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Octobre 2010
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2010, SG 184 - Modalités de passation d'un marché de services d'assurances pour le secteur Bourse Saint Eustache, Bâtiments Lescot et la Voirie Souterraine du Forum des Halles à Paris (1er). 2010, SG 197 - Communication du bilan d'avancement du projet de réaménagement du quartier des Halles (1er). 2010, SG 198 - Réaménagement du quartier des Halles. Approbation et signature d'un protocole transactionnel relatif au marché subséquent de maîtrise d'oeuvre de l'aménagement du jardin des Halles. 2010, SG 199 - Réaménagement du quartier des Halles. Approbation du schéma de principe de réaménagement de la place René Cassin. 2010, SG 206 - Approbation et signature d'un protocole transactionnel relatif au marché subséquent de maîtrise d'oeuvre de l'aménagement d'espaces publics de voirie dans le quartier des Halles. 2010, SG 202 - Réaménagement du quartier des Halles (1er). Projet de réaménagement du pôle RER Châtelet-les-Halles.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2010


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous abordons maintenant le débat sur plusieurs projets de délibération. C'est ce qui a été décidé par la conférence d'organisation. Il s?agit des projets de délibération SG 184, SG 197, SG 198, SG 199, SG 206 et 202, relatifs au quartier des Halles.

Le premier orateur inscrit est M. Jean-François LEGARET, pour 5 minutes.

Excusez-moi, il y a eu un changement ?

Monsieur le Ministre, vous avez la parole, pour 5 minutes.

M. Pierre LELLOUCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je laisserai à mon collègue et ami Jean-François LEGARET le soin de traiter les autres aspects de ce dossier.

Moi, je souhaiterais insister sur la question touchant à la législation sur les marchés publics et les contrats de définition.

Lors de notre séance des 8 et 9 juin dernier, j'avais dit qu'il était de mon devoir, et, sans chercher du tout, vous l?aurez bien compris, l'affrontement entre le Gouvernement et la Ville, puisque cette question avait déjà été évoquée au Sénat dès le mois de janvier de cette année, j'avais simplement rappelé au Maire de Paris qu'il était de mon devoir de rappeler qu'en vertu de la directive 2004.18 du 31 mai 2004, désormais transposée dans notre droit à l'issue de la décision de la Cour européenne de justice de décembre 2009, en raison de tout cela et en raison notamment d'un décret pris par le Gouvernement français en mai 2010 pour se mettre en conformité avec cette directive, la Ville de Paris, comme toutes les autres collectivités de France, se devait d'appliquer le droit français, droit européen : en l'occurrence, la suppression des contrats de définition tels qu?ils étaient préalablement définis.

J'ajoutais ceci - je cite -, ce qui m'avait valu d'ailleurs les sarcasmes de certains et de certaines, dont Mme HIDALGO aujourd'hui présente, je la remercie d?être là, je disais donc : "Je n'imagine pas une seule seconde, Monsieur le Maire, qu?il puisse en être autrement - que l?on se mette en conformité -, à moins que vous ne souhaitiez, mais je ne l?imagine pas, voir la France condamnée pour manquement par la Cour européenne de justice, car vous le savez bien, si la Cour ne connaît pas la responsabilité d?une collectivité territoriale, elle se retournera immanquablement contre l'Etat." Dans ces conditions, Monsieur le Maire, j'en appelais à sa responsabilité républicaine et à son bon sens.

Mme HIDALGO avait reçu ces propos comme un véritable outrage et m'avais traité d'amateur !

Je constate aujourd'hui, pour m'en féliciter et en féliciter la Ville d?ailleurs, que, dans les exposés des motifs et dans le détail des délibérations qui nous sont proposées, toute cette affaire est détaillée par le menu. La Ville veut bien reconnaître que, depuis la décision de la Cour européenne de justice du 10 décembre 2009, l'ensemble du schéma juridique du quartier des Halles, du projet des Halles a changé, que la Cour de Luxembourg menaçait de ne pas considérer comme conforme les contrats déjà en exécution, que la Ville avait d?ailleurs été prévenue par des questions orales sans débat au Sénat dès le début de l?année, avant même mon intervention, et que, dans ces conditions, elle procédait à un réaménagement de ses contrats avec le mandataire, c'est-à-dire avec M. MANGIN et le groupement SEURA.

Tout cela a été fait au cours de négociations, je crois comprendre très ardues pendant tout le cours de l'été. Donc, ces délibérations qui nous sont proposées aujourd'hui mettent la Ville de Paris en conformité avec le droit français et le droit européen, ce dont je me félicite et je félicite la Ville.

Ainsi, ai-je réussi le cumul de mes deux fonctions : d?une part, m'occuper de l'Europe et, d?autre part, m?occuper, dans la mesure du possible, un peu de Paris !

Je voudrais néanmoins dire que, lors de mon intervention du mois de juin dernier, j'avais souhaité, et j'avais donné ce conseil à la Ville qui ne l'a malheureusement pas suivi, je lui avais donc demandé de concentrer son projet sur la priorité de la réfection et la mise aux norme des voiries souterraines et de l'accès aux gares et du pôle transport. Je lui avais conseillé de proposer aux Parisiens un projet convaincant pour refaire rapidement les pavillons décrépits Willerval et économiser aux Parisiens, surtout en cette période de difficulté économique, des centaines de millions d'euros. Enfin, j'avais suggéré au Maire de Paris fort respectueusement qu'il laisse aux Parisiens du 1er arrondissement, du centre de Paris, ce jardin qui est en train d'être démoli.

Sur ces trois points, malheureusement, je n'ai pas été suivi. Vous allez construire le projet pharaonique en souvenir de M. DELANOË, vous allez dépenser 1 milliard d?euros, vous allez détruire le jardin des Halles, mais enfin, ce faisant, vous aurez au moins respecté le droit européen. De ce point de vue, je ne peux que m'en féliciter.

Je laisse à mon collègue LEGARET le soin de vous dire ce qu?en pensent les habitants du centre de Paris et je pense qu?ils seront du même avis que moi.

Merci.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Avant de donner la parole à M. LEGARET, je crois pouvoir dire que la Ville de Paris ne souhaite pas se faire condamner par la Cour de Justice qui, comme chacun le sait, est une des gardiennes des traités.

Monsieur LEGARET ?

M. Pierre LELLOUCHE. - Vous faites un commentaire !

(Brouhaha - rires - plusieurs interventions hors micro).

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, nous avons six projets de délibération d'un intérêt inégal et d'une portée tout à fait inégale.

Notre position, avec la majorité au sein du conseil du 1er arrondissement, et cela reflète ma propre position telle que j'ai toujours pu l?exprimer d?ailleurs depuis l'origine de ce projet, est une position équilibrée qui ne consiste en aucun cas à s?opposer à tout et surtout pas à l'essentiel.

L'essentiel, je le répèterai sans cesse, c'est la délibération SG 202, c'est-à-dire le projet de réaménagement du pôle transport R.E.R. Châtelet-les-Halles, sur laquelle nous avons donné naturellement un avis favorable à l'unanimité.

Mon grand regret, notre grand regret est que ce soit un des aspects du chantier dont on parle le moins, sur lequel nous avons le moins de précisions. Il s'agit vraiment de l'aspect le plus important, au regard de l'intérêt général. C'est la plus grande gare souterraine d'Europe et la maîtrise d'ouvrage unique qui a été donnée à la R.A.T.P. est, je crois, une assez solide garantie de voir ce chantier réalisé, et dans de bonnes conditions. Je ne conteste d'ailleurs pas le choix de l'équipe BERGER-ANZIUTTI, architectes de la Canopée, pour mener à bien cette opération.

Il y a un projet de délibération sur lequel je ne m'attarderai pas, c'est le SG 184. Ce sont les modalités d'un marché de services d'assurances pour le secteur Bourse Saint-Eustache, Bâtiments Lescot et Voirie Souterraine.

Et puis, il y a le SG 197 qui est une communication du bilan d'avancement. Vous m?excuserez de dire qu'il s'agit plus d'un document de propagande, peut-être de pédagogie, pour essayer d?expliciter, de justifier les choix de la Ville mais sur lesquels on ne peut pas véritablement avoir beaucoup de choses à dire parce qu'il n'y a aucun élément substantiel.

Viennent ensuite trois délibérations qui ont une assez grande importance. Il s'agit d'abord des deux délibérations qui portent sur des protocoles relatifs à des marchés subséquents :

- d'une part, sur le réaménagement du jardin des Halles : c?est le SG 198 ;

- d'autre part, sur l'aménagement des espaces publics de voirie dans le quartier des Halles : c'est le SG 206.

C'est sur ces deux projets de délibération que notre collègue Pierre LELLOUCHE vient de rappeler effectivement toute la place du droit, et du droit européen, qui a imposé à la Ville de rectifier le tir et de se conformer au droit partiellement.

Vous me direz que, dans tout cela, ce n'est pas forcément la faute de la Ville. Non, bien sûr ! Quand, à l'origine, la Ville a utilisé la procédure des marchés de définition, elle n'imaginait pas que ces marchés de définition viendraient ultérieurement à être déclarés non conformes avec le droit communautaire.

Il n'empêche que ce n'était pas la bonne procédure, parce qu'en utilisant le marché de définition, la Ville a voulu échapper à sa responsabilité fondamentale, qui est celle de définir un programme et un projet. Comme l?a écrit assez méchamment Frédéric EDELMANN dans "Le Monde" en parlant des Halles : "on lance un marché de définition quand on ne sait pas ce que l'on va faire".

Voilà ! C'est exactement l'état d'esprit dans lequel s'est trouvé le Maire de Paris. Il a voulu réinventer le centre de Paris, faire un très grand projet d'urbanisme, sans avoir de programme.

Là-dessus, il est vrai que des malchances se sont ajoutées à des malchances, puisque la première consultation a été en réalité infructueuse : aucun des candidats n'a répondu à la question posée. Puis, les autres marchés ont été des marchés subséquents d'une fausse attribution au cabinet Seura du marché initial.

Les marchés de définition, étant désormais inexistants, il ne peut y avoir de conséquences de ces marchés de définition, donc pas davantage d'avenants à ces marchés de définition.

Alors, les protocoles transactionnels, que l'on voit passer aujourd'hui, sont tout de même assez curieux sur le plan juridique. En réalité, on prend acte du fait qu'il n'y a plus d'avenant possible. On a décidé de ne pas affermir les tranches n° 2 et n° 3 pour essayer de se conformer tardivement avec le droit européen, mais on passe un accord transactionnel, sans mise en concurrence, avec le cabinet Seura pour poursuivre l'opération.

C'est la raison pour laquelle, en ce qui me concerne, j'ai décidé de déférer devant le Tribunal administratif l'avenant au marché Mangin, qui est le support de ces protocoles transactionnels.

J'émets toujours des doutes sur la validité juridique de la procédure par laquelle la Ville de Paris a décidé de se mettre en conformité. Il me semble que les modalités de cet avenant ne sont pas conformes à l'annulation, par le décret de mai 2010, de toutes les conséquences entraînées par la suppression des marchés de définition.

On verra bien ce que décidera le Tribunal administratif mais, en ce qui me concerne, j'aurais essayé d'aller jusqu'au bout de la logique juridique que j'ai défendue. On ne me dira pas que c'est un argument de pure procédure ou d?opportunité : je crois avoir toujours défendu cette position depuis l'origine.

Vient enfin une délibération, qui elle est parfaitement explicite : il s?agit du SG 199 qui est l'approbation du schéma de principe de réaménagement de la place René Cassin. C?est un débat qui a été très vif, qui a animé beaucoup de réunions publiques, et je dirai que la conclusion est toujours concordante : il n'y a aucun accord possible sur le schéma de réaménagement, quelles que soient les esquisses et les vues d'artistes.

Une illustration est encore reproduite aujourd?hui dans un journal du matin, et cette illustration est parfaitement mensongère, déformée et ne répond en rien au plan, à l'emprise exacte de la place René Cassin.

Je me bornerai à dire que c'est, à mon sens, une grande erreur de la part de la Mairie de Paris, de la part du Maire de Paris, du Maire de la Capitale de la France, de supprimer la place qui a été attribuée à René Cassin, grand Français, prix Nobel de la paix et qui était un hommage mérité. Toutes les grandes villes françaises ont rendu de grands hommages à René Cassin, et on va en réalité le rayer de la carte. C'est l'auteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme, et je pense que c?est une très grande erreur historique.

Par ailleurs, cet aménagement ne répond en rien aux attentes et il n'est en aucun cas conforme aux amendements que j'avais présentés lors de la délibération générale sur les Halles. Ces amendements - Mme HIDALGO avait bien voulu les retenir - avaient été adoptés à l'unanimité par notre Conseil.

Je n'arrive donc toujours pas à comprendre par quelle aberration un projet, qui a été approuvé par le Conseil de Paris, après avoir été amendé, est fondamentalement modifié pour suivre les caprices d'un architecte, qui n'écoute rien, qui ne tient aucun compte de la concertation.

Je vais vous dire, j'en ai encore fait le test il y a un peu plus d'une semaine, puisque j?organisais, à la mairie du 1er arrondissement, une réunion publique, qui a réuni 120 personnes. A la fin de cette réunion, j'ai à nouveau fait le test. C?est la troisième fois que je le fais. Je me suis tourné vers la salle et j'ai dit, profitant de la présence d'un public nombreux : qui est favorable au projet de réaménagement du jardin proposé par le Maire de Paris ? Pas une seule main ne s'est levée. Pas une seule ! J'ai ensuite posé la question contraire : qui est contre ? Unanimité !

Je vais vous dire, depuis que je fais de la politique et que j'assiste à des réunions de concertation, je n'ai jamais vu cela. Jamais ! D?ailleurs, je mets au défi le Maire de Paris, puisqu'il va bientôt venir dans le 1er arrondissement dans le cadre de ses comptes rendus de mandat, qu'il fasse le test lui-même, qu'il se tourne vers la salle.

Puis, je le mets au défi de faire réaliser tous les sondages d'opinion qu'il voudra auprès des riverains, des Parisiens et même auprès des Franciliens. Cela a d?ailleurs déjà été réalisé : un sondage a été fait par la Direction de l'urbanisme il y a près de trois ans ; il n?est resté en ligne sur le site de la Ville que 48 heures, et il était parfaitement concluant : la place René Cassin était considérée?

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - A propos de conclusion, est-ce que vous pouvez conclure, Monsieur LEGARET ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Non, je n?ai pas encore terminé. J?ai négocié, Monsieur le Maire. J?ai demandé un temps de parole pour les six projets de délibération, donc vous me laisserez, si vous le voulez bien. Sinon, je parle trente minutes sur le sujet, c?est-à-dire six fois cinq. C?est comme vous voulez ! Vous m?interrompez, si vous voulez, et je parle trente minutes ! Cela ne me gène pas de parler trente minutes sur le sujet, je suis intarissable ! Si vous voulez bien me laisser terminer.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Attendez, avez-vous négocié en Conférence d'organisation ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Non, j?ai négocié tout à l?heure avec le Secrétaire général du Conseil de Paris.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Ce sont huit minutes, me dit-on. Vous comptez parler combien de temps, Monsieur LEGARET ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Non, je termine, mais j?aurais préféré, sur un sujet comme celui-là, que l?on ne m?interrompe pas?

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Très bien, terminez.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - ? et que l?on ne fasse pas usage, une fois de plus, de médiocrité, sur un sujet qui mérite mieux que ça, bien mieux que ça.

Je termine en disant que je mets au défi le Maire de Paris de faire réaliser une enquête grandeur réelle, parce que j'ai entendu et j?ai lu avec intérêt M. Mangin, qui a même écrit dans "Le Monde" qu'il se fichait pas mal de l?avis des riverains, des habitants, des commerçants et des associations du centre de Paris, parce que ce qui l'intéressait c'était l'opinion de tous les Franciliens, en raison de la vocation métropolitaine de cet équipement.

Je le prends au mot et lui lance le défi : faites faire une enquête, une votation, un référendum, tout ce que vous voudrez, et faites donc valider par les Parisiens, ou même par les Franciliens, l'aménagement du jardin et de la place René Cassin.

On est dans une aberration folle. On est dans un coût qui a totalement dérapé. On est dans un projet dont personne ne veut, qui va entraîner l'abattage de 343 arbres qui sont encore en pleine croissance. Vous êtes en train de programmer un véritable massacre, un acte de vandalisme inutile.

Et sachez que nous irons avec beaucoup de détermination jusqu?au bout pour nous battre contre ce projet absurde !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - La parole est à M. BOUTAULT, pour cinq minutes.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. Monsieur le Maire, s?agissant d'une réponse à une communication et de trois projets de délibération sur lesquels je me suis inscrit, je souhaiterais disposer d?un peu plus de cinq minutes, mais je resterai, rassurez-vous, dans le cadre du temps imparti pour une intervention sur quatre projets de délibération.

C'était il y a quarante ans que les pavillons Baltard, bijoux architectural du Second empire, ont été démolis. Le quartier s'en souvient encore. Le traumatisme est d'ailleurs bien vivant. Il suffit de voir l'affluence exceptionnelle au cinéma de quartier "L?autre écran", dans le 2e arrondissement, qui vendredi dernier projetait un film sur l'histoire des Halles pour palper cette inquiétude des riverains.

Dix années de travaux, d?atermoiements et de gaspillages ont laissé des traces dans les esprits. Aujourd'hui, il faut tout recommencer. Les pavillons Willerval ne sont pas d'une facture exceptionnelle et ont mal vieilli. Les équipements publics, le Conservatoire en particulier est trop à l?étroit. Les accès et les circulations souterraines, en particulier ceux concernant les transports en commun et la gare de R.E.R., doivent être réorganisés et personne ne conteste que le jardin avait besoin d?un remodelage.

D?ailleurs, revoir les dysfonctionnements du site sans tout le déstructurer était l?objectif initial du projet, objectif qui ralliait tout le monde.

Aujourd'hui, de dérives en dérives, le projet est devenu pharaonique et le groupe des élus Verts considère qu'il n'est plus d'actualité de dépenser 850 millions d?euros pour essentiellement reconstruire un nouveau centre commercial et refaire entièrement un jardin.

Certes, les riverains ne sont pas les seuls concernés s'agissant d'un projet d'envergure métropolitaine. Le projet ne devrait néanmoins pas se faire contre eux mais avec eux.

Après tout, les habitants du centre de Paris sont aussi et avant tout des Franciliens métropolitains. Le jardin accueille essentiellement les riverains et les salariés des commerces alentours pour leur pause déjeuner.

Sa vocation locale aurait dû être réaffirmée. Qui pourrait croire que les Métropolitains, hors salariés et habitants du centre de Paris, viennent aux Halles pour prendre l'air dans un jardin ?

Aujourd'hui, de différentes manières, le projet suscite le rejet quasi-unanime des associations de quartier. Pourtant, il aurait peut-être simplement fallu pour les faire adhérer maintenir deux éléments symboliques forts : le jardin Lalanne et la place René-Cassin.

Pour le premier, un nouveau jardin aux caractéristiques et fonctionnalités identiques au jardin Lalanne sera construit au sud du site. Mal situé, il sera à l'ombre en hiver et ne fera pas oublier la destruction des arbres et de la végétation qu?il entraîne, végétation et arbres qui avaient mis 30 ans à atteindre leur maturité.

Un espace provisoire sera créé, très utile aux parents de ce quartier particulièrement dense et dépourvu d'espace vert. On peut remercier Fabienne GIBOUDEAUX pour son écoute et sa volonté de prendre en compte, du mieux qu?elle peut et selon ses moyens, les souhaits exprimés lors des réunions de concertation.

En ce qui concerne la place René-Cassin, c'est encore la déception qui prévaut. Le projet qui nous est présenté dans le projet de délibération ne tient pas compte des nombreux v?ux et amendements du Conseil de Paris qui devaient le maintenir dans son état d?esprit actuel.

De lieu de rencontre et de repos, cette agora circulaire devient deux blocs carrés et étagés, posés l'un en face de l'autre avec une perspective réduite sur l'église Saint-Eustache, supprimant ainsi le parvis.

Où les associations de quartier brûleront-elles désormais leur bonhomme d?hiver ? C'est important l'animation locale.

Les deux blocs étagés que l?on nous propose sont séparés par un escalier permettant le cheminement nord sud. Le lieu devient un véritable espace circulé car bordant la rue Rambuteau, axe de circulation est ouest.

La Ville ouverte à tous, non ghettoïsée, nous y sommes favorables, bien sûr, mais le cabinet Seura ne pousse-t-il pas là jusqu'à l'absurde la notion pourtant innovante de ville passante, oubliant qu'un jardin a besoin d'espaces clos, à l'abri des flux, oubliant la vocation à la tranquillité d'un petit espace libre d'un centre-ville à forte densité ?

Quant au financement, les choses ne sont pas encore claires. On ne sait pas précisément à quoi se sont engagées les différentes parties prenantes. L'essentiel des dépenses aurait dû être pris en charge par le principal bénéficiaire Unibail, l'actuel gestionnaire du centre commercial, mais la décision de travaux ayant été engagée avant que le tour de table ne soit fixé, la Ville ne se trouve pas dans une situation favorable.

Aussi, il semble que pour qu'Unibail veuille bien bourse délier, la Ville accepte de lui vendre l?assiette du forum dont elle est propriétaire, perdant ainsi la maîtrise du sol.

Elle cèderait aussi à Unibail les 10.000 mètres carrés de surface commerciale qui vont être créés, 250 millions seraient versés par Unibail en contrepartie. Incontestablement, il s'agit d'une bonne affaire pour Unibail, pas pour les Parisiens.

Seul aspect incontestablement positif de ce chantier de réhabilitation, le projet d'amélioration des accès aux transports en commun, le pôle R.E.R. Châtelet - les Halles, la réduction et la réorganisation des circulations souterraines.

A ce sujet, le groupe "Les Verts" se réjouit de voir que le projet de délibération intègre la mise en place d?une plateforme de fret. Cependant, il souhaite que la participation financière des autres partenaires, R.A.T.P. et Région, soit précisée.

Je vous remercie pour votre attention.

(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - La parole est à Mme Seybah DAGOMA, pour cinq minutes.

Mme Seybah DAGOMA. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Après plus de huit années de consultation, d'études et de concertation, les travaux de rénovation des Halles ont commencé.

Il s'agit du centre de gravité de notre métropole, du lieu de passage journalier de 7.5000 usagers de transports publics, du centre commercial le plus fréquenté de toute la région et du c?ur historique de notre ville.

La démarche engagée depuis 2002 par Bertrand DELANOË a abouti à un projet qui combine tous les objectifs déterminés par le Maire de Paris, sa première adjointe en charge du dossier ainsi que les élus socialistes du 1er arrondissement.

Cette rénovation n'était pas accessoire mais impérative. Lorsqu?il s?agit des Halles, il est question d'un véritable espace public parisien, francilien, national et international.

Si ce projet est une richesse pour les riverains, il est aussi un atout majeur à tous les points de vue pour l'ensemble des Parisiens et des Franciliens.

L'ancien forum, mal conçu, trop vite vieilli, sombre, va laisser place à un lieu plus ouvert tourné vers l?environnement et répondant à des enjeux architecturaux à la fois modernes mais aussi intégrés dans le contexte.

De nouveaux espaces d?accueil et des équipements renouvelés y prendront place afin de faciliter l'accès à la culture pour tous au centre de ce quartier de diversité et d?histoire.

Enfin, la canopée permettra de mieux intégrer le forum dans le jardin. Comme je vous le disais, les travaux ont commencé. Depuis mai, l'ancien jardin commence peu à peu à se transformer, donnant le coup d?envoi au projet d'envergure que nous appelons tous de nos v?ux.

Les désagréments engendrés par des travaux d?une telle importance seront bientôt effacés par les avantages qu?apportera, entre autres, un jardin plus ouvert et plus aéré.

Monsieur LEGARET, je ne partage pas votre avis. Je considère que ce projet préserve la place René-Cassin, redessinée conformément aux engagements pris lors du Conseil de Paris en mars dernier.

Cette place présentera, je le répète, les caractéristiques suivantes : des gradins offrant un espace convivial à l?abri des circulations piétonnes de la rue Rambuteau, une végétation formant un hémicycle, un dégagement de la vue de Saint-Eustache et des emmarchements reliant facilement le jardin à la rue Coquillière.

L'apport de place et de locaux, dû à la Canopée, est substantiel. Contre les 4.000 mètres carrés d?équipements publics qu?offraient les pavillons Willerval, la canopée fournira bientôt 7.000 mètres carrés qui abriteront le conservatoire Mozart et la bibliothèque La Fontaine dont les surfaces seront doublées et deux nouveaux équipements dont la maison des pratiques artistiques amateurs.

La canopée apportera aussi une plus large zone piétonne, le rétablissement de voies de communication et une perspective inconnue jusqu'ici sur la Bourse du commerce au moyen d'une promenade centrale.

Enfin, le pôle de transport le plus important de l'agglomération sera rénové et c'est l?un des points centraux du projet. Actuellement, la plateforme d?échange n'est pas assez fonctionnelle. Illisible, encombrée, elle ne bénéficie plus d'une accessibilité suffisante.

L'allongement jusqu?à la gare des accès Rambuteau et Berger, ainsi que la construction du point d?entrée place Marguerite-de-Navarre, permettront de démultiplier les accès, rendant ceux-ci plus agréables et mieux répartis. Ils pourront ainsi faire face au trafic toujours plus important en ce lieu.

En tant qu'adjointe en charge de l'économie sociale et solidaire, je me réjouis du fait que l'on se soit saisi de cette opportunité pour créer des emplois d'insertion.

D?ores et déjà, plusieurs associations locales sont mobilisées sur cette question. Grâce à l'assistance qui sera assurée par l?équipe du P.L.I.E. 18-19 et les clauses sociales qui seront insérées dans les marchés, nous espérons l'embauche de plusieurs centaines de personnes en insertion sur le chantier d'ici à la fin des travaux.

Durant des décennies, la Capitale étouffait, asphyxiée de pollution et de constructions irréfléchies. L'urbanisme était trop souvent subi et non concerté.

Aujourd'hui, grâce à nos efforts collectifs, en dix ans, le visage de la ville a considérablement changé. Depuis 2001, le dialogue est renoué, non seulement avec les habitants de Paris mais aussi avec les villes de la petite et de la grande couronne. Le projet des Halles est l?incarnation de ce renouveau.

En effet, de nombreux Parisiens et Franciliens ont été consultés et engagés sur ce projet. D'ailleurs, lors du dernier Conseil d'arrondissement, M. LEGARET avait dit qu'il ne connaissait aucun habitant du 1er arrondissement favorable à ce projet. Dans la salle, une personne s'est levée.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Citez-la ! Elle est bonne !

Mme Seybah DAGOMA. - Nous pouvons donc nous féliciter du commencement de ces travaux et du volontarisme dont nous avons fait preuve pour son bon déroulement, cela d'autant plus que notre acharnement et notre travail ont permis que cette rénovation des Halles soit classée d?utilité publique par le Préfet de Paris.

En tant que présidente de la SemPariSeine, je peux vous assurer que tout sera mis en ?uvre pour que les travaux perturbent le moins possible la vie du quartier, celle de ses habitants et de ses commerçants comme celle de tous ses visiteurs.

Enfin, je profite de cette occasion pour remercier le Secrétaire général adjoint en charge du dossier, M. Philippe CHOTARD, les directeurs de la SemPariSeine, Claude PRALIAUD et Dominique HUCHER, ainsi que l'ensemble des salariés qui travaillent quotidiennement sur ce dossier pour que le quartier des Halles soit à l?image de nos espoirs et de nos actions pour Paris, un lieu accueillant, mêlant les générations, les cultures et un espace de mixité et de solidarité.

Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - La parole est à M. Jean-François MARTINS, pour cinq minutes.

M. Jean-François MARTINS. - Monsieur le Maire, à l'écoute des intervenants précédents, j'ai le souvenir des précédents débats que nous avons eus sur cette question du chantier des Halles et je me souviens assez bien des débats, notamment avant l'été, où on nous disait qu?une grande partie des questions qui avaient été soulevées par les riverains, par les élus locaux ou par nous-mêmes, conseillers de Paris, allait être réglée dans le cadre des concertations qui avaient lieu notamment au moins de juin.

J'ai notamment souvenir que le groupe de travail thématique qui regroupait les citoyens et les associations concernées, qui se réunissait le 16 juin, avait fait la liste inénarrable aujourd'hui des griefs contre la rénovation de la place René-Cassin, qui remettait en cause notamment un grand nombre des partis pris de la Ville : la grande prairie centrale?

(Mouvements de protestation dans l'hémicycle).

? le dégagement des vues vers la Canopée ou vers la Bourse. L'ensemble des grands partis pris du projet a été remis en cause par la démocratie locale, par la concertation que, pourtant, vous affirmez respecter.

Aucune de ces remarques, à la lecture des projets de délibération d'aujourd'hui, n'a été prise en compte.

Finalement, les seules options que l?on a proposées aux riverains et aux associations de quartier ont été : voulez-vous ou pas maintenir la statue qu'il y a aujourd'hui dans le jardin et sur la place René-Cassin ? C'est un peu court et ce n?est évidemment pas ce que nous appelons de la démocratie locale, ce n?est pas ce que nous appelons de la concertation ; c'est, au mieux, du marketing, au pire, de l?esbroufe citoyenne, et c?est assez regrettable.

C'est assez regrettable, parce qu'un certain nombre des questions qui ont été soulevées sont justes et posent des vrais problèmes pour peut-être les 20 ou 30 ans pour lesquels nous réaménageons ce quartier.

Les trois questions que je souhaitais vous poser, Monsieur le Maire - malheureusement, je crois que les réponses sont dans les projets de délibération et ne sont pas les bonnes - est que vous n?avez rien fait pour résorber les déséquilibres très forts qui existent encore aujourd'hui dans le projet entre les surfaces commerciales et les espaces publics ; nous n'allons pas redensifier ce quartier en espaces publics, que ce soit en services publics ou en espaces partagés, mais bien une densification des espaces commerciaux, ce qui est regrettable.

Aujourd'hui, c?est la question que je vous pose, pouvons-nous garantir la relocalisation du conservatoire dans la Canopée ? Il semblerait que cela soit remis en cause.

Enfin, avez-vous trouvé les bonnes idées ou avez-vous trouvé en vous l'intention, enfin, de faire de ce projet de réaménagement un projet de désenclavement, parce qu'aujourd'hui, dans les projets notamment de gestion des flux et circulations autour des futures Halles, le projet reste enclavé entre la rue Berger et la rue Rambuteau et, on sait aujourd'hui - je serais heureux d?entendre la Préfecture de police sur le sujet - que la gestion des flux va être compliquée et va être de nature à ne pas ouvrir le c?ur de Paris sur le reste de la ville ?

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Jérôme DUBUS pour cinq minutes.

M. Jérôme DUBUS. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais d?abord excuser ma collègue Anne TACHÈNE qui est retenue au Sénat et qui, d'habitude, s'exprime sur ce sujet des Halles.

Vous avez fait, Monsieur le Maire et Madame HIDALGO, de l?opération de rénovation des Halles une des grandes réalisations de cette mandature et ce sujet alimente copieusement nos ordres du jour, entretient les passions des élus et des riverains et nourrit nombre d'avenants, si irréguliers soient-ils.

Sur le pôle transport, je me contenterai de quelques observations. Ma collègue Edith CUIGNACHE-GALLOIS y reviendra tout à l'heure.

La rénovation de la gare est le plus attendu et sans doute le moins antagoniste des chantiers des Halles, mais c'est aussi le catalyseur, c?est aussi la raison de tout cet aménagement.

Dans cet espace labyrinthique, il y a, en effet, un impératif de sécurité et d?adaptation des accès et des circulations. On peut imaginer meilleur accueil que ces cheminements compliqués, cette salle des échanges pour beaucoup incompréhensible, ces obstacles éprouvants pour les personnes à mobilité réduite.

Si, en 2002, le Conseil de Paris a voté à l?unanimité le projet de rénovation, c'est bien que chacun avait compris l'enjeu fonctionnel et métropolitain du réaménagement de cette gare fréquentée par 750.000 personnes par jour selon l'étude d?impact.

Mais avec les Halles, au c?ur de Paris, un autre enjeu s'impose : celui de prendre en compte la dimension symbolique et la charge affective de ce quartier, marqué par les destructions et les remodelages successifs.

Nulle intention de notre part ni de ma part d'affirmer que vous n'avez pas conscience de cet enjeu, absolument pas, encore faut-il que nous évitions les provocations de part et d?autre, comme celle de ce matin de la part du Maire lui-même, qui nous fait les héritiers de la configuration actuelle des Halles.

J'en prendrai pour preuve la sémantique prudente employée pour présenter la configuration future de la place René-Cassin. Le choix d'aménagement que vous avez retenu est, dites-vous, "guidé par la volonté de préserver l'état d'esprit actuel du lieu, dans une relation renouvelée avec la façade sud de l'église Saint-Eustache". Rien n?y manque : le rappel du v?u adopté en 2009, les vocables rassurants, les adjectifs audacieux, rien, sauf peut-être la vérité.

Certes, chacun peut avoir une interprétation de l'état d'esprit de l'actuelle place, mais il me semblait qu'un socle commun avait été retenu, lié à sa forme en amphithéâtre et à son effet d?agora.

Le groupe Centre et Indépendants n'est pas convaincu que ces gradins sinueux offriront la circularité actuelle. Il n'est surtout pas persuadé que la diminution de l'emprise invitera, comme aujourd'hui, à des usages multiples. En clair, nous recherchons clairement l'amphithéâtre.

Les critiques à ce projet ne sont pas une réaction d'ordre patrimonial. Il serait fallacieux d'opposer riverains et métropolitains, les égoïsmes supposés des uns aux aspirations prêtées aux autres.

Souvenez-vous, Madame HIDALGO, à l?occasion d?une étude d?usage réalisée en 2006 à la demande du Maire de Paris, il est apparu que la place René-Cassin, dans son état actuel, constituait pour plus de 55 % des personnes interrogées le lieu préféré du jardin des Halles. Dans ce panel, 46 % des usagers étaient non parisiens et 26 % d?habitants étaient des habitants proches.

Votre volonté, en réalité, n'est pas de conserver l'état d'esprit ou les usages, mais bien de plier la place René-Cassin au parti pris d'un jardin plat, d?une prairie centrale entre deux lisières plantées offerte devant la canopée.

C'est d'ailleurs à ce constat que s'est rendue la commission d'enquête dans son rapport remis en janvier 2010. Quand le maître d'ouvrage promet de recréer la forme et la déclivité de la place sur la base du fameux amendement d'avril 2009, M. MANGIN, le concepteur, dément : "l'importante emprise que constitue actuellement la place René-Cassin, tout autant que son dénivelé, crée un problème majeur de compatibilité avec l?idée d?une vaste prairie de plain-pied".

Voilà la genèse de votre v?u peu contraignant de mars 2010, voilà pourquoi la messe est dite, voilà pourquoi nous ne voterons pas ce projet de délibération et nous voterons même contre.

Monsieur le Maire, Madame HIDALGO, en balayant l?amendement et les avis critiques pour cause d?incompatibilité, vous oubliez ainsi vos promesses.

Je cite : "Il faudra travailler avec intelligence et douceur, porter beaucoup d'attention aux riverains" ; c'était, il est vrai, en 2004 ; depuis, la qualité du dialogue avec les associations de riverains s'est fortement dégradée.

Enfin, je terminerai sur une interrogation.

Vous nous assurez d'une relation renouvelée avec l'église Saint-Eustache, relation architecturale, bien évidemment ; dont acte. Pouvez-vous nous garantir qu'avec la canopée, le bâtiment historique sera valorisé, la perspective améliorée, comme le promettaient, en 2007, les images si aériennes et les légères présentées au concours international ?

Voilà beaucoup de questions sur lesquelles nous aimerions avoir des réponses.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - La parole est à M. DARGENT, pour cinq minutes.

M. Claude DARGENT. - Monsieur le Maire, chers collègues, j?interviens sur le volet consensuel, semble-t-il, de ce projet, celui qui touche au réaménagement du pôle R.E.R. Châtelet - Les Halles.

Ce projet de délibération SG 202 prévoit, en effet, la création d'un nouvel accès place Marguerite-de-Navarre et la création de deux accès directs au pôle transport. Ce volet est une dimension essentielle du réaménagement, puisqu?il représente près de 200 millions d?euros, soit 25 % du coût total.

Il a fait l'objet d'enquêtes publiques qui ont toutes donné un avis favorable sans réserve, que ce soit l'enquête publique préalable à la D.U.P., l'enquête parcellaire ou l?enquête dite "Bouchardeau".

Il faut donc se réjouir de ces avis, qui sont des avis très positifs, et du cap décisif qui est désormais franchi dans le démarrage de ce projet majeur.

Evidemment, la Ville de Paris, ainsi que la R.A.T.P., seront particulièrement attentives aux recommandations émises lors de ces enquêtes publiques qui sont au nombre de six. Elles touchent d'abord la signalétique. Conformément à la recommandation de la commission, elle va être conçue à l?attention de toutes les personnes en situation de handicap dans le cadre du projet et ce dispositif sera particulièrement performant en intégrant l'ensemble des nouvelles technologies disponibles et éprouvées.

S?agissant de la communication, que la commission a souhaité évolutive et efficace, il est prévu un large dispositif concerté entre l'ensemble des partenaires du projet, qui a d'ailleurs d'ores et déjà été initié avec la tenue des réunions publiques et l'édition de brochures.

S'agissant, en troisième lieu, de la facilitation du stationnement des bicyclettes, tout sera également fait pour optimiser l'intermodalité entre les transports ferrés et le vélo. La station Châtelet-les-Halles est d'ailleurs située au centre, comme on le sait, d'un vaste plateau piétonnier dont les voies sont ouvertes au vélo et équipées en mobilier de stationnement spécifique et en bornes Vélib'. La Ville de Paris renforcera le maillage des itinéraires cyclables par un élargissement de la zone piétonne ouverte aux vélos, par l'institution de contresens vélos, ainsi que l'offre de stationnements vélos à proximité immédiate des accès au forum et à la salle d'échange.

Quatrième recommandation : afin de limiter les nuisances sonores ainsi que les rassemblements intempestifs et les différents risques liés à la sécurité, comme le souhaite la commission, la R.A.T.P. a d?ores et déjà élaboré une étude de sûreté et de sécurité publique en concertation avec la Préfecture de police. Cette étude contient des recommandations pour réduire les nuisances et les risques potentiels.

Cinquième recommandation : s'agissant de la nécessité de ménager pour l'avenir une possibilité de service de fret, qui est un point tout à fait important, nous pouvons nous réjouir de la concrétisation du v?u adopté par notre Assemblée en juillet dernier et nous pouvons aussi nous réjouir de la volonté politique dont fait preuve la Ville en intégrant dès aujourd'hui dans ce projet les mesures qui permettront, le moment venu, la création d'un pôle de fret urbain à Châtelet-les-Halles. Les études menées à ce sujet ont conclu à l?intérêt d?un type de fret spécifique, le fret de messagerie, entre Roissy et les Halles, sur la base d'un R.E.R. transportant des colis d'un poids limité, car les R.E.R. ne sont pas conçus pour supporter du fret lourd. Des espaces ont été réservés au niveau -2 comme lieu de stockage des colis. Ce projet de réaménagement intègre toutes les exigences de développement durable dans cette perspective.

Enfin, il est également utile de souligner que nous n'oublierons pas pour autant, comme souhaité par l?enquête publique, les amodiataires des places de stationnement appelées à disparaître en raison de la démolition d'une partie du parking Berger pour la création de l'accès Marguerite de Navarre. La Ville, d'un côté, indemnisera évidemment les propriétaires des 75 places concernées et, de l'autre côté, elle les accompagnera dans la recherche d'emplacements de substitution dans les secteurs environnants.

Donc, un ensemble de mesures qui suscitent, et il faut s'en réjouir, un large accord politique autour du volet transport de cet aménagement.

Néanmoins, il faut, en conclusion, émettre un regret.

Ce projet de réaménagement du pôle R.E.R. Châtelet-les-Halles concerne la principale gare d'Europe. C'est la première porte d'entrée de notre Capitale, c'est le lieu le plus fréquenté de toute la métropole, avec quelque 800.000 voyageurs qui y transitent chaque jour. Et donc, en l?occurrence, évidemment, outre notre collectivité, la Région, le S.T.I.F. et son président, et la R.A.T.P. ont pris la mesure de ce projet d?avenir et y participent.

Il faut donc déplorer l?attitude de l'Etat qui, en la matière, refuse de coopérer avec l'ensemble de ces collectivités pour améliorer ce pôle de transport dont je viens de rappeler combien il est majeur.

Il en va dans ce domaine comme dans d'autres.

Le désengagement de l'Etat vis-à-vis des besoins réels et urgents de la Région-Capitale, et plus singulièrement de Paris, eh bien, chers collègues, ce désengagement n'est pas acceptable ! Il faudra en son temps rappeler aux Parisiens quel est le Gouvernement qui aujourd'hui prend des décisions qui sont tellement contraires à l'intérêt de leur région et de leur vie.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés et Communiste et élus du Parti de Gauche).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme CUIGNACHE-GALLOIS, pour 5 minutes.

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Même pas, Monsieur le Maire, je vous remercie.

Le réaménagement du pôle R.E.R. Châtelet-les-Halles est le volet qui nous paraît le plus attendu et qui est sûrement le plus consensuel de cette opération des Halles. C'est, en effet, la première gare d'Europe avec environ 700.000 voyageurs par jour. Elle est aujourd'hui effectivement vieillissante. On se perd souvent dans ses couloirs vétustes et bondés, où on ne se sent pas toujours en sécurité. Nous avons là une belle occasion d?en faire une grande gare moderne, exemplaire en termes de développement durable, d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite et d'intermodalité avec les autres modes de transport.

C'est aussi l'occasion d?en faire un lieu de vie et nous y sommes très sensibles, un lieu de vie qui rendra plus pratique la vie au quotidien des usagers de ces transports en commun.

C?est cette volonté-là que l'on retient des résultats de l'enquête publique et nous sommes également attachés à la préconisation de ménager une possibilité de fret ferroviaire, qui nous paraît indispensable pour libérer les voies routières et parisiennes des poids lourds.

Tout cela nous paraît donc très positif. Il faudra s?en inspirer aussi pour la rénovation des autres gares parisiennes mais aussi pour la mise en place des gares du futur métro automatique du Grand Paris.

C'est la raison pour laquelle nous voterons ce projet de délibération.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

Pour répondre à l?ensemble des orateurs, la parole est à Mme Anne HIDALGO, première adjointe.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 8e Commission. - Merci, Monsieur le Maire, sachant que, sur le jardin, ma collègue Fabienne GIBOUDEAUX interviendra, bien sûr.

D?abord, je me réjouis que nous arrivions aujourd'hui devant le Conseil de Paris avec cet ensemble de projets de délibération qui, comme l'a très bien dit Seybah DAGOMA, marque vraiment un pas nouveau sur cette opération importante pour Paris et pour la Métropole concernant les Halles. Nous sommes entrés dans une phase opérationnelle et je crois qu?à tous les sceptiques que nous avons entendus jusqu'à présent, c'est un signal sur, et je vais y revenir, le fait que cette opération est effectivement une opération d'intérêt général. Seybah DAGOMA l?a dit, c'est un grand espace public que nous organisons au c?ur de Paris, avec cette grande prairie, avec un jardin ouvert sur le quartier.

Oui, nous préférons un jardin ouvert à un jardin clos. Aujourd'hui, je crois que dans les usages d'une ville comme la nôtre, tant pour le quartier que pour la ville elle-même ou pour les habitants de la Métropole, cette idée de grande prairie est quelque chose de tout à fait intéressant.

Oui, nous avons conscience d'intervenir dans le c?ur de Paris et le fait que ce soit le c?ur de Paris, et aussi le c?ur de la métropole, nécessite que le projet soit pensé, médité, ce qu'il a été. Aujourd'hui, il arrive dans sa phase opérationnelle. J'en suis convaincue, je suis sûre que nous serons très nombreux lors de l'inauguration de la future Canopée, car la Canopée, l'?uvre de Patrick BERGER, sera un véritable emblème architectural.

C'est aussi, dans ce projet, la rénovation des espaces publics, des espaces commerciaux entièrement rénovés et équilibrés. Nous n'avons pas changé, depuis les délibérations que nous avons passées ici au Conseil de Paris, l'équilibre qui est un équilibre tout à fait positif pour les équipements publics, avec les équipements commerciaux.

Je suis curieuse d'entendre une nouvelle rumeur sur le fait que le Conservatoire ne trouverait plus sa place dans la Canopée. Il faudra m'expliquer d?où vient cette rumeur !

Je me réjouis aussi que, concernant le pôle transport, je vais y revenir, il y ait une unanimité et que nous ayons pu avancer d?une façon sérieuse avec la Région et la R.A.T.P. J'espère que l'Etat viendra aussi porter sa contribution à hauteur de ce qui lui semble nécessaire pour que ce pôle transport soit vraiment digne des enjeux, utilisons le terme utilisé par l'Etat, d'un Grand Paris ou des enjeux, je préfère utiliser ce terme, de Paris-Métropole. Il faudra pour cela effectivement que tous les acteurs viennent à hauteur de cette ambition.

Où en sommes-nous aujourd'hui ?

D'abord, il y a eu l'enquête publique quand même, je vous rappelle. Cette enquête publique a donné un avis favorable.

A la suite de cela, plusieurs décisions sont intervenues cet été sur cet enjeu majeur consacrant la démarche qui est la nôtre. J'entends parfois certains dire "on passe en force" et, en même temps, m?expliquer que, depuis 2004, finalement, on aurait pu prendre encore plus de temps. Excusez-moi, mais nous passons avec le calendrier, le rythme de la démocratie participative, des enquêtes publiques :

- un arrêté déclarant l?utilité publique de l'opération, signé par le Préfet de la Région Ile-de-France le 8 juillet dernier, je vous le rappelle. C?est quand même une autorité importante, représentant l'Etat, qui nous a donné son feu vert.

- une décision du Tribunal administratif qui a rejeté divers référés d'associations qui attaquaient le permis de démolir d'une partie du jardin et, du coup, nous avons pu démarrer les travaux de démolition le 18 août dernier.

- et puis, cette décision du Préfet prise après un travail sérieux, comme nous le faisons toujours, entre les services de la Ville, la S.E.M. "Paris-Seine" et la Préfecture.

Un travail très sérieux qui a conduit le Préfet à ne pas déférer devant le tribunal administratif puisque c'était votre demande, Monsieur LELLOUCHE, Monsieur LEGARET reste sur cette demande et va, dit-il,jusqu'au bout, mais c'était une demande que vous aviez formulée. Vous nous aviez expliqué qu'on verrait bien ce qu'on verrait bien, et que de toute façon le Préfet, puisque tout cela était illégal, ne nous suivrait pas et défererait devant le Tribunal administratif. Eh bien, je suis heureuse de voir qu'il y a de la sagesse et de l'analyse à froid dans les services de l'État, en tous les cas le Préfet de région nous a appuyés dans la décision que nous avons prise.

Les marchés subséquents, puisque c'était un des sujets sur lesquels vous avez effectivement porté le fer, et sur lequel nous avons affirmé un certain nombre de positions. Nous avons considéré, pour ne pas fragiliser le dossier, même si notre analyse juridique diverge, que les marchés subséquents ont été faits avant la modification de la législation européenne et française. Nous avons aussi considéré, pour ne pas fragiliser là encore notre projet et parce que le calendrier général de l'opération n'était pas affecté, que nous devrions repasser des délibérations, ce que nous faisons aujourd'hui, permettant de mettre en concurrence les différents marchés qui avaient été passés en marchés subséquents.

Donc, nous sommes, je crois, de bonne volonté, ce que le Préfet a tout à fait apprécié, et soucieux d'avoir une stabilité juridique, et donc M. LEGARET nous dit qu'il ira devant le Tribunal administratif, on verra ce que dira le Tribunal administratif lorsqu'il sera amené à se prononcer.

Je ne reviens pas sur le jardin et la place René Cassin, Fabienne GIBOUDEAUX va y revenir dans un instant, mais je précise que ce nous faisons là, avec cette proposition de modification de la place René Cassin, qui reste une place René Cassin? A vous entendre, Monsieur LEGARET, on aurait presque cru qu'on allait complètement changer la configuration et la dénomination du lieu. Non, nous maintenons cette place René Cassin et nous répondons d'ailleurs aux propositions qui avaient été faites dans l'enquête publique.

Sur les autres éléments importants à donner aujourd'hui devant cette Assemblée, le permis de construire de la Canopée, une information que je vous livre, est en cours d'instruction. C'est un permis très complexe, qui comprend notamment le permis de démolir des éléments de surface, et qui sera examiné et délivré avant la fin de l'année.

En ce qui concerne le pôle transport, tout le monde semble d'accord, donc avec Annick LEPETIT nous nous en réjouissons. Je remercie Claude DARGENT d'avoir apporté toutes les précisions sur la proposition qui est la nôtre.

Je voudrais tout de même relever, parce que c'est suffisamment rare pour l'être, que nous avons eu un avis favorable sans réserve du commissaire enquêteur, ce qui est quand même assez rare pour une enquête type Bouchardeau , et je dois le dire, parce que là aussi, que n'avions-nous pas entendu auparavant sur le fait que d'une part, nous ne considérions pas la question des transports à hauteur de ce quelle méritait à cet endroit, et d'autre part, que nous n'étions pas en phase avec la R.A.T.P.

Je constate que l'enquête publique réalisée a émis un avis sans réserve, avec un certain nombre de recommandations que Claude DARGENT a rappelées tout à l'heure. Et donc, le projet de délibération que nous soumettons aujourd'hui au Conseil reprend ces éléments, et répond à ces recommandations qui nous sont faites.

Il y a aussi dans les projets proposés aujourd'hui, ce n'est pas soumis au vote, un bilan d'avancement et notamment de l'ensemble des conventions, qui ont été signées : des règlements des marchés, des accords cadres de travaux. M. LEGARET nous dit, c'est de la propagande ou de la pédagogie, d'abord ce n'est pas tout à fait pareil, moi je ne confonds pas les deux. Je suis pour l'éducation rationaliste et donc je considère que la pédagogie s'appuie vraiment sur des bases rationnelles et objectives, et nous sommes simplement dans la réponse à cette obligation de transparence que nous nous sommes fixée devant ce Conseil, et donc c'est pourquoi vous avez eu tous ces éléments.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Là aussi information pour notre Conseil, nous aurons en 2011 la démolition des pavillons Willerval, l'installation de la cité de chantier. J'insiste sur ce point, je suis très heureuse, d'ailleurs ce matin dans un journal qui nous est cher c'était repris, il va y avoir beaucoup d'emplois créés et je suis ravie que l'intervention publique de la Ville sur un investissement de cette nature soutienne aussi l'emploi à Paris et notamment l'emploi dans le secteur du bâtiment. Et Seybah DAGOMA l'a dit, elle s'est beaucoup investie sur ce sujet pour qu'il y ait des emplois d'insertion et pour que l'on travaille vraiment cette dimension, environ 1.000 emplois créés dans le c?ur de Paris, des ouvriers, des employés, beaucoup d'ouvriers qui viendront travailler ici, nous ne pouvons que nous en réjouir par les temps qui viennent.

2011, ce sera aussi la livraison de l'aire de jeux des 7-12 ans, et le début de la construction de la Canopée.

2012, les travaux du jardin et la poursuite de la construction de la Canopée.

2013, l'achèvement de la construction de la Canopée, la livraison partielle du jardin.

2014, les aménagements intérieurs et la livraison de l'accès Marguerite de Navarre, et la fin des travaux de la salle d'échange en 2015.

C'est le calendrier que nous nous étions fixé avec l'ensemble des partenaires.

A présent, nous rentrons dans une nouvelle phase. Nous avons terminé la concertation version première phase, accompagnement du projet, nous entrons dans une nouvelle phase où un travail très fin sera réalisé par un comité de suivi du chantier, qui permettra aux riverains, à l'ensemble des associations, de pouvoir suivre, et adapter le déroulement du chantier.

Il y aura aussi une régularité de l'information au public à laquelle nous tenons.

Nous sommes donc dans cette nouvelle phase où ce grand chantier sera tout de même un moment aussi assez spectaculaire, sera je l'espère, en tous les cas nous le concevons ainsi en termes de participation, un grand moment de participation, non seulement des Parisiens mais aussi des usagers du pôle transport, et des habitants de la Métropole. Au premier rang desquels, les jeunes, parce que nous savons combien ils nous ont dit, lorsque les enquêtes ont été réalisées, combien ce lieu est pour eux un espace de liberté, qui doit continuer à leur appartenir. Même s'ils n'habitent pas à Paris, beaucoup de jeunes nous ont dit que pour eux, c'était vraiment un espace dans lequel ils pouvaient évoluer sans être sous une forme de contrôle social de leur quartier. Nous leur devons aussi de faire en sorte que tous les aménagements que nous prévoyons, et bien sûr l'équipement sur lequel travaille Bruno JULLIARD mais au-delà de cet équipement, soient aussi les leurs.

Voilà, mes chers collègues, je suis très heureuse de saluer aussi et de remercier Philippe CHOTARD, Dominique HUCHET, Claude PRALIAUD qui assurent vraiment le pilotage de ce travail à la S.E.M. "Paris-Seine", et Seybah DAGOMA qui préside, avec beaucoup de brio et d'énergie, la S.E.M. "Paris-Seine" qui est aux premières loges sur cette grande opération emblématique, je crois, de ces évolutions que nous voulons faire conduire à Paris. Des évolutions qui prennent en compte la proximité, mais aussi la dimension métropolitaine de notre ville.

J'entends parfois des reproches qui nous sont faits de certains à droite, qui nous disent que nous n'avons pas la vision du Grand Paris, nous avons la vision de la Métropole, et le projet des Halles en atteste.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - La parole est à Mme Fabienne GIBOUDEAUX.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, je voulais rappeler, au début de mon intervention, tout le travail qui a été fait pendant ces réunions de concertation. Il y a eu énormément de réunions de concertation. Et le projet, tel que je l'avais vu lors de la présentation des maquettes des lauréats sur l'étude de définition, ne ressemble en rien au projet actuel.

Il ne ressemble en rien, pourquoi ? Parce que des associations et les riverains ont demandé des modifications qui ont été prises en compte. J'en dirai quelques-unes.

La traversée nord-sud. Dans le projet initial de Mangin, il n'y avait que de grandes traversées est-ouest et il avait fait le choix de ne pas le faire. Il vous a écoutés, il a été entendu et nous avons fait modifier ce projet.

Monsieur LEGARET, j?aimerais pouvoir intervenir et je vais essayer de le faire calmement, sereinement. On a eu souvent l'occasion d'échanger et je continuerai à le faire d?ailleurs sur ce sujet, avec plaisir, mais je pense qu?il faut aussi que l'on s'écoute pour pouvoir avancer.

Cette traversée nord-sud correspondait à ces usages, des usages des riverains qui étaient tout à fait légitimes, et c?était aussi l?exigence d'avoir cette perspective, celle que l?on a devant Saint-Eustache qui est vraiment une façade emblématique et très belle de ce quartier.

Il y a eu une interruption, des modifications de ce projet. Mangin a fait le choix d?interrompre son mail planté et de créer cette allée, qui fera cette traversée nord sud.

Le deuxième point a été les jeux pour les enfants. La disparition du jardin Lalanne est liée à plusieurs raisons - je ne reviendrai pas sur ce point pour relancer le débat. Déjà, la mise aux normes aujourd'hui des jardins Lalanne fait en sorte que le jardin Lalanne n?était plus aux normes et il aurait fallu reconstruire de A à Z ce jardin. Aussi, il ne correspondait pas aux nouveaux usages et aux nouveaux jeux qui sont proposés aujourd'hui aux enfants.

Il a été proposé deux aires de jeux : une aire de jeux sous forme de concept de terrain d'aventure. Là, je peux dire que ce sera un projet exemplaire, unique, car c?est un concept complètement redessiné pour le site, dessiné aussi avec l'atelier Delaunay qui avait fait des préconisations pour avoir des jeux de qualité, des jeux accessibles aux enfants handicapés - ce qui était un point important pour nous dans ce projet. Je pense qu?on aura ici deux belles aires de jeux, deux terrains d?aventure en plein c?ur de Paris et je pense que nos enfants en ont bien besoin.

Sur sa situation, il est vrai qu?elle a été discutée. On a fait le choix de mettre ce terrain d'aventure à cheval entre le mail planté et la prairie, à 50 mètres des façades, pour qu?il ait un ensoleillement suffisant et pour permettre son accès évidemment en hiver.

Alors, le troisième point est celui de la place René Cassin, même si j?entends bien que ce sujet reste sensible. Au début, dans le projet de Mangin, il n?y avait effectivement plus de place René Cassin. On est arrivé à un compromis, qui permet de garder un jardin végétalisé - je vous rappelle que c'est un jardin très minéral, morcelé, avec beaucoup d'aires techniques qui font que ce jardin est très minéral.

On aura donc un jardin trois fois plus végétalisé, ce qui est tout de même important au c?ur de Paris. C?est important pour les riverains et aussi pour le climat parisien, car je vous rappelle que dans une ville comme Paris nous avons besoin, surtout en été, de surfaces végétalisées. Il répond en tout cas à ces besoins.

On est donc dans un compromis qui permet de garder la qualité d'usage d'une place, qui n'est pas effectivement de la même taille et identique à la place de René Cassin, mais qui conserve cette qualité d'usage, de lieu où on peut se poser et où on peut aussi organiser des événements de quartier.

Alors, reste pour moi un point important, qui est cette période intermédiaire, la période de travaux. J?ai tout à fait conscience de la sensibilité des riverains à voir des arbres abattus, ce n'est jamais facile. Il est vrai que depuis le moment où on avait demandé la rénovation de ce jardin, il a poussé. Un jardin est un élément vivant, les arbres ont grandi et je pense qu'il y a un attachement au jardin tel qu?il est aujourd'hui, malgré tous ses défauts.

On va donc s?appuyer sur ce changement pour planter des arbres plus adaptés à un jardin de dalle. Je vous rappelle que nous ne sommes pas en pleine terre mais sur un jardin de dalle, avec des contraintes très fortes en matière d?eau et d?usage, car on a des conditions qui ne sont pas toujours très favorables à la croissance des arbres. On a donc fait le choix d?une dalle qui permet d'avoir une épaisseur végétale plus importante, c?est-à-dire des conditions plus favorables aux arbres, et c?est aussi une diversification des essences pour mettre des arbres qui vont mieux s'adapter à ces contraintes.

On a, je pense, un travail important à faire durant cette période de communication. Il est vrai qu?on n'a pas assez communiqué sur le jardin, de façon plus précise, sur la façon dont il est prévu aujourd'hui.

C?est aussi faire en sorte que, pendant cette période, les enfants aient toujours accès à des jeux. Je pense que c'est un point important. On aura une aire de jeux provisoire, qui sera installée prochainement. Je pense qu?il faudra aussi réfléchir à des animations, à faire en sorte que les enfants du quartier aient accès à des aires de jeux et à des activités ludiques, pendant toute la journée du chantier, parce que cela sera un chantier important, et les enfants ont toute leur place dans cet aménagement.

Voilà ce que je souhaitais dire pour compléter les propos d?Anne HIDALGO.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Monsieur LEGARET ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je ne peux pas laisser Mme GIBOUDEAUX dire ce qu?elle vient de dire, parce qu?elle nous explique en gros qu?on a eu un projet de place René Cassin, qu?il a été soumis à la concertation, que l?on a tenu compte de l?avis de la concertation et qu'on l'a rectifié.

Non. Pour dire les choses très brutalement, mais de manière absolument conforme à la vérité, on a eu un premier projet de la place René Cassin dont personne ne voulait et on nous a apporté un correctif, qui peut-être avec bonne volonté voulait tenir compte des effets de la concertation, et on nous a proposé une deuxième version dont personne ne veut.

Mme GIBOUDEAUX était présente lors de deux de ces réunions, une avant l?été au Novotel, l?autre après l?été à la Bourse du commerce, elle a pu constater comme moi qu'il y avait unanimité. Je dis bien unanimité contre ce qu?elle appelle aujourd?hui le compromis. Alors, on a quoi ? On n'a même pas un souvenir, pas même une réminiscence, on a une espèce de commémoration, de catafalque de la place René Cassin, dont personne ne veut.

Ne nous dites pas que la concertation a été prise en compte, surtout pour en conclusion nous annoncer que, désormais, il n'y aura plus de concertation : la concertation a eu lieu, on ne nous a pas écoutés et voilà le résultat ! C?est un résultat dont personne ne veut. Vous ne pouvez pas dire, Madame l?adjointe au Maire de Paris, qu?il a été tenu compte de cette concertation et qu?elle a permis d?aboutir à un compromis. Ce compromis est un échec total !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je vais mettre aux voix successivement chacun des projets de délibération.

Je mets d'abord aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 184.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, SG 184).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 197.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, SG 197).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 198.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, SG 198).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 199.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, SG 199).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 206.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, SG 206).

Je mets enfin aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 202.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, SG 202).