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Juillet 1998
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28 - 1998, DVD 71 - Programme, pour 1998, de mesures en faveur des vélos

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1998


M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Je vais donner la parole au premier orateur inscrit, Madame SCHNEITER, je vous demande de regagner vos places s'il vous plaît... ne restez pas sur la touche, regagnez le terrain, Mesdames et Messieurs les Conseillers, veuillez regagner vos places !
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, en novembre 1996 vous avez eu la volonté de développer l'usage du vélo dans Paris et d'en faire un mode de déplacement à part entière. Toutes les enquêtes réalisées sur la poursuite du " plan Vélo " montrent qu'une écrasante majorité de Parisiens y sont favorables. Cela prouve que les associations de cyclistes, les usagers et les écologistes avaient raison de réclamer des pistes cyclables depuis des années.
Le travail de la Commission extra-municipale commence à porter ses fruits, malgré des moments difficiles. Cyclistes et écologistes depuis longtemps dénoncent la puissance du lobby automobile. Il est relayé tant par vos services que par la Préfecture de police qui ont du mal à concéder des espaces sur la chaussée pour la création de couloirs pour les vélos comme pour les bus. Leurs coeurs saignent dès qu'il faut supprimer 50 centimètres de chaussée au détriment de leurs chères automobiles.
Comme le dit le président du Mouvement de Défense de la Bicyclette : " Une démarche de concertation ne peut avoir de résultat valable si elle se fait au rythme d'un pas en avant puis de deux pas en arrière ". Il n'empêche que grâce à cette concertation...
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Très franchement, mes chers collègues, je vous prie de m'excuser, je vous demande un peu de silence, vous savez combien M. TRÉMÈGE est attentif à ce que disent les orateurs, il n'entend pas ce qui se dit. Je demande de fermer la porte, je vous en prie, que quelqu'un ferme la porte et qu'on ne l'ouvre plus, M. TRÉMÈGE a besoin d'entendre !
Madame, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Grâce à cette concertation certains aménagements sont très réussis, d'autres laissent encore à désirer.
Lors de la dernière réunion de la Commission extra-municipale du 23 juin, j'ai été frappé de voir à nouveau poindre le découragement des associations. Les services ne leur avaient même pas envoyé les documents du nouveau plan à l'avance afin qu'elles puissent les étudier et donner leur avis. Elles souhaitent, bien sûr, la poursuite du " plan Vélo ", mais regrettent les aménagements récents, médiocres, voire carrément mauvais, que vous nous avez présentés. Lors des dernières réunions des commissions techniques, elles sont écoutées mais, à nouveau, il n'est pas tenu compte de leurs remarques.
Parmi les derniers projets proposés : de plus en plus de pistes cyclables sur les trottoirs, c'est inadmissible ! Les parcours des piétons sont déjà jalonnés d'obstacles et vous voulez encore développer le vélo au détriment des piétons, c'est aussi une revendication ferme des associations, Monsieur TRÉMÈGE, qu'il n'y ait pas de piste cyclable sur les trottoirs.
Voici quelques exemples d'aménagements souhaitables et attendus :
- des voies séparées de la circulation dans un site protégé, il y en a déjà il faut les multiplier (citons de bons aménagements : quai de Jemmappes, boulevard Henri IV, avenue Daumesnil, canal de l'Ourq et canal Saint-Martin, rue Jean-Bart, rue Pelletrie, rue Robert-Blache, l'avenue Georges-Mandel a des pistes superbes mais qui ne vont nulle part) ;
- des aménagements pour le stationnement des vélos, le besoin est énorme, on voit encore partout des vélos accrochés aux arbres ;
- une bonne signalisation horizontale et verticale ;
- l'interdiction du stationnement et des livraisons dans les couloirs, en commençant par faire respecter la piste cyclable de la rue de Rivoli qui est sans cesse bloquée par camions et voitures ;
- des pistes bidirectionnelles et des voies à contresens comme sur l'avenue Daumesnil, porte de Vanves ou quai de la Marne ;
- des couloirs élargis bus-vélo à 4,50 mètres et non d'étroites pistes longeant les couloirs d'autobus ;
- des aménagements en réseau, des itinéraires simples.
Voici quelques exemples de ce qu'il ne faut pas faire :
- une trop grande proximité avec une circulation intense et désagréable (par exemple, boulevard Sébastopol ou quai du Louvre, boulevard Saint-Germain ou Saint-Michel ;
- des pistes isolées hors réseau ;
- de simples bandes dans lesquelles les voitures peuvent rouler ;
- des pistes débouchant sur des carrefours ou des places non aménagés comme sur la place de la Bastille ou de la Concorde ;
- des coupures brutales de bande comme au beau milieu du pont d'Austerlitz ;
- des pistes immobilisées par les marchés comme boulevard Richard Lenoir ou Auguste Blanc ;
- des couloirs bus/vélo non élargis qui empêchent la circulation des vélos comme boulevard du Palais.
Concernant les 6,6 kilomètres d'aménagement vers le Stade de France, l'itinéraire choisi pour aller de la place de Stalingrad à la Porte de la Chapelle passant par la Porte d'Aubervilliers est inutilement rallongé. Les pistes s'arrêtent brusquement à des endroits dangereux comme au débouché de la rue d'Aubervilliers. Il n'y a plus de piste pour prendre le pont au-dessus des lignes de chemin de fer.
Dans les 20e et 12e, vous avez mis des pistes dans des rues parallèles au boulevard périphérique et aux boulevards des Maréchaux. Ce sont des endroits où il n'y aura personne.
Je note au passage que le 15e, le plus grand arrondissement de Paris, ne bénéficie que de 4 kilomètres 400 de pistes cyclables prévues sur les berges de la Seine et qui ne vont même pas jusqu'au pont de Garigliano pour faire une jonction avec les boulevards extérieurs, en attendant de rejoindre la banlieue sud-ouest.
Certains aménagements réalisés au début à titre " expérimental " et qui devaient être améliorés s'ils ne convenaient pas, n'ont pas été modifiés, malgré le recul et l'expérience.
Enfin, il n'y a toujours pas eu de grande campagne d'information sur le développement des pistes cyclables pour faire du vélo un mode de déplacement à part entière. M. PLASAIT nous a promis qu'il allait y songer plus sérieusement, c'est très important.
S'il ne me garantit pas que les médiocres réalisations récentes qui sont en cours ne vont pas être sérieusement revues en réelle concertation avec les associations, si le voeu que je présente est rejeté, je ne pourrai pas voter pour le " Plan Vélo 98 ", ce qui est désolant mais c'est votre faute, je m'abstiendrai.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Madame MOREAU, vous avez la parole.
Mme Soizik MOREAU. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce projet de délibération manque de cohérence quant aux orientations en matière de politique des déplacements à Paris. Peu de réflexion d'ensemble sur la fonction de la bicyclette à Paris, peu de moyens pour en faire un mode de déplacement à part entière et manque de mesures fortes, structurantes d'aménagement des grands axes parisiens pour y accorder une vraie place aux vélos.
Le " plan Vélo " s'inscrit dans votre politique des déplacements dont les objectifs annoncés en novembre 1996 sont de limiter la place de l'automobile, d'améliorer la qualité de vie dans les quartiers grâce à la renconquête de l'espace public et à la diminution de la pollution.
Il est évident que l'efficacité des mesures prises est étroitement dépendante de la réalisation de ces objectifs.
Que peut-on constater aujourd'hui ? Paris reste une ville où le tout automobile a encore largement sa place.
La reconquête de l'espace public à laquelle vous faites d'ailleurs référence tant pour le plan vélo que pour la politique des quartiers tranquilles revêt un caractère dérisoire lorsqu'on se penche sur les chiffres.
Alors que Paris compte près de 1.600 kilomètres de voie publique, vous parviendrez très péniblement à la réalisation de 120 kilomètres de piste cyclable ou encore à l'équipement en 20 ans de 140 kilomètres de voies réservées au bus, soit moins de 10 kilomètres par an. Cette politique d'intervention homéopathique ne résiste pas à la nécessité de réduire la pression automobile et à celle de favoriser véritablement les déplacements les moins polluants.
Le projet initial d'aménagement d'un itinéraire dans le 11e par exemple, sur les boulevards des fermiers généraux, illustre l'économie de moyens. Je ne reviendrai pas sur la condition dans laquelle le plan a été élaboré. La concertation des acteurs locaux directement concernés n'a pas eu lieu.
En effet, les mairies d'arrondissement ne sont pas représentées dans la commission extra-municipale, censée avoir élaboré techniquement le " Plan vélo ". Aucune réunion technique en amont n'a donc eu lieu entre les services de la Direction de la Voirie et la mairie du 11e. Par ailleurs, de nombreuses propositions d'associations n'ont pas été retenues. Vous avez finalement décidé de retirer de cette délibération le chapitre concernant l'itinéraire des fermiers du 11e arrondissement. Je salue ce geste. Il traduit pour la première fois la prise en compte par le Conseil de Paris des débats du Conseil du 11e, qui a en effet émis un voeu demandant que les pistes cyclables fassent l'objet d'un nouveau projet intégré et une restructuration urbaine de ces boulevards. Je tiens ici à formuler l'ensemble des raisons pour lesquelles le conseil du 11e s'est prononcé pour l'élaboration d'un tel projet. D'abord l'itinéraire proposé est incomplet. Il s'arrête rue de Belleville et ne permet donc pas de rejoindre les pistes cyclables du nord-est de Paris. Pourtant les aménagements sur ce dernier tronçon n'auraient pas mis en danger le budget de la Ville de Paris. Par ailleurs, la place de la Nation n'est pas aménagée, alors que la présence d'une contre-allée permettrait une traversée en toute sécurité des cyclistes.
Il était par ailleurs prévu que des pistes cyclables soient aménagées à droite de la circulation. Aucune continuité logique d'aménagement n'a été retenue. En effet, le trajet empruntera successivement des bandes cyclables, des pistes séparées de la circulation automobile, des trottoirs actuellement réservés aux piétons notamment sur le tronçon entre la rue Alexandre Dumas et la rue de Charonne et, enfin, des contre-allées non aménagées. Je tiens à souligner ici que prévoir sur un des tronçons un itinéraire cycliste sur l'espace dévolu aujourd'hui aux piétons est franchement surréaliste.
Vos choix vont sans doute créer des conflits entre différents usagers d'un même espace public alors que nous préconisons une nouvelle répartition de cet espace. L'aménagement des pistes à droite de la circulation laisse par ailleurs entendre que la question des activités commerciales installées sur ces boulevards n'a pas été prise en compte.
Le stationnement, le choix d'implanter des pistes cyclables sur une file de circulation ou une file de stationnement mérite une étude bien précise en fonction des besoins et des activités présents sur chaque tronçon des boulevards...
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Je vous demande de conclure, vous avez largement dépassé votre temps de parole.
Mme Soisik MOREAU. - ... ces aménagements créeront des embouteillages et contribueront à polluer. Aussi, pour toutes ces raisons, contrairement à ce que titrait récemment " Le Parisien ", la mairie du 11e arrondissement ne boude pas le " plan Vélo ", elle a de réelles ambitions pour faire du vélo un mode de déplacement intégré à une revalorisation de l'espace public dans un quartier qui en a crucialement besoin.
Je vous remercie.
(M. Michel ROUSSIN, adjoint, remplace M. Roger ROMANI au fauteuil de la présidence).
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - La parole est à M. BRET.
M. Bertrand BRET. - Mes chers collègues, nous voici à l'examen de votre troisième " Plan vélo " et je vous donne acte de la persistance de l'effort entrepris dans ce domaine. Une dynamique est à l'évidence lancée et je ne vois pas ce qui pourrait l'arrêter ; ce qui veut dire que ceux de vos amis qui se montrent encore réticents à la mise en place de pistes cyclables dans leur arrondissement ne vont plus tarder à apparaître pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des archéos de l'automobile.
La mise en place d'un " Plan vélo " pour Paris n'est pas une ligne de clivage entre la droite et la gauche ni même entre écologistes et pollueurs. Elle l'est d'abord profondément entre les tenants d'une conception statique, passéiste, de Paris et ceux d'une vision plus dynamique. L'opposition entre conservateurs et partisans du mouvement vient de trouver une nouvelle actualité. La simple vision de la marque d'implantation des pistes cyclables à Paris est révélatrice.
Force est de constater que devant l'accumulation des réticences politiques fonctionnelles administratives, l'instauration d'un " Plan vélo " à Paris n'est pas une chose aisée.
Culturellement, le vélo et la ville ne font pas bon ménage, et à Paris, cela est d'autant plus vrai que la voiture a toujours été reine. Dans ce contexte, il peut paraître normal que les premiers kilomètres réservés aux cyclistes connaissent leurs détracteurs et soulèvent les critiques des utilisateurs.
Partant du néant, il était difficile d'arriver de suite à la perfection. Certaines critiques émises par les cyclistes restent fondées et appellent les améliorations demandées.
Monsieur le Maire, il n'en demeure pas moins que si les élus socialistes soutiennent le principe qui porte la mise en place du " Plan vélo ", ont, à ce titre, soutenu les deux premiers programmes et ont activement participé à l'élaboration de propositions dans les arrondissements dont ils ont la charge, ils s'interrogent sur l'évolution qu'ils ont voulu donner sur le plan parisien.
Sur les 26 kilomètres prévus, peu de place sera prise sur l'automobile. Ainsi, sur les six kilomètres de ceinture des fermiers généraux dans les 11e et 20e arrondissements, une bonne partie se fera sur les contre-allées dans le 5e et la totalité des aménagements qui se situe sur les berges de la Seine sur lesquelles n'existe pas de voirie.
La Charte du Vélo adoptée ici même à l'unanimité par le Conseil de Paris en 1996 stipule dans son article 5, et je le cite, que l'espace affecté sur les aménagements cyclables sera pris soit sur l'espace dévolu à la circulation soit sur l'espace dévolu au stationnement des automobilistes.
Dans ce troisième " Plan vélo ", l'exception est devenue la règle. Tout se passe comme si du concept du début de votre plan présentant le vélo comme un mode alternatif de déplacement à la voiture, vous évoluiez doucement vers des pistes cyclables gadget qui ne sont pas sans rappeler les tristement célèbres couloirs de la mort des années 1980 réalisés par votre prédécesseur. Et je crains qu'il ne risque de se trouver des voix au Conseil régional Ile-de-France, co-financeur, pour s'interroger sur le bien-fondé de sa participation à un programme qui n'aurait de piste cyclable que le nom.
Cette évolution vers des pistes cyclables gadget nous semble confortée par votre refus de prendre les mesures d'accompagnement simples et pratiques qui vous sont demandées tant par les associations de cyclistes que par les élus locaux. Et à ce titre, je voudrais vous en formuler trois.
Première proposition : l'aménagement des carrefours.
Depuis le lancement du " Plan vélo " de 1996, rien n'est prévu pour la traversée des places et des carrefours dangereux. La Charte du Vélo prévoit, dans son article 1, et je cite encore, la prise en compte du passage de la sécurité des cyclistes dans la signalisation et la traversée de carrefours. Sur le modèle des aménagements réalisés de façon tout à fait intéressante place Nationale dans le 13e, nous vous demandons que les places de la Bastille, Nation, Saint-Michel, Trocadéro et Concorde puissent bénéficier du même type d'équipement.
Deuxième proposition : la mise en site propre des pistes sur la chaussée et non sur les trottoirs. Sur les Fermiers généraux, sur les boulevards des Maréchaux, les pistes proposées sont trop souvent en emprise sur les trottoirs. Vous ne touchez pas à la voiture et vous sanctionnez le piéton, c'est un comble !
Nous vous demandons d'aménager et de sécuriser partout où cela est possible de véritables pistes cyclables dotées de séparateurs.
Troisième proposition : l'installation de vrais parkings à vélo. La Ville de Paris n'installe que des bornes d'attache pour deux roues ; elles servent au stationnement des deux roues motorisés et les vélos n'ont plus de place pour y être attachés. La polyvalence des emplacements de stationnement des deux roues à Paris se fait au détriment des vélos. On ne peut vouloir favoriser l'utilisation du vélo et ne pas en garantir les possibilités de stationnement.
Nous vous demandons de réaliser des aires de stationnement spécifiques aux vélos par la mise en place de chicanes, empêchant l'accès d'engins motorisés.
Monsieur le Maire, je ne voudrais pas conclure cette intervention sans évoquer les difficultés que soulève l'instauration d'une bande cyclable sur le boulevard Belleville dans les conditions dans lesquelles vous nous l'avez proposé. A l'évidence, cela ne va pas. Autant pour ce qui concerne la partie du 20e de l'aménagement prévu, nous trouvons que le projet correspond à ce que nous vous avions formulé en tant que mairies d'arrondissement autant sur le boulevard de Belleville, la copie mérite d'être retravaillée.
Telles sont les propositions, observations, que je voulais vous formuler, Monsieur le Maire, sur cet important dossier.
M. Alain LHOSTIS. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, l'importance de favoriser des modes de déplacements alternatifs à l'automobile marque durablement le débat parisien, et à ce sujet, on ne peut que constater un certain attentisme de la part de la majorité municipale.
Concernant le vélo, je dois dire l'attachement des élus communistes au développement durable de ce mode de transport et je me félicite que les multiples interventions des élus de gauche et des Parisiens eux-mêmes aient au moins permis que la majorité municipale commence à s'engager dans la mise en place des pistes cyclables.
Cependant, on ne peut que marquer l'extrême insuffisance des propositions qui sont soumises à la délibération du Conseil, Monsieur le Maire, propositions qui sont à mon sens moins le fruit d'un véritable projet politique que d'une copie bâclée par votre administration.
Ce plan 1998 en faveur des cyclistes ne permet pas de rattraper le retard de notre ville dans ce domaine car, par rapport à des villes de moindre importance comme Strasbourg, Paris apparaît comme la lanterne rouge du cyclisme.
Une remarque me vient à l'esprit : il n'y a pas de choix clair en faveur du partage de la voirie. Or, sans ce partage, le développement des pistes cyclables n'assure ni la sécurité aux cyclistes ni leur confort, ainsi que le jugeaient 76 % des Parisiens dans un sondage RTL-" Le Figaro ". En outre, sans ce partage de la voirie, signe d'une volonté politique claire de faire reculer la part de la voiture individuelle dans le déplacement, vos propositions n'assurent pas la protection des cyclistes contre les automobilistes, souvent peu enclins à céder un peu de leur espace routier.
Dans l'exposé des motifs du projet de délibération, je note que la majorité se prévaut de prendre en compte l'avis des élus, des associations et des différents partenaires concernés par les déplacements urbains parisiens.
Je suis étonné de cette déclaration, étonné car il ne me semble pas que la concertation avec les élus et les citoyens débouche réellement sur l'intégration de leurs points de vue dans votre plan.
Je voudrais prendre trois exemples.
Celui du 10e arrondissement. Les aménagements réalisés quai de Valmy et de Jemmapes posent problème. Situés le long des immeubles à droite, ils sont fréquemment sujets au stationnement de voitures et de véhicules de livraisons. La majorité d'arrondissement du 10e avait au contraire proposé l'aménagement de cette piste à gauche le long du canal ce qui offrait pour les cyclistes un meilleur confort et un parcours plus agréable. Cette proposition n'a pas été prise en compte ni même débattue. Pourtant, depuis, les cyclistes qui poursuivent leur périple dans le 11e traversent la chaussée pour l'emprunter à gauche, le long du canal, boulevard Richard Lenoir. Où est la logique et surtout la sécurité d'un tel schéma ?
Deuxièmement, l'exemple du 11e arrondissement - il vient d'être évoqué - où le Conseil a rejeté votre projet parce qu'à nouveau, et contrairement à vos intentions affichées, il n'a pas été associé à l'élaboration des projets.
Troisièmement, l'exemple du 9e auquel vous n'avez pas jugé utile de soumettre les projets d'aménagement.
Monsieur le Maire, il est dommage que vous procédiez de cette façon. Vous vous privez des apports, en relation avec le terrain, qui permettraient d'obtenir un consensus sur vos projets. Au fond vous n'avez pas fait le choix pour Paris de faire reculer la part de la voiture. Votre conversion tardive aux pistes cyclables est en demi-teinte. Je ne parle pas des transports en commun de surface pour lesquels les couloirs réservés ne le sont véritablement que lorsqu'ils sont à contresens comme sur la rue Lafayette ou sur les boulevards Saint-Michel et Saint-Germain.
Le débat de tout à l'heure en séance du conseil général au sujet des quartiers tranquilles montre au fond que le rêve pompidolien d'une ville vouée à la bagnole a encore de beaux restes dans les têtes de la majorité municipale.
Un véritable plan de déplacement urbain privilégiant les transports en commun, les déplacements à vélo, à pied, les quartiers tranquilles, vous vous en dites partisan. Mais vos avancées se font à doses tellement homéopathiques qu'elles se diluent dans le flot intarissable des véhicules automobiles.
(M. Michel ROUSSIN, adjoint, remplace M. Roger ROMANI, adjoint, au fauteuil de la présidence).
Vous avez bien compris que dans ces conditions le groupe communiste s'abstiendra sur votre plan tout en marquant son soutien au développement du cyclisme....C'est un plan qui implique beaucoup plus de concertation et de volonté politique que vous en faites preuve.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - Monsieur LHOSTIS, c'est moi qui vous remercie d'avoir respecté le temps de parole. Je suis très honoré de prendre la suite de Roger ROMANI ; j'adore le football, mais je préfère mes collègues du Conseil et le Conseil !
(Applaudissements sur les bancs de l'Assemblée).
Monsieur LAMBERT, vous avez la parole.
M. Claude LAMBERT. - Monsieur le Maire, chers collègues. En 1995 lors de son élection à la fonction de Maire, Jean TIBERI avait lancé un pari qui à l'époque semblait bien présomptueux. Dans une ville où la voiture est reine, le vélo devait avoir sa place comme moyen de déplacement à part entière. 150 kilomètres de pistes cyclables tracés d'ici à la fin de la mandature, tel était le projet, il y a trois ans.
Aujourd'hui, on peut le prévoir, le pari sera tenu. 106 kilomètres 600 de pistes déjà réalisés en deux ans, dont 6 kilomètres 600 achevés début juin pour assurer les dessertes du Stade de France à Saint-Denis par la place Stalingrad et par la porte de la Chapelle et 20 kilomètres supplémentaires pour la fin de l'année. C'est ce programme en faveur du vélo qui vous est proposé.
Ainsi le Maire a tenu parole et nous le remercions d'avoir compris, contre l'avis de certains experts, que le vélo devait avoir sa place dans la cité. Les gymkhanas entre les véhicules étaient la pire des choses. Il fallait trouver des solutions plus sécurisantes pour les cyclistes tout en sachant que la solution idéale n'existe pas. L'implantation de couloirs ne fait pas, certes, l'unanimité mais elle a le mérite d'exister.
Il n'y a pas eu à cette époque " d'effet d'annonce ", comme je l'ai entendu clamer dans les rangs de l'opposition. Jugeons sur des faits. La réalité est là, sous nos yeux. Ce programme se met en place progressivement, il faut lui laisser le temps de l'habitude.
Mais ce " Plan vélo ", pour atteindre la plénitude de son efficacité, devra être respecté par les 4 roues, qui stationnent encore trop dans les couloirs réservés aux vélos par exemple, en échange d'une meilleure discipline des deux roues, dont certains devraient aussi comprendre qu'emprunter des sens interdits, brûler des feux rouges, rouler sur les trottoirs est contraire au Code de la route.
La cohabitation entre ces deux moyens de transport semble inévitable et les automobilistes doivent donc se mettre dans la tête que les cyclistes ont le droit de rouler dans les artères de la Capitale, eux aussi. Ils participent par leur présence écologique à un environnement amélioré comme le souhaite le Maire, qui dès 1995, demandait en matière d'écologie la création d'une vignette spéciale pour les véhicules non polluants. La pastille verte est enfin arrivée.
Charonne, Ménilmontant, Belleville, le quai du 15e arrondissement, la rocade extérieure, porte de Bagnolet, les pistes du canal de l'Ourcq, soit 20 kilomètres de pistes ajoutées aux 6 kilomètres 600 vers le Stade de France, offriront 26 kilomètres 600 de nouveaux tracés fin 1998 pour une évaluation supérieure à 25 millions de France.
Voilà un programme réaliste, pensé, réfléchi et c'est la raison pour laquelle le groupe " Rassemblement pour Paris " le votera.
L'effort de la Mairie de Paris en faveur du vélo est donc important et il n'est pas de circonstance. Rappelons-nous cette belle journée du piéton et du vélo où 15.000 cyclistes avaient circulé dans Paris et 1.500 vélos avaient été loués en mars dernier. Pour le vélo-loisir, les voies sur berges sont ouvertes tous les dimanches durant six mois de l'année. Personne ne peut contester cet effort important, même s'il n'est pas toujours facile de tracer dans une ville livrée aux voitures, cars et bus, des circuits pour les deux roues.
Ce long travail s'effectue sous la présidence efficace de notre ami Bernard PLASAIT, adjoint chargé de la circulation du stationnement des transports et de la voirie, qui anime avec les partenaires, la Commission extra-municipale du vélo à Paris. Ces décisions ne sont pas sorties toutes faites d'un ordinateur, elles sont le fruit de longues discussions, parfois passionnées avec les associations des cyclistes, la Préfecture, la R.A.T.P., la S.N.C.F., les représentants de la Région et de la Municipalité.
Fin 1998, nous compterons dans Paris 126 kilomètres 600 pour le réseau vélo : le pari des 150 kilomètres de voies cyclables est en passe d'être gagné, grâce à la volonté du Maire, Jean TIBERI, de tous ceux et celles qui au-delà des clivages politiques pensent avant tout à l'intérêt des Parisiens et des Parisiennes.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - Je vous remercie.
M. Jean-François LEGARET, adjoint. - Je demande une suspension de séance.
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - La suspension de séance est refusée.
M. Jean-François LEGARET, adjoint. - Elle est de droit.
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - Madame TAFFIN, vous avez la parole.
Mme Benoîte TAFFIN, maire du 2e arrondissement. - Les élus du groupe des Indépendants approuvent l'objectif visant à développer l'usage du vélo à Paris, car il s'agit d'un mode de déplacement à part entière. il doit être encouragé.
Mais d'autre part, comme nous l'avons déjà indiqué à plusieurs reprises, nous considérons que le morcellement de l'espace public, son saucissonnage avec à la clef l'implantation de toutes sortes d'obstacles physiques, aggrave la situation générale et n'est pas toujours favorable aux cyclistes.
En effet, une piste cyclable protégée n'est utilisable qu'à la condition qu'aucun autre véhicule n'y stationne intempestivement et même dans le meilleur des cas tout dépassement y est impossible.
Sans doute, dans certains cas, des pistes cyclables sont tout à fait envisageables et leur aménagement est bienvenu :
1°) quand les trottoirs sont suffisamment larges - et nous sommes là en contradiction totale avec un certain nombre des intervenants précédents car, alors, une partie peut être réservée aux cyclistes et une autre partie peut être réservée aux piétons - c'est une solution idéale ;
2°) quand la chaussée peut supporter un rétrécissement. C'est d'ailleurs le cas des quatre tronçons qui nous sont proposés aujourd'hui et c'est le cas également quand il s'agit d'aménager des nouveaux quartiers ou dans le cadre d'opérations de rénovation importantes.
En dehors de ces cas-là, c'est de l'amélioration des conditions de circulation générale que les cyclistes, comme les autres usagers, tireront les plus grands bénéfices et, pour cela, il y a deux moyens fort simples :
1°) réduire le stationnement. Dans les rues où la chaussée est à trois voies, ne conserver qu'une file de stationnement au lieu de deux, ou le supprimer totalement quand il s'agit de rues à deux voies, et en particulier c'est le cas dans le centre de Paris ;
2°) recalibrer la chaussée de telle façon que, le plus souvent possible, un cycliste puisse circuler parallèlement aux autres véhicules. Or, dans les rues où il n'y a de fait qu'une seule file de circulation, ce qui est très souvent le cas dans les voies de desserte, un cycliste sera amené à bloquer tous les autres véhicules et à bloquer purement et simplement la circulation.
Le calibrage, terme des spécialistes, à deux voies et demie plutôt qu'à trois, ou à une voie et demie plutôt qu'à deux - et dans ce cas-là il faut supprimer le stationnement - constituerait pour les cyclistes un progrès considérable sans qu'il soit besoin de hérisser l'espace public d'obstacles aussi incongrus que dangereux.
Merci.
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - Je vous remercie, Madame.
La parole est à M. REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Monsieur le Maire, le développement des pistes cyclables dans Paris, n'est pas sans soulever quelques problèmes tant sur le plan technique que dans le domaine de l'utilisation de celles-ci.
Tout d'abord, le plan d'aménagement de ces nouvelles pistes semble complexe.
Ainsi, sur certaines portions, le cycliste roulera en site propre. Sur d'autres il devra cohabiter avec des autobus. Enfin, sur plusieurs itinéraires, il devra côtoyer les piétons et parfois même circuler au milieu d'eux ce qui n'ira pas sans poser de gros problèmes de sécurité.
Il faut ajouter à cela, l'incivisme de plus en plus grandissant des utilisateurs de vélos qui oublient facilement les règles du Code de la route : franchissement des feux rouges, circulation sur les trottoirs ou à contresens de la circulation avec pour conséquence une nette augmentation des accidents.
Comptez-vous lancer une campagne de sensibilisation à destination des utilisateurs de deux roues avec notamment la pose de panneaux indicateurs à l'entrée des pistes cyclables les incitant au respect du Code de la route ?
Devant le développement de ce mode de déplacement c'est maintenant qu'il faut réagir pour le bien et la sécurité de tous.
Enfin, pouvez-vous nous communiquer des estimations quant au nombre d'utilisateurs des pistes cyclables en semaine ?
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - Monsieur TRÉMÈGE, vous avez la parole.
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, au lieu et place de M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Madame SCHNEITER, vous rendez hommage aux efforts réalisés et, dans le même temps, je vous comprends, vous mettez l'accent sur un certain nombre de points qui ne donnent pas aujourd'hui satisfaction. Comment vous en blâmer ? C'est un sujet sur lequel nous travaillons depuis trois ans d'arrache-pied et, effectivement, de nombreux domaines restent encore tout à fait incomplets, je vous en donne acte.
Je donne également acte à l'ensemble des services qui montrent sur ce dossier une volonté tout à fait claire que les uns et les autres veulent bien reconnaître.
Vous subordonnez votre vote au vote favorable que nous pourrions émettre sur votre voeu. Je voulais indiquer, Madame SCHNEITER, que sur l'ensemble des aménagements dont on parle aujourd'hui, il est clair que la Mairie, le service de Bernard PLASAIT, fixe un principe - et je réponds par là même également à M. BRET, comme je l'ai fait lors de la Commission - qui est de créer sur les itinéraires que l'on a déterminés une piste cyclable en site propre. Maintenant, quant aux améliorations, conditions particulières à droite ou à gauche, à tel endroit plutôt qu'à tel autre, je considère - et Bernard PLASAIT là-dessus est tout à fait d'accord avec moi - qu'elles sont de la compétence de la concertation locale entre les élus, la voirie et les différentes associations. Donc, que les choses soient très claires.
Par conséquent, ce que je veux vous dire là, c'est que je suis favorable à l'ensemble de votre voeu, à la réserve du préalable, que vous indiquez comme absolu, qu'il ne saurait y avoir de piste cyclable sur les trottoirs.
Madame SCHNEITER, à la réserve que vous enleviez ce corps de phrase - parce que je partage avec vous le principe général qui est que le piéton ne saurait souffrir d'un rééquilibrage en sa défaveur (le malheureux a déjà été par le passé tellement brimé), mais ceci dit, admettre comme un principe intangible qu'il ne saurait y avoir à une quelconque occasion l'emploi d'un très large trottoir, ce n'est pas quelque chose que l'on peut accepter - à la réserve que vous enleviez ce corps de phrase, ce que je souhaite (et vous aurez tout à l'heure l'occasion d'indiquer si vous sous-amendez), le Conseil pourrait voter votre voeu.
Madame MOREAU, je n'ai pas bien saisi votre intervention dans la mesure où vous dites que nous avons retiré le projet du 11e arrondissement.
Nous ne l'avons pas retiré, la meilleure preuve en est que vous l'avez vous-même commenté, et je trouve - si je peux m'autoriser à le dire d'une façon un peu directe - que les reproches que vous lui faites sont assez infondés dans la mesure où nous avons " collé " parfaitement à la demande exprimée par le Maire du 11e arrondissement.
Vous indiquiez tout à l'heure que vous souhaiteriez que soit étudiée l'idée que cette piste cyclable ne soit pas installée le long des commerces mais soit mise de l'autre côté. Le principe que j'indiquais, Madame, est le même dans ce cas-là : je laisse à la concertation locale le soin d'indiquer quel est son choix, sachant que par ailleurs le projet que l'on vote aujourd'hui est celui de voir une piste cyclable en site propre. Maintenant, qu'elle se situe à droite ou à gauche, encore une fois, je dirai presque peu importe. Puisque vous avez souhaité la concertation, c'est un sujet sur lequel je m'engage de façon résolue et c'est ce que s'efforce de faire à longueur d'année mon collègue Bernard PLASAIT, avec quelque réussite, semble-t-il.
M. BRET n'est pas là. J'indiquerai simplement que je le remercie que, dans la première partie de son propos, il indique la complexité d'avoir aujourd'hui, étant partis de zéro, monté un dossier de piste cyclable de pratiquement 150 kilomètres en deux ans. Ce n'est pas rien, cela me semble être quelque chose de frappant.
Il indique qu'il y a des insuffisances techniques sur les carrefours. Oui, bien sûr, il a raison, et si M. BRET veut bien participer à la Commission extra-municipale du vélo et s'il a quelques recettes à nous faire connaître, je serai tout à fait prêt à les recevoir (mais je lui ferai la même réponse que Mme SCHNEITER : pas sur les trottoirs).
Concernant les parkings pour deux-roues, bien sûr, il a raison et c'est un effort sur lequel la voirie va travailler. Il est clair effectivement que les parkings pour deux-roues sont très largement occupés par les deux-roues motocyclistes. Cela pose un problème évident, je le reconnais bien volontiers.
Monsieur LHOSTIS, vous dites : attentisme. A quel moment le verre est à moitié vide ou à moitié plein ?... Vous prenez le parti, clairement, de dire qu'il est toujours à moitié vide. Ce n'est pas ma vue des choses. Vous souhaitez qu'il y ait une avancée significative. Je crois que le projet dont on débat aujourd'hui en est la preuve.
Vous dites " toute la priorité à la bagnole ", en utilisant ce terme. Très honnêtement, je n'ai pas le sentiment depuis trois ans de cette mandature que ce soit un fait avéré que la voiture reste prioritaire dans la ville, par l'intermédiaire des quartiers tranquilles, par les reconquêtes en faveur des piétons, par le partage aujourd'hui pour les deux-roues non motorisées ; autant de signes qui vous donnent tort, Monsieur LHOSTIS.
Monsieur LAMBERT, vous prenez le parti du verre à moitié plein. Je vous rejoindrai sur ce point. Vous avez raison de vous féliciter de l'ensemble des mesures qui sont prises. Vous reconnaissez l'effort de la Municipalité, effort que vous resituez dans le contexte général de la problématique et de la pollution de la circulation. Je voulais vous en rendre hommage.
Je terminerai, si vous le voulez bien, par Mme TAFFIN. C'est l'une des interventions les plus remarquables que j'ai pu entendre dans cette journée. Effectivement, c'est le bon sens qui parle, à chaque fois qu'il est possible, il faut faire les pistes sur la chaussée. S'il y a de grands trottoirs et que cela ne pose pas de problème, on peut les faire sur le trottoir.
Elle a dit par ailleurs que des choix politiques doivent être faits en faveur d'un stationnement moindre, conditionnant par là même la présence du véhicule dans la Capitale. Evidemment, elle a raison.
Pour toutes ces déclarations de bon sens qui remettent quelque part les choses à leur niveau, eh bien je voulais la remercier.
Je ne voudrais pas oublier Jean-Louis MORLÉ qui, dans son propos tout à l'heure, lors de la discussion sur les bus, a bien voulu pour nous faire gagner un peu de temps aborder le problème des vélos. Il a bien voulu souligner que cette problématique était courageuse pour la Municipalité, qu'elle ne cherchait pas à l'esquiver, qu'elle en assumait pleinement les responsabilités.
C'est par ce mot de " responsabilités ", Monsieur le Maire, que je voudrais terminer, non sans remercier, puisque cette journée a été lourde pour les projets d'autobus, de quartiers tranquilles et de vélos, les services de la voirie qui, dans l'ensemble de ces domaines, ont fait un énorme travail. Je voudrais aussi féliciter, il n'est pas là et c'est pour moi plus facile, mon collègue Bernard PLASAIT qui initie ces dossiers avec une volonté tout à fait évidente de les faire aboutir et associer à ces remerciements Laurence DOUVIN, dont chacun ici connaît le dévouement pour l'ensemble de ces questions intéressant le domaine public.
Monsieur le Maire, merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - J'attendais, Monsieur TRÉMÈGE, la fin des applaudissements pour vous remercier et vous féliciter de la façon dont vous avez rapporté en lieu et place de votre collègue PLASAIT ce délicat problème qui concerne le vélo.
Je m'adresserai maintenant à Mme SCHNEITER pour lui demander si elle a retenu la proposition de M. TRÉMÈGE et quelle est sa réponse à cette question ?
Mme Laure SCHNEITER. - Je suis tout à fait d'accord avec M. TRÉMÈGE et lorsque je dis que des pistes cyclables ne doivent pas être aménagées sur les trottoirs, ce n'est bien évidemment pas du tout quelque chose d'intangible.
Nous pensons avec les associations de cyclistes que cela doit être l'exception car, contrairement à ce que disent Mme TAFFIN et M. TRÉMÈGE, les piétons ont droit de cité dans la rue, je ne vois pas pourquoi les trottoirs ne seraient pas aménagés pour qu'ils puissent marcher, s'asseoir, se reposer, ou que l'on voie enfin des enfants rejouer sur les trottoirs.
Bien sûr, dans certains cas exceptionnels, des trottoirs peuvent être aménagés en pistes cyclables.
Ce que disaient les associations, Monsieur TRÉMÈGE, c'est que les sites retenus sur les trottoirs, cette année ne leur semblaient pas bons ; je parle du programme 1998.
Si vous en êtes d'accord ,je modifierais cette phrase et au lieu de dire : " ... de façon générale des pistes cyclables ne soient pas aménagées sur les trottoirs ", dire : " .... des pistes cyclables ne soient pas aménagées sur les trottoirs des boulevards et des rues de Paris, retenus pour le programme 1998 ".
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, au lieu et place de M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, il est difficile d'accepter le voeu en l'état. Est-ce que Mme SCHNEITER accepterait : " ... sauf conditions exceptionnelles, les pistes cyclables ne soient pas aménagées sur les trottoirs " ? Est-ce que cette formulation pourrait être retenue par Mme SCHNEITER ?
Mme Laure SCHNEITER. - Je veux bien modifier la phrase mais ce que nous souhaitons indiquer quand même, c'est que les sites retenus cette année pour le programme 1998 sur les trottoirs ne conviennent pas à des pistes cyclables ?
De toute façon, est-ce que vous seriez d'accord sur la signification de cette phrase, même si je tourne ma phrase différemment ?
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, au lieu et place de M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Encore une fois, je suis d'accord sur le principe mais je ne veux pas anticiper conformément à ce que j'ai dit à M. BRET. Je l'avais indiqué en Commission, l'ensemble de ces aménagements sont conditionnés par les concertations globales. Je ne veux pas, alors même que j'indique cette volonté de concertation, me substituer à elle et indiquer comme un préalable absolu ces concertations.
" Sauf conditions particulières, les pistes cyclables ne doivent pas être aménagées sur les trottoirs... " êtes-vous d'accord avec cette rédaction ? Si oui, je demanderai un vote positif de la majorité.
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - On en est au dixième échange sur ce même sujet, Madame SCHNEITER, donc c'est la dernière fois.
Mme Laure SCHNEITER. - Je suis d'accord.
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de voeu déposée par Mme SCHNEITER concernant le programme 98 en faveur des vélos, modifiée par M. TRÉMÈGE.
Je vous relis la phrase : " ... sauf conditions particulières, les pistes cyclables ne doivent pas être aménagées sur les trottoirs ".
Nous sommes bien d'accord ?
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de voeu est adoptée à la majorité, le groupe des Indépendants et M. REVEAU ayant voté contre, Mmes SCHERER et SILHOUETTE s'étant abstenues.
Pour le " plan Vélo ", Monsieur TRÉMÈGE ?
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, au lieu et place de M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Je propose au Conseil de donner un avis positif, Monsieur le Maire.
M. Michel ROUSSIN, adjoint, président. - Parfait.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 71.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe communiste, Mme SCHNEITER et M. REVEAU s'étant abstenus, le groupe du Mouvement des citoyens n'ayant pas pris part au vote et le groupe des Indépendants ayant voté contre. (1998, DVD 71).