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Octobre 2003
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Conseil Général
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8 - 2003, DDEE 38 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une convention avec l'Association pour le droit à l'initiative économique (9e) visant le renouvellement de l'organisation d'une campagne de sensibilisation à la création d'entreprise

Débat/ Conseil général/ Octobre 2003


M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons au projet de délibération DDEE 38 G. Il s'agit de soutenir l'Association pour le droit à l'initiative économique dite "ADIE", pour renouveler une campagne de sensibilisation à la création d'entreprise. Cette opération "Moi aussi je crée ma boîte", qui se fait dans le métro avait, l'an dernier, à la station de métro Auber, avec le soutien de la Ville et de bien d'autres, connu un grand succès.
La parole est à M. LE ROUX.
M. Christian LE ROUX. - Monsieur le Président, vous venez de répondre à ma précédente question en disant que vous souteniez les activités associatives de notre arrondissement dans ce domaine du développement économique et je profite de cette délibération pour, une nouvelle fois, vous faire part de mon interrogation concernant l'attribution des subventions aux associations dans le 7e arrondissement.
Ainsi, cette association de grande qualité que vous connaissez le groupe "Recherche Emploi" du Mouvement chrétien des cadres et dirigeants dont l'activité est semblable à l'association objet de cette délibération, attend, depuis 2001, une réponse concrète à sa demande de subvention régulièrement déposée auprès de nos services. C'est une demande qui est d'ailleurs directement relayée auprès de Mme de LA GONTRIE et de vous-même lorsque vous êtes venu en octobre 2001 et en octobre 2002 à la mairie du 7e pour présenter le budget de la Ville.
Malgré des paroles polies et sympathiques, aucune suite n'a été apportée à ce jour et nous sommes fin 2003.Vous comprendrez nos légitimes interrogations sur l'attribution des subventions, au moment où nous sommes confrontés à des difficultés croissantes pour l'emploi dans notre Capitale. Le rôle d'associations comme celle-ci est important et doit être soutenu.
Pourquoi cette attente, alors que les demandes d'emploi ont plus que jamais besoin de structures associatives de soutien. Votre adjoint se félicitait ce matin du succès de l'opération "Paris pour l'Emploi" en appelant à des actes concrets. Là, vous en avez un à réaliser, alors merci, faites-le !
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LE ROUX.
La parole est à Mme CATALA.
Mme Nicole CATALA. - Monsieur le Président, je crois que tout le monde ou presque connaît l'Association pour le droit à l'initiative économique, dont la Présidente a fait partie du cabinet de M. FABIUS et je comprends tout à fait que le Département soutienne ce projet de sensibilisation à la création d'entreprise à la station de métro "Auber" qui nous est présenté.
Néanmoins, il y a un certain nombre d'observations que je voudrais faire sur la question plus large de l'emploi.
Paris continue et a continué depuis 2001, à perdre beaucoup d'emplois. Nous sommes actuellement à un nombre de demandeurs d'emploi qui est de 126.000 par rapport à une population parisienne qui dépasse à peine les 2 millions d'habitants. Ce n'est pas négligeable.
Le nombre de cadres demandeurs d'emploi a augmenté de 21,5 % en un an. Le nombre de chômeurs de longue durée de 23 % en un an. Ce sont des chiffres désastreux, Monsieur le Président, désastreux, qui mettent Paris très au-dessus si je puis dire, très au-delà, très en avant, de tous les départements de la Région d'Ile-de-France avec un taux de chômage de 11 % au lieu de 9,3 % dans l'ensemble de l'Ile-de-France.
Alors la question que je pose est celle-ci : vous poussez à créer des entreprises, oui c'est une solution séduisante et j'ai dit tout à l'heure que je l'approuvais, mais est-ce une réponse à la mesure de l'enjeu ? Je pense qu'il y a le feu dans la maison et que si vous n'engagez pas une politique globale en faveur de l'emploi, le chômage continuera d'augmenter à Paris plus vite qu'ailleurs. Quels sont les problèmes, en gros, auxquels vont se heurter les personnes qui se lanceraient dans la création d'entreprise ? Le manque de locaux disponibles à des prix accessibles : les loyers commerciaux sont excessivement élevés à Paris et vous n'avez pas su dégager des pieds d'immeuble comme on l'a entendu annoncer bien des fois. Le coût de l'heure de travail est beaucoup plus élevé à Paris qu'ailleurs, parce que les déplacements deviennent de plus en plus longs. Les difficultés de transport sont de plus en plus aiguës, nous le savons tous les uns et les autres, quel que soit le mode de transport emprunté. Et ceci, pour les artisans notamment, est globalement dissuasif.
Alors, Monsieur le Président, je veux bien que l'on aide l'ADIE, mais c'est une politique globale pour l'emploi qu'il faut concevoir et mettre en ?uvre. De ce point de vue, je constate que cela n'a pas été fait, même si tardivement vous venez de reprendre l'idée, que nous mettions en ?uvre régulièrement, des "Rencontres emplois", que vous avez rebaptisées "Forum de l'emploi" avant d'en organiser un l'un de ces jours derniers.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
M. Christian SAUTTER, président, au nom de la 2e Commission. - Merci, Madame CATALA.
Je vais répondre d'abord à M. LE ROUX pour dire que j'ai croisé tout récemment, il y a quelques jours, le responsable de cette association qui avait l'air de bonne humeur. Donc, si vous dites qu'il y a encore une difficulté pour lui verser une subvention, à condition que cette association s'engage, comme c'est le cas de toutes les associations qui sont soutenues, sur des objectifs précis en termes d'aide au retour à l'emploi, je vais regarder à nouveau ce sujet.
Madame CATALA, vous engagez un débat qui va nous réunir demain matin sur la politique de développement économique et de l'emploi qui a été menée depuis 2001. Je pense que nous aurons l'occasion d'en parler davantage demain matin, mais ce que je voudrais dire, c'est que s'il y a le feu dans la maison, cela fait longtemps que ce feu existe, puisque la perte d'emploi a été continue à Paris depuis 1977, depuis que l'on fait des enquêtes emploi. Le seul moment où Paris a vu son emploi croître et le chômage diminuer, cela a été la période 1997-2000, parce qu'à cette époque-là, l'économie nationale était dans une situation de croissance relativement rapide qui, en quelque sorte, tirait l'emploi parisien et qui, par ailleurs, bénéficiait de l'engouement parfois un peu exagéré pour les nouvelles technologies de l'information.
Donc, c'est un vieux problème sur lequel nous avons décidé de faire ce qui est en notre pouvoir, sachant que la politique de l'emploi, et vous le savez très bien, Madame, dépend au premier chef du Gouvernement et de la politique économique et sociale qui est menée. Je crois que ce n'est pas le moment cet après-midi de faire la liste de toutes les mesures qui ont été prises contre l'emploi par le Gouvernement depuis 2002, mais on pourra faire cela demain matin sans difficulté.
Nous faisons ce qui est en notre pouvoir. Qu'est-ce qui est en notre pouvoir ? Premièrement, et M. LE ROUX est intervenu avec pertinence au moins antérieurement, nous avons mis en place et avons renforcé un service de proximité, de façon à aider aussi bien les créateurs d'entreprise que les chômeurs à avoir un accompagnement personnalisé et c'est un peu ce dont on parle ici.
C'est une première chose.
Deuxièmement, on a donné des moyens supplémentaires, vous l'avez reconnu tout à l'heure, à des outils comme "Paris initiatives entreprises". Je pourrais parler aussi de "Paris-Développement" qui développe des emplois dans les hautes technologies. Dans le domaine des locaux, sur lequel vous m'interrogez, premièrement nous avons passé des accords avec les bailleurs sociaux, pour que les bas d'immeuble soient mieux mobilisés, aussi bien pour des activités d'entreprise que pour des activités associatives. Je crois qu'il y a des progrès sérieux en la matière et nous allons, Madame CATALA, d'ici la fin de l'année, examiner la création d'une société d'économie mixte de développement commercial que Lyne COHEN-SOLAL et Mireille FLAM poussent avec ardeur et qui va permettre de trouver des locaux pour des commerçants qui souhaitent s'installer.
Je pense que votre critique est à la fois trop conjoncturelle et mal fondée. Mais, si vous le permettez, nous aurons l'occasion d'en reparler bien davantage demain matin.
C'était un débat de qualité.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEE 38 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DDEE 38 G).