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Octobre 1997
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12- II - Question d'actualité du groupe communiste à M. le Maire de Paris sur la pauvreté à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1997



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons maintenant à la question d'actualité du groupe communiste à M. le Maire de Paris sur la pauvreté à Paris.
La parole est à M. TUROMAN.
M. Michel TUROMAN. - Monsieur le Maire, la proportion des ménages pauvres vivant à Paris et en banlieue parisienne a plus que doublé entre 1989 et 1994 passant de 5,1 % à 10,2 %, vient de révéler l'Institut national de la statistique et des études économiques, dans son rapport sur les revenus et les patrimoines des ménages, publié fin septembre 1997.
Si le taux de ménages pauvres est plus important dans certaines banlieues, le taux de pauvreté à Paris est d'autant plus élevé compte tenu du prix à payer pour se loger et se nourrir dans la Capitale. Il atteint 12,8 % contre 6,6 % en 1989.
Les inégalités se sont encore creusées au cours des trois dernières années. Le nombre de ceux qui, aujourd'hui, sur la voie publique ou dans les couloirs du métro en sont réduits à mendier s'accroît. La sensibilité des Parisiens à l'égard des gens qui vivent dans la rue et à leur souffrance est à fleur de peau.
Ces dernières années, de mesures ont fini par être prises. Nous les avons soutenues et nous les soutiendrons, mais elles ont des limites et des défauts, moins par le nombre de places semble-t-il que par la réaction de fierté humaine de nombre de personnes concernées. Il veulent que leur dignité soit respectée ; ils ne veulent pas être traités comme des gens qu'on entasse à l'abri du gel. C'est pour cela, d'ailleurs, que certains d'entre eux refusent d'aller s'abriter dans les centres ouverts à cet effet. D'où des mesures à prendre pour humaniser les centres.
Les conditions d'accueil dans certains de ces centres sont inadaptées. La concentration d'un grand nombre de personnes dont certaines ont perdu tout repère social conduit à l'expression d'une agressivité voire d'une violence que fuient les sans-abri. Les conditions d'hébergement qui supposent en tout état de cause de quitter les lieux au petit matin pour retrouver le froid de la rue durant la journée sont trop souvent synonymes d'humiliation. Quant à ceux qui acceptent d'aller y passer une ou plusieurs nuits, il faut qu'ils soient immédiatement inscrits au fichier des demandeurs, avec obligation de relogement au terme d'un délai raisonnable.
L'an dernier, plusieurs personnes sont mortes dans la rue des effets de la misère accrue par les conditions climatiques. Aussi, Monsieur le Maire, au nom des élus communistes, je vous demande quelles mesures ont été prises par la Ville pour éviter que de tels drames ne se renouvellent ou n'aient lieu à l'approche de l'hiver et pendant la saison d'hiver.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame HERMANGE, vous avez la parole.
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint. - Comme le disait tout à l'heure Mme CATALA, je m'étonne qu'une telle question soit posée au Maire de Paris par des élus parisiens. Selon la loi P.M.L., l'aide aux plus démunis relève de la compétence exclusive de l'Etat, c'est-à-dire du Préfet et en l'occurrence du Ministre chargé des affaires sociales.
Deuxièmement, je rappellerai que les élus parisiens ne doivent avoir aucun complexe en la matière. Pourquoi ? Parce que, en fait, nous avons 60 % de la capacité d'accueil régionale en C.H.R.S. alors que nous ne comptabilisons que 20 % de la population d'Ile-de-France.
Ceci étant, chacun a droit à sa dignité. Mme STIEVENARD rappelait tout à l'heure que le Président du groupe socialiste était allé à la Journée de la Misère l'année dernière. Le Maire de Paris, lorsqu'il le peut, y va aussi, comme il est allé d'ailleurs samedi à Boulogne à la Journée de la Dignité.
C'est vrai que chacun a droit à la dignité. C'est dans cet esprit que, depuis une dizaine d'années, nous avons complètement réformé la politique des C.H.R.S. puisque, désormais, on n'y entre pas dans les conditions que vous avez indiquées tout à l'heure. On n'a pas besoin d'être inscrit dans un registre. Si vous allez à la Poterne des Peupliers ou au S.A.M.U. social - S.A.M.U. social pour lequel nous avons dépensé rien qu'en investissement 36 millions de francs et pour lequel le Département de Paris et le Centre d'action sociale versent chaque année une subvention conséquente - vous verrez qu'un certain nombre de personnes sont logées soit en chambre individuelle, soit à deux ou trois personnes dans ce type d'établissement.
J'ajoute qu'on nous a beaucoup reproché Nicolas-Flamel. C'est vrai que Nicolas-Flamel, quelque part, était un scandale. Nous avons donc détruit Nicolas-Flamel pour reconstruire la Poterne des Peupliers. Par ailleurs, nous avons reconstruit Nicolas-Flamel de façon à donner une insertion professionnelle à chaque personne qui est accueillie à l'intérieur de ces établissements.
Je souhaiterais, Monsieur le Maire, comme vous l'avez demandé depuis longtemps au Préfet de Région, qu'un schéma régional d'accueil pour les plus démunis soit établi sur la Région Ile-de-France car il n'est pas juste que ce soit Paris qui accueille toujours les plus démunis.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").