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Juillet 1997
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Conseil Général
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7- 1997, ASES 77 G - Participation financière du Département de Paris au fonctionnement des clubs et équipes de prévention, au titre de 1997, et solde de 1996.

Débat/ Conseil général/ Juillet 1997



M. CHÉRIOUX, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 77 G : participation financière du Département de Paris au fonctionnement des clubs et équipes de prévention au titre de 1997 et solde 1996.
Mme TROSTIANSKY a la parole.
Mme Olga TROSTIANSKY. - Monsieur le Président, mes chers collègues, ce projet de délibération présente les subventions de fonctionnement des clubs et équipes de prévention spécialisée.
La prévention spécialisée a pour objectif de faire reculer les processus de marginalisation des jeunes, de développer des actions destinées à favoriser l'insertion et la réinsertion sociale et d'agir prioritairement en faveur de la prévention de la délinquance.
Nous sommes, certes, favorables à ce projet de délibération, mais nous estimons que les moyens humains et matériels sont insuffisants.
L'année dernière, M. GOUJON a trouvé mon propos assez pessimiste et catastrophiste. Que va-t-il me répondre si l'on évoque aujourd'hui la situation préoccupante des arrondissements de l'Est parisien, et par exemple celle du 20e ?
La violence urbaine se développe. Les vols avec violence ont sensiblement augmenté ainsi que les destructions et dégradations de biens.
Face à un isolement grandissant, les jeunes se regroupent de plus en plus dans des bandes. Les professionnels acteurs du terrain s'accordent à dire que ces derniers temps, la situation s'est durcie. Les jeunes délinquants sont de plus en plus jeunes, autour de 12-13 ans. La situation des familles se dégrade de plus en plus.
Dans ce contexte, qui évolue rapidement, que répond la Mairie de Paris ?
Les participations financières augmentent très légèrement, et cela ne permet aucune création de postes. Il y a des quartiers insuffisamment couverts depuis quelques années et les nouveaux comme ceux de la rue Petit ou de la Grange-aux-Belles le restent.
Nous n'avons pas obtenu d'évaluation des actions menées depuis 1994...
M. CHÉRIOUX, président. - Laissez parler l'orateur car on ne l'entend pas. Si vous avez des discussions particulières à tenir, sortez de la salle !
Madame, continuez.
Mme Olga TROSTIANSKY. - Nous n'avons pas obtenu d'évaluation des actions menées depuis 1994, date du plan " Paris-Espoir ".
Quelle est l'évolution des besoins pour un public qui change lui aussi ?
Par rapport aux 36 postes devant être créés, 24 postes nets l'ont été. Quand vont être recrutés les 12 autres éducateurs ?
Au cours de la précédente séance budgétaire, vous avez refusé de voter l'amendement proposé par ma collègue, Gisèle STIEVENARD, qui présentait une augmentation du budget de 81 millions de francs à 90 millions de francs.
Pourtant, pour mieux répondre à l'objectif de mieux insérer les jeunes dans la cité, la Ville de Paris prétend intensifier les actions de prévention sur les quartiers sensibles à travers les missions du contrat de ville. En fait, c'est de la poudre aux yeux, et les Parisiens ne sont pas dupes puisque les 20 millions de francs prévus dans le cadre du contrat de ville représentent un redéploiement du budget existant.
Il n'y a en aucun cas de budget supplémentaire affecté à cet objectif considéré particulièrement sensible et ce, selon des indications communiquées en 5e Commission.
Le groupe des Conseillers de Paris socialistes et apparentés que je représente souhaite que le bon niveau de qualification des équipes de rue soit maintenu malgré les contraintes budgétaires. Ces équipes doivent être pluridisciplinaires et comporter systématiquement des éducateurs spécialisés.
Nous savons que ces éducateurs sont difficiles à recruter. Nous proposons que la Ville donne une impulsion à ces recrutements et suscite leur insertion localement en leur facilitant par exemple l'accès à un logement.
Pour conclure, nous souhaiterions qu'on puisse offrir de meilleures solutions jeunes qui sortent de l'enfermement et qui s'insèrent dans un nouveau parcours de citoyenneté. Ils ont souvent malheureusement peu de perspectives. Il faudrait que les emploi-ville ou autres formes d'insertion sociale soient cohérents.
Les temps de formation de ces emplois sont souvent trop réduits.
On souhaiterait un effort d'imagination un peu plus conséquent lorsqu'on constate des postes créés pour des jeunes censés s'occuper d'animation et de sécurité auprès d'autres jeunes qui ont été peut-être leurs copains.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie, Madame, et je donne la parole à M. GOUJON.
M. Philippe GOUJON, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Président.
Nous avons entendu, une fois de plus, le discours du " toujours plus ". Bien sûr, c'est un discours facile.
Pour notre part, nous souhaitons être davantage responsables.
Néanmoins, il me semble que le Département a fait un effort extrêmement sensible en ce qui concerne la prévention spécialisée, et ce n'est d'ailleurs que justice - je partage tout à fait votre point de vue au fond -, car il est nécessaire de renforcer la prévention spécialisée ; je rends hommage aux éducateurs qui oeuvrent dans des conditions souvent extrêmement difficiles. Leur rôle est indispensable pour que nos jeunes les plus en difficulté puissent voir s'ouvrir une perspective devant eux.
Le plan " Paris-Espoir " que vous avez cité a permis effectivement un renforcement extrêmement important du dispositif de prévention spécialisée puisqu'il a entraîné un surcoût d'environ 10 millions de francs annuels. Nous disposons aujourd'hui de 21 associations, 45 équipes de rue et 11 structures complémentaires d'insertion et d'hébergement, ce qui équivaut à 210 postes d'éducateur spécialisé ; il s'agit bien d'éducateurs spécialisés, et je n'inclus pas dans ce chiffre les bénévoles et les autres fonctions. Ces équipes prennent en charge environ 12.300 jeunes pré-adolescents et adolescents, et également de jeunes adultes de plus en plus nombreux. Un tiers sont d'ailleurs des jeunes filles, et 60 % de ces jeunes sont suivis de façon régulière et intensive.
Sur le plan financier, 1997 se traduit par un budget de 73 millions de francs, qui dépasse les 80 millions de francs si l'on y ajoute les structures d'accueil d'urgence notamment. C'est un chiffre très important quand on se souvient qu'avant la mise en oeuvre du plan " Paris-Espoir " le crédit accordé à la prévention spécialisée était de 50 millions de francs. C'est donc une augmentation, là aussi, de 50 % ces dernières années pour faire face aux besoins apparus dans les quartiers sensibles de la Capitale.
Vous avez évoqué le 20e. Si la situation y est difficile - je participais d'ailleurs à un comité de sécurité et de prévention de la délinquance dans cet arrondissement voilà quelques jours, où nous avons pu évoquer aussi bien l'analyse de la situation que les projets et les efforts menés par les uns et les autres - je peux vous dire qu'elle n'a évidemment rien à voir avec la situation que l'on peut voir apparaître dans certaines banlieues. Il n'existe pas de zone de non-droit et les bandes qui apparaissent çà et là sont plutôt des regroupements temporaires de jeunes que des bandes professionnelles que l'on peut rencontrer dans d'autres secteurs de banlieue, même si elles posent de nombreux problèmes.
Ce que je voulais vous dire de façon très concrète en ce qui concerne le 20e, qui est déjà largement doté en matière de prévention spécialisée, c'est que le Département a décidé d'y mener une action complémentaire en créant, dans la Z.A.C. " Saint-Blaise " - et cela avait déjà été une demande de Didier BARIANI, de Paul AURELLI et des élus du 20e - une équipe d'éducateurs spécialisés supplémentaire, mise en place par le Centre français de protection de l'enfance, de 2 postes et demi, qui devra assumer ses fonctions dans ce quartier où, il est vrai, des difficultés nouvelles sont apparues. De surcroît, la Direction de la Prévention et de la Protection a décidé d'y ouvrir une " Antenne-Jeunes-Information " nouvelle.
Voilà donc deux mesures concrètes, à la demande des élus du 20e et sur la proposition du Maire de Paris, que je voulais vous confirmer aujourd'hui en séance.
M. CHÉRIOUX, président. - Je vous remercie.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 77 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. REVEAU s'étant abstenu. (1997, ASES 77 G).