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Mai 2004
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8 - 2004, PJEV 1 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer des conventions avec M. le Maire de Paris pour la mise en oeuvre du contrat particulier en vue de la création des parcs des Batignolles (17e) et de la Cour du Maroc (18e) et de la restructuration du jardin des Halles (1er)

Débat/ Conseil général/ Mai 2004


M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération PJEV 1 G relatif à la mise en ?uvre du contrat particulier en vue de la création des parc des Batignolles dans le 17e, de la Cour du Maroc dans le 18e et de la restructuration du jardin des Halles dans le 1er.
Quatre orateurs sont inscrits : Mme GÉGOUT, M. LEGARET, M. BENESSIANO et Mme BERTHOUT. M. CONTASSOT leur répondra.
Je donne la parole à Mme GÉGOUT.
Mme Catherine GÉGOUT. - Très brièvement au sujet du projet des Halles. Rassurez-vous, je ne vais pas donner mon avis sur le projet !
La consultation est en train de se dérouler. Elle prendra du temps, elle concerne beaucoup de monde, et comme le disait Bertrand DELANOË ce matin, je serai bien incapable de choisir aujourd'hui l'un des projets. Ce dont je suis sûre, c'est que je n'en veux aucun tel quel et que ce qui se passera à la fin, c'est que l'un d'entre eux sera choisi pour être modifié.
J'ajouterai plutôt quelques réflexions sur le choix et les modalités de la consultation dans un tel cas. Qui doit-on consulter, comment et pourquoi ?
Il s'agit finalement de redresser un échec d'urbanisme déjà ancien. Qu'est-ce qu'il comprend ? Un centre commercial, un jardin qui dysfonctionnent, une gare du R.E.R. qui est un point de transit et d'arrivée d'un flux considérable venu de toute l'Ile-de-France.
Qui doit-on consulter ? Bien sûr les riverains puisque les riverains vont être concernés par le chantier lui-même, puis par ce qui touchera ensuite leur l'environnement direct. Et c'est à la lumière des nuisances ou des avantages qu'il peut y avoir par rapport à leur environnement direct qu'ils sont plus concernés que d'autres, mais uniquement pour cela.
Même chose pour les commerçants, puisqu'ils sont là et que cette réalisation aura de la même façon des conséquences sur eux, sur leurs activités et sur leur clientèle.
Mais bien au-delà, beaucoup plus de gens que cela ont leur mots à dire et de façon tout à fait forte. C'est d'abord l'ensemble des Parisiens parce que c'est un projet qui est d'un niveau parisien et même d'un niveau régional ; il va être financé par l'ensemble de la collectivité. Peuvent y être intégrées des réponses à des besoins qui sont loin d'être les besoins des seuls riverains ou des commerçants. Il est évident que c'est l'ensemble de la collectivité et des habitants qui est concerné.
Cela concerne aussi les usagers de ce lieu et notamment les usagers de la gare du R.E.R. qui viennent de nombreuses autres communes.
C'est pourquoi d'ailleurs Pierre MANSAT avait proposé qu'il y ait une concertation engagée avec les maires des communes limitrophes de toute la ligne du R.E.R. pour avoir leur avis.
En fait, je crois qu'il faut se garder de toute vision bloquée dans la concertation. Il faut laisser la concertation extrêmement ouverte, faire bien comprendre à chacun qu'aucun de ces projets ne sera pris tel quel de toute façon, chacun représente des choix, des avantages, des inconvénients, des difficultés techniques, des coûts ; les problèmes à aborder sont très divers et il faut lutter contre tout ce qui pourrait figer d'avance une opinion sur ce projet.
Je vous remercie.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame GÉGOUT.
Le projet de délibération ne porte pas spécialement sur les projets des Halles. Mais l'expression est tout à fait libre.
Monsieur LEGARET, vous avez la parole.
M. Jean-François LEGARET. - Monsieur le Président, mes chers collègues, l'expression est d'autant plus libre qu'il faut être bien conscient d'une chose : c'est pour nous, Conseillers de Paris, la seule occasion de s'exprimer sur le projet des Halles. Puisqu'en réalité dans le processus de décision tel qu'il nous a été précisé, le Maire de Paris va prendre sa décision à la fin du mois de juin.
Mme Myriam CONSTANTIN. - Par un questionnaire !
M. Jean-François LEGARET. - Non, ne mélangeons pas tout. Ce n'est d'ailleurs pas exactement comme cela que les choses vont se passer. En réalité, c'est la Commission d'appel d'offres qui va trancher. Mais on lit tous les jours dans la presse que c'est le Maire de Paris qui décidera. Je ne sais pas si les membres de la Commission d'appel d'offres représentant la majorité seront munis d'instructions, mais je ne vois pas comment on peut concilier le fait que dans le marché définition, c'est la Commission d'appel d'offres qui décidera et le fait que le Maire de Paris soit censé prendre la décision seul dans le silence de son cabinet.
Pour une fois, ce n'est pas toujours le cas, Madame GÉGOUT, mais je suis entièrement d'accord avec ce que vous venez de dire. Je n'ai pas un terme à ajouter ou à retrancher à votre déclaration. Je suis d'autant plus d'accord que vous devez savoir que nous avons préparé et déposé dans les délais une proposition de délibération demandant qu'il y ait un vote de tous les Parisiens. Parce que vous avez raison de dire, Madame GÉGOUT, que ce n'est pas un projet qui concerne seulement les Parisiens du centre. C'est un projet qui a un caractère emblématique, architectural, urbanistique fort.
Nous avons déposé cette proposition de délibération lors de la réunion de la Conférence d'organisation qui s'est tenue la semaine dernière, mais le Maire n'a pas inscrit cette proposition de délibération à l'ordre du jour de cette séance.
Il est maître de l'ordre du jour, bien sûr, mais s'il inscrit cette proposition de délibération une fois que la décision sera prise, il est évident qu'elle perd de sa substance.
Je réitère aujourd'hui. Je crois que l'exercice démocratique par les représentants des groupes passe par le dépôt d'un certain nombre de textes, des v?ux, des amendements et des propositions de délibération. Le règlement prévoit qu'une séance par an au moins (et cela ne veut pas dire que l'on ne puisse pas en faire davantage) soit consacrée à l'examen des propositions de délibération. Je plaide à nouveau pour que, dans l'urgence et en tenant compte du calendrier, le Maire de Paris accepte d'inscrire cette proposition de délibération à l'ordre du jour de la prochaine séance. Sinon, cela n'aurait évidemment plus aucun sens.
Voilà ce que je voulais me borner à dire.
Je voudrais relever, puisque c'est pour nous aujourd'hui la seule occasion de débattre sur le projet des Halles, et encore, il ne nous est autorisé de débattre que sur un aspect finalement accessoire, le jardin des Halles... Heureusement que le jardin des Halles figure dans le contrat de plan particulier. D'ailleurs, je fais observer que les élus de l'opposition n'y sont pas tout à fait pour rien : ils se sont battus pour que cette inscription figure dans le contrat particulier, pour un certain nombre de raisons sur lesquelles je ne reviendrai pas, qui tenaient à des équilibres politiques au sein du Conseil régional jusqu'aux dernières élections régionales. Mais le jardin des Halles, son réaménagement...
M. Yves CONTASSOT. - Vous poussez un peu !
M. Jean-François LEGARET. - Je ne pousse pas, Monsieur CONTASSOT. Vous êtes en état de démentir l'équilibre politique ? Cela m'intéresse !
Le jardin des Halles figure en page 2 du projet de délibération au Conseil municipal. Il y a en tout 4 lignes dans un premier paragraphe, 5 lignes dans le deuxième, pas un mot sur la concertation, pas un mot sur le contenu d'un projet qui est qualifié d'emblématique par le Maire de Paris.
Je regrette, Monsieur le Président, que les membres de notre Assemblée soient tenus pour quantité aussi négligeable sur un projet de cette importance !
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LEGARET, pour votre courtoisie usuelle.
Monsieur BENESSIANO, vous avez la parole.
M. Hervé BENESSIANO. - Monsieur le Président, mes chers collègues, pour ma part, je mettrai particulièrement l'accent sur la création du parc des Batignolles dans le 17e arrondissement pour vous dire que, bien entendu, nous sommes tout à fait ravis d'en arriver à ce stade de la concertation qui permettra d'avoir dans cet arrondissement un premier élément sur ce qu'on appelle les terrains Clichy-Cardinet et le premier aménagement de ces futurs 40 hectares.
Je tenais à rappeler à ce stade, alors qu'on parle beaucoup de ce parc de verdure qui est une très grande nécessité, qui sera un complément du square des Batignolles très proche, qui correspond à une autre approche et à une autre vision puisqu'il y a un respect profond de l'architecture d'Alphand dans ce square qui ne permet pas un certain nombre d'activités au sein de ce petit espace vert. Il est évident que le parc de verdure devrait répondre à une grande attente de la population du 17e arrondissement, notamment des quartiers Batignolles-Epinettes.
Je tiens à préciser que, dans le cadre de cet aménagement - et je tiens à le rappeler parce que je sais que la discussion n'est pas totalement close là-dessus - à côté de cet espace de verdure, il faudra qu'il y ait bien entendu des équipements, notamment des équipements scolaires parce que c'est un secteur où nous avons actuellement une véritable déficience en matière de petite enfance et de collèges, en donnant une priorité absolue sur le collège ; sans oublier pour autant la création future d'une école polyvalente.
L'objectif de création d'un tel parc est également d'apporter plus de proximité à l'ensemble de la population et de répondre aux besoins de cette population. Il n'est pas envisageable un instant, et la population ne le comprendrait pas, que puisse y avoir la création de cet espace de verdure sans profiter de l'occasion exceptionnelle et unique que nous aurons dans ce coin de l'arrondissement de pouvoir aménager sous cette dalle de verdure un parc de stationnement qui répondra, qui soulagera et qui permettra aussi de répondre à une politique par ailleurs que nous souhaitons, que la population souhaite aussi dans cet arrondissement et qui correspond, je pense parfois, à sa politique, qui est celle aussi de dégager un certain nombre de voitures des surfaces dans le cadre des rues étroites de ce quartier historique. La meilleure façon d'en arriver et d'atteindre ces buts, c'est également d'aider, et notamment d'aider à la création de ce parc de stationnement sous cette dalle de verdure.
Dernier point pour clore sur le schéma et ne pas perdre de vue l'agrément, pour répondre toujours à des besoins de proximité : puisque je parlais tout à l'heure du square des Batignolles, il y a un véritable interdit pour que le moindre enfant puisse avoir la moindre activité physique au sein du square, ce qui fait qu'aujourd'hui les enfants sont quasiment jetés sur le pavé et s'expriment comme ils le peuvent sur les placettes ou à travers les rues, ce qui pose de gros inconvénients pour les commerçants, et pour la population locale à cause du bruit ; et pour les enfants finalement, peu de possibilités de s'exprimer.
Voilà une occasion, dans le cadre de cet aménagement, que quelques milliers de mètres carrés puissent être totalement consacrés à l'expression des enfants et des jeunes enfants de cet arrondissement qui pourront y pratiquer toute activité que l'enfant est appelé à faire à cet âge-là, que ce soit aussi bien des balles au mur, des jeux de ballon, du roller et autre.
Si ce projet va dans ce sens et va jusqu'au bout, à partir de là nous aurons fait un bon projet et nous aurons répondu à des aspirations de l'ensemble de la population des Batignolles et des Epinettes.
Merci, Monsieur le Président.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur BENESSIANO.
La parole est à Mme BERTHOUT.
Mme Florence BERTHOUT - Monsieur le Président, chers collègues.
Nous partageons tous un même constat : les Halles des années 70 ont mal vieilli, en témoignent les fameuses structures Willerval inesthétiques et sales et le jardin, je devrais dire les jardins, trop morcelé pour que le riverains se l'approprient.
Mais les habitants du Centre de Paris n'ont jamais demandé de tout casser.
Ils souhaitent plus que tout que l'on remodèle et que l'on repense cet espace pour en faire un lieu de convivialité et d'échanges, dans tous les sens du terme, c'est-à-dire y compris commerciaux.
Or, que nous propose-t-on aujourd'hui, au terme d'un imposant concours international d'architectes ?
Quatre projets dont le trait commun, unanimement dénoncé par les habitants du Centre de la Capitale, est de faire table rase du passé, coûte que coûte.
Les projets pharaoniques de Koolhass, Nouvel, Maas et Mangin, quelles que soient leurs indéniables qualités architecturales, vont tous dramatiquement dans le mur en sacrifiant une partie des 4,3 hectares de l'actuel jardin des Halles et en augmentant la densité du bâti.
Je ne parlerai pas du parti pris systématique de choisir des matériaux dont le coût et l'entretien menacent d'être un gouffre financier, ni de l'échéancier trop long des travaux qui risque de pénaliser durement les 3.500 personnes qui travaillent dans ou autour du Forum des Halles.
Ce projet de délibération est pour moi l'occasion de rappeler solennellement les légitimes préoccupations des riverains : ne pas toucher à la surface du jardin, ne pas revivre le traumatisme de travaux sans fin, ne pas augmenter les surfaces bâties.
En attendant, rien n'empêche la Municipalité de répondre de manière pragmatique aux attentes les plus immédiates des habitants du Centre, telles que l'installation d'un kiosque à musique ou encore celle d'un marché alimentaire.
Une immense ambition pour les Halles ne peut être un immense chantier géré selon les recettes éculées du centralisme démocratique. Dites-moi ce que vous voulez mais je déciderais ce que je veux.
Nous attendons moins de grandiloquence dans les partis-pris architecturaux et plus de bon sens pour répondre aux besoins des Parisiens.
M. Christian SAUTTER, président. - Je vais demander à Yves CONTASSOT de bien vouloir répondre aux quatre orateurs.
M. Yves CONTASSOT, au nom de la 4e Commission. - Mme GÉGOUT et M. LEGARET ont beaucoup évoqué le contenu et les méthodes de concertation autour du jardin des Halles. Vous savez que l'on en n'est qu'au début, que ce projet sera long et ne concernera pas que le jardin. Il y a bien d'autres aspects que simplement un jardin dans les Halles et tout cela fait l'objet de nombreuses discussions, y compris sur les modalités de la consultation. Je souscris aux réflexions sur la complexité de la consultation dès lors qu'on est sur la première porte parisienne, c'est comme cela qu'on l'appelle, et qu'il est extrêmement difficile d'avoir des points de vue représentatifs sur ce lieu.
Néanmoins, et Mme GÉGOUT l'a dit avec Pierre MANSAT, nous travaillons pour voir comment associer les représentants d'autres communes à cette réflexion. En même temps, au bout du compte, il faudra bien que Paris prenne ses responsabilités en la matière, puisque c'est de son territoire qu'il s'agit, comme le font d'ailleurs d'autres communes sur des grands équipements en bordure de Paris quelques fois. On aimerait aussi quelques fois être consultés en tant que Parisiens quand il y a des impacts importants pour la vie de tel ou tel quartier, quand il y a des aménagements en proche banlieue.
Monsieur LEGARET, vous avez évoqué une demande d'inscription d'une proposition de délibération. Vous avez dû avoir à ce jour une réponse du Maire qui vous a dit que ce serait fait lors de la prochaine séance du Conseil de Paris.
M. Jean-François LEGARET. - Non !
M. Yves CONTASSOT, rapporteur. - Si vous ne l'avez pas encore c'est un problème de courrier, mais c'est prévu, on en débattra. Je ne crois pas qu'en la matière cette équipe ait quoi que ce soit à redouter d'un débat, bien au contraire. Nous aurons l'occasion de nous exprimer et de vous exprimer vous-même sur l'avenir de ce quartier complexe. Mme GÉGOUT a parlé "d'échec d'urbanisme". Effectivement, je crois que tout le monde est d'accord pour dire que cela doit beaucoup bouger. Je me souviens de la première réunion que j'ai eue avec vous, dans votre mairie. Je crois que nous avons donc beaucoup à faire sur ce dossier.
M. BENESSIANO a évoqué l'extension, si j'ose dire, du jardin des Batignolles sur cette grande zone. Oui, bien sûr il y aura là encore beaucoup à travailler pour prendre en considération des attentes qui sont quelques fois diverses, mais quelquefois aussi contradictoires ; on nous demande d'avoir de très beaux arbres de hautes tiges, et vous venez de nous dire "on veut une dalle de verdure". C'est relativement difficile de mettre des arbres de hautes tiges importants sur une dalle.
Si l'on veut effectivement, y compris en respectant le P.L.U., avoir de la terre pleine, il faut ne pas vouloir avoir un parking sous l'ensemble du jardin. Cela veut dire qu'il faut trouver les bons aménagements, les bons lieux pour faire les choses, y compris, et vous le savez, en tenant compte des demandes concernant les équipements scolaires qui sont prévus sur ce site, y compris les jeux de ballon. Sous réserve, là encore, que l'on n'ait pas des demandes contradictoires avec le fait d'avoir des équipements pour les adolescents et pas simplement pour les petits. Les riverains disent : "Oui, mais pas ici parce que cela fait du bruit".
Ils n'ont pas le droit dans l'actuel square des Batignolles, mais ce n'est pas nous qui l'avons fait celui-là ! Et vous seriez le premier à vous opposer à ce qu'on y installe ce type d'équipement, et à juste titre. Il n'est pas fait pour et il n'y en a pas dans tous les squares et parcs de Paris.
Nous regarderons le programme, nous regarderons la localisation de l'ensemble de ces équipements, et je ne doute pas une seconde que l'ensemble de la population sera ravi d'avoir dans les prochaines années un tel équipement à proximité.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur CONTASSOT.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération PJEV 1 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, PJEV 1 G).