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Juillet 2002
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Conseil Général
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12 - 2002, ASES 92 G - Participation financière du Département de Paris, au titre de 2002, à l'association "Cités du secours catholique - Cité Saint-Martin" (7e). - Montant : 46.000 euros

Débat/ Conseil général/ Juillet 2002


M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération ASES 92 G, page 7, relatif à la participation financière du Département de Paris au fonctionnement de l'association "Cités du secours catholique - Cité Saint-Martin".
Le montant est de 46.000 euros.
Mme DUBARRY a demandé la parole.
Mme Véronique DUBARRY. - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, ce projet de délibération salue le travail réalisé à la Cité Saint-Martin et propose le renouvellement de la participation départementale à cette action.
Nous nous joindrons bien sûr à l'avis de l'Exécutif en votant ce projet de délibération. La vocation de cette structure est d'héberger, d'accompagner socialement et de prescrire de la méthadone : tout en un !
Cette démarche est typiquement de celle qu'il nous semblerait bon de généraliser et développer un peu partout dans Paris.
Ce type de structure où les usagers de drogues peuvent trouver une aide adaptée permet de diminuer, tant les nuisances subies par les habitants de certains quartiers que de donner une chance de s'en sortir aux usagers. Contrairement à ce que d'aucuns pourraient suggérer ou suggèrent même, nous pensons que tout doit être fait pour que les usagers de drogue arrêtent de se mettre en danger avec des produits de plus en plus violents et dangereux mais nous savons aussi qu'il faut parfois des années pour arriver au sevrage, des années et un accompagnement quotidien.
N'en déplaise aux pères de Stalingrad, il ne suffit pas d'une main sur l'épaule un soir pour que le sevrage ou simplement le retour vers un semblant de socialisation puisse se faire.
Le paternalisme n'a jamais rien résolu, cela demande du temps, des moyens et du professionnalisme. On ne passe pas d'un coup d'une situation de consommation régulière souvent liée à l'exclusion sociale, à la possibilité du sevrage et à la reprise d'une vie insérée. Il y a des étapes à franchir et les différents types de structures offrent chacune à leur tour la possibilité de monter un nouveau barreau de l'échelle vers la sortie.
Nous profitons de ce projet de délibération pour redire l'urgence de la mise en place d'une échelle complète et adaptée, de réponses aux usagers de drogue et par voie de conséquence aux habitants des quartiers.
Le travail fait par la Cité Saint-Martin et par d'autres ne trouvera sa finalité que si un plan cohérent est mis en place : éducateurs de rue, centres d'accueil "bas seuil" et structures de consommation encadrées.
Les structures existantes ne peuvent plus répondre aux besoins actuels et ne répondent plus non plus aux nouvelles formes de toxicomanie ; je pense au crack.
L'absence d'un plan programmé de réduction des risques ouvre la voie à tous ceux qui oublient que la seule efficacité dans la lutte contre les toxicomanies et leurs conséquences c'est de faire rimer droit à la tranquillité et devoir de solidarité.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", communiste, du Mouvement des citoyens et socialiste et radical de gauche).
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame.
M. LHOSTIS qui est en permanence à l'écoute des Parisiennes et Parisiens et surtout des élus va vous répondre.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - Je vais répondre à Mme DUBARRY, que je fréquente assidûment et dont je lis les pamphlets dans des tracts me concernant. Je note la façon policée dont elle s'adresse à moi ici et je la compare à celle plus rude dans la vie publique extérieure à cette enceinte.
Mais, je pense que c'est pour faire avancer les choses dans l'intérêt des Parisiens et des personnes en danger comme elle l'a dit. Je partage ce point de vue avec elle.
Je tiens quand même à rappeler une chose importante, c'est que le domaine des drogues et des toxicomanies relève de la compétence de l'Etat. C'est déjà une chose qu'il ne faudrait pas oublier.
C'est une question complexe, vous l'avez souligné ; elle interroge la sphère des comportements et de la vie privée et cela à tous les âges de la vie, et de nombreux acteurs sont impliqués dans cette action, mais évidemment vous avez raison de soulever le problème. Les Parisiens sont impatients. Ils doivent se dire qu'il y a beaucoup d'inertie de la part de la Ville, même s'il s'agit d'une compétence de l'Etat.
Comme vous le savez, il y a une mission qui a été créée en avril dernier au niveau de la Mairie de Paris. C'est un acte fort et majeur à un moment où malheureusement, même s'il y a eu beaucoup de contacts de terrain de la part de la mission, la période des échéances électorales n'est pas propice à la visibilité politique ni au travail de construction avec les institutions partenaires, notamment avec les services de l'Etat puisque dans cette période, dans ce contexte, nous sommes face à des décisions normales de gel de crédits en attente des choix politiques.
Quelles que soient les orientations du Gouvernement, la politique parisienne restera aussi ambitieuse, sans se substituer évidemment à l'Etat. Il faudra bien regarder quels seront les choix, et nous les apprécierons ensemble, faits par ce Gouvernement. Le projet se construit donc avec l'Etat ; il est hors de question que la Mairie fasse seule le travail et surtout qu'elle se substitue à l'Etat. A l'heure actuelle en relation étroite avec les élus d'arrondissement et les adjoints concernés, les maires d'arrondissement qui s'intéressent à cette question, de nombreuses réunions de travail ont eu lieu et des exemples de projet en cours d'élaboration traduisent la volonté de faire ensemble, notamment la création d'un centre d'information et de ressources sur les drogues et les dépendances que nous voulons installer à Paris, le soutien à la réduction des risques avec un lieu d'accueil dans le centre de Paris adossé à un centre de soins, ainsi que la mise à disposition de seringues et l'implantation de nouveaux distributeurs avec les crédits dont nous pourrons disposer, également un programme de formation qui devra être accessible à tous les professionnels concernés, compte tenu de ce que vous avez dit sur l'évolution de l'utilisation d'un certain nombre de produits. Au regard des besoins de cette structure, la stratégie et les objectifs communs avec l'Etat, une nouvelle convention est indispensable et des objectifs sont à fixer.
Ce travail se poursuit avec tous les partenaires intéressés, avec tous les adjoints, les élus d'arrondissement qui travaillent sur ces questions. Je pense que d'ici à la fin de l'année nous serons en mesure de faire des propositions précises au Conseil de Paris. Nous travaillons dans le cadre du budget 2003 à dégager des moyens nécessaires. Je sais pour en avoir parlé longuement avec lui, que Christian SAUTTER partage cette approche. Il faudra que nous fixions d'ici décembre, les moyens en face des actions à mener. Donc travailler sur les drogues et la toxicomanie suppose un travail horizontal entre les services qui couvrent un large spectre d'intervention. Cette transversalité doit se traduire également sur le terrain.
La mission de Mme Marguerite ARENE s'y emploie déjà ; je vous informe que la petite équipe qu'elle a constituée ces derniers mois est à la disposition des arrondissements pour leur apporter une aide au montage de projet ou de formation et cela a déjà commencé.
Evidemment, il faut aussi que ces projets, mais je sais que vous y êtes très attentive, s'inscrivent dans les dispositifs que nous avons mis en place avec les conseils de quartier, la politique de la ville, les contrats locaux de sécurité, le Conseil de la jeunesse. S'agissant des moyens immédiats et nouveaux, vous l'avez vu dans le budget modificatif 2002, un crédit complémentaire de 100.000 euros a été inscrit pour financer de nouvelles actions et développer la prévention. C'est vrai qu'au regard des problèmes posés, tout cela peut sembler long à mettre en place, mais nous revenons de loin, si je puis dire, et ce que nous voulons, c'est tisser des partenariats extrêmement étroits, proposer des actions les mieux adaptées possible et qui s'inspire d'un travail qui est déjà commencé avec les associations au plus près du terrain.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 92 G.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, ASES 92 G).