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9 - 2001, ASES 73 G - Subventions à des associations menant des actions dans le cadre du programme "Ville-Vie Vacances" 2001

Débat/ Conseil général/ Juillet 2001


M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 73 G portant attribution de subventions à des associations menant des actions dans le cadre du programme "Ville-Vie-Vacances" 2001.
M. GOUJON souhaite intervenir sur ce point. Je lui donne la parole.
M. Philippe GOUJON. - Monsieur le Président, l'été sera-t-il chaud dans nos quartiers et plus particulièrement dans les quartiers sensibles? Si l'on en juge à partir de l'explosion de la délinquance à Paris depuis le début de l'année et notamment des violences des mineurs et des affrontements entre bandes, on peut légitimement s'inquiéter.
Il faut surtout tout mettre en ?uvre pour les prévenir par un dispositif répressif et dissuasif renforcé, ce qui relève du rôle de la police et de la justice, mais aussi par l'offre d'activités éducatives et attrayantes aux jeunes en difficulté qui ne partent pas en vacances.
Je n'évoquerai pas la description de l'exposé des motifs du programme "Ville-Vie-Vacances" puisque c'est la reproduction à l'identique de celui que j'avais fait adopter à l'unanimité l'an passé. A une différence près néanmoins, c'est qu'au lieu d'un budget de 970.000 F en 2000 - budget qui avait presque doublé sous la mandature précédente - vous octroyez généreusement cette année un budget de 1 million soit, mes chers collègues, 30.000 F d'augmentation pour l'ensemble de Paris pour tous les quartiers sensibles et pour 5 associations supplémentaires.
Quel saut qualitatif !
Il est vrai que M. CARESCHE, en 3e Commission, m'a répondu sur la modicité de l'augmentation de ce budget que quand une politique était bonne il fallait la maintenir. Je suis d'accord avec lui. Je le remercie pour ce compliment, mais il risque de se retrouver en contradiction avec ses collègues d'opposition au moins de la mandature précédente, et je cite Mmes PIN et CAPELLE - toujours parmi nous - qui regrettait, je cite cette dernière, "que l'effort du Département ne soit pas à la hauteur des enjeux, qu'il ne concernait qu'un public limité en raison du nombre de places offertes, que le chiffre de 9.000 jeunes bénéficiaires - 9.700 aujourd'hui - était bien mince par rapport à la demande observée et qu'enfin le projet de délibération était un peu compliqué à lire, qu'il n'était pas clair, qu'il manquait totalement de dimension et de la moindre compréhension de ce qui se passe".
Je comprends votre hilarité, Madame CAPELLE, mais je relis vos déclarations de l'an passé.
En somme, vérité en de ça de mars 2001 ; erreur au-delà. La lumière aurait-elle succédé à la nuit le 18 mars dernier pour que des appréciations aussi contradictoires concernent le même texte ?
Mais, si je le pouvais, je demanderais à Mme CAPELLE si sur une manne supplémentaire de 2,2 milliards qui alimente ce budget modificatif, elle considère qu'un abondement de 30.000 F permet de répondre aux besoins de tous les jeunes en difficultés qui ne partent pas en vacances cet été ? Sa réponse serait riche d'enseignements !
En outre, Mme CAPELLE considère que le projet de délibération de l'été 2000 passait largement sous silence la Préfecture de police. Constatant qu'elle n'est pas non plus citée cette année, j'en profiterais pour demander au Préfet de police - et je pense qu'on lui transmettra ma demande - si le programme "Ville-Vie-Vacances" est maintenu, réduit ou augmenté cet été car nous ne disposons d'aucune information, s'il y affecte plus ou moins de gardiens de la paix et de moniteurs que l'an passé et si la contribution de la Ville est augmentée.
Concernant un autre partenaire, comment explique-t-on que la R.A.T.P. continue à mettre des cars pour transporter les jeunes mais retire cette année tous ses chauffeurs qui seront remplacés par la Ville pour un coût supplémentaire de 150.000 F qui n'apparaît d'ailleurs nulle part ? Nul doute que cette somme aurait été mieux employée à financer davantage d'activités pour les jeunes. Les chauffeurs de la R.A.T.P. refuseraient-ils dorénavant cette mission pour des raisons de sécurité par exemple ?
Enfin, comment peut-on parler de concertation avec les élus - et d'ailleurs on n'en parle pas dans le projet - quand on sait que la réunion des adjoints concernés n'a un lieu que vendredi dernier, alors que le projet de délibération était déjà rédigé dans sa forme définitive depuis longtemps, puisque distribué à tous les conseillers en début de semaine dernière.
Pour conclure, si l'été dernier s'est déroulé sans heurts dans les quartiers sensibles, rien n'indique forcément qu'il en ira de même cette année car l'insécurité, les violences ont beaucoup progressé. Nous attendons donc de la Préfecture de police comme des autres services de l'Etat mais aussi de la Municipalité la plus extrême vigilance ainsi qu'une présence appuyée sur le terrain, partout dans Paris.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Démocratie libérale et indépendants", "Ensemble pour Paris" et "Union pour la démocratie française").
M. Christian SAUTTER, président. - Monsieur GOUJON, vous avez vraiment un talent pour faire naître de la polémique sur un sujet tout à fait consensuel.
Mme CAPELLE souhaiterait peut-être dire un mot puisqu'elle a été personnellement mise en cause. Très brièvement.
Mme Liliane CAPELLE. - Très brièvement, ne m'étant pas inscrite sur ce projet de délibération, mais comme M. GOUJON fait mes questions et mes réponses et me dit ce que je dois dire, je préfère le dire toute seule.
Oui, Monsieur GOUJON, je persiste et signe. Je dis que c'est vrai qu'il faudrait qu'il y ait un effort supplémentaire mais que j'accepte déjà l'effort fait.
Je vous rappelle les conditions dans lesquelles les budgets sont intervenus. Il n'est quand même pas simple de tout faire tout de suite et d'autres actions sont en cours.
Vous me connaissez suffisamment, si j'avais eu quelque chose à dire, je l'aurais dit. Vous n'avez pas à faire mes questions et mes réponses.
C'est vrai que je regrette quelque part et pense que pour l'année prochaine il faudrait qu'il y ait des moyens supplémentaires.
Quant à ce que vous avez dit sur les chauffeurs de la R.A.T.P., c'est tout à fait vrai.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame CAPELLE.
Monsieur GOUJON, vous avez la chance d'avoir deux adjoints qui vont répondre à votre interpellation.
La parole est à M. CARESCHE.
M. Christophe CARESCHE, au nom de la 3e Commission. - Un mot d'abord pour saluer la faculté d'adaptation de M. GOUJON qui en quelques mois, j'allais dire presque en quelques heures, est passé du rôle de représentant de la Municipalité à celui de l'opposition avec une faculté remarquable d'adaptation, ce qui fait qu'aujourd'hui il remet en cause y compris des décisions prises sous sa responsabilité.
M. Philippe GOUJON. - Non puisque je voterai le projet !
M. Christophe CARESCHE, rapporteur. - Le programme "Ville-Vie-Vacances" était largement engagé en mars dernier quand nous sommes arrivés à la Mairie de Paris et donc, nous avons essayé de voir ce qui pouvait être amélioré. Nous l'avons fait quand c'était possible et, pour le reste, nous avons évidemment confirmé des décisions qui allaient dans le bon sens et qui nous paraissaient justes.
Tout cela ne remet pas en cause le fait que l'année prochaine nous réexaminerons cette affaire.
M. Philippe GOUJON. - Uniquement l'année prochaine !
M. Christophe CARESCHE, rapporteur. - Ce projet comme un certain nombre d'opérations qui vous sont proposées aujourd'hui. Bien évidemment, vous le savez très bien, nous regarderons dans le détail l'opération et s'il faut l'amplifier, nous le ferons ; s'il faut la modifier nous le ferons.
Je signale qu'indépendamment des engagements de la Ville nous soutiendrons également la Préfecture de police avec une subvention.
M. Philippe GOUJON. - Et la R.A.T.P. ?
M. Christophe CARESCHE, rapporteur. - Oui, bien sûr de façon que les engagements pris soient tenus.
Voilà dans quel état d'esprit nous sommes. Je pense qu'il n'y a là rien de condamnable et en tous les cas cela ne mérite pas la polémique que M. GOUJON veut essayer d'installer sur ce dossier.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur CARESCHE.
Madame STIEVENARD, vous avez la parole.
Mme Gisèle STIEVENARD, vice-présidente, au nom de la 5e Commission. - M. GOUJON ne se départit en effet jamais de son esprit polémique. Ce qu'il vantait l'été dernier comme une action exemplaire est jugé calamiteux cette année.
M. Philippe GOUJON. - Mais non puisque je vais le voter ; elle n'a rien compris !
Mme Gisèle STIEVENARD, vice-présidente, rapporteur. - Il faut savoir que nous avons la volonté d'amplifier considérablement les opérations "Ville-Vie-Vacances" qui ont lieu toute l'année pendant les vacances scolaires pour l'année 2002. Il est certain que les opérateurs associatifs qui font ce travail doivent être en capacité de répondre à une demande plus forte, et je pense qu'ils ont des projets dans les tiroirs qu'ils n'ont jamais pu développer jusqu'ici. C'est pourquoi nous avons déjà tenu une réunion entre toutes les directions de la Ville concernées par ce type d'actions, également avec les adjoints. A cette occasion, nous avons évoqué le besoin d'un travail approfondi pour développer les opérations "Ville-Vie-Vacances" l'an prochain et veiller notamment à ce que la soudure s'effectue correctement entre la fin des vacances scolaires d'été et le retour dans les établissements scolaires des enfants, car nous avons constaté, les années passées, qu'il y avait souvent une semaine de vacuité pendant laquelle un certain nombre d'événements pénibles se produisaient dans les quartiers.
Je rassurerai donc M. GOUJON, s'il a besoin de l'être : nous avons, en effet, bien l'intention d'amplifier considérablement les opérations "Ville-Vie-Vacances"...
M. Philippe GOUJON. - Pas cette année.
Mme Gisèle STIEVENARD, vice-présidente, rapporteur. - ... cela demande à l'évidence du temps et de la concertation.
Vous ne serez pas déçu l'an prochain.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame STIEVENARD.
Je crois que M. GOUJON est pleinement rassuré.
Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 73 G.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 73 G).