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Juillet 1999
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Conseil Municipal
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11 - 1999, DVLR 42 - Politique de la ville. - Subventions à des associations menant des actions au titre de la politique de la ville sur le site de Développement social urbain (D.S.U.) "Curial - Cambrai - Alphonse-Karr" (19e). - Montant total : 225.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1999


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons maintenant au projet de délibération DVLR 42 qui concerne la politique de la ville.
La parole est à Mme TAFFIN.
Mme Benoîte TAFFIN, maire du 2e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.
Je suis tout à fait frappée par le caractère à la fois financièrement onéreux et socialement dérisoire des actions que nous nous apprêtons à cofinancer sur cette zone sensible du 19e arrondissement.
D'abord une première remarque : les cofinancements entraînent toujours une dilution des responsabilités, et là nous atteignons un sommet puisque tout le monde va s'y mettre : l'Etat, la Région, la Ville, le Fonds d'action sociale et la Caisse des dépôts.
On nous propose par exemple de financer dans la cité Curial-Cambrai un bar associatif dont le budget est estimé à la bagatelle de 350.000 F par an. Je crois qu'on est en plein délire !
(M. Gérard LEBAN, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).
Monsieur le Maire, il faut reprendre les problèmes sociaux à la base et non pas les traiter avec de simples coups de peinture qui coûtent cher aux contribuables. Il faut revenir à des conceptions de bon sens, une politique économique qui crée de vrais emplois, une politique sociale qui n'encourage personne à ne rien faire, des logements vendus ou loués à leur prix de marché. Et une vraie vie associative, c'est-à-dire animée par des associations dont les budgets ne soient pas à 99 % alimentés par l'argent des contribuables.
La vraie politique sociale, c'est l'emploi et la prospérité. Je sais bien, Monsieur le Maire, que cela renvoie aux responsabilités de l'Etat et du Gouvernement, mais j'estime aussi que nous n'avons pas à pallier toutes ces défaillances.
Sans que cela ne constitue une défiance à l'égard d'aucune des dix associations concernées, nous voterons contre ce projet de délibération.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Madame.
La parole est à Didier BARIANI pour vous répondre.
M. Didier BARIANI, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Monsieur le Maire, je suis sûr que cela ne sera pas faire injure à Mme TAFFIN, au demeurant se substituant à M. DUMAIT, de penser qu'elle n'a peut-être pas une perception réelle des problèmes de l'Est parisien.
L'essence même de la politique de la ville, contrairement à ce qui a été dit par l'intervenante, est quand même de s'assurer à l'avance que les subventions que nous attribuons sont à la fois efficaces et utilement employées.
L'essence de la politique de la ville est d'abord la mise en réseau des associations locales, c'est normal, mais c'est aussi un partenariat financier qui donne lieu à la signature de conventions pluriannuelles. Rien d'attentatoire dans cette méthode.
Et ensuite, dans les quartiers sensibles, les domaines d'intervention sont très vastes, et en général la vie associative riche.
Le travail qui y est mené porte en partie sur des actions de proximité, par de petites associations locales, en complément de celles réalisées par des structures plus importantes qui font d'ailleurs l'objet de financements de droit commun.
Les crédits spécifiques, politique de la ville, gérés par la Direction de la Vie locale et régionale de cette maison, tendent à financer parmi ces actions de proximité, celles qui sont ponctuelles, spécifiques, celles que l'on appelle, dans le langage maintenant devenu courant, "innovantes".
Le projet, justement, de l'association "Respect", qui consiste en la création d'un bar associatif - ne vous trompez pas sur l'objet - est monté par des jeunes du quartier sous l'encadrement d'un groupe de pilotage. Ce projet est créateur d'emplois puisque la gestion de cet établissement sera assurée par deux emplois-jeunes recrutés à cet effet, qui seront encadrés par des permanents bénévoles et par le Président de l'association lui-même.
Quelle en est la finalité ?
La finalité est de rompre avec l'anonymat, qui est malheureusement propre aux grands ensembles, essayer de promouvoir des échanges culturels et entre les générations, en créant un espace de rencontres.
Tout cela est situé au coeur du site D.S.U. "Curial - Cambrai - Alphonse-Karr", dans un local de l'Office H.L.M. et l'association "Respect" présente l'intérêt de regrouper des jeunes du quartier, connaissant à la fois les habitants et les problèmes du secteur. Cela veut donc dire que le service qui est rendu, et soyez sûrs que nous n'avons aucun laxisme en la matière, est un service efficace, de proximité, sauf à dire, naturellement, que la politique des quartiers sensibles ne sert pas à grand chose et que les malheurs de la société doivent rester sans traitement particulier.
Le but de la Municipalité est d'avoir comme partenaires des personnes morales ou physiques, qu'elle considère comme efficaces dans leurs missions et susceptibles de diminuer un peu les difficultés que connaissent des milliers de gens qui habitent dans ces quartiers sensibles.
C'est à l'aune de ces remarques, Monsieur le Maire, que je considère que cette subvention est la bienvenue, qu'elle sera efficacement utilisée et que nous avons donc bien fait de la diligenter.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Monsieur BARIANI.
Je vous rappelle que vous avez présenté un amendement technique en Commission. Je suppose que nous allons le proposer.
M. Didier BARIANI, adjoint, rapporteur. - C'est une rectification d'ordre matériel.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Oui, mais il faut le faire voter en même temps.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 26 déposée par M. BARIANI qui propose de corriger une erreur matérielle en attribuant à l'association "Action fraternelle", une subvention de 25.000 F et non de 35.000 F, comme il est indiqué dans le projet.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est adoptée.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVLR 42, ainsi amendé.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DVLR 42).