Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Avril 2002
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

166 - 2002, DVD 49 - DAUC 33 - Couvertures du boulevard périphérique dans le secteur de la Porte-des-Lilas (19e et 20e). - Bilan de la première phase de concertation et poursuite de la concertation. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer le marché de maîtrise d'oeuvre correspondant. - Autorisation à M. le Maire de Paris de solliciter les subventions de l'Etat et de la Région d'Ile-de-France

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2002


Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération DVD 49 - DAUC 33 relatif à la couverture du boulevard périphérique dans le secteur de la Porte-des-Lilas (19e et 20e). Bilan de la première phase de concertation et poursuite de la concertation. Autorisation à M. le Maire de Paris de signer le marché de maîtrise d'?uvre correspondant. Autorisation à M. le Maire de Paris de solliciter les subventions de l'Etat et de la Région d'Ile-de-France.
Je donne la parole à Mme GÉGOUT.
Mme Catherine GÉGOUT. - Nous parlons de la délibération concernant le secteur de la Porte-des-Lilas, mais on peut dire que sur l'ensemble de ces délibérations, la concertation qui se poursuit jusqu'au mois de juin 2002 répond à la volonté exprimée par la Ville de créer et renforcer les liens avec les communes et départements limitrophes. D'ailleurs, outre les participations d'élus et des collectivités voisines aux réunions publiques organisées dans les arrondissements, certaines communes ont elles-mêmes organisé des réunions d'information sur les projets de couverture.
Ces échanges ont permis de définir les nouveaux espaces créés par la couverture comme une réelle opportunité pour établir des liens et sentir les fortes attentes légitimes des habitants dans ce domaine, qu'il s'agisse des Parisiens ou de leurs voisins.
Bien sûr, Paris reste le seul maître d'ouvrage sur ces projets, mais ceux-ci ne sont-ils pas de par leur nature même, l'objet d'une préoccupation commune ?
Nous avons à créer des liens entre les territoires, à faciliter les traversées de ces portions de ville trop souvent oubliées, à repenser plus globalement les quartiers périphériques, en bref à redonner du sens au cadre de vie d'une population chaque jour confrontée à cette fracture urbaine et aux nuisances qu'elle provoque. Cela implique de penser globalement les territoires, de recomposer les schémas de circulation aux abords des couvertures, d'améliorer les transports en communs assurant la continuité entre les territoires, de prendre en compte les déficits d'équipement publics dans ces secteurs.
Permettez-moi simplement quelques remarques sur l'implication des habitants et de l'ensemble des acteurs locaux dans ce processus.
Regardons comment celle-ci s'organise autour de la Porte-des-Lilas où le projet de couverture est associé à la réalisation d'une Zone d'aménagement concerté, et où les espaces à aménager sont très vastes. Bien entendu, la concertation prévue par la loi se réalise. Le Comité de suivi intercommunal prévu en parallèle s'est mis en place. Néanmoins, nous sommes loin d'une situation où la population de ces quartiers et plus largement les acteurs locaux se sentiraient partie prenante d'un projet. On en reste à une concertation à laquelle un nombre très faible de personnes auront participé, et les expositions et réunions officielles ne permettent pas de dépasser ce stade.
D'ailleurs, une remarque en passant : nous avons voté ici même des extensions de cette couverture dans le 19e après la place du Maquis-du-Vercors, et dans le 20e entre la place du Maquis-du-Vercors et la cité des Fougères, qui actuellement ne sont pas financées. Là-dessus il y a un certain nombre d'ambiguïtés avec la population.
Ce projet de couverture est un événement qui va bouleverser l'aménagement urbain du secteur et aura des conséquences bien au-delà. Et pourtant cet événement n'est pas ressenti comme tel et reste pour beaucoup quelque chose d'opaque et d'inaccessible.
Il me semble que nous devrions changer d'échelle dans la concertation, lui donner le souffle démocratique qui lui manque, c'est-à-dire créer une véritable concertation avec un grand nombre : multiplier les rencontres thématiques, organiser un travail avec les écoles, les associations, organiser des concours de projets d'habitants, ouvrir un local qui soit un lieu permanent d'information, de dialogue, de confrontation.
Ce travail d'atelier urbain, de sensibilisation et de participation, nous ne pouvons pas le faire sans le concours de professionnels missionnés pour cela.
Dans d'autres arrondissements - et M. CASTAGNOU en a parlé tout à l'heure - un travail de ce type a été financé par notre collectivité et il nous semble qu'il est urgent d'en faire autant pour le secteur de la Porte-des-Lilas. D'autant que deux autres quartiers du 20e dans la continuité de celui-ci, sont également inscrits dans le grand projet de renouvellement urbain et que ces territoires doivent être traités en cohérence, en concertation étroite avec leurs habitants, ainsi qu'avec les communes voisines.
La cicatrisation de cette plaie urbaine ouverte depuis si longtemps, la construction de projets partagés retissant un lien social trop souvent dégradé, ne se feront vraiment que si les habitants s'approprient ce projet, en sont largement partie prenante.
Je vous remercie.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Merci, Madame GÉGOUT.
Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.
M. Jean VUILLERMOZ. - Je serai bef. Je considère qu'il faut clarifier le projet de la Porte des Lilas.
Il y a actuellement deux projets.
Le premier projet, financé dans le contrat de plan qui intègre en gros la place du Maquis-du-Vercors avec un aménagement de 100 mètres de part et d'autre auquel s'ajoute une couverture de 50 mètres de chaque côté de la Cité des Fougères.
Le deuxième projet, qui a fait l'objet d'un v?u au Conseil de Paris, prévoit l'extension de la couverture du côté du 19e et la couverture totale entre la place du Maquis-du-Vercors et la Cité des Fougères.
Nous savons que ce deuxième projet n'est pas prévu dans le contrat de plan. Mon souci est de savoir comment vont s'articuler ces deux projets en sachant que seul le premier est financé dans le contrat de plan, qu'il devrait être achevé en 2006 et que le second ne l'est pas.
Par ailleurs, il est prévu une Zone d'aménagement concerté sur la Porte des Lilas et pour l'instant il est évident qu'il y a trop peu de propositions d'aménagement la concernant.
Là aussi, je crois qu'il faut poursuivre la concertation de façon à ce que les riverains puissent avoir toutes les précisions nécessaires.
Merci.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Je vous remercie.
M. BAUPIN a la parole pour la réponse.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Oui, Madame la Maire, je ne peux que rejoindre les propos de Mme GÉGOUT et de M. VUILLERMOZ sur la nécessité de poursuivre la concertation pour approfondir le projet qui est actuellement élaboré. Il est un petit peu moins avancé sur les deux autres couvertures du fait de son insertion dans la Z.A.C. de la Porte des Lilas puisqu'il y a des éléments juridiques à prendre en compte sur l'ensemble de l'aménagement. C'est ce qui a fait prendre un petit peu de retard par rapport aux deux autres couvertures.
En ce qui concerne la nécessité de clarté sur le projet et la nécessité de prendre en compte ce trou béant au milieu des deux couvertures du périphérique, là aussi un peu comme dans le 17e, on ne peut que regretter les choix faits précédemment et qui ne permettent pas aujourd'hui de financer la partie centrale dans le cadre du contrat de plan "Etat-Région" en cours. Donc nous devons à la fois réfléchir les aménagements sur la dalle elle-même et les aménagements de sécurité, en fonction de cette future couverture. Nous devons réfléchir sur tous les aménagements que nous mettrons au-dessus de la dalle ainsi que leur cohérence avec l'ensemble du secteur potentiel qui ne sera pas aménagé en même temps que les deux autres tronçons, comme on l'a expliqué.
C'est une situation évidemment très compliquée, qui est à gérer, notamment en matière de concertation. Nous devons expliquer l'aberration juridique dans laquelle nous sommes. C'est en partie dû au coût très important de ces couvertures de périphérique. Il faut savoir qu'il est question ici, dans ces trois délibérations, uniquement de la dalle elle-même, qui doit prendre place sur le périphérique. L'ensemble des aménagements qui viendront au-dessus ne sont pas aujourd'hui financés.
Là aussi il y aura besoin sur la suite du projet de trouver les financements pour tous ces aménagements.
En ce qui concerne la question posée par M. VUILLERMOZ sur le délai dans lequel interviendrait cette couverture centrale de la dalle - à partir du moment où il s'agit de contrat de plan entre l'Etat et la Région - il est bien placé en tant que Conseiller régional pour savoir que nous sommes liés à la clause de revoyure du contrat de plan "Etat-Région" en 2003.
D'après les informations dont je dispose, mais peut-être en avez-vous d'autres, Monsieur VUILLERMOZ, il ne faut pas nourrir d'espoirs sur cette clause de revoyure. Visiblement le Conseil régional, comme l'Etat, ne semblent pas vouloir modifier de façon très importante l'épure du contrat de plan tel qu'il avait été adopté initialement. Donc il est à craindre que l'on ait une première partie de couverture du périphérique aux alentours de 2006 et la couverture centrale au plus tôt, si l'on tient compte des délais entre le démarrage du contrat de plan suivant et les travaux, en 2009/2010, ce qui est une vraie difficulté en matière d'insertion urbaine.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Merci.
M. CAFFET voulait ajouter quelque chose.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Simplement quelques mots parce que je ne veux pas rallonger les débats à l'envie. Je crois que nous sommes dans une situation relativement complexe car nous avons à faire des choix d'aménagement pour la couverture de périphérique dans les conditions qui ont été indiquées par M. VUILLERMOZ, et en même temps, nous avons à gérer le contenu de la Z.A.C. de la Porte-des-Lilas. Si les choses ont avancé de manière significative sur la partie 19e arrondissement de cette Z.A.C., il reste énormément de travail à effectuer dans la concertation de manière à pouvoir définir un projet sur la partie du 20e.
Par ailleurs, il y a d'autres problèmes que M. BAUPIN connaît fort bien, à savoir le traitement des sorties du périphérique, le traitement du déménagement et du relogement d'un certain nombre de services et équipements municipaux... Un tel projet ne peut mûrir que par un travail tout à fait considérable des services de la Ville et une concertation qui doit être encore nourrie pendant quelques mois.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 49.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DVD 49).