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Juillet 1998
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Conseil Municipal
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39 - 1998, DAUC 170 - DLH 287 - Autorisation à M. le Maire de Paris, d'une part, de déposer une demande de permis de démolir visant un immeuble à usage de logement et d'activité situé 40, rue Didot et, d'autre part, de consentir, le moment venu le dépôt par l'O.P.A.C. de Paris d'une demande de permis de construire en vue de la construction de logements sociaux de type P.L.A. sur les terrains situés 38-40, rue Didot et 21, cité Bauer (14e)

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1998


M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Mes chers collègues, nous passons à l'examen du projet de délibération DAUC 170 - DLH 287 qui concerne l'autorisation à M. le Maire de déposer une demande de permis de démolir visant un immeuble à usage de logement et d'activité situé 40, rue Didot et de consentir le moment venu le dépôt par l'O.P.A.C. de Paris d'une demande de permis de construire en vue de la construction de logements sociaux de type P.L.A. sur les terrains situés 38-40, rue Didot et 21, cité Bauer dans le 14e.
Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Le projet d'aménagement Bauer-Thermopyles rassemblait jusqu'en 1996 toutes les tares des errances urbanistiques de la Ville de Paris.
Une réserve d'espace vert inscrite au P.O.S. de 77 (6.600 mètres carrés) qui recouvrait un petit quartier fait de maison faubourienne, petits commerces et ateliers d'artisans. 12 ans d'expropriation, de murage de démolition pour arriver en 1989 au vote du nouveau P.O.S. de Paris. La réserve y est amputée de 5.300 mètres carrés. Puis en 1993, la réserve disparaît totalement pour laisser la place à la réalisation d'une opération de logements. Celle-ci est présentée en 1996. 120 logements, une barre d'immeuble de 45 mètres enjambant la cité Bauer et la rue des Thermopyles.
Ce projet surdensifié qui aurait défiguré un quartier pittoresque a eu pour seul mérite de donner naissance à l'association " Urbanisme & Démocratie ".
L'enquête publique de 1996 a suscité un important mouvement de contestation dans le quartier et un avis totalement défavorable du commissaire-enquêteur. Je le cite : " Les raisons avancées par la Ville de Paris pour argumenter son projet sont dénuées de toutes réflexions urbanistiques et architecturales ".
Désaveu cinglant, aussi en janvier 1997, le Maire, Jean TIBÉRI, annonçait l'abandon du projet et lançait une concertation. M. Yves LION, architecte, était nommé coordonnateur du projet.
Le plan d'ensemble de l'opération a été présenté aux associations il y a un an et les projets architecturaux, façades et volets paysagers, lors de la réunion du 24 juin 98. Il est regrettable que ces éléments n'aient pas été transmis aux élus.
Dans le cadre de ce projet, vous voulez détruire au 40, rue Didot la maison d'angle d'un étage et ses ateliers de 3 étages en fond de cour. C'est l'une des constructions les plus anciennes de la rue Didot. Les habitants l'appellent la maison de l'imprimeur. Il avait toujours refusé de vendre sa petite maison. Son décès, survenu il y a deux ans, a permis à la Mairie de Paris de s'en porter acquéreur. Les habitants du quartier sont très attachés à cet ensemble. 80 % d'entre eux, lors d'une enquête réalisée par " Urbanisme et Démocratie ", se sont déclarés pour sa réhabilitation et sa transformation en équipement collectif.
Cet immeuble s'inscrit harmonieusement dans le site de la rue Didot. Il est en parfaite cohérence et même totalement en harmonie avec les autres immeubles de cette rue dont il souligne, telle une sentinelle postée à l'angle, la vitalité et la beauté faubouriennes.
Le 40, rue Didot est parfaitement réhabilitable : quelques reprises de sous-oeuvre, une toiture à refaire. Rien que de très banal. Pour le reste, rien n'interdit d'y placer des extincteurs conformément à la réglementation incendie. Le coût de ces travaux serait minime, sans comparaison avec celui d'une démolition-reconstruction. Vous objectez que la pente de l'escalier est trop raide. C'est exact, nous le confessons, mais la fonction d'un escalier est de s'élever bien au-delà du sol. Avec ce nouvel et original critère de démolition, on pourrait détruire Amsterdam et la plupart des villes flamandes dont le charme tient notamment à la raideur de leurs escaliers. D'ailleurs, à ma connaissance, cette maison n'est frappée d'aucune déclaration d'insalubrité ni d'une quelconque interdiction d'habiter.
Le 13, rue des Thermopyles, avec ses trois étages fissurés, à quelques pas de là, est dans un état infiniment pire, et pourtant vous allez le réhabiliter.
Mais alors quel est le crime du 40, rue Didot ? Il est de ne faire qu'un étage. Cela ne saurait en aucun cas justifier sa destruction mais bien au contraire sa réhabilitation. Il est clair que si vous avez réhabilité le 13, rue des Thermopyles, c'est parce que cet immeuble faisait 3 étages et que ce ne sont ni des critères techniques, ni esthétiques, ni l'intérêt historique qui motivent le choix fait mais uniquement la possibilité, ou non, de densifier un peu plus le tissu urbain.
Enfin, sur son utilisation, vous le savez, le centre associatif " Notre Maison " situé juste en face vient de fermer. Les associations du 14e se retrouvent à la rue, toutes les activités sont interrompues. Le 14e arrondissement est peuplé de 160.000 âmes mais ne comporte aucun local mis à la disposition des associations. A Brest, ville de 220.000 habitants, 8 maisons de quartiers sont à la disposition des habitants et de leurs associations. Vous ne pouvez à la fois célébrer le travail des associations et leur refuser les locaux indispensables à leurs actions. La maison du 40, rue Didot, après réhabilitation, pourrait parfaitement abriter un petit équipement de type L.A.S.C.ART (local associatif sportif culturel et artistique) et accueillir la quarantaine d'associations qui viennent d'être jetées à la rue.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, Monsieur BLET.
Je vais donner la parole à Michel BULTÉ en signalant qu'il y a eu un avis favorable à l'unanimité du Conseil du 14e arrondissement en date du 29 juin.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Monsieur le Maire, je ne fais que constater que la gauche plurielle dans l'affaire a rejoint à l'unanimité les positions de la majorité municipale de cet arrondissement. Je n'ai rien d'autre à ajouter et je souhaite qu'on passe au vote.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris Libertés ").
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 170-DLH 287.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SCHNEITER, SCHERER, SILHOUETTE, BILLARD et M. BLET ayant voté contre, M. REVEAU s'étant abstenu. (1998, DAUC 170-DLH 287).