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Octobre 2010
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2010, SGRI 75 - DPE 85 - Signature d'une convention avec la Municipalité de Phnom Penh et la Régie des Eaux de Phnom Penh pour la poursuite du projet de l'eau potable pour tous. Montant : 150.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2010


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Chers collègues, nous examinons le projet de délibération SGRI 75 DPE 85, page 27, relatif à la signature d?une convention avec la Municipalité de Phnom Penh et la Régie des eaux de  Phnom Penh, pour la poursuite du projet "De l?eau potable pour tous", pour un montant de 150.000 euros.

Je donne la parole à Mme Marinette BACHE, pour le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés.

Mme Marinette BACHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je continuerai donc sur le Cambodge pour dire que ce pays, qui a été victime de guerres et d?une politique génocidaire pendant tant d'années, a un peuple qui a été laissé au bord de la route, à commencer par les plus pauvres de ce peuple.

Depuis 1990, l'action de notre Municipalité ne s?est pas cantonnée à des aides humanitaires ponctuelles. Au contraire, l'urbanisme, l?aménagement urbain, les transports, l?eau potable, l?assainissement ont été les axes d'une politique d'accompagnement au développement que nous avons entrepris.

Je tenais à profiter de ce projet de délibération de l'accès à l'eau potable pour tous à Phnom Penh pour saluer l'ensemble de la politique du Maire et de notre Municipalité, en matière de solidarité internationale, ainsi que l'action de Pierre SCHAPIRA, d?Anne LE STRAT et de l?ensemble de la commission Eau.

Je le fais d?autant plus volontiers que nous savons qu?il serait beaucoup plus tentant d'agir précipitamment, au gré de l'actualité, comme certains l'ont fait récemment en Haïti, ou plus anciennement en Somalie. Les risques sont alors grands d?agir de manière anarchique, au détriment de l?économie locale.

En effet, si l'aide humanitaire répond à une immédiateté, nous ne saurions perdre de vue que sa nécessité est généralement liée à des conditions économiques précaires, à un niveau de vie très bas des populations concernées, à l'absence d'infrastructures. Une fois l?émotion passée, les aides humanitaires restent bien trop souvent sans suite, et ne concourent pas à la mise en place de conditions permettant d'asseoir durablement les bases du développement.

Ce n'est pas le cas de notre Ville, qui a toujours eu conscience que l?aide humanitaire, si elle est nécessaire, n?était pas une fin en soi. Pour ceux pour qui l'internationalisme n'est pas un vain mot, il est nécessaire d'agir sur le long terme par une politique de co-développement favorisant les acteurs locaux et l'économie locale.

Or, nous le savons, l'eau insalubre est la première cause de mortalité au monde. Huit millions de personnes dont 1.500.000 enfants de moins de 5 ans, meurent ainsi chaque année. Selon l?O.M.S., 884 millions de personnes sont dépourvues d?accès à l'eau potable et 2,6 milliards de femmes et d'hommes ne bénéficient toujours pas de nos jours d'un accès aux conditions minimales d'hygiène.

La situation sanitaire au Cambodge est, hélas, connue de tous. Outre le problème des mines, qui fait l'actualité régulièrement, la population connaît les ravages du paludisme, de la malnutrition, du sida, de la tuberculose, actuellement première cause de mortalité, et c?est le pays le plus touché par la rage.

Le pays est en grande expansion, mais connaît parallèlement un faible niveau de vie. Le revenu national brut par habitant est estimé à 235 euros, 36 % des Cambodgiens vivent avec moins d'un dollar par jour.

L'accès à l?eau reste problématique. Si la situation est désormais meilleure à Phnom Penh, avec une couverture de 85 % des districts centraux, que sur le reste du Cambodge, où seulement 37 % de la population urbaine a accès à de l'eau réellement potable, les quartiers périphériques de cette ville n'ont pas toujours de réseau de distribution, et le réseau qui existe est souvent assuré par des transporteurs privés à des prix très élevés.

Entre notre Municipalité et Phnom Penh, cela fait désormais vingt ans que nous entretenons une coopération dans de nombreux domaines. La politique innovante de la régie de Phnom Penh a permis l'installation de nombreux branchements en centre ville comme en périphérie.

Outre la subvention à hauteur de 30 à 100 % de la connexion des ménages après enquête sociale, le programme, soutenu entre 2007 et 2009 par Paris, a permis à 3.800 familles d'être branchées au réseau. Cette nouvelle convention et la subvention de 150.000 euros permettront, pour une période de deux ans, la poursuite de ce programme, car aujourd'hui ce sont encore de nombreuses familles qui ont besoin d?une connexion sociale.

Je me réjouis donc de la conception de notre Ville de l'aide et de la solidarité internationales, s'inscrivant comme je le soulignais dans la durée et dans la volonté de soutenir un développement endogène, dans la considération et le respect de l'autre.

Elle permet aussi de rappeler, dans une période où le repli sur soi pourrait être attrayant pour certains, que la solidarité internationale reste un devoir d?humanité.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour répondre, je donne la parole à M. Pierre SCHAPIRA.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Je remercie Mme Marinette BACHE d?avoir souhaité souligner l?engagement durable de la politique internationale de la Ville de Paris, menée depuis 2001, en matière de développement et de solidarité.

Notre coopération avec la municipalité de Phnom Penh est assez emblématique de cette stratégie. Il s'agit, comme vous l'avez remarqué, d'une très ancienne coopération, qui a pour objectif la maîtrise d'ouvrage local dans différents domaines : la gestion urbaine, les espaces verts dont échanges d'expertise en matière d'élagage, des transports, de l?eau et de l?assainissement, comme le rappelle le projet de délibération d'aujourd'hui, afin de contribuer au programme de l'eau potable pour les pauvres.

Le projet lancé en 2007, porté par la régie des eaux de Phnom Penh, avec lesquels nous travaillons vraiment très bien, qui permet le branchement des ménages les plus défavorisés au réseau d?eau potable.

Sans le financement de la Ville, ce programme initié par la Banque mondiale n'aurait pu être poursuivi, alors qu'il bénéficie à des milliers de familles dans la capitale cambodgienne. C'est vraiment une forte coopération, mais nous avons aussi travaillé avec Phnom Penh dans les domaines du développement urbain, de la réflexion du marché, avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères. Mais ce dernier a malheureusement fait d'autres choix, et n'a pas choisi le Cambodge cette année comme pays cible sur nos thématiques de coopération.

Je rappelle ce que j'ai dit tout à l'heure rapidement, qu'au Forum des images, il y a une manifestation intitulée "Cambodge, le génocide effacé", avec la projection du film du Franco-Cambodgien Rithy Panh, opération que la Ville a financée.

Mais le Conseil de Paris d?aujourd?hui, comme vous l?avez remarqué, avec les différents projets de délibération qui vous sont soumis, démontre que nombre de nos actions à l?international s?inscrivent dans une démarche de moyen ou long terme, avec un apport réel de l'expertise parisienne au profit des municipalités partenaires.

Nous ne sommes pas capables de faire de l'urgence. Ce n'est pas notre métier. L'urgence, les O.N.G. le font très bien, d'ailleurs on les finance et on travaille avec elles. 60 % des budgets que nous votons à l'international vont vers les O.N.G.

Notre rôle est extrêmement important dans la reconstruction. On le voit maintenant à Haïti où, pour ma part, j?estime qu?ils ne sont pas encore sortis de l'urgence mais que la reconstruction va commencer.

Pour avoir une véritable reconstruction ou une aide au développement, on opère d?une manière qui est toujours la même, celle qu'emploient maintenant tous les grands bailleurs mondiaux : un partenariat bien identifié, une appropriation du projet par les autorités locales et par les populations ainsi qu?une formation qui entraîne la durabilité du projet.

Sachez une chose, s'il n'y a pas formation, s'il n'y a pas formation de formateurs, vous pouvez être sûr que l'argent investi tombera à l?eau parce qu'il n'y aura pas durabilité du projet.

Je termine rapidement, on a à ce Conseil par exemple la signature de la conventions avec la Municipalité d?Amman, avec l'Agence française du Développement avec laquelle nous avons signé un accord et le S.T.I.F., que nous vous invitons évidemment à valider, cela va de soi, qui porte sur le projet d?appui à la mise en ?uvre du schéma directeur transport et mobilité, projet qui fait suite à deux années d'échange d'expériences et de connaissances entre nos deux municipalités en matière de développement urbain.

Ce programme de coopération, qui ira jusqu'en 2012, a trois composantes : l'insertion urbaine, la construction d'une offre de service de transport et la promotion d?une mobilité durable à travers une gestion efficace du stationnement.

Sur Buenos Aires, c'est pareil, nous travaillons avec le Ministère des Affaires étrangères, avec lequel nous sommes en coopération décentralisée ainsi qu?avec l?A.P.U.R.

Je rappelle enfin, puisqu'on en a parlé dans l'amendement technique, le grand projet triennal Bamako-Paris-Ouagadougou, sur le renforcement des capacités du personnel soignant sur des projets européens.

On a évidemment beaucoup de projets en instance, projets que nous allons vous soumettre au fil des mois. Sachez que nous avons multiplié nos coopérations. Elles constituent la reconnaissance à l'international et en France également de la compétence et de l'efficacité de nos agents, de nos services et de nos politiques.

Nous ne pouvons que nous réjouir et remercier tout le monde de ce qui est fait pour l'international par la Ville de Paris.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SGRI 75 - DPE 85.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, SGRI 75 - DPE 85).