Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juillet 1999
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

51 - 1999, DAEE 8 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec la Direction régionale d'Ile-de-France de l'A.N.P.E. une convention en vue de la réalisation d'une étude portant sur les conditions d'amélioration de l'adéquation entre l'offre et la demande d'emplois à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 1999


M. Gérard LEBAN, adjoint, président. Nous passons au projet de délibération DAEE 8 autorisant M. le Maire de Paris à signer avec la Direction régionale d'Ile-de-France de l'A.N.P.E. une convention en vue de la réalisation d'une étude portant sur les conditions d'amélioration de l'adéquation entre l'offre et la demande d'emplois à Paris.
La parole est à Mme TAFFIN.
Mme Benoîte TAFFIN, maire du 2e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.
Nous ne pensons pas que la vocation de la Ville de Paris soit de subventionner les études de l'A.N.P.E., laquelle est une organisation particulièrement mal gérée.
Nous sommes partisans d'un désengagement de la Ville de ces actions dites en faveur de l'emploi, dont nous pensons qu'elles sont globalement inefficaces.
Merci.
Je ne peux pas faire plus court !
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci bien.
La parole est à Mme TROSTIANSKY qui va nous faire aussi court.
Merci, Madame.
Mme Olga TROSTIANSKY. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le projet de délibération présente la réalisation d'une étude portant sur les conditions d'amélioration de l'adéquation entre l'offre et la demande d'emplois à Paris.
La Direction régionale de l'A.N.P.E. est chargée de la réalisation pratique de l'étude quantitative en partenariat avec la Ville de Paris par l'intermédiaire de l'Observatoire du développement économique parisien.
Mon intervention portera sur deux points essentiels, le premier sur la timidité de la Ville de Paris sur un thème aussi sérieux que l'emploi à Paris, le deuxième point concerne la non prise en compte de la spécificité des femmes dans cette étude sur l'emploi à Paris.
Sur le premier sujet, l'objet de cette étude, et par conséquent l'estimation de son coût de 120.000 F, semble a priori insuffisante, alors que l'ampleur du champ d'analyse et la portée de l'amélioration de l'emploi à Paris aurait mérité une étude plus approfondie.
Sans être exhaustif, on aurait pu imaginer une analyse sur un échantillon statistique d'ensemble, sans se limiter au fichier de l'A.N.P.E.
Nous aurions préféré la réalisation d'un diagnostic complet sur l'emploi à Paris, notamment sur la formation initiale, les conditions d'accès à l'emploi, les emplois existants, la situation des Parisiens dans les entreprises avec les contraintes rencontrées par les Parisiens dans l'exercice de leur activité professionnelle, ainsi que les principaux freins à l'embauche.
Ce n'est pas l'orientation prise par la Ville de Paris qui reste trop timide face à un enjeu prioritaire à Paris : l'emploi.
Sur le deuxième sujet, je regrette la non prise en compte de la spécificité des femmes dans cette étude sur l'emploi à Paris. Vous ne voulez pas prendre en compte dans votre étude cette spécificité de l'emploi des femmes à Paris, pas plus que dans votre gestion de la Ville dans son ensemble. Pourtant, Paris détient le record national de l'emploi féminin.
A titre d'exemple, la contrainte évoquée par beaucoup de Parisiennes salariées est liée au manque de soutien des parents dans l'éducation de leurs enfants, au service insuffisant offert par la Ville de Paris pour la garde d'enfants, en passant par des reprises d'activités professionnelles difficiles après des congés parentaux prolongés.
Il faudrait éviter que des femmes ne s'éloignent du marché du travail et n'éprouvent de grandes difficultés à y revenir.
Il est donc nécessaire que cette spécificité concernant les femmes dans cette étude soit prise en compte et que le diagnostic réalisé aboutisse à des statistiques sexuées. C'est un des objets de l'amendement que j'ai déposé au nom du groupe socialiste et apparentés.
Dans le même registre, il est nécessaire de rappeler un autre des objectifs fondamentaux de cette étude : la reprise économique actuellement observée dans la Capitale doit bénéficier en priorité aux demandeurs d'emploi en difficulté d'insertion.
Là aussi, les Parisiennes sont plus concernées par les différentes formes d'emploi précaire à Paris, comme d'ailleurs dans l'ensemble de la France.
C'est la raison d'être de la deuxième partie de notre amendement.
Cette étude doit pouvoir offrir une typologie des secteurs dans lesquels les femmes sont particulièrement sous-représentées car elles n'ont pas reçu les formations adéquates.
Ces deux exemples démontrent la nécessité d'inclure dans cette étude une enquête sur l'emploi des Parisiennes et une comparaison des salaires des Parisiennes et des Parisiens. Je vous rappelle que le salaire des Parisiennes est a priori inférieur de 30 % à celui des Parisiens.
Monsieur le Maire, il serait temps que vous vous préoccupiez des femmes à Paris. Le Gouvernement prend ses responsabilités en ce sens à travers l'action de Nicole PERI, Secrétaire d'Etat à la Formation professionnelle et aux Droits des femmes par la mise en place d'une politique pour améliorer l'accès des femmes à l'emploi à des postes de décision et l'égalité professionnelle.
Si vous ne prenez pas vos responsabilités, les Parisiens sauront s'en souvenir.
Je vous remercie.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - La parole est à Mme CATALA pour répondre aux orateurs.
Mme Nicole CATALA, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais d'abord indiquer à notre Assemblée que nous sommes certainement sur la bonne voie car le projet de délibération qui vous est soumis vient d'être l'objet de critiques contradictoires, l'une de Mme TAFFIN estimant qu'il est trop cher, et l'autre de Mme TROSTIANSKY estimant qu'il ne l'est pas assez et ne va pas assez loin.
J'en tire pour ma part la conclusion que ce projet répondra utilement à notre souhait qui est de parvenir à un meilleur ajustement entre offre et demande d'emploi sur le marché du travail parisien.
Madame TROSTIANSKY, vous avez ajouté à ce premier grief - car, pour vous, la Ville est trop timide dans cette démarche - d'autres observations.
Vous avez souligné qu'un certain nombre de femmes parisiennes éprouvent des difficultés à accéder à un emploi ou à le conserver en raison des sujétions que représente la garde de leurs enfants. Il est vrai qu'à Paris, les familles sont souvent dispersées, car il n'y a pas de grands-parents proches pour assurer la garde des jeunes enfants.
Mais je voudrais vous signaler que la Ville a créé depuis un an une fédération, une "Union des associations d'emplois familiaux" que tout Parisien, toute personne habitant Paris, peut appeler.
Cette personne peut obtenir par un numéro Azur l'adresse et les coordonnées de trois associations susceptibles de lui proposer une aide à domicile.
Ainsi, loin d'oublier les contraintes et les soucis des femmes, la Ville s'efforce au contraire d'y répondre aussi rapidement et aussi efficacement que possible. Je vous invite à envoyer vos interlocutrices vers ce numéro Azur.
Vous souhaitez, d'autre part, que l'étude qui va être commandée à l'O.D.E.P. mette mieux en lumière, d'une part, les secteurs où les femmes sont insuffisamment employées, et d'autre part, d'éventuelles disparités de rémunérations.
Je voudrais vous répondre que pour ce qui est du chômage féminin, la Ville de Paris est plutôt mieux placée que ne l'est l'ensemble de notre pays. Les femmes représentent en effet à Paris 45,8 % des demandeurs d'emploi inscrits, alors qu'en moyenne nationale, elles représentent 48,3 %. Le pourcentage de femmes ayant un emploi à Paris est donc plus élevé et je m'en réjouis vivement.
Nous allons néanmoins poursuivre l'effort que nous conduisons pour développer l'emploi féminin, comme nous le faisons pour l'emploi masculin, à travers notamment le Plan départemental de formation qui offre autant de places de stages aux femmes qu'aux hommes ; et nous disposerons avec l'étude de l'O.D.E.P. d'une meilleure connaissance de l'emploi parisien par sexe puisque l'étude sera, comme vous le souhaitiez, sexuée, c'est-à-dire qu'elle permettra de croiser les variables de sexe et d'âge avec les éléments que constituent le métier et la formation, ce qui nous permettra de connaître les éventuelles difficultés rencontrées par les femmes dans l'accès à telle ou telle activité.
Donc l'étude de l'O.D.E.P. répondra sur ce point à votre préoccupation.
En revanche, il n'entre pas dans l'objet de cette étude de faire apparaître d'éventuelles disparités de rémunération puisque ceci ne correspond pas au rôle de l'A.N.P.E. et, de toute façon, ne correspondrait pas non plus à la mission d'une municipalité comme la nôtre. Donc, si vous souhaitiez une telle étude, il faudrait que vous vous tourniez vers le Ministère des Affaires sociales et non pas vers la Ville ou le Département de Paris.
Voilà ce que je souhaitais indiquer à mes collègues.
Je pense pour ma part qu'il faut voter ce projet de délibération. L'étude proposée nous permettra d'être plus efficaces dans le rapprochement entre offres et demandes d'emploi.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Concernant l'amendement présenté par Mme TROSTIANSKY, quel est votre avis ?
Mme Nicole CATALA, adjoint, rapporteur. - Négatif.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement déposée par Mme TROSTIANSKY.
Mme CATALA étant contre.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est repoussée.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAEE 8.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAEE 8).