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Octobre 1997
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Conseil Municipal
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13- III - Question d'actualité de M. SARRE, au nom du groupe du Mouvement des Citoyens, à M. le Maire de Paris sur le départ de la Capitale des sportifs au haut niveau à la suite du désengagement de la Ville de Paris dans le soutien financier aux clubs.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1997



M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur SARRE, vous avez la parole.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, c'est timidement que je vais poser ma question parce que je ne voudrais pas me faire gronder publiquement !
(Remous sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Nous avions l'habitude des discours monologues juxtaposés, mais maintenant cela se transforme en échanges de vociférations... ! Je ne dis pas qui a ouvert le feu, mais je souhaiterais que les choses quand même se détendent et s'apaisent. On peut siéger, ne pas être d'accord, et garder une attitude sereine !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Voilà une très bonne observation que j'approuve totalement. Vous le direz à M. BRET qui a interrompu Mme CATALA !
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Ma question d'actualité porte sur le sport.
Les clubs d'athlétisme parisiens parmi les plus prestigieux comme le Racing Club de France ou le Stade Français, connaissent un " exode " préoccupant de leurs meilleurs athlètes, avec le départ de Marie-Josée PEREC, double championne olympique, celui de Caroline HAMEL, récente détentrice du record de France du saut à la perche, de Stéphane DIAGANA et de Francine LAMB pour les clubs de la banlieue. C'est, Monsieur le Maire, la politique sportive parisienne qui risque de se trouver atteinte.
La Ville possède, avec le stade Sébastien-Charléty qui est une magnifique réalisation, un équipement de prestige, aujourd'hui sous utilisé et peut-être demain déserté par ses meilleurs athlètes.
Cette situation pose naturellement la question de la politique de subvention des clubs sportifs parisiens.
Comment expliquer que le Racing Club de France, le Stade Français, le P.U.C., largement subventionnés par la Ville de Paris, soient dans l'impossibilité de garder les meilleurs athlètes ?
Monsieur le Maire, c'est une question que je pose de façon presque récurrente, mais cette situation préfigure-t-elle le prochain départ du Paris-Saint-Germain pour Saint-Denis ? Je sais quelle a été jusqu'à présent votre réponse...
M. LE MAIRE DE PARIS. - ... Elle ne variera jamais.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Je n'en suis pas sûr.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Sur quoi vous fondez-vous pour dire cela ?
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Je vais vous dire la chose suivante : je ne doute pas de la sincérité de votre propos, je ne doute pas que votre propos soit aujourd'hui dissuasif à l'égard des actuels dirigeants du Club Paris-Saint-Germain ; ils sont comme nous, ils ne sont pas éternels, et je me demande si, véritablement, face à la concurrence de Saint-Denis, le Parc-des-Princes n'est pas condamné de fait, non pas en 1997, Mundial oblige, 1999, déjà, j'en suis moins sûr, et dès que nous aurons passé le cap de l'an 2000, la question se posera. Et si le P.S.G. va à Saint-Denis, Monsieur le Maire de Paris, vous ne serez pas sans vous poser la question : dois-je supprimer les 40 millions de subvention au Paris-Saint-Germain car l'opinion publique... ? Qu'en penseront les Parisiens ?
La Municipalité parisienne a une responsabilité directe. Elle a proposé ce terrain au Gouvernement, elle l'a offert gratuitement, l'affaire était réglée. Or, M. BALLADUR, Premier Ministre, a dit : ce ne sera pas en Seine-et-Marne, ce sera à Saint-Denis.
Voilà des données objectives.
Donc, si vous êtes aujourd'hui dans une situation que je conçois difficile, il faut bien voir d'où cela vient, cela vient de chez vos bons amis.
Je vous demande, Monsieur le Maire, quelles dispositions la Ville entend prendre pour garder à Paris ses athlètes de haut niveau et assurer une meilleure occupation de ses équipements sportifs ?
Ne serait-il pas possible, une idée parmi d'autres, d'ouvrir le stade Sébastien-Charléty et d'autres équipements sportifs aux scolaires, aux équipes de jeunes, aux clubs qui, aujourd'hui, ne peuvent naturellement pas y évoluer ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - M. CANE va répondre sur l'ensemble de la question.
En ce qui concerne le Paris-Saint-Germain, j'ai pris une position claire et nette, je ne peux pas l'imposer à tout le monde, mais ma position et celle de la Municipalité est que nous ferons tout pour que le Paris-Saint-Germain reste à Paris et au Parc-des-Princes pour jouer.
C'est ma première observation et elle ne variera pas. D'autres peuvent varier, tel ou tel responsable, je n'en sais rien, j'espère que non, mais nous ne varierons pas car nous considérons que le Parc des Princes et le Paris-Saint-Germain ont une histoire commune et que ce stade, qui est à l'intérieur de Paris, à proximité du métro et des autobus, doit rester à la disposition du football parisien et du Paris-Saint-Germain.
Deuxième observation : j'ai pris une position au nom de la Municipalité, c'est que si par malheur, et je ferai tout pour l'empêcher, le club décidait, hypothèse d'école, de quitter Paris, il est bien évident qu'en ce qui me concerne et en ce qui concerne la Municipalité, il ne serait pas question de continuer le versement d'une subvention à un club qui quitterait Paris.
Voilà la position que j'ai prise, elle est claire et nette.
(Applaudissements sur les bancs du groupe " Rassemblement pour Paris ").
M. CANE a la parole.
M. Dominique CANE, adjoint. - Mes chers collègues, pour répondre à M. SARRE qui demandait un débat courtois et empreint d'une certaine sérénité, je dois lui dire que toutes les fois que nous avons eu des contacts concernant le sport, cela a toujours été constructif, cela s'est passé en bonne intelligence.
Je vais lui répondre concernant les athlètes de haut niveau et les clubs.
La presse a fait état de transferts d'athlètes récemment intervenus entre différents clubs ; sans doute les auteurs de la question évoquent-ils ces mutations. Si tel est le cas, je tiens à vous indiquer que celles-ci ne mettent pas en cause la politique sportive de la Ville et qu'il n'y a pas de désengagement financier de la Ville de Paris vis-à-vis des clubs parisiens.
L'aide de la Ville aux clubs concernés, qui sont tous des clubs omnisports, n'est pas une aide liée à l'adhésion de tel ou tel athlète de haut niveau. Cette aide, qui se manifeste par la mise à disposition d'installations sportives de qualité et par des subventions souvent importantes, est une aide globale.
Il appartient ensuite aux dirigeants de ces clubs de la répartir entre les sections et entre les activités formation-compétition, en fonction des priorités définies par le club omnisports.
Il convient d'ailleurs de souligner qu'en 1997, il n'y a eu aucune baisse par rapport à 1996 de subvention aux clubs considérés.
Il faut rappeler par ailleurs que la Ville de Paris a une politique exemplaire vis-à-vis des athlètes de haut niveau car elle a mis en place en partenariat avec l'Etat, un programme d'insertion professionnelle pour les sportifs de haut niveau licenciés dans les clubs parisiens et pratiquant une discipline olympique. Deux de ces conventions concernent l'athlétisme.
Voilà, Monsieur le Maire, ce que je voulais porter à la connaissance de nos collègues.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, mon cher collègue.