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Juillet 1998
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Conseil Municipal
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49 - 1998, DAUC 95 - Zone d'aménagement concerté " Citroën-Cévennes " (15e). - Avis favorable au projet de Plan d'aménagement de zone modifié avant mise à l'enquête publique. - Arrêt du programme des équipements publics modifié

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1998


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à l'affaire suivante, le projet de délibération DAUC 95, concernant la Zone d'aménagement concerté " Citroën-Cévennes " (15e). - Avis favorable au projet de Plan d'aménagement de zone modifié avant mise à l'enquête publique. - Arrêt du programme des équipements publics modifié.
Je donne la parole à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, depuis 1977, je suis intervenue de nombreuses fois sur les aménagements de la Z.A.C. " Citroën-Cévennes " au nom de l'association " SOS Paris ", comme de coordinations d'habitants du quartier de Javel. Je serai brève aujourd'hui, mais vous rappellerai un fait que probablement vous ignorez : lors d'une Commission extra-municipale de l'environnement en 1977 présidée par M. CHIRAC, j'avais avancé des propositions apparemment convaincantes pour améliorer certains des aménagements proposés pour cette future Z.A.C. Le Maire de Paris avait, par conséquent, décidé de créer une commission destinée à réfléchir à nouveau sur la " vocation " des terrains Citroën. Cette commission s'était hélas rapidement éloignée de la mission confiée par M. CHIRAC. J'avais assisté avec écoeurement aux disputes des architectes présents qui, au lieu d'essayer de réfléchir globalement aux aménagements utiles par rapport aux besoins de l'arrondissement, au meilleur emplacement et à la disposition du futur parc, s'arrachaient des lambeaux du programme déjà présenté. Le reste ne les intéressait visiblement pas. Le projet initial, en fin de compte, fut à peine modifié. Il aurait pu être meilleur, il était acceptable. Au cours des années, des modifications sont intervenues. Chaque nouveau Plan d'aménagement de zone a amené des densifications supplémentaires. Trop d'activités, trop de bureaux ont amené une intense circulation automobile sur des quais perpétuellement embouteillés, bruyants, sales où la pollution de l'air est très importante. Lorsque les berges de la Seine seront aménagées dans la continuité du parc, berges qui seront couvertes de " jolies dalles " et non de pelouses comme l'a expliqué Mme de PANAFIEU, ce qui est un comble pour un espace vert, je plains les promeneurs qui seront assourdis par les bruits des voitures. A l'heure actuelle, on peut à peine se parler sur ces quais !
La surface de l'hôpital a doublé par rapport au premier projet. Ce gigantesque hôpital, par sa taille, va coûter cher à l'Assistance publique en entretien et en dépenses énergétiques. Très excentré dans l'arrondissement, il ne remplacera jamais, pour le confort des habitants, la présence des hôpitaux de tailles plus modestes, mais mieux répartis dans l'arrondissement dont nous profitions avant. Ces changements successifs de Plan d'aménagement de zone ont transformé cette malheureuse Z.A.C. en une Z.A.C. " fourre-tout " qui est beaucoup trop dense malgré le parc, " seul parc de Paris entouré d'immeubles et non d'arbres " qui s'apparente davantage à un bel espace planté qu'à un vrai parc où les promeneurs sont à l'abri du béton, des voitures et du bruit. Le 15e avait besoin de logements sociaux, d'équipements et d'un vrai parc à la fois ouvert sur la Seine et le 15e où, enfants et jeunes auraient pu jouer, et non d'un quartier supplémentaire morne, sans vie, avec peu de commerces en raison de la cherté des loyers et une muraille continue d'immeubles longeant la rue Balard qui coupe la Z.A.C. du reste du quartier. Cette rue Balard est devenue sinistre et ressemble à une rue dortoir. Je n'en dirai pas plus, sauf que, vu le manque d'animation de ce secteur, les habitants y réclament un marché. Je voudrais également avoir l'assurance que l'embellissement de la ligne S.N.C.F. de Petite Ceinture et ses talus sont bien protégés dans ce nouveau plan d'aménagement de zone, de la nouvelle zone d'activités prévue entre la rue du Professeur Florian-Delbarre, la ligne S.N.C.F. de la Petite Ceinture et la rue Ernest-Hemingway.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Lorsque les usines Citroën ont quitté ce site historique et stratégique, tous les espoirs et toutes les craintes se firent jour concernant le devenir de ce vaste secteur urbain en bordure de la Seine. Chacun gardait encore à l'esprit l'aménagement du front de Seine par la S.E.M.E.A.-XV. Aujourd'hui, le bilan de la Z.A.C. " Citroën-Cévennes " lancée en 1982 s'avère mi figue mi raisin.
Côté positif, on retient bien sûr le vaste parc André-Citroën qui s'étendra très prochainement jusqu'aux rives de la Seine. On pourrait bien sûr discuter des choix d'aménagements paysagers et de leur entretien, mais globalement cet espace vert est une réussite pour le quartier et pour Paris. Mais si l'on ne retient que l'image de ce jardin, c'est aussi parce que les quelques 451.000 mètres carrés de bâtiments construits autour n'offrent point les mêmes qualités. Il suffit en effet d'observer les abords du jardin pour prendre conscience de l'ampleur des dégâts. Le parc aurait pu être entouré de bâtiments de qualité, mais tel n'est malheureusement pas le cas.
Ainsi, en limite ouest du parc, l'horrible immeuble " Ponant ", 60.000 mètres carrés de bureaux, signé par Bouygues est d'une médiocrité architecturale lamentable. L'hôpital Georges-Pompidou ne présente guère plus de qualités, ni l'immeuble du siège de France Télévision. Quant au bâtiment de Canal +, qui s'efforce de se singulariser par quelques effets, il a délibérément enfreint le P.O.S. pour assumer cette différence. Enfin, les bâtiments de logements des environs immédiats présentent tout autant de lourdeur et de médiocrité architecturale.
Bref, cette Z.A.C. ne semble avoir été conçue que comme un amas de mètres carrés de SHON, privilégiant les profits financiers aux résultats urbanistiques et architecturaux. Le P.A.Z., a vu au gré de ses modifications successives les surfaces de bureaux croître de 50 % passant de 80.000 mètres carrés à plus de 120.000 mètres carrés alors qu'une école était supprimée.
Aujourd'hui, quatrième modification du P.A.Z., que nous demande-t-on ?
Premièrement, supprimer une école. Cette demande est d'autant plus surprenante qu'une première école a déjà été supprimée lors d'une modification précédente du P.A.Z. Le 15e est-il un arrondissement de vieillards ou subit-il une épidémie de stérilité ? En tout cas, cela semblerait suggérer que le quartier dispose de moins d'enfants que prévu au regard des estimations initiales.
Mais en fait, il n'en est rien. Bien au contraire, la vigueur des jeunes couples du 15e ne faiblit pas ! Toutes les écoles du quartiers subissent un sureffectif patent, obligeant certaines écoles à réaménager leurs locaux, à transformer des salles de classes spécialisées en salles de classes usuelles, abandonnant ainsi les programmes de soutien aux malentendants. La S.E.M.E.A.-XV et la Ville pratiqueraient-elles la sélection naturelle par l'immobilier ?
Alors que la rentrée scolaire s'annonce très chaotique avec des sureffectifs et des classes non réaménagées, vous voulez pour l'avenir de ce quartier, accroître aujourd'hui le malaise en supprimant du P.A.Z. un projet d'école. C'est aberrant. Aussi je vous demande de bien vouloir annexer au dossier d'enquête publique la carte scolaire prévisionnelle indiquant les ouvertures de classes programmées dans un rayon de 500 mètres autour de la Z.A.C. et les conditions de leur réouverture.
La seconde modification du P.A.Z. demandée concerne la construction d'un centre de recherche médicale pour l'hôpital Georges-Pompidou, rue Leblanc. Son implantation ne soulève aucun problème, mais pour faire face à des besoins futurs non définis mais estimés à 4.000 mètres carrés de SHON, il est accompagné d'une réserve foncière très discutable.
En effet, cette réserve foncière n'est rien d'autre qu'une emprise de la Petite Ceinture, classée actuellement en zone ferroviaire non constructible. Le terrain d'une longueur de 140 mètres sur une largeur de 10 à 15 mètres longe l'actuelle voie de chemin de fer, il est peu propice à l'implantation d'une construction. La Petite Ceinture, " 30 kilomètres pour la plus belle piste cyclable paysagère du monde ", tel est le choix que vous venez tout juste d'annoncer lors de votre dernière conférence de presse. Nous nous en réjouissons. Vous avez même chargé votre adjoint chargé de l'Urbanisme, M. BULTÉ, d'organiser une commission de réflexion sur ce projet d'avenir réclamé par nombre de Parisiens et par une multitude d'associations de tous les arrondissements. Indubitablement c'est le bon choix.
Mais on ne peut à la fois envisager sérieusement ce magnifique projet et rendre progressivement constructibles les emprises de la Petite Ceinture en transformant la zone d'emprise ferroviaire en zone construite. Monsieur le Maire, comment nous expliquez-vous ce grand écart ?
Avec le parc André-Citroën, ce nouveau quartier aura peut-être un autre atout de qualité : être desservi par la plus belle piste cyclable du monde, et être ainsi relié aux autres arrondissements périphériques.
Monsieur le Maire, il faut renoncer à la tentation de l'immobilier, résister aux pressions de l'Assistance publique. Nous savons tous, avec l'exemple du jardin Villemin, que l'Assistance publique se fait un plaisir de bétonner les espaces verts... A vous de déjouer ses plans maléfiques et de nous prouver la cohérence de vos déclarations publiques.
Par ailleurs, le terrain envisagé est peu propice à une construction en liaison avec l'hôpital. Sur les 451.000 mètres carrés, ne pourrait-on pas trouver un emplacement plus judicieux pour ces 4.000 mètres carrés prévisionnels qui représentent à peine 1 % du programme ?
Ainsi, pourquoi ne pas envisager la construction de ce bâtiment sur la réserve foncière située rue Leblanc en prolongation de celle déjà retenue pour le centre de recherche médicale ? La construction de 70 logements prévue initialement sur cet emplacement a été réduite à un programme d'une vingtaine de logements, dont la réalisation est encore hypothétique. Il serait plus rationnel de consacrer cette parcelle aux besoins de l'Assistance publique.
En conclusion, Monsieur le Maire, je vous propose de donner notre accord pour la mise à enquête publique de la modification du P.A.Z. à condition :
- que la réserve foncière constructible proposée dans le P.A.Z. sur l'emprise de la Petite Ceinture pour les besoins de l'Assistance publique soit supprimée et le terrain maintenu en zone non constructible ;
- que la réserve foncière située dans le P.A.Z. rue Leblanc soit affectée indifféremment aux logements ou aux activités afin de répondre aux besoins éventuels de l'Assistance publique ;
- que l'école élémentaire dont la suppression est proposée soit maintenue dans le P.A.Z. ;
- enfin que le dossier d'enquête publique comporte en annexe la carte scolaire du quartier de ses environs faisant état de la desserte actuelle et des prévisions.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - M. BULTÉ a la parole pour répondre aux orateurs.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je rappellerai tout d'abord que le Conseil du 15e arrondissement a donné un avis favorable sur ce projet de dépenses de la Z.A.C. " Citroën-Cévennes ".
Je confirme que nous avons toujours dit que la modification du P.A.Z. respecte la continuité de la Petite Ceinture.
Le développement philosophique de Mme SCHNEITER ne tient pas, il n'y a pas de densification dans ce secteur.
En ce qui concerne les remarques de M. BLET, la modification du P.A.Z. proposée pour la bordure sud de la rue du Professeur-Delbarre respecte la continuité de la Petite Ceinture sud, notamment, et à ce titre, il n'est pas question de construire sur l'emprise de la Petite Ceinture.
Je ne reviendrai pas sur le fond, nous connaissons les propos de M. BLET.
Voilà ce que je tenais à préciser ce soir concernant le Plan d'aménagement de zone de ce secteur.
Je n'ai rien d'autre à ajouter, je pense que nous pouvons passer au vote, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. -
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 95.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SCHNEITER, SCHERER, SILHOUETTE, BILLARD et M. BLET ayant voté contre, M. REVEAU s'étant abstenu. (1998, DAUC 95).