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Septembre 2006
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Conseil Général
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Vœu déposé par le groupe communiste concernant la construction de chalets logement-insertion pour les sans domicile.

Débat/ Conseil général/ Septembre 2006


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous examinons la proposition de v?u référencée n° 9 G dans le fascicule, déposée par le groupe communiste, relative à la construction de chalets logement-insertion pour les sans domicile.

La parole est à Mme GÉGOUT.

Mme Catherine GÉGOUT. - Il y a une crise du logement qui nous dépasse largement et sur laquelle nous interpellons, à l?échelon national, régional et local.

A tous ces niveaux, il faudrait un plan d?urgence logement. Nous avons déjà débattu de cela et des propositions nombreuses ont été émises, notamment par notre groupe.

Le Département et la Ville de Paris ont une politique de logement qui est soutenue, avec des réalisations importantes. Nous sommes toujours en train de demander d?augmenter les programmes et, petit à petit, nous y parvenons. Il y a une politique ambitieuse sur ce plan-là et dans toute la variété et la panoplie des logements, y compris la réhabilitation, les réalisations, les achats d?immeubles, etc. C?est une politique forte.

Mais tout cela, ce sont des mesures qui prennent du temps. On a bien vu, à la fois avec les incendies, avec l?épisode des débats à propos des tentes, cet été, qu?il y a une urgence sociale qui, elle, n?est pas dans le même temps que ce temps de réalisation qu?il faut pour des constructions durables.

Nous sommes tenus, face à cette urgence sociale, à moins de vouloir que Paris devienne une ville de SDF et de bidonvilles, de mettre en place une batterie de dispositifs qui permettent de faire face aux différentes situations des personnes, qui sont extrêmement diverses. Certaines mesures sont mises en place. Gisèle STIEVENARD vient de parler des appartements sur lesquels nous sommes en train de travailler, suite à un v?u que nous avions proposé en juin pour installer des familles dans le parc privé. Mais peu de dispositifs peuvent être immédiats pour mettre à l?abri ces populations.

Les associations font depuis longtemps de très nombreuses propositions, mais quand on n?est pas en situation de crise on n?a pas tendance à les approfondir beaucoup, surtout quand ce sont des choses qui ne sont pas faciles.

Parmi ces propositions, une est simple : mettre des logements temporaires sur des terrains temporaires pour y installer des personnes qui, à ce jour, n?ont pas de logement, mais pourraient y prétendre.

C?est évidemment une proposition qui, immédiatement, entraîne des réactions négatives parce que tout le monde pense aux bidonvilles, aux cités d?urgence, qui étaient très bien au début et qui se sont dégradées. Comment peut-on faire pour répondre aux besoins existants en utilisant des terrains aujourd?hui disponibles sans risquer de tomber dans cette catastrophe qui serait d?organiser nous-mêmes des bidonvilles dans Paris ?

Les propositions de cette association sont intéressantes ; je les ai retravaillées quelque peu pour ma part, mais je pense que cela demande une étude : comment peut-on se garantir de ce danger ?

Déjà, on peut se garantir en mettant en place des structures de petite taille. J?ai travaillé au bidonville des Francs-Moisins et j?ai vu ce que c?était. A côté de chez moi, il y a la cité des Fougères, c?étaient 600 logements. Une cité d?urgence de 600 logements, cela ne se résorbe pas ainsi. Il faut donc de petites unités, une quinzaine, une vingtaine d?appartements, permettant d?avoir quelque chose de maîtrisable en termes de taille.

Il faut que chacune de ces unités puisse avoir un logement avec un gardien ; une salle de réunion pour une vie sociale et pour que les travailleurs sociaux puissent suivre les gens qui vivaient là.

Quel type de personnes peut-on installer dans ce type de structures ? Des personnes qui peuvent, dans un délai raisonnable, accéder à un logement. C?est-à-dire, dans la mesure où on a une politique de logement offensive, on peut penser que des familles qui demandent des logements, et qui sont aujourd?hui dans des hôtels indignes, tôt ou tard, vont accéder à un logement. On peut installer ces familles ; on peut installer des célibataires, en colocation, qui sont des personnes qui ne sont pas encore tout à fait en situation d?avoir un logement, même dans leur propre vie, mais qui, moyennant un accompagnement de quelques mois, pourraient être dans un logement.

On peut y installer des travailleurs pauvres. On peut y installer des salariés de la Ville de Paris qui, aujourd?hui, sont à la rue ou en hôtel. Il existe une série de situations qui permettrait d?avoir une solution transitoire et qui permettrait des prises en charge, de payer un loyer, etc. Ce sont des préfigurations de logement.

Si on maîtrise cette gestion, si on en maîtrise la taille, si on sait qui on y met, pourquoi faire, qui accompagner, comment et où, il n?y a aucune raison pour qu?on n?utilise pas certains terrains pour cela car cela permettrait d?être dans un délai court correspondant à la sortie d?une vie indigne d?un certain nombre de gens.

Cela n?est pas la seule solution. C?est une solution à l?intérieur de toute une batterie de solutions. On doit être volontariste sur ces choses-là. Aujourd?hui, il est inacceptable que Paris soit dans cette situation. Si la Ville de Paris ne donne pas des signes clairs, après les débats de cet été? Elle fait des choses pour cela ; elle fait beaucoup de choses, la Ville, mais les gens ne le savent pas. Il faut absolument faire des gestes significatifs et chercher à innover dans ces matières. Il n?y a aucune raison qu?on ne le fasse pas, Paris vaut bien cela.

Je demande que l?on y travaille, que l?on fasse une expérimentation. Je ne dis pas qu?il faut faire cela ainsi. Il faut y travailler, mais dans un délai de moins d?un an.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Madame STAMBOULI, vous avez la parole.

Mme Mylène STAMBOULI, vice-présidente. - Nous partageons le constat que fait Catherine GÉGOUT sur la situation dramatique. Lorsqu?on revient sur les événements de cet été, on réalise que l?interpellation constante par notre majorité municipale des services de l?État a malgré tout permis qu?en plein été, alors que cela n?était absolument pas prévu et dans le cadre d?un débat sur la visibilité de la misère et la présence de tentes en plein Paris, on ouvre presque 200 places avec des lieux de stabilisation adaptés pour les publics concernés.

Dans ce débat sur la présence de nombreux sans domicile à Paris, je crois qu?il ne faut jamais perdre de vue nos objectifs en matière d?interpellation permanente de ceux qui ont la responsabilité de l?hébergement des sans domicile en France, c?est-à-dire le Gouvernement.

C?est un préalable que je souhaite faire car notre souhait est de parvenir à ce que les demandes d?hébergement, les demandes de logements, puissent aboutir à des réponses adaptées.

Pour répondre à votre v?u qui relaie en fait une proposition associative du collectif ?Salauds de pauvres? sur ces ?Chalets de l?Espoir?, proposition relayée d?ailleurs par d?autres associations à Paris qui partagent notre constat sur le manque criant de solutions pour les personnes à la rue, je crois, et vous le soulignez, que cette solution comporte quand même un risque. J?ai parlé du risque de déresponsabilisation des services de l?Etat, car ne perdons pas de vue cette responsabilité et notamment leur possibilité de réquisitionner des immeubles et de répondre quand même dans des délais rapides à une situation de crise telle que nous le vivons aujourd?hui.

Mais il y a un autre risque, et vous le pointez également : c?est celui de voir se développer ce que l?on appelle aujourd?hui le non-logement ou le sous-logement ou toutes ces solutions précaires que nous voyons fleurir et qui sont contraires à la dignité des personnes.

A ce stade et sans vouloir repousser votre v?u, je vous demanderai néanmoins de nous laisser le temps, avant de parler d?une étude à proprement parler, d?approfondir sur deux pistes.

La première est la suivante : y a-t-il des terrains disponibles dans Paris pour envisager ce type de solution. Cela demande une recherche en interne auprès des services de la Ville pour voir s?il y a réellement une possibilité concrète d?installer ce que vous appelez les ?Chalets de l?Espoir?, avec un terme qui est un peu discuté.

La deuxième condition, c?est de dialoguer avec les associations qui nous proposent ces projets, car cela ne peut pas être une politique municipale - ce sont des projets associatifs qui nous sont transmis - et, dans le dialogue, de voir si réellement on peut mettre en ?uvre des projets dans la dignité des personnes.

Avant de lancer une étude à proprement parler, nous allons travailler en interne sur ces deux pistes, le dialogue avec les associations, la recherche de possibilités de terrains, et nous reviendrons vers vous pour vous donner les résultats de ces deux pistes.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Madame GÉGOUT, vous avez la parole.

Mme Catherine GÉGOUT. - Je vous remercie.

De toute façon, je pense que ce que vous venez de dire, ce sont déjà des éléments d?études ! Mais je suis tout à fait d?accord, du moment que l?on se détermine vite sur ce qu?on cherche.

D?ailleurs, j?ai entendu M. Christophe CARESCHE dire que le Préfet de Région avait demandé qu?on mette des S.D.F. sur un terrain, je ne sais plus où. Grande, grande, grande méfiance parce qu?on ne met pas des S.D.F. sur un terrain. Ce n?est pas la proposition que je fais, du tout !

Surtout que l?on ne se retrouve pas, si la Ville accède à la demande du Préfet de Région, avec des S.D.F. que l?on va ramasser un peu partout et que l?on va aller caser sur des Algéco sur un terrain... Ce n?est pas cela du tout, ma proposition.

Je veux bien retirer le v?u, du moment que l?on tente l?expérience que je propose, c?est tout ce que je demande.

Mme Mylène STAMBOULI, vice-présidente. - Je vous en remercie et c?est un engagement que je prends ici devant le Conseil de Paris.