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Juillet 2001
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Conseil Général
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16 - 2001, DPA 22 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, d'une part, de signer une convention, un marché de maîtrise d'oeuvre, un marché négocié de contrôle technique ainsi qu'un marché négocié de coordination en matière de sécurité et de santé pour la réalisation des travaux de restructuration du centre de consultation maternelle et infantile et de création d'une halte-garderie, 55, rue de l'Aqueduc (10e) et, d'autre part, de déposer les demandes de permis de démolir et de construire relatifs à cette opération

Débat/ Conseil général/ Juillet 2001


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons maintenant au projet de délibération DPA 22 G. Il s'agit de signer une convention, un marché de maîtrise d'?uvre, un marché négocié de contrôle technique, ainsi qu'un marché négocié de coordination en matière de sécurité et de santé pour la réalisation des travaux de restructuration du centre de consultation maternelle et infantile et de création d'une halte-garderie, 55, rue de l'Aqueduc, dans le 10e.
Il s'agit également de déposer les demandes de permis de démolir et de construire relatifs à cette opération.
Je donne la parole à Mme ANTIER.
Mme Edwige ANTIER. - En tant que nouvelle élue dans cette Assemblée, je dois vous confier mon étonnement, Madame la Présidente. Je vois passer des subventions dispensées de ci, de là, à des structures et des associations travaillant, très noblement, certes, pour la petite enfance. Mais on met la charrue avant les b?ufs car il n'y a pas de politique cohérente, réfléchie de la petite enfance.
Bien sûr, il faut réaliser des travaux pour la P.M.I. de la rue de l'Aqueduc, mais cette merveilleuse institution, la Protection maternelle et infantile, avait il y a 10 ans des pédiatres dans chaque centre. Aujourd'hui, il n'y en a plus. Les murs de dispensaires, les murs de crèches, cela ne suffit pas sans personnel compétent. Or, les puéricultrices diplômées deviennent introuvables, les auxiliaires se raréfient. Quel est le rôle que doit jouer la Ville en matière de formation du personnel de la petite enfance ? Voilà la première question qu'on devrait se poser, d'autant plus qu'arrive l'application des 35 heures, qui va rendre la situation dramatique. Il n'y a pas de politique d'ensemble de la petite enfance à Paris.
Il n'y a pas non plus de réseau qui fonctionne concernant les enfants en difficulté de développement, les enfants autistes. Essayez d'avoir un rendez-vous pour un enfant autiste. Je m'y suis attelée cette semaine. Il faut trois à 6 mois pour consulter un pédopsychiatre dans des centres insuffisants et débordés ! J'ai fait le parcours du combattant pour un enfant de 6 ans. On le refuse à l'école, le centre médico-psychologique s'avoue incompétent, le pédopsychiatre de Robert-Debré ne pourra donner un rendez-vous qu'en octobre, mais sans structure d'accueil, et le directeur de l'Institut médico-psychiatrique du 17e m'avoue ne plus pouvoir prendre de patients, faute de personnel. La mère se trouve seule, désemparée, avec son enfant autiste de 6 ans, parce qu'il n'y a pas de politique de petite enfance à Paris.
Je pourrais continuer la longue liste de ces manques. Ce matin, j'étais en réunion, avant de venir, avec le chef de service de neurochirurgie à Necker. Il y a 5 ans, il avait 5 internes. Aujourd'hui, il n'en a plus que 2. 2 internes pour se relayer jour et nuit et recevoir les enfants dans le coma, parce qu'il n'y a pas de politique de la petite enfance à l'A.P.-H.P. de Paris !
Vous comprenez, Madame la Présidente, que nous pouvons élaborer une meilleure politique de la petite enfance et je demande que dès la rentrée on réunisse enfin l'Observatoire de l'enfance en danger, qui ne s'est pas réuni.
Nous avons élaboré le projet d'un centre mondial de l'enfance rassemblant des structures indispensables, non seulement des structures de services pour l'arrondissement, mais des structures pour tous les Parisiens, une antenne petite enfance qui centralise enfin les besoins de Paris, un service de consultation, d'orientation scolaire, de conseil psychologique - ils sont tous débordés - une maison des grands-parents, des adolescents, une maison de la médiation, un centre d'accueil et de rencontre pour les familles, une école de formation des auxiliaires de la petite enfance et un centre du savoir en réseau national et international pour réfléchir.
Ce projet peut être fait sur le terrain municipal qui vous tend les bras, le fameux terrain Beaujon. Aussi je regrette que vous ayez donné sans concertation avec la mairie du 8e, sans concertation même avec vos amis "Verts", sans concertation avec l'association des riverains, un permis de construire qui ampute l'avenir à vocation sociale de ce terrain.
Voilà pourquoi vous me verrez inlassablement essayer de vous convaincre d'instaurer une véritable politique de la petite enfance à Paris et proposer la création d'un centre exemplaire à Beaujon, à la disposition de tous les Parisiens.
Bien sûr nous voterons la subvention à la P.M.I. mais qui me paraît un détail par rapport à la réflexion indispensable.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Démocratie libérale et indépendants", "Ensemble pour Paris", "Rassemblement pour la République", et "Union pour la démocratie française").
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente, au lieu et place de Mme Olga TROSTIANSKY, au nom de la 5e Commission. - Je voudrais remercier Mme Edwige ANTIER pour les suggestions qu'elle formule. Bien évidemment il y a des progrès à faire en matière d'accueil de la petite enfance à Paris et ma collègue, Mme Olga TROSTIANSKY, s'est mise au travail avec beaucoup d'intensité. Néanmoins je voudrais vous appeler à plus de raison car j'observe que les critiques que vous formulez s'adressent moins à l'équipe municipale élue en mars 2001 qu'à nos prédécesseurs.
Ce dont je peux témoigner, ayant été moi-même déléguée à la petite enfance à la mairie du 19e, c'est que nous avons un personnel de qualité dans nos établissements. D'ailleurs, très récemment, se sont tenues avec succès les rencontres professionnelles de la petite enfance à l'occasion desquelles nos directrices de crèche, nos responsables de P.M.I., réfléchissent à leurs pratiques et ont des échanges entre elles pour améliorer la qualité du service rendu.
Sans doute faut-il revaloriser ces professions car il est vrai qu'il y a une pénurie de personnel, indéniablement, et je suis préoccupée comme vous par le fait que le passage aux 35 heures et l'aménagement et la réduction du temps de travail nous poseront problème en termes de recrutement. Cela ne vaut pas uniquement pour Paris mais aussi pour les autres départements et communes.
Sur le plan des médecins, dans nos établissements, nous l'avons évoqué tout à l'heure à travers une délibération, nous avons des médecins vacataires. Certains travaillent pour les services de la Ville ou du Département depuis longtemps. Or, précisément, si une délibération a été présentée aujourd'hui, c'est pour revaloriser leur statut à compter du 1er janvier 2001.
Je vous rappelle qu'un arrêté national a été pris, qui aurait du s'appliquer depuis 1997, mais à la Ville jusqu'à présent ces textes réglementaires n'avaient jamais trouvé application jusqu'ici. En effet, il faut retenir nos médecins et en recruter de nouveaux. Là-dessus nous pouvons tomber d'accord.
Concernant les terrains Beaujon, Jean-Pierre CAFFET vous répondra au moment où nous évoquerons ce dossier. À Beaujon je crois savoir qu'il y a à la fois des terrains privés et des terrains publics. Pour ce qui concerne les terrains publics l'aménagement est tout à fait ouvert, par conséquent il faudra en effet prévoir la réalisation d'équipements publics sur ces terrains.
Quant à la dernière question que vous avez soulevée sur l'Observatoire de l'enfance en danger, je crois savoir qu'il s'est réuni en septembre 2000. Par conséquent j'ai l'intention de le réunir à partir de la rentrée prochaine. Je compte engager un travail en profondeur sur l'aide sociale à l'enfance qui est sans doute un secteur d'activité assez méconnu, y compris des élus de cette Assemblée, alors qu'il remplit des missions essentielles auprès d'enfants qui sont en difficulté. Par conséquent, tous les élus qui voudront réfléchir à mes côtés sur ces sujets seront toujours les bienvenus.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPA 22 G.
Qui est favorable à l'adoption de ce projet ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, DPA 22 G).
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je vous indique que l'important dossier ayant trait à l'accord-cadre relatif à l'aménagement du temps de travail sera examiné conjointement avec le dossier similaire du Conseil municipal.