet 2008


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous allons maintenant examiner la proposition de voeu référencée n° 5 G dans le fascicule, qui concerne le lancement d?une grande campagne parisienne d?information et de sensibilisation sur le thème de la prévention de la consommation d?alcool chez les jeunes à Paris.

C?est un voeu du groupe U.M.P.P.A. présenté par Mme DECORTE. M. LE GUEN répondra.

La parole est à Mme DECORTE.

Mme Roxane DECORTE. - Monsieur le Président, mes chers collègues.

Chez les jeunes, l?alcool est la substance psycho active la plus consommée. Les conduites à risque, en consommant beaucoup d?alcool, concernent tous les milieux sociaux et culturels et tous les quartiers de la Capitale.

32,4 % des garçons entre 15 et 19 ans et 48,3 % entre 20 et 25 ans ont connu l?ivresse au cours des 12 derniers mois et 19 % des filles chez les 15 - 19 ans et 20,1 % chez les 20 - 25 ans.

L?ivresse régulière, au moins dix fois dans l?année, concerne 11 % des garçons entre 17 et 18 ans.

Le ?binge drinking?, consommation excessive occasionnelle, s?il comporte des risques de passage à la consommation excessive et la dépendance expose aussi plus fortement aux accidents, à une sexualité non protégée, à la violence et à certains actes délictueux.

Aussi il serait l?honneur de notre Capitale de lancer comme Paris sait si bien le faire une campagne d?information et de sensibilisation sur le thème de la prévention de la consommation d?alcool chez les jeunes.

Je vous remercie de votre attention.

M. Christian SAUTTER, président. - M. Jean-Marie LE GUEN va vous répondre et nous donner l?avis de l?Exécutif sur ce voeu.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. - Merci Monsieur le Président.

Madame, votre constat et votre analyse sont tout à fait justes. Parmi les substances psycho actives qui mettent en cause la santé des jeunes, l?alcool est à l?évidence toujours le risque principal, y compris bien devant le cannabis dont on entend parfois plus parler dans les discours généraux de la M.I.L.D.T.

Pourtant, isoler ce produit par rapport à un autre est sans doute une erreur notamment quand le produit le plus consommé est l?alcool.

C?est vrai que, dans notre société française, les risques sanitaires liés à l?alcool sont largement sous-estimés et on voit régulièrement la remise en cause par exemple de la loi Evin et des avancées insuffisantes.

Je signalerai que juste en ce moment, nous sommes en train de discuter de l?application sur Internet de la loi Evin. On voit qu?il y a encore des hésitations à faire en sorte que tout ce qui serait la promotion agressive sur Internet, sur ce nouveau média, des consommations d?alcool, en rapport avec les jeunes notamment, qui sont plus souvent sur Internet que d?autres couches de notre population, il y a des hésitations à avoir une législation ferme sur ce terrain.

Vous avez raison de dire que, d?une façon générale, tout ce qui touche à la lutte contre les toxicomanies est traité de façon insuffisante et erronée.

Insuffisante parce qu?on manque d?esprit de précaution et erronée parce qu?on met souvent en place une politique qui se rattache essentiellement à une pénalisation et à une répression plutôt qu?à des comportements de prévention et d?éducation.

C?est vrai que, sur ce terrain aussi, nous avons fait preuve de faiblesse. Nous avons eu l?occasion dans cette Assemblée de parler de l?autorisation du produit ?Redbull? et de la campagne du produit ?Redbull? qui sont des incitations marketing très puissantes.

On a vu dans la Capitale des voitures, des affichages 4 par 3, qui se sont promenées, laissant entendre qu?il n?est pas possible d?avoir un travail performant ou qu?il n?est pas possible de faire la fête sans avoir recours à des produits particuliers, en l?occurrence cette boisson qui est en elle-même dangereuse mais aussi plus largement, laissait entendre l?addiction comme étant quelque chose de nécessaire.

Vous demandez ce que fait la Municipalité parisienne et de ce point de vue, vous avez raison. Vous savez quand même que depuis 2006 il y a eu une politique de prévention de l?alcool chez les jeunes qui a été menée à travers des subventions aux associations, de nombreuses associations : la SERMA*, l?EMPA*, l?Art et Média*, les Centres Émergence, le Kiosque Info Sida puisqu?on parle souvent de poly toxicomanie.

Plusieurs projets locaux de sensibilisation ont vu le jour. Plus précisément et plus au centre de ce que vous indiquez, il y a eu la fameuse démarche ?Fêtez clairs?, une charte élaborée avec les établissements de nuit qui a donné lieu aussi à une mobilisation de la Ville.

Très clairement, je vous suis tout à fait, ces deux programmes ont vocation à être renforcés et étendus à l?échelle de la capitale.

D?une façon générale, même si la lutte contre les toxicomanies ne fait pas partie des prérogatives de notre collectivité locale, puisque c?est une prérogative d?Etat, il est tout à fait clair que nous avons vocation à avoir une action renforcée dans la lutte contre toutes les toxicomanies. On parle de l?alcool, vous savez comme moi qu?en ce moment se développe une consommation croissante d?un certain nombre d?autres produits et notamment de la cocaïne qui posera et qui pose des problèmes majeurs de santé publique dans la jeunesse de notre capitale.

Nous sommes en train de travailler sur cela, en tout cas je me félicite du v?u que vous avez présenté.

J?invite la majorité et notre Conseil à le voter positivement.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci M. Jean-Marie LE GUEN.

Je mets aux voix la proposition de v?u déposée par le groupe UMPPA, avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

La proposition de voeu est adoptée à l?unanimité. (2008, V. 4 G).