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Avril 2002
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67 - QOC 2002-315 Question de Mme Geneviève BERTRAND et des membres du groupe Union pour la Démocratie Française à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police concernant l'éventuelle autorisation donnée aux cyclistes d'emprunter les voies à contresens

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à la question de Mme Geneviève BERTRAND et des membres du groupe Union pour la Démocratie Française à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative à l'éventuelle autorisation donnée aux cyclistes d'emprunter les voies à contresens.
Je donne la parole à Mme BERTRAND.
Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Monsieur le Maire.
Ma question s'adresse à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police.
Un journal parisien vient de révéler que les cyclistes seraient autorisés désormais à emprunter les voies à contresens pour réduire leurs itinéraires.
Le groupe U.D.F. souhaite connaître l'avis de l'Exécutif parisien puisque l'article 36 de la loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité consacre en effet le pouvoir de police du Maire de Paris en matière de circulation.
Le groupeU.D.F. souhaiterait s'assurer par ailleurs que la sécurité des cyclistes n'a pas été négligée au profit de la réduction des temps de déplacement.
Mais tout de même, une telle suggestion laisse sans voix et j'ai quatre questions à poser :
- Comment garantir le respect des aménagements cyclables et le croisement des bicyclettes ?
- Comment prévenir les automobilistes qu'ils pénètrent dans une aire cyclable à contresens ?
- Combien d'agents de surveillance de Paris devront être mobilisés pour éviter les collisions ?
- Et enfin, quelle notion du droit (en l'occurrence du Code de la route) l'Exécutif parisien entend-il promouvoir ? Jusqu'où l'intérêt particulier ira-t-il supplanter l'intérêt général ?
Merci, Monsieur le Maire.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.
M. Denis BAUPIN, adjoint. - Je vous remercie de votre question.
D'abord, vous faites allusion à un article de presse qui révélait, entre guillemets, une "prise de position" du Préfet de police. Il ne s'agissait pas d'une position prise par la Ville en l'occurrence et, d'ailleurs je n'ai pas d'éléments très précis sur ce qui se serait dit dans cette rencontre entre le Préfet de police et les associations de cyclistes.
Je ne reviens pas sur vos propos sur l'intérêt particulier par rapport à l'intérêt collectif. En l'occurrence il s'agit bien d'essayer de faire prévaloir l'intérêt collectif de l'ensemble des cyclistes. Nous pensons qu'il n'y a pas moins de raisons de chercher des solutions pour que leurs déplacements soient les plus rapides et les plus simples possibles que pour ceux des automobilistes. Et il y a d'autant moins de raisons à cela que les uns ont un moteur et que les autres ne se déplacent qu'à la force de leurs muscles ! En conséquence, si l'on doit simplifier les trajets, ce sont bien ceux des cyclistes plus que ceux des automobilistes qu'il faut prendre en compte. C'est pourquoi la Ville n'est pas opposée au fait d'imaginer la mise en place de contresens cyclables dans un certain nombre de rues, là où il y a des sens uniques qui rendent plus compliqués les trajets des cyclistes.
Pour autant, en effet, vous avez raison, il faut que cela se fasse en toute sécurité. Le Code de la route prévoit qu'il doit y avoir une signalisation verticale, mais il nous semble - en tout cas à Paris, où la pratique des contresens cyclables est loin d'être généralisée - nécessaire d'accompagner cette signalisation verticale d'aménagements séparant le reste de la circulation du cycliste. Pour autant, je signale que d'autres villes à l'étranger, où le vélo a une place beaucoup plus importante, consacrent aujourd'hui la possibilité pour les cyclistes de circuler à contresens et sans même de signalisation. Ce n'est pas encore la situation à Paris.
En tout état de cause, notre volonté est plutôt de généraliser ces contresens cyclables à l'intérieur des quartiers "verts", c'est-à-dire dans des zones où la circulation automobile, de toute façon, est largement ralentie puisqu'elle ne peut aller au-delà de 30 kilomètres/heure.
Voilà les éléments que je souhaitais vous apporter pour vous rassurer.