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Avril 2002
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Conseil Municipal
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136 - 2002, DLH 91 - Bilan de la concertation relative à l'Opération programmée d'amélioration de l'habitat (O.P.A.H.) du quartier de la Réunion (20e). - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention entre l'Etat, l'ANAH et la Ville de Paris relative à cette opération

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération DLH 91 concernant le bilan de la concertation relative à l'Opération programmée d'amélioration de l'habitat du quartier de la Réunion, dans le 20e.
Monsieur BLET, vous avez la parole pour cinq minutes et seulement cinq minutes.
M. Jean-François BLET. - Même moins de cinq minutes si cela peut vous être agréable, Monsieur le Maire. Mais qu'avez-vous l'air d'insinuer ? Comme si j'abusais du temps de parole... Non mais !
Monsieur le Maire, qu'une O.P.A.H. soit mise en ?uvre sur le quartier malmené de la Réunion, qui a dû affronter une Z.A.C. et plusieurs secteurs de D.P.U.R., ne peut que nous satisfaire. Nous ne pouvons qu'acquiescer aux objectifs de cette opération qui encourage les propriétaires privés à réhabiliter leur patrimoine et qui ambitionne de conserver les habitants sur place, de maîtriser les loyers et de pallier l'insalubrité des immeubles tout en favorisant les Travaux d'intérêt architecturaux, les fameux T.I.A.
Toutefois, nous attirons votre attention sur un point qui nous paraît important pour l'avenir de ce quartier. Si la réhabilitation du parc privé est engagée avec cette O.P.A.H., il ne faudrait pas que les opérations publiques aillent à l'encontre de ces objectifs.
Dans le préambule de la convention d'O.P.A.H., il est indiqué (je cite) que "les opérations publiques permettront d'améliorer les conditions de vie du quartier Réunion par la construction notamment de logements sociaux et d'équipements publics à la place de logements très dégradés, insalubres ou inhabitables". Or, ce qui est considéré comme une amélioration des conditions de vie, c'est donc la destruction du patrimoine municipal, même si je ne suis pas hostile au fait que, sur des parcelles publiques, on puisse faire des équipements publics.
Mais le privé réhabiliterait ainsi, tandis que le public poursuivrait les démolitions, avec pour conséquences :
- une rupture d'échelle des parcelles et des bâtiments ;
- un élargissement systématique des impasses et passages qui font le charme de ce quartier ;
- une décomposition de la structure urbaine, principalement lors de l'implantation des équipements publics.
L'intervention publique pourrait rendre ainsi anecdotiques et vaines les réhabilitations de l'O.P.A.H. Pour que réellement ces opérations publiques participent ainsi à l'amélioration des conditions d'habitat du quartier, encore faudrait-il qu'elles soient réalisées en préservant ce qui reste du quartier et en favorisant la réhabilitation des logements dont la Ville est soit en partie, soit en totalité propriétaire.
Il est difficile d'exiger des autres ce qu'on ne fait pas soi-même.
Par ailleurs, sur un autre point, il ne faudrait pas oublier que ce périmètre comprend beaucoup d'ateliers destinés à l'artisanat qui ne sont pas pris en charge par l'O.P.A.H. Or, l'artisanat représente le secteur d'activité le plus important du quartier : ébénistes, brocanteurs, marionnettistes, etc., occupent les hangars et rez-de-chaussée d'immeubles. Pour que ces activités traditionnelles soient pérennisées, il serait souhaitable d'accompagner cette O.P.A.H. par des procédures associant le FISAC, à l'instar de ce qui a été mis en ?uvre avec succès sur le Faubourg Saint-Antoine.
Monsieur le Maire, la Réunion est un quartier emblématique du Paris Village. Cette O.P.A.H. va dans le sens de la préservation de ce tissu faubourien caractéristique associant parcellaire en lanières hérité d'un passé agricole et petites maisons du XIXe siècle. Les opérations d'aménagement doivent se mettre au diapason de ces ambitions afin de ne pas détruire ce qui, depuis plus d'un siècle, a pu être préservé.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur BLET, pour votre concision.
Je donne la parole à M. MANO pour répondre.
M. Jean-Yves MANO, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Je voudrais rassurer M. BLET sur l'intention de l'O.P.A.H. et bien évidemment sur l'équilibre permanent à trouver au maintien de l'urbanisme faubourien par rapport à la qualité du bâti de l'habitat, permettant aux familles qui y demeurent, d'y vivre dans de bonnes conditions sanitaires.
A partir de là, je pense qu'il est souhaitable que nous trouvions, par négociation, les équilibres à trouver dans cet environnement pour ce faire, d'ailleurs comme nous l'avons fait, pour le secteur de Belleville, où l'ensemble des acteurs seront bientôt invités à une réunion de concertation entre M. CAFFET et moi-même, les associations et la mairie du 20e pour faire le point et le bilan de ce secteur pour voir s'il y a lieu de préserver, de renouveler, de réhabiliter, ou de détruire et reconstruire.
Tout ceci fera l'objet d'une grande concertation. Vous pouvez nous faire confiance. De plus, vous évoquiez la notion du FISAC pour sa réussite au Faubourg-Saint-Antoine. Permettez-moi peut-être d'émettre quelques doutes en ce qui concerne le maintien d'un certain artisanat. Peut-être y aura-t-il lieu d'avoir une vision plus attractive pour le maintien de l'artisanat dans le secteur de la Réunion, par rapport à ce qui a été fait au Faubourg-Saint-Antoine.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 91.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DLH 91).