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Juillet 2008
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Conseil Général
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2008, Voeu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés concernant le lycée François Villon.

Débat/ Conseil général/ Juillet 2008


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous arrivons maintenant à l?examen du v?u référencé n° 9 G dans le fascicule, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés et relatif au lycée François Villon.

C?est M. Pierre CASTAGNOU qui interroge M. CHERKI.

Vous avez la parole, Monsieur le Maire.

M. Pierre CASTAGNOU. - Ce v?u, qui concerne le 14e arrondissement et le 15e arrondissement, a été adopté par le conseil d?arrondissement du 14e.

Le lycée technique Louis Armand, situé dans le 15e arrondissement, devant faire l?objet d?importants travaux de désamiantage, la région Ile-de-France envisage de transférer ce lycée sur le site de François Villon, dans le 14e arrondissement. Ce projet n?est pas nouveau. Il avait vu le jour sous la précédente mandature, suscitant les plus grandes réserves, voire l?opposition de la Ville de Paris, de la Mairie du 14e et de son Maire. Nous avions d?ailleurs adopté au conseil d?arrondissement et dans notre Assemblée des voeux désapprouvant ce transfert sur le site de François VILLON. Durant l?opération de désamiantage, évaluée au minimum entre 18 et 24 mois, il est prévu que les 1100 élèves du lycée Louis Armand s?ajoutent aux 900 du collège et lycée François Villon dans des locaux qui seraient aménagés pour l?occasion.

Cette solution, théoriquement réalisable, pose des contraintes lourdes pour le fonctionnement quotidien du lycée et du collège François Villon : entrées des établissements problématiques, collégiens et lycéens mélangés, parkings supprimés, aires d?éducation physique et sportive réduites, etc.

Dans un contexte de suppression de la carte scolaire, l?arrivée massive de lycéens d?un autre arrondissement dans ce quartier ?politique de la ville? pose clairement les limites de ce transfert. Alors que depuis quelques années l?équipe pédagogique se mobilise, avec le soutien de la mairie du 14e, pour faire de François Villon un établissement attractif, l?accueil du lycée Louis Armand retarderait, voire compromettrait les projets visant à valoriser cet établissement classé en zone sensible. Cela entraînerait inévitablement un phénomène d?évitement et poserait à terme la question de la pérennité de François Villon.

C?est pourquoi le Conseil d?arrondissement du 14e souhaite que la Région Ile-de-France soit très attentive à ces difficultés que je viens d?évoquer.

En conséquence, il demande que la Ville de Paris se rapproche du Conseil régional d?Ile-de-France, afin que des évolutions substantielles aux projets prennent en compte les demandes de la communauté scolaire de François Villon et de la Mairie du 14e et garantissent le maintien des conditions favorables à la réussite des élèves du collège et du lycée François Villon.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci Monsieur CASTAGNOU.

Monsieur GOUJON souhaite intervenir. Je lui donne la parole.

M. Philippe GOUJON. - C?est un sujet qui nous est commun. Je voulais dire un mot pour m?étonner que la Région, finalement, parce que c?est bien de cela qu?il est question, ait si mal préparé le dossier, aboutissant à une situation de blocage. Le désamiantage et les travaux dans le lycée technique Louis Armand sont prévus de longue date. Je comprends les difficultés qui se posent dans le 14e à François Villon et que notre collègue Pierre CASTAGNOU a rappelées, et son analyse est parfaitement fondée. Mais de notre côté, dans cet établissement, vous comprendrez que les travaux ne peuvent plus attendre.

Je regrette donc encore une fois la légèreté de la Région, qui faute d?anticiper les problèmes, mène dans l?impasse 2.000 élèves parisiens.

Je me solidarise du v?u de mon collègue Pierre CASTAGNOU tout en demandant à la Région de trouver rapidement une solution en m?étonnant qu?elle ne l?ait pas déjà trouvée.

M. Christian SAUTTER, président. - Je donne la parole à M. CHERKI, qui va certainement vous rassurer tous les deux.

M. Pascal CHERKI, au nom de la 7e Commission. - La Région n?a pas agi avec légèreté dans ce dossier. Cette collectivité a la responsabilité de l?entretien et du fonctionnement des lycées. Il est tout à fait légitime qu?elle se préoccupe du désamiantage de Louis Armand, et elle le fait. Sa démarche me paraît légitime.

Maintenant, il y a une difficulté qu?il faut que l?on surmonte collectivement. Nous avons deux nécessités à prendre en compte. D?abord, le nécessaire désamiantage du lycée Louis Armand. Même si la sécurité sanitaire des élèves n?est pas menacée, il est légitime qu?à partir du moment où l?on s?engage dans un processus de restructuration lourd, on en profite pour régler le problème de l?amiante qu?il y a dans cet établissement. En même temps, il n?est pas facile de déplacer 1.200 élèves et les 200 adultes encadrants et enseignants qu?il y a dans le lycée.

A quelle difficulté sommes-nous confrontés ? Il faut que l?on puisse accueillir ces élèves dans des conditions qui ne fragilisent pas l?établissement dans lequel on va les accueillir. Or, il se trouve que François Villon n?est pas n?importe quel lycée, Pierre CASTAGNOU l?a rappelé ; un travail important de reconquête du calme a été effectué dans ce quartier, où la communauté scolaire s?est très fortement mobilisée. La Mairie du 14e, la Région aussi, des investissements massifs ont été faits par la Région et la Ville de Paris dans cet arrondissement, et la police de manière à aboutir à des résultats qui sont certes jugés fragiles et précaires, mais satisfaisants, encourageants.

Ce que nous dit la communauté scolaire de François Villon, c?est que dans ces conditions, eu égard à ce moment et à cette situation, l?arrivée de 1.100 élèves supplémentaires, de 1.300 personnes supplémentaires serait un choc. Ce n?est pas l?origine de ce lycée qui pose problème. Je voudrais tordre le cou à une idée selon laquelle il y aurait un problème pour accueillir les élèves de Louis Armand, pas du tout, c?est un lycée de qualité, c?est un personnel de qualité, des enseignants de qualité, des élèves de qualité.

Il faut que l?on arrive à trouver une solution. Je comprends l?inquiétude de la communauté scolaire de ce lycée, elle se dit : si on nous divise, est-ce qu?on ne va pas rendre problématique à terme l?existence même de l?établissement scolaire ? Il y a nécessité de rassurer la communauté de Louis Armand comme celle de François Villon.

La Région, avec l?appui de la Ville, et la Ville avec l?appui de la Région vont défendre ensemble la pérennité et le devenir des deux établissements. C?est pour moi un problème distinct.

Il faut maintenant que l?on avance, puisqu?à la demande de la Ville de Paris, nous avions décidé, la Région n?est pas en responsabilité, d?attendre les élections municipales pour rouvrir ce dossier. Il faut maintenant que l?on avance ensemble et que l?on arrive à trouver une solution de compromis qui soit acceptable où chacun Louis Armand, François Villon, Ville et Région fasse un pas en avant.

Je veux aider la Région dans cette affaire parce que c?est facile de les laisser en première ligne, ce que je ne souhaite pas.

Ce v?u émane du 14e arrondissement, il est normal que la Mairie du 14e arrondissement s?attache à défendre les aspirations, les préoccupations du terrain. Mon rôle d?adjoint au maire, même si je suis élu du 14e et que j?ai signé le v?u, est différent. Je souhaite que l?on vote ce v?u et que l?on mette en place un groupe de travail qui réunisse l?ensemble des parties prenantes pour que l?on aboutisse dans l?intérêt de tous.

C?est un objectif que l?on peut atteindre. Il y a des difficultés techniques à prendre en compte. Il faut que chacun soit raisonnable. Dans cette affaire, il n?y a rien à reprocher à la Région dans sa démarche.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci.

Je mets aux voix la proposition de v?u déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

La proposition de v?u est adoptée. (2008, V. 6 G).