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Juillet 1998
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Conseil Municipal
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46 - 1998, DAUC 151 - Réaménagement de la piscine Molitor (16e). - Bilan de la concertation. - Autorisation à M. le Maire de Paris, d'une part, de céder à la S.A. " Meunier Promotion " les droits de construire permettant la réalisation d'un projet immobilier comprenant 2 hôtels et un programme de logements et, d'autre part, de procéder à l'acquisition de 7 places de stationnement. - Déclassement du volume à céder à la société " Meunier Promotion ". - Approbation du projet de promesse de vente et autorisation de la cession de droits de construire et de l'acquisition des places de stationnement. - Autorisation de dépôt des demandes des différents permis de démolir et de construire

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1998


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAUC 151 relatif au réaménagement de la piscine Molitor (16e). - Bilan de la concertation. - Autorisation à M. le Maire de Paris, d'une part, de céder à la S.A. " Meunier Promotion " les droits de construire permettant la réalisation d'un projet immobilier comprenant deux hôtels et un programme de logements, et d'autre part, de procéder à l'acquisition de 7 places de stationnement. - Déclassement du volume à céder à la société " Meunier Promotion ". - Approbation du projet de promesse de vente et autorisation de la cession de droits de construire et de l'acquisition des places de stationnement. - Autorisation de dépôt des demandes des différents permis de démolir et de construire.
Je donne la parole au premier orateur inscrit, Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, ainsi, malgré l'avis défavorable de nombreux Parisiens et surtout des riverains qui se sont exprimés largement lors de l'enquête publique, vous persistez et aller détruire une grande partie de l'oeuvre Art Déco de Lucien Pollet. Vous sacrifiez ce bel ensemble sous la pression de la spéculation immobilière au bénéfice de quelques logements de luxe et d'un complexe hôtelier dont l'utilité, à cet endroit, reste à prouver.
Le bassin d'été sera reconstitué, mais partiellement couvert, enchâssé par les nouveaux immeubles. La partie nord sera entièrement rasée, le bassin d'hiver sera détruit. La patinoire disparaît. Ce sont des dizaines de milliers de Parisiens que vous avez privés de la seule patinoire digne de ce nom qui existait à Paris depuis la démolition de celle du rond-point des Champs-Elysées. Le terrain d'assiette de la piscine est public et doit le rester. La ville de Boulogne-Billancourt se propose même de participer à l'aménagement d'un équipement sportif public ; mais vous ne voulez rien entendre.
Dès 1989, vous avez décidé de fermer la piscine Molitor en vue des projets immobiliers qui y étaient concoctés. C'est sciemment que, petit à petit, vous l'avez laissée mourir. C'est bien en comptant sur sa dégradation progressive due au manque d'entretien volontaire et sous prétexte que des réparations lourdes s'imposaient que la Municipalité d'alors puis vous-même, Monsieur le Maire, en justifiez ainsi la démolition. C'est d'autant plus dommage que la construction d'un nouvel ensemble coûtera beaucoup plus cher qu'une réhabilitation.
Autre fait inacceptable : la volonté délibérée de la Ville de Paris de spéculer et d'en faire profiter des promoteurs, l'a conduite à ne pas exiger le respect du " cahier des charges " qui demandait son entretien. La Ville n'a jamais protesté, pas plus qu'elle ne l'a fait au jardin d'Acclimatation avec son Comité de surveillance " fantôme ", supposé surveiller l'état des bâtiments d'animation et de restauration du jardin. La piscine couverte de la rue de Pontoise, oeuvre de Lucien Pollet également, a, elle, été admirablement entretenue, sans doute parce qu'elle a la chance de se trouver dans le 5e arrondissement !
Il a fallu la levée de boucliers de riverains, de nombreux Parisiens, d'associations, l'avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France et l'inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques pour stopper ce massacre programmé. Malheureusement, l'état dans lequel la piscine avait été laissée, a entraîné une accélération de la dégradation des installations, suite à des fuites d'eau non colmatées ou des actes de vandalisme.
Dans votre argumentation, vous essayez d'établir un lien avec le premier projet de 1991, afin de le présenter comme totalement différent de celui que vous nous proposez aujourd'hui. Or, ce premier projet prévoyait le maintien de la piscine d'été à ciel ouvert et son utilisation en patinoire l'hiver, la création d'installations pour le Racing club et un projet immobilier moins dense. Le second projet a " dérivé " pour faire face aux exigences du promoteur avec la création des deux hôtels et de logements.
Avec de nombreux habitants qui se sont exprimés dans l'enquête publique, je demande la réhabilitation à l'identique du bâtiment actuel. Cette réhabilitation à l'identique coûterait moins cher que la restructuration que vous proposez pour un montant de 58,2 millions de francs. Si vous aviez gardé les deux bassins, vous n'auriez plus besoin de recouvrir à grands frais le bassin d'été par exemple. Le postulat sur lequel repose ce nouveau projet est que la réhabilitation coûte trop cher. Or des experts professionnels l'ont estimée en 1995 à un maximum de 30 millions de francs, et encore s'agissait-il d'une véritable restauration à l'identique, fignolée, utilisant les mêmes matériaux que le bâtiment d'origine. En 1989, avant les dégradations et les actes de vandalisme, la réhabilitation aurait coûté 10 millions de francs au maximum. De plus, la réhabilitation est plus grande créatrice d'emplois que la construction. Les Parisiens sont sensibles au montant des dépenses publiques et à leur bon usage, vous le savez.
D'ailleurs, je m'étonne du prix de cession à " Meunier Promotion " incroyablement bas : 4.795 F le mètre carré pour les 12.512 mètres carrés (hors oeuvre, hors parking) de l'opération privée. La Ville ne défend pas ses intérêts financiers tout en gaspillant son patrimoine. Pour quels intérêts ?
Des recours ont été engagés contre ce projet, notamment par l'Association du quartier du Parc-des-Princes ou l'association " SOS Molitor ". Ne conviendrait-il pas d'attendre le résultat de ces recours avant de prendre des décisions ?
Monsieur le Maire, ce projet reste désastreux, les modifications étant infimes. Sur cette opération, la concertation a été inexistante. On ne peut appeler concertation une simple information, alors qu'aucune des remarques et avis formulés n'ont été pris en compte lors de l'enquête publique. Même dans votre majorité, ce projet ne fait pas l'unanimité, malgré les apparences.
Vous refusez obstinément de sauvegarder cet ensemble, témoin du Paris des années 30. Vous refusez de redonner aux Parisiens l'occasion d'avoir des activités sportives dans un cadre qui était et peut redevenir exceptionnel, au profit d'une opération financière. Vous allez, en revanche, dépenser 11 millions de francs pour une subvention annuelle au " Paris football club 2000 ", tout pour le sport de prestige, peu ou rien pour les Parisiens...
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Votre temps de parole est écoulé.
Mme Laure SCHNEITER. - ... Vous allez dépenser des dizaines de millions de francs pour le ré-réaménagement du Parc-des-Princes, car vous devez certainement penser qu'il s'agit là d'un joyau de l'architecture des années 70. Je voterai résolument contre ce massacre !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Madame CAPELLE, vous avez la parole.
Mme Liliane CAPELLE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, vous me demandez d'approuver un réaménagement complet de la piscine Molitor qui vise avant tout semble-t-il à réaliser sur le plan financier une opération avantageuse pour la Ville. Par la vente de 12.500 mètres carrés droits à construire pour un montant de 60 millions de francs, vous projetez en effet de financer la réhabilitation - au coût estimé de 58,2 millions de francs - d'un des bassins de cette piscine réalisée en 1929, mais vous entérinez pour cela la destruction du bassin couvert qui fait partie intégrante de cet ensemble à caractère historique. Cette opération de densification et de destruction d'une partie du patrimoine architectural de Paris se justifie-t-elle ? Les élus du groupe du Mouvement des citoyens sont convaincus du contraire : il faut réhabiliter la piscine Molitor de façon à en préserver l'unité. Nous souhaiterions en particulier aborder deux points concernant ce dossier.
C'est la mauvaise gestion du domaine qui amène la Municipalité parisienne à nous présenter comme inéluctable cette opération immobilière. Adopter ce projet, ce serait effectivement avaliser les négligences de la Municipalité parisienne depuis plusieurs années, la fermeture de cette piscine en 1989 étant liée, il faut le rappeler, à un manque d'entretien de cet élément du patrimoine municipal. Cet équipement a été sciemment laissé à l'abandon par la Municipalité après le non renouvellement de la concession en 1989. La dégradation de cette piscine s'est naturellement aggravée, notamment à la suite d'actes de vandalisme, alors qu'une opération de réhabilitation aurait pu être programmée de longue date, avant 1985, et contribuer à réduire le coût des travaux à entreprendre. Votre volonté de voir cette piscine disparaître est en fait ancienne puisqu'une consultation fut lancée en 1988 par la Ville pour la restructuration du site de la piscine devant aboutir à la démolition complète des bâtiments. Heureusement, le permis de démolir fut refusé, après avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France en 1989 et par la suite l'édifice inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques (par arrêt du 27 mars 1990), une partie du bâtiment ne pouvant dès lors plus faire l'objet d'une démolition.
Deuxième point, le programme qui nous est soumis aujourd'hui ne se justifie pas et une réhabilitation complète de la piscine pourrait être engagée par la Ville dans le respect dû à cet ensemble historique et pour le rendre accessible au plus grand nombre. Mais nous en sommes loin car les choix des responsables de la Municipalité s'inscrivent davantage dans une logique de promoteurs privés que dans celle d'édiles responsables de la transmission d'un patrimoine collectif et de son ouverture aux Parisiens.
Le programme privé devrait ainsi comprendre pas moins de deux hôtels 3 étoiles, soit près de 400 chambres supplémentaires, alors que de nombreux hôtels de catégorie ont été réalisés au cours de ces dernières années dans Paris et que ceux-ci sont loin d'être totalement occupés, leur taux d'occupation est proche de 70 %. C'est donc aussi un renforcement de la concurrence dans ce secteur que vous allez engager avec cette réalisation. Nous craignons aussi une dérive de cette opération. Le projet initial prévoyait au départ la réalisation d'un hôtel 3 étoiles et d'un 2 étoiles, ce qui lui conférait un aspect plus équilibré. Le choix de réaliser deux hôtels 3 étoiles résulte sans doute de contraintes financières pour le promoteur, mais aussi des orientations de la Ville favorable à l'aménagement d'un programme luxueux intégrant comme, cela est prévu, 1.500 mètres carrés de logements non aidés. Paris est bien équipé en hôtels 3 étoiles, et il est possible si nécessaire d'autoriser l'implantation de tels équipements sur d'autres sites y compris dans des bâtiments existants, je pense par exemple par la transformation d'immeubles de bureaux. Pour ce qui concerne le logement, le 16e arrondissement compte plus de 10.000 logements vacants selon le recensement de 1990, soit 9,8 % des 84.000 logements de cet arrondissement. La réalisation de logements dans ce programme semble donc bien superflue. Vous allez aboutir ainsi à une densification considérable de cet îlot sur lequel devraient prendre place des bâtiments d'au moins cinq étages et pour lesquels, à notre grande surprise, ne figurent pas dans le projet de délibération de limites de hauteur... A cela s'ajoutera, avec la réalisation d'un parc de stationnement de plus de 200 places en sous-sol, l'accroissement de la circulation dans ce secteur, donc de la pollution.
Destruction du patrimoine, mise en oeuvre d'un nouveau programme de luxe aux conséquences hasardeuses, densification injustifiée d'un quartier de Paris, ce projet n'est pas acceptable. Il est d'autant plus inacceptable que la Ville aurait pu engager une rénovation de l'édifice en faisant appel à ses propres ressources, par des recettes provenant justement d'une meilleure gestion de son domaine ou encore par un recours plus important à la fiscalité sur le patrimoine bâti. Au regard du budget de la Ville, l'affectation de 60 à 100 millions de francs à une telle opération paraît loin d'être impossible.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Votre conclusion.
Mme Liliane CAPELLE. - J'en ai pour deux minutes.
En tout état de cause d'autres choix sont possibles pour préserver l'unité de la piscine Molitor et aboutir à la réalisation d'un équipement qui ne devienne pas ultérieurement comme on peut le craindre, l'annexe d'un programme luxueux, mais un véritable équipement sportif et de loisirs accessible aux Parisiens, dans le cadre d'un contrat d'affermage comme nous vous l'avions proposé antérieurement. Quels seront en effet les prix pratiqués pour l'entrée dans cette future piscine concédée ? Nous ne le savons pas.
Cette opération de réaménagement illustre à nouveau les errements et l'incurie de la Municipalité dans la gestion de son domaine, l'inconséquence de ses choix résolument tournés vers l'immobilier. Pourquoi une telle obstination à densifier Paris ? Il y a tant d'espaces vides à reconquérir dans Paris et pour lesquels vous portez une lourde responsabilité : deux millions de mètres carrés de bureaux vides, plus de 110.000 logements vacants. J'observe que de nombreuses villes de France s'efforcent depuis plusieurs années de mettre en valeur le patrimoine du XIXe et du XXe siècle, y compris lorsque celui-ci constitue un héritage de l'industrie. Il n'est pas trop tard pour arrêter la mise en oeuvre de ce projet aux conséquences irrémédiables. C'est pourquoi M. SARRE a demandé à Mme le Ministre de la Culture de procéder au classement de cet ancien établissement des bains au titre des Monuments historiques.
Il va de soi que les élus du groupe du Mouvement des citoyens voteront contre ce projet de délibération. Dans l'immédiat, ils invitent, dans l'attente de la mise en oeuvre de cette procédure de classement, tous les élus du Conseil de Paris respectueux du patrimoine architectural de Paris d'adopter un souhait visant à :
- engager une étude pour la réhabilitation complète de la piscine Molitor ;
- prévoir les financements pour la réalisation des tranches de travaux nécessaires à cette réhabilitation...
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Madame cela fait six minutes trente !
Mme Liliane CAPELLE. - L'abandon en conséquence du projet de construction d'un ensemble hôtelier et de logements non aidés sur le site de la piscine Molitor.
Je vous remercie.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Madame, il est 1 heure 30 du matin, il est de l'intérêt de tous de veiller à ce que les interventions ne dépassent pas 5 minutes.
Je donne la parole à M. MANO.
M. Jean-Yves MANO. - La période estivale et l'heure tardive sont propices à évoquer le devenir de la piscine Molitor.
En effet, en juin 1997 à une heure aussi tardive, la piscine avait été évoquée, en juillet 1998 le parti privatif du projet. Ce dossier important arrive toujours par surprise du moins au niveau du Conseil d'arrondissement.
Sur le fond du dossier, j'aurais envie de vous dire quel gâchis ! Il vous aura donc fallu 13 ans pour aboutir à vos fins, c'est-à-dire rayer de la carte parisienne un ensemble architectural représentatif de l'Art Déco. Cela en est donc fini de la piscine Molitor dans son concept actuel. Vous offrez de plus au secteur privé un des meilleurs emplacements de Paris tel que vous l'aviez prévu en 1985 et d'ailleurs déjà au même promoteur.
Vous avez, Monsieur le Maire, de la constance et cette constance semble à l'évidence partagée par certains. Depuis 1985, la procédure utilisée dans cette affaire ne semble pas être la plus transparente. Il aurait été logique de lancer un appel d'offres mais vous avez décidé pour des raisons que j'ignore de soutenir un projet et un seul, le projet " REICHEN " avec une conception de base, la cession au secteur privé d'une partie non négligeable de l'espace. Vous n'êtes pas sans savoir que ce dossier a été attaqué devant le Tribunal administratif par un certain nombre d'élus dont je suis, de riverains et d'associations contestant la forme et le fond.
Nous réaffirmons qu'il y a d'autres possibilités et nul besoin de cadeau au secteur privé pour réhabiliter ce site.
Un accord intervenu avec la ville de Boulogne aurait été largement préférable pour réhabiliter à l'identique la piscine Molitor.
Je parlais précédemment de cadeau, car en effet dans la délibération qui nous est proposée, prévoyant la construction de deux hôtels et de quelques appartements privés, la Ville cède les droits à construire pour 12.000 mètres carrés à un niveau de charges foncières de 4.800 F le mètre construit.
Ce prix m'interloque, car nous sommes dans le 16e arrondissement, à deux pas de Roland-Garros et derrière le bois de Boulogne et le jardin des serres d'Auteuil, et vous cédez à un prix dérisoire l'espace public.
Voyez-vous, dans une délibération de ce jour, dans le 20e arrondissement, pour des constructions sociales, la charge foncière du mètre carré construit s'élevait à 4.600 F le mètre carré.
Les promoteurs immobiliers, apprenant ce soir que le prix au mètre carré dans le 16e arrondissement a la même valeur que dans le 20e, vont se précipiter dès demain dans vos bureaux pour vous demander : où avez-vous, Monsieur le Maire, des terrains à céder ?
Nous contestons sur le fond le fait que la Ville se sépare de son patrimoine foncier. Nous contestons sur le fond le fait que vous cédiez au secteur privé une partie du patrimoine.
Vous défendez mal, Monsieur le Maire, l'intérêt des Parisiens et, de plus, vous dilapidez le patrimoine des Parisiens.
Nous voterons bien entendu contre ce projet de délibération.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. MANSAT.
M. Pierre GABORIAU, adjoint. - Au conseil d'arrondissement, il a voté pour...
M. Pierre MANSAT. - Je croyais qu'il y avait un débat... Il y en a qui se réveillent et qui demandent de quoi il s'agit !
On ne sait plus quoi vous dire... On ne sait plus que dire.
Certains de mes collègues reprennent in extenso leur intervention de juillet 1997, à juste titre puisqu'un an après le projet est identique : le même gâchis, la même attitude de votre part, c'est-à-dire une décision de livrer des terrains publics à un promoteur privé pour (plusieurs l'ont dit) la somme incroyable de 4.800 F le mètre carré.
Tout est dit, tout tient dans ce chiffre.
Cela fait 15 ans que vous courez derrière ce projet pour livrer à " Meunier Promotion " des terrains publics à un prix vraiment formidable.
Un an après ce que vous qualifiez de " concertation ", un projet quasiment à l'identique : quelques centaines de mètres carrés de bureaux et de logements de luxe en moins, quelques modifications minimes, et le fond reste le même, la destruction d'un chef d'oeuvre architectural et la réalisation d'une belle opération de promotion immobilière.
Il y a un an, nous vous disions que l'on n'aimerait pas être à votre place pour figurer au palmarès de ce qui s'appelle...
M. Jean-Pierre PAYRAU. - Plus fort ! Plus fort !
M. Pierre MANSAT. - Je n'ai pas compris l'interruption, excusez-moi...
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Ne vous laissez pas interrompre, Monsieur MANSAT.
M. Pierre MANSAT. - Trop tard...
Nous vous disions que nous n'aimerions pas être à votre place pour figurer au palmarès de ce qui s'appelle les " vandales de Paris ", les " massacreurs de Paris ", les " destructeurs de Paris ".
Un an après, vous avez choisi, vous serez à votre place dans cette longue liste des vandales de Paris, des massacreurs de Paris. Nous vous la laissons !
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste et socialiste).
M. Xavier-Marie BORDET. - Donnez-lui un billet pour Bucarest, il va voir ce qu'il y a à faire !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. GABORIAU.
M. Pierre GABORIAU, adjoint. - Monsieur le Maire, mes chers collègues...
M. Pierre MANSAT. - Redites-le ! J'espère que c'est au procès-verbal.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Ecoutez, pas de débat incident.
Monsieur MANSAT, vous n'avez plus la parole et je vous demande d'écouter M. GABORIAU, à qui je donne la parole.
M. Pierre GABORIAU, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, dix ans déjà, dix ans de trop...
M. Jean-Pierre PAYRAU. - Vandales de Paris !
M. Pierre GABORIAU, adjoint. - ... dix ans que la piscine Molitor a fermé ses portes au grand regret des Parisiens, des habitants du 16e arrondissement et en particulier des scolaires et des riverains.
Dois-je rappeler qu'en raison de l'état de ce bâti qui ne permettait plus d'envisager une simple réhabilitation, dont le coût aurait été tout à fait prohibitif, il a été envisagé en 1988 de mettre en oeuvre une opération de restructuration de cet ensemble...
M. Jean-Pierre PAYRAU. - On ne va pas, à 2 heures du matin, rester pour se faire insulter ! Vandales de Paris !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Monsieur PAYRAU, s'il vous plaît, est-ce que vous voulez bien écouter l'orateur, M. GABORIAU ?
M. Jean-Pierre PAYRAU. - Rappel au règlement !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - M. BULTÉ répondra à l'ensemble des orateurs. Pour l'instant, c'est M. GABORIAU qui a la parole.
M. Pierre GABORIAU, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Il a été envisagé en 1988 de mettre en oeuvre une opération de restructuration de cet ensemble comportant à la fois une piscine d'hiver et une piscine d'été.
Mais ce premier projet ne put malheureusement être poursuivi. En effet, après l'avis défavorable émis par l'architecte des Bâtiments de France, l'édifice fut inscrit le 27 mars 1990 à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
Ainsi que l'avait exprimé Pierre-Christian TAITTINGER, Maire du 16e, auprès du Ministre de la Culture, Jack LANG, la décision de classement de ce bâtiment aurait tout naturellement dû être suivie d'une aide financière importante de l'Etat afin de participer à la réalisation des options fondamentales qui avaient motivé cette inscription.
Malheureusement, cette demande justifiée n'a jamais abouti.
Mais tout ceci est du passé.
Parlons maintenant de l'avenir, pour vous dire, Monsieur le Maire, combien nous nous réjouissons du projet qui nous est soumis aujourd'hui et qui va, sans peser sur les finances de la Ville et donc sans coûter aux contribuables parisiens, permettre enfin de retrouver cet édifice sportif exceptionnel.
Je souhaite souligner l'effort effectué par la Ville qui a assuré une très large concertation autour d'une exposition du projet Molitor. En effet, tous les arguments et les observations critiques ont été rassemblés par la Ville et ceux-ci ont fait l'objet de réponses. La concertation a donc donné la possibilité aux riverains et aux associations de s'informer et d'obtenir les précisions souhaitées sur le projet d'aménagement. Elle a permis de faire ressortir une quasi unanimité sur le maintien à cet emplacement d'une piscine et, dans une large mesure, il a pu être tenu compte des demandes et observations formulées dans la mise au point définitive du projet retenu.
Tout ceci nous amène à soutenir le réaménagement de la piscine Molitor avec le programme proposé, à savoir la réhabilitation à l'identique de la piscine, la réalisation d'une aire à usage de plage, un dispositif de couverture mobile des bassins et, au rez-de-chaussée du bâtiment, une salle pluri-fonctionnelle.
Non, Monsieur SARRE, non, Monsieur le Maire du 11e, nous ne souhaitons pas que la Municipalité parisienne renonce à ce projet et fasse entreprendre des études nécessaires à la réhabilitation complète de la piscine Molitor après votre intervention auprès de Mme la Ministre de la Culture et de la Communication. Non, nous ne souhaitons pas encore attendre dix ans de plus.
C'est pourquoi, au nom du groupe " Paris-Libertés " et reprenant l'avis très largement majoritaire du Conseil d'arrondissement du 16e, nous voterons favorablement cette délibération concernant le réaménagement de ce site.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. GABORIAU et je donne la parole à M. GIRAL.
M. Jean-Louis GIRAL. - Monsieur le Maire, je serai très bref vu l'heure tardive.
Trois raisons me poussent à m'opposer au projet de réaménagement de la piscine Molitor que vous nous proposez cette nuit.
La première est d'ordre esthétique. Nous avions une piscine d'été, une piscine d'hiver, et une patinoire d'hiver sur la piscine d'été, témoignages d'une époque et d'un art de construire. Demain, nous aurons une piscine bâtarde imbriquée dans un complexe immobilier.
Ma seconde opposition vient du fait qu'une nouvelle fois on va densifier les constructions et implanter deux hôtels apportant des nuisances dans un secteur calme et résidentiel.
La dernière et la plus importante devrait vous toucher, Monsieur l'adjoint aux finances, elle est d'ordre financier. Je ne comprends pas que la Ville puisse céder pour 60 millions de francs la possibilité de construire 12.899 mètres carrés. Moins de 4.800 F le mètre carré, le droit de construire c'est un véritable cadeau pour ne pas dire plus !
Je considère que les règles de concurrence auraient dû conduire à un appel d'offres et non à un gré à gré. Ce n'est pas parce que la construction de la piscine réalisée par la ville est estimée à 60 millions de francs que la Ville doit se contenter de cette somme pour les droits à construire de l'opération privée !
Monsieur le Maire, à défaut de préserver un site, faites au moins une opération financière ; les contribuables vous en seront reconnaissants. Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes des élus Indépendants, socialiste, du Mouvement des citoyens, communiste et des élus écologistes).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme JUNOT.
Mme Marie-Thérèse JUNOT. - Merci, Monsieur le Maire.
La construction de l'ensemble sportif de Molitor en 1929 et la mise en exploitation, l'année suivante, des deux piscines et de la patinoire ont constitué un événement qui a marqué la vie parisienne pour de nombreuses années.
L'architecture inspirée d'un paquebot et d'un style très représentatif des années 30 a suscité des commentaires admiratifs dans le monde entier ; des fêtes et manifestations sportives et mondaines s'y sont succédé trente années durant.
Plusieurs générations de Parisiens gardent le souvenir de cet ensemble sportif lié à leurs années de jeunesse.
La mauvaise gestion du concessionnaire qui n'a pas assuré l'entretien et les grosses réparations indispensables après de longues années d'usage a amené d'abord à la fermeture de la patinoire puis, en 1989, des deux bassins.
Plusieurs projets ont été étudiés pour rénover ou remplacer Molitor. L'un d'eux présenté par l'architecte GILLOT a été retenu en 1988.
Mais de nombreuses critiques rassemblées par une association très active de défense du site, réunissant plusieurs personnalités et présidée par le grand musicien Vladimir Cosma se sont opposées au projet auquel il était notamment reproché de ne pas respecter suffisamment le style originel et de déroger à l'esprit initial de Molitor.
Une démarche entreprise en 1988 par Michel JUNOT, à l'époque élu du 16e et médiateur de la Ville, afin de rapprocher les points de vue de la Ville et les souhaits de l'Association de défense, a abouti à une première décision selon laquelle était d'abord affirmé le caractère sportif de l'ensemble du quartier de la Porte d'Auteuil...
Monsieur le Maire, voulez-vous bien faire taire les conversations privées s'il vous plaît ? c'est insupportable de parler dans ces conditions !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Vous avez raison. Nous vous écoutons, Madame JUNOT.
Mme Marie-Thérèse JUNOT. - ... de l'ensemble du quartier de la Porte d'Auteuil, de la Porte de Saint-Cloud, rassemblant plusieurs installations et stades importants : Parc-des-Princes, Roland-Garros, Jean Bouin, le Stade français, l'ensemble Molitor ainsi qu'en prolongement dans le bois, le Champ de courses d'Auteuil.
Il était précisé que ce secteur devait être entièrement réservé aux activités sportives et aux installations nécessaires à leur développement.
Il devait être soustrait à toute spéculation immobilière ; aucune construction de logements ou bureaux ne devant y être tolérée, seule exception : ceux indispensables à la gestion des clubs ou associations sportives et à la construction d'un seul hôtel destiné aux équipes sportives.
Dans la pratique, des négociations étaient ouvertes avec le Racing Club de France, tendant à l'installation à Molitor des bureaux administratifs de ce club financé par la vente de l'immeuble de la rue Eblé, dans le 7e.
Le Racing Club de France se rapprochait ainsi considérablement de son centre du Pré Catelan et s'engageait à assurer la gestion des installations rénovées dans un style respectant l'original de Molitor, à l'exception malheureusement de la patinoire, pour des raisons d'équilibre financier, en réservant l'accès des bassins, à certains jours et heures, à la population scolaire de l'arrondissement.
Le concours d'architecture de 1988 ayant été annulé, un nouveau projet architectural dû aux architectes REICHEN et ROBERT a été retenu. Il respectait davantage le style paquebot 1930 initial et a été favorablement reçu par l'Association de défense.
Malheureusement, fin 1989, une brusque décision de Jack LANG, Ministre de la Culture, inscrivant plusieurs éléments décoratifs de l'ensemble Molitor à l'Inventaire des Monuments historiques bloquait la réalisation du projet.
Les efforts tenaces menés de concert par la Ville, les architectes REICHEN et ROBERT, l'Association de défense et le concours du Président du Racing Club de France de l'époque, ne parvinrent pas à vaincre certaines réticences administratives et locales ni les difficultés sans cesse créées par les services du Ministère de la Culture, pendant que la plupart des éléments décoratifs classés disparaissaient, soit par vols, soit par destruction.
Entre temps un changement de Président, un nouveau Conseil d'administration du Racing Club de France (d'ailleurs démissionnaire depuis quelques jours) ont amené ce Club à abandonner son implication dans le projet.
Telle était la situation jusqu'à ce qu'un rapprochement entre les promoteurs initiaux et l'équipe d'architectes REICHEN et ROBERT ne parvienne à la mise sur pied du nouveau projet actuellement soumis à notre approbation.
Monsieur le Maire, je regrette l'abandon de la très heureuse solution envisagée de réserver tout ce quartier Porte d'Auteuil - Porte de Saint-Cloud à des usages exclusivement sportifs. L'inclusion dans le nouveau projet de la construction de deux hôtels, ayant perdu le caractère exclusif pour équipes sportives, et surtout de bureaux d'affaires et de logements dont l'aspect spéculatif ne peut être nié, m'oblige à manifester d'expresses réserves.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - " Un ensemble architectural unique en son genre en France ", tel est le verdict de Catherine WEILL-ROCHANT, rapportant au nom de la Conservation régionale de l'Inventaire des Monuments et des Richesses artistiques de la France.
" A Molitor fut créé un ensemble architectural unique en son genre en France, comprenant dans un seul bâtiment un bassin couvert et chauffé, un bassin découvert transformable l'hiver en patinoire et des services divers: cabines, douches, restaurant, bar, salle de réunion, magasin et café ".
L'histoire de la piscine Molitor est exemplaire. L'acharnement méthodique, reconduit au fil des ans, visant à sacrifier un chef d'oeuvre architectural Art Déco sur l'autel de la promotion immobilière a quelque chose de fascinant.
Dès septembre 1989, la mise à mort est programmée. Vous refusez de proroger la concession consentie par la Ville. Vous murez la piscine. Vous refusez de l'entretenir. Vous la laissez à l'abandon. Vous la laissez sciemment, délibérément, se dégrader. Vous l'offrez aux pilleurs d'épaves qui la dépècent de ses ferronneries et à Meunier Promotion, filiale de la B.N.P. qui avec son architecte, Alain GILLOT, veut la raser pour y construire des hôtels de grand rapport.
Alors pourquoi cet acharnement sur la piscine Molitor ?
Parce que depuis toujours, elle a été livrée au promoteur BERTEAU à Meunier-Promotion.
Parce que l'opération en plein 16e est plus que juteuse, que le projet REICHEN en est devenu l'instrument.
Parce que ce pur joyau Art Déco, que ce chef d'oeuvre n'est rien en face du fric !
Parce que tout cela était concocté, ficelé depuis belle lurette !
Le volant financier d l'opération, on l'a dit, est scandaleux ! 4.700 F le mètre carré pour Meunier-Promotion, quel cadeau ! Que cache-t-il ?
Le décompte qui nous est présenté est sidérant, surréaliste. Une ristourne de 43 millions de francs est offerte dans le décompte à Meunier-Promotion compte tenu de la nature spécifique du saccage qu'il doit opérer sur ce bâtiment historique.
Bilan du saccage ! Le bassin d'hiver est détruit. La patinoire condamnée. Le bassin d'été dénaturé, encapuchonné par REICHEN et ROBERT.
Bref, du vandalisme à l'état pur !
Seul espoir : la destruction de la piscine PAILLERON, autre oeuvre originale Art Déco de Lucien POLLET a été stoppée in extremis par un Architecte des Bâtiments de France courageux. C'est un exemple à suivre ! Le Gouvernement de la France devra prendre ses responsabilités pour classer cette piscine en monument historique.
Mais surtout, vous avez soigneusement caché l'existence d'un projet alternatif, celui de l'architecte FERNIER, infiniment plus respectueux du site et de sa beauté architecturale. La représentation parisienne n'a pas pu en délibérer !
Pour conclure, après le théâtre des Champs-Elysées, l'immeuble Larousse, le patrimoine Art Déco est malmené à Paris, méprisé. Paris qui en fut l'emblématique fanal ! Je ne puis ici que répéter que la destruction de la piscine Molitor est un acte de barbarie !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BULTÉ pour répondre à l'ensemble des intervenants.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Tout d'abord, je voudrais condamner les propos excessifs à la fois de M. MANSAT et de M. BLET en parlant de vandales de Paris ou de barbarie, au moment même où le Maire de Paris développe une politique d'urbanisme à visage humain, reconnue de tous. Je crois qu'on n'a pas de leçon à recevoir ni de M. MANSAT, ni de M. BLET.
Monsieur BLET, on n'a pas de leçon à recevoir dans les propos excessifs que vous tenez ! Revenons à Molitor, s'il vous plaît.
Paris ne peut plus supporter l'ensemble Molitor dans l'état où il se trouve aujourd'hui.
Très vite, il est apparu que la restauration à l'identique de l'ensemble n'était pas économiquement raisonnable.
C'est pourquoi une consultation a été lancée en 1991 auprès d'équipes d'architectes-promoteurs. Le cabinet d'architectes REICHEN et ROBERT a conçu un projet qui, tout en permettant de reconstituer le bassin d'été avec ses rangées de cabines bleues et de préserver le bâtiment sud, prévoyait la construction, à la place de la partie la moins intéressante du bâtiment, d'un programme privé présenté par Meunier Promotion mêlant club de sport, logements et hôtels. Ce projet a été retenu après avoir reçu un avis favorable de principe du ministère de la Culture.
Afin de permettre l'utilisation en toute saison de la piscine, un concours sur sa couverture a été lancé en 1996. Le jury a proposé de retenir le projet de Marc MIMRAM.
Fidèle à ses engagements, le Maire de Paris a souhaité une large concertation avec les habitants de Paris et de Boulogne.
C'est ainsi que dans le cadre de la loi d'orientation sur la Ville, cette concertation a pris la forme :
- d'une exposition à la mairie du 16ème arrondissement et à la mairie de Boulogne-Billancourt du 2 juin au 4 juillet 1997, accompagnée d'un registre permettant aux visiteurs de faire part de leurs observations ou suggestions ;
- de permanences assurées par un fonctionnaire de la Ville sur le lieu de l'exposition ;
Au préalable, vous aviez approuvé l'autorisation de signer les marchés de maîtrise d'oeuvre. Ainsi, les études ont pu tenir compte des résultats de cette concertation dont il vous est rendu compte.
En définitive, le programme public comprend essentiellement :
- une piscine, avec ses cabines et une aire de plage ;
- le bâtiment Sud conservé le long de l'avenue de la Porte Molitor ;
- un dispositif de couverture mobile permettant l'utilisation des bassins de la piscine toute l'année, ainsi que l'accueil de la population scolaire et des associations. L'accès de la piscine sera réservé en priorité aux scolaires de Paris, mais aussi de Boulogne-Billancourt.
Ce programme sera réalisé directement par la Ville de Paris. Son coût est évalué à 58,2 millions de francs.
Par ailleurs, le programme privé comprend :
- un ensemble hôtelier comprenant deux hôtels 3 étoiles, soit 247 chambres, 4 salles de réunion. On notera que pour répondre aux voeux des riverains, l'hôtel 2 étoiles initialement prévu est remplacé par un hôtel 3 étoiles ;
- une vingtaine de logements ;
- un parc de stationnement pour les hôtels, les logements. A noter que 90 places seront vendues à la Caisse des Dépôts et Consignation pour satisfaire les besoins de stationnement des résidents les plus proches.
Ce programme sera réalisé par Meunier Promotion qui acquerra les droits de construire correspondants pour un montant de 60 millions de francs.
Compte tenu des délais nécessaires à la réalisation de ce projet, la piscine devrait être remise en service au cours du premier semestre 2001.
Je souligne que les précautions seront prises pour respecter les contraintes résultant de l'inscription de l'édifice à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
Certains ont dénoncé la complexité du projet. Il faut les rassurer en précisant que l'opération consiste à déclasser une partie du domaine public et à le céder à un maître d'ouvrage privé qui réalisera à ses frais un programme dont il assumera seul les risques financiers.
La Ville, quant à elle, effectuera les travaux nécessaires à l'adaptation de l'équipement public qu'elle souhaite sur le site et pour lequel elle conservera l'espace indispensable à son bon fonctionnement. Ainsi, la Ville de Paris conservera-t-elle la maîtrise d'ouvrage de l'équipement public tout au long du réaménagement.
Mes chers collègues, c'est un très beau projet qui vous est présenté.
(Remous sur les bancs de l'Assemblée).
Sa réalisation permettra enfin de mettre un terme à une situation insupportable.
Merci, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris Libertés ").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie Monsieur BULTÉ. M. REINA demande la parole.
M. Vincent REINA, adjoint. - Monsieur le Maire, je demande un scrutin public.
(Remous - mouvements divers).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je suis saisi d'une demande de scrutin public. Nous allons donc procéder à ce scrutin. Je vais vous proposer de désigner comme secrétaires Mme SCHERER et M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE.
(Brouhaha).
Par définition, un scrutin public est forcément nominal !
M. Jean-Louis GIRAL. - A la tribune avec les pouvoirs !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous allons procéder à un scrutin public. Que les secrétaires veuillent bien se rendre près de l'urne.
Je rappelle qu'il est procédé au vote par couleur de bulletin : blanc : pour ; bleu : contre ; rouge : abstention.
M. Jacques BRAVO. - Qui a demandé le scrutin public ?
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - M. REINA. Il faut suivre les débats !
M. Jacques BRAVO. - Le groupe socialiste demande un scrutin à la tribune.
Appliquez le règlement !
(Remous sur les bancs de l'Assemblée).
Nous préférons le vote par appel nominal à la tribune. Si vous voulez rester là jusqu'à 4 heures du matin... nous l'avons fait déjà ici, nous y sommes prêts !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Mes Chers Collègues, si vous voulez bien faire silence...
M. Jacques BRAVO. - Vous voulez que cela dure une heure de plus ? Nous vous demandons une suspension de séance. Si vous insistez, nous le ferons aussi. Nous voulons un vote par appel nominal à la tribune.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Mes chers collègues. Je suis saisi d'une demande de scrutin public, je vous donne connaissance de l'article 18 de notre règlement : " l'Assemblée vote à mains levées et si l'épreuve est douteuse par assis et levé. Le vote peut avoir lieu par scrutin public sur la demande soit du quart des conseillers présents, soit du président de groupe ou de son délégué ". Je ne vois pas d'autre modalité figurant dans notre règlement. Maintenant si un élu membre de cette Assemblée peut me donner à cette heure un autre article du règlement ou un autre texte de loi qui s'imposerait à nous, je l'invite à le faire.
M. Jacques BRAVO. - Le Code des Communes, Monsieur le Maire ! Si vous le prenez comme cela, je demande une suspension de séance. Nous en reparlerons tout à l'heure.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La séance est suspendue pour cinq minutes.
M. Patrick BLOCHE. - Pour une heure.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La séance est suspendue pour cinq minutes, elle reprendra à 2 h 10.