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Octobre 2010
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Conseil Municipal
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2010, DJS 354 - Subvention à la SASP Paris Saint-Germain Football pour l'année 2010. Montant : 1.500.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2010


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président - Nous examinons maintenant le projet de délibération DJS 354 relatif à l'attribution d'une subvention de 1.500.000 euros à la SASP Paris Saint-Germain Football pour l'année 2010.

La parole est à M. Jérôme DUBUS pour cinq minutes.

M. Jérôme DUBUS. - Mes chers collègues, l'examen de cette subvention au Paris Saint-Germain est l'occasion de faire le point sur l'état actuel et futur du club. Sportivement, le club a bien engagé sa saison. Il enchaîne son septième match sans défaite, possède la meilleure défense du championnat et se classe troisième devant Marseille champion en titre.

La consolidation des efforts de l'année dernière, assortie d'un recrutement peu médiatique mais judicieux semble porter ses fruits. Nous saluons également, Monsieur Maire, l'action de la direction du Paris Saint-Germain dans sa lutte contre la violence au sein du Parc des Princes. Le soutien apporté par la mairie en ce sens est bienvenu car c'est un travail qui demande volontarisme et persévérance.

Cependant, on ne peut s'empêcher de se poser un certain nombre de questions quant au destin du club de notre capitale, et de la politique de la ville à ce sujet. Y a-t-il une stratégie pour ce club ou bien sommes-nous encore dans une succession d'éléments tactiques ? J'ai lu comme vous tous les informations selon lesquelles un accord aurait été signé entre l'actionnaire principal et la famille royale du Qatar pour céder 30 % des parts du club. Cette nouvelle pourrait changer la nature de l?actionnariat du Paris Saint-Germain, avec l'arrivée à cette hauteur d'un nouvel entrant dont le poids financier est bien sûr considérable. Je dis cela car le choix par la Ville du signataire du bail emphytéotique pour le Parc des Princes est prévu en début d'année 2011. Colony Capital est le seul à concourir à l'appel d'offres puisque l'autre prétendant a été évincé avant même le début des auditions par la commission d'attribution. Nous aimerions d'ailleurs être éclairés sur les raisons de cette décision.

M. LORENZETTI s?est exprimé récemment avec une menace non voilée d'un recours judiciaire. Il est temps que la Ville s'exprime sur ce sujet, et informe la représentation municipale.

Or, il semblerait que cet accord de cession de 30 % des parts du Paris Saint-Germain au Qatar prévoit la condition d'obtention par Colony Capital de l'exploitation du Parc des Princes. Si tel était le cas, c'est bien évidemment la relation de confiance entre la Ville et l'actionnaire de son club de football qui s'avérerait faussée. Or, c'est seulement sur la base de cette confiance qu'un grand club de football de niveau européen pourra se bâtir. Paris a en effet besoin d'un club de cette envergure. Cela fait partie du statut d'une grande capitale. C'est un vecteur d'image et une vitrine autant que cela doit contribuer à son attractivité.

Il suffit de voir l?essor économique de Lyon ces 10 dernières années, notamment en matière d'investissements internationaux pour comprendre le rôle joué par un grand club de football pour l'image d'une capitale européenne. Aujourd?hui, et depuis plusieurs années, nous sommes à la traîne. Le Paris Saint-Germain est le seul club au monde à évoluer dans un bassin de 10 millions d'habitants sans connaître de concurrence. Il n'atteint pas pour autant l'animation qu'on est en droit d'attendre. Londres, Madrid, Barcelone, Milan, Rome, bientôt les capitales de la Mito Europa, toutes ces métropoles sont dotées de plusieurs clubs compétitifs au niveau national et au niveau européen.

Ce n'est pas un constat personnel, c'est celui d'un expert, Arsène WENGER, qui suit de près la situation du club, et qui s'est exprimé récemment en disant : "Il faut asseoir des investisseurs à une table et doter le club de moyens financiers". Vous devez donc, Monsieur le Maire, faire preuve de volontarisme de ce point de vue. Il est du rôle de la Ville de s'assurer que le propriétaire du club de la capitale porte un projet sur le long terme et manifeste un réel engagement pour le développement du club. Nous souhaitons donc clairement que vous preniez des initiatives rapides dans ce domaine et que pourquoi pas, un débat ait lieu au Conseil de Paris sur l'avenir du Paris Saint-Germain.

Sur le plan de la lutte contre les problèmes de violence, la Ville apporte certes un soutien indispensable, mais concernant la politique sportive et financière du Paris Saint-Germain, il semblerait que le contrôle lui échappe toujours entre rumeur de vente et hésitation à investir du propriétaire. Et pourtant le Paris Saint-Germain mérite mieux que le parcours moyen, voire médiocre qu'il a connu ces dernières années. Il lui faut une assise financière solide, mais aussi une vraie stratégie de développement pour en faire dans les 5 années qui viennent un grand du football français et européen. Gagner la Coupe de la ligue, gagner la Coupe de France c'est bien. Visez la Champions league, c'est mieux.

Oui, mes chers collègues, la ville lumière mérite mieux qu'un club au scintillement éphémère. Elle mérite un véritable phare qui éclaire la planète du football européen.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je remercie surtout M. DUBUS d'être resté très strictement dans le temps qui lui était imparti.

La parole est encore à M. David ALPHAND, avant de donner la parole à M. VUILLERMOZ. Excusez-moi, Monsieur ALPHAND, vous avez la parole pour cinq minutes.

M. David ALPHAND. - Cela sera bien difficile, car Jérôme DUBUS a placé la barre véritablement très haute. Je le félicite pour sa connaissance particulièrement pointue du championnat de France de foot.

Jérôme DUBUS s'est placé sous l'angle de la stratégie, qui pourrait être menée concernant notamment la prise de participation au sein du capital du PSG. Ce qui m'intéresserait, à l?occasion de ce projet de délibération, c'est de parler plus particulièrement du soutien que la Ville de Paris peut apporter à ce club de foot, qui représente un élément essentiel au sein du pacte social que nous nouons tous ensemble dans la Capitale.

La subvention de 1,5 million d'euros, que nous nous apprêtons à voter, représente la contrepartie de la convention qui lie le club à la Ville. Cette convention, je le rappelle, porte sur trois points en particulier : la formation, l'animation sportive en faveur des jeunes Parisiens, et la prévention et la lutte contre la violence, le racisme et toutes formes de discriminations.

L'exposé des motifs du projet de délibération rappelle que, finalement, le club PSG est un club formateur, dont l'un des centres est l'un des plus performants aujourd'hui au sein du championnat de France de foot.

On peut également rappeler, concernant les objectifs fixés au club, le rôle d'animation avec les dix-sept clubs filleuls qu?anime le P.S.G.

Naturellement - c'est peut-être le point le plus essentiel aujourd'hui dans l'actualité du club -, l'équipe dirigeante du P.S.G. s'est engagée dans un plan de lutte contre la violence dans le Parc des Princes, et de pacification des relations entre les supporters - qu'ils soient Parisiens entre eux ou Parisiens avec les clubs visiteurs - qui est un plan particulièrement courageux et qui doit être encouragé, soutenu.

Nous pouvons en faire la promotion autour de nous au Conseil de Paris, car il était attendu depuis plusieurs années. L'équipe dirigeante, de ce point de vue, a pris une décision courageuse, qui aurait déjà dû être prise depuis longtemps. En contrepartie de ces initiatives et de ces actions, la Ville de Paris accorde une subvention de 1,5 million d'euros, comme je le rappelais.

Je voudrais préciser tout d'abord que cette subvention est en diminution de 30 % par rapport au montant accordé il y a deux ans et est égale au montant accordé l'année dernière. La Ville de Paris est quelque peu chiche, concernant les moyens financiers consentis au P.S.G.

Ce n'est pas le seul motif d'inquiétude, concernant le club, quant au financement que peut lui accorder la Ville. Je voudrais en venir à la question du Parc des Princes et de la renégociation de la convention qui lie la Ville au prochain opérateur, qui actuellement est Colony Capital, comme chacun le sait. Jérôme DUBUS commençait d'ailleurs à évoquer ce point.

A cet égard, je voudrais quand même souligner cet après-midi que la Ville de Paris, l'Exécutif municipal, fait peser 100 % de la charge du réaménagement, de la rénovation et de la modernisation du Parc des Princes sur l'opérateur privé.

De ce point de vue, quelques points de référence et de comparaison ne sont pas inutiles. Au Mans, qui possède lui aussi un club de foot, il y a un cofinancement public/privé, avec notamment l'intervention du Conseil général.

A Paris, on fait moins bien qu?au Mans. Et pour le foot à Paris, on fait beaucoup moins bien que pour le rugby car, autant pour le Parc des Princes on impose un financement 100 % privé, autant la Ville fait preuve d'une largesse toute particulière concernant la rénovation, la démolition, la reconstruction de Jean Bouin, où ce n'est pas du tout 100 % privé mais 100 % public, à hauteur de plus de 150 millions d'euros.

De ce point de vue, il y a également une différence tout à fait notable et sur laquelle nous aurons certainement l'occasion de revenir.

Naturellement, nous voterons cette subvention mais tout en faisant part, à la fois des réserves et des inquiétudes concernant la position de la Ville et de la politique, qui est à l'heure actuelle menée à l'égard du P.S.G.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur ALPHAND.

Pour répondre aux deux orateurs précédents, la parole est à M. VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais, dans un premier temps, remercier M. DUBUS qui est bien informé de ce qui se passe au niveau du football en France, puisqu'il a fait le panégyrique de ce qui se passe au Paris Saint-Germain à l'heure actuelle.

Il est vrai que, l?an passé, le Paris Saint-Germain a gagné la coupe de France, qu?il avait gagné la coupe de la Ligue l?année d?avant, et qu?il se trouve maintenant dans une situation assez favorable, jamais vue depuis un certain nombre d'années, en troisième place du championnat.

Cela montre que le Paris Saint-Germain va bien, va mieux et, dans ce contexte, nous avons tout fait pour qu'il aille bien. Nos relations avec l'équipe du Paris Saint-Germain sont bonnes. Nous avons reçu l'ensemble de l'équipe professionnelle et de l'équipe féminine, il y a très peu de temps ici, comme nous le faisons tous les ans pour le repas du début d'année avec le Maire de Paris.

Je voudrais simplement rappeler que le Paris Saint-Germain, comme toute équipe professionnelle, est en quelque sorte une entreprise privée, qu'il est géré comme une entreprise privée. Et de ce point de vue, nous n'avons pas à intervenir et nous ne sommes pas au Conseil d'administration de ce club. A partir de là, c'est lui-même qui décide de ses choix, et qui décide évidemment de sa gestion et de ses financements.

Bien sûr nous ne sommes pas indifférents à la situation de ce club. Mais nous n'avons à prendre position et à donner notre avis qu'à partir du moment où le financement change à plus de 50 %.

Il faut savoir également que, pour l'instant, tout ce que vous dites, Monsieur DUBUS, ce ne sont que des suppositions, que des choses qui n'ont pas encore été totalement dites, et tout au moins le club n'a encore absolument rien dit sur d'éventuels changements de financement ou entrées de capitaux, d?où qu'ils viennent d'ailleurs.

Pour l'instant, je ne commenterai pas la rumeur. Je vous laisse la commenter et donner des avis, mais je n'ai pas à commenter de rumeurs de ce type. Première chose.

Deuxième chose, sur le bail emphytéotique - je répondrai aussi à ce sujet à M. ALPHAND -, ce sont deux choses différentes. D'un côté, il y a le club, le Paris Saint-Germain et, de l'autre côté, il y a une mise en concurrence du bail emphytéotique.

Effectivement, il y avait deux candidats, l?un n?a pas répondu à nos demandes en ce qui concerne le dossier, et à partir de là nous n'avons pas poursuivi avec ce candidat. Ceci dit, je ne peux pas en dire plus aujourd'hui et vous comprendrez bien pourquoi, puisqu'un recours a été déposé.

Je voudrais néanmoins souligner, par rapport à ce que disait M. ALPHAND, qu'il ne faut tout de même pas se tromper. Nous sommes là pour parler du 1,5 million d'euros, qui est la subvention que nous donnons au Paris Saint-Germain, en lien avec la convention que nous avons passée avec le Paris Saint-Germain, c'est-à-dire aussi bien la formation, l'animation, les dix-sept clubs filleuls mais aussi l'équipe féminine, puisque celle-ci a gagné le challenge de France l'année dernière, ce qui est l'équivalent pour les équipes féminines de la Coupe de France.

C?est un plus, parce que nous savons que l'équipe féminine n'était pas pour le Paris Saint-Germain l'objectif principal. Cela ne l'est toujours pas, mais il n'empêche qu'il y a maintenant de plus en plus d'intérêt pour l'équipe féminine. C'est donc quelque chose de positif.

En ce qui concerne la prévention, Monsieur ALPHAND, vous le savez très bien, nous avons joué notre rôle en ce qui concerne la sécurité, notamment en renforçant les barrières autour du Parc des Princes, et nous avons aussi mis un certain nombre de caméras dans et autour du Parc des Princes.

Nous avons donc joué notre rôle de ce point de vue.

Je lui dirai aussi que deux choses sont différentes : Jean Bouin, d'un côté, le Parc des Princes de l?autre. Monsieur ALPHAND, vous le savez très bien, je ne reviendrai pas sur le débat qu?il y a eu sur Jean Bouin. Il fallait absolument un stade pour jouer au rugby et pour permettre à une grande équipe parisienne, qui joue dans le Top 14, d'avoir un stade digne de ce nom.

En ce qui concerne le Parc des Princes, c'est autre chose. Le Parc des Princes existe, il a été construit il y a maintenant plusieurs années. Il faut aujourd'hui le mettre aux normes de l?U.E.F.A. pour recevoir la Coupe d'Europe en 2016.

A partir de là, nous avons fait le choix et vous l'avez voté, peut-être pas vous, mais nous l'avons mis au vote au Conseil de Paris et il a été adopté que, pour refaire ce Parc des Princes, nous passions par un B.E.A.

Ce sont les différences fondamentales qu'il peut y avoir entre le stade Jean Bouin d'un côté et le Parc des Princes de l'autre.

Enfin, je dirai à M. DUBUS qu'entre Paris et Lyon - on pourrait même parler de Marseille - les choses sont tout de même un peu différentes. Ces trois villes sont évidemment de grandes villes nationales.

Paris est tout de même la capitale de la France. Quand on regarde le nombre de touristes qui viennent à Paris, c'est quand même un peu différent par rapport à Lyon et à Marseille.

Certes, nous avons à développer les rapports que nous pouvons avoir avec le Paris Saint-Germain, mais ne confondons pas Lyon, Marseille et Paris de ce point de vue.

En ce qui concerne un deuxième grand club à Paris, Monsieur DUBUS, vous savez que nous continuons à subventionner le Paris F.C., que le Paris F.C. continue à jouer en nationale et que, malheureusement, l'an passé, il n'est pas monté en deuxième division.

J'espère que, cette année, il sera mieux placé. Peut-être montera-t-il en deuxième division, ce qui fera un deuxième grand club à Paris.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur VUILLERMOZ.

Je vais donc mettre aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 354.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DJS 354).