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44 - QOC 95-212 Question de MM. Alain LHOSTIS, Michel VION, Mme Martine DURLACH, M. Michel TUROMAN et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris sur la fermeture du service des urgences de l'hôpital Saint-Louis (10e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 1995



Libellé de la question :
"La fermeture programmée du service des urgences de l'hôpital Saint-Louis (10e) inquiète, depuis son annonce, les habitants et les élus du nord-est parisien.
Le document relatif aux orientations médicales 96-2000 de l'A.P.-H.P. note que la prise en charge des urgences de cet hôpital sera assurée par l'hôpital Lariboisière (10e), pré-désigné pour disposer d'un S.A.U.
Or, ce dernier établissement accueille déjà, chaque année, 45.000 urgences auxquelles s'ajouteraient 10.000 urgences de traumatologie et, dans un premier temps, les 10.000 urgences de nuit de l'hôpital Saint-Louis. En somme, 25.000 urgences supplémentaires seraient dirigées vers l'hôpital Lariboisière, soit un total de plus de 90.000 urgences !
Les populations des 10e, 11e et 19e arrondissements se verraient accueillies dans des conditions qui ne manqueraient pas de mettre en cause la qualité des premiers soins, en dépit de l'engagement des personnels médicaux et para-médicaux.
Près de 400.000 personnes habitent dans ce secteur et des dizaines de milliers y travaillent quotidiennement. Ajoutons la présence de deux gares (de l'Est et du Nord) qui voient passer chaque jour des dizaines de milliers de voyageurs.
La gare du Nord, première gare d'Europe, va voir son trafic croître considérablement avec la mise en service d'"Eole" en 1998. La gare de l'Est recevra le T.G.V. à l'horizon 2000.
Dans ces conditions, il apparaît impensable de concentrer sur un seul site, celui de l'hôpital Lariboisière, un service des urgences performant.
MM. Alain LHOSTIS, Michel VION, Mme Martine DURLACH, M. Michel TUROMAN et les membres du groupe communiste demandent à M. le Maire de Paris de proposer que le Conseil de Paris se prononce contre la fermeture du service des urgences de l'hôpital Saint-Louis et, qu'au contraire, cet établissement soit doté des moyens humains et matériels nécessaires à la poursuite de ses activités. Ils lui demandent également d'intervenir dans ce sens en tant Président du conseil d'administration de l'A.P.-H.P."
Réponse (Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint) :
"L'Assistance publique- Hôpitaux de Paris a prévu effectivement de regrouper les urgences de Saint-Louis et de Lariboisière sur le site de l'hôpital Lariboisière. Les chiffres d'activité de 1994 donnent 32.891 urgences pour Saint-Louis et 40.057 urgences pour Lariboisière, soit au total 72.948 urgences.
Consciente des conséquences pour la population d'une telle décision, l'A.P.-H.P. a convenu, en accord avec le corps médical des hôpitaux concernés, de procéder au regroupement en deux étapes et de mettre à profit ce délai pour développer des alternatives aux urgences en particulier sur l'hôpital Saint-Louis.
La première étape consisterait à transférer le service d'orthopédie et les urgences, de jour comme de nuit, de traumatologie (10.000 par an) de l'hôpital Saint-Louis à l'hôpital Lariboisière. Une période d'observation de douze mois permettrait d'analyser le comportement de la population, et donc l'activité des urgences dans les deux hôpitaux concernés. S'agissant des personnes qui continueraient à se présenter aux urgences de Saint-Louis pour de la traumatologie bénigne (entorse, par exemple), les modalités de prise en charge seraient définies avant le transfert à l'hôpital Lariboisière du service d'orthopédie et de traumatologie. Un bilan serait réalisé, en concertation, par le corps médical des deux hôpitaux. Dans l'hypothèse où il n'y aurait pas de dysfonctionnements majeurs, la deuxième étape interviendrait alors.
Celle-ci consisterait en la fermeture des urgences de Saint-Louis la nuit, l'hôpital Lariboisière assurant son rôle de Service d'accueil des urgences (S.A.U.).
Cette période d'analyse de douze mois serait mise également à profit par le corps médical, notamment de Saint-Louis, pour développer des alternatives aux urgences. Ainsi plusieurs initiatives seraient prises dans le cadre des relations médecine de ville-hôpital : consultation sans rendez-vous avec des médecins de ville jusqu'à 19 heures, augmentation des admissions directes dans les services de jour comme de nuit, réservation de la première heure des consultations de spécialités aux malades vus à domicile dans la nuit par les médecins de ville.
Il convient de préciser, par ailleurs, que l'hôpital Saint-Louis, dans une période récente, a été amené à fermer ses urgences pendant plusieurs semaines pour travaux et à transférer son activité d'urgence sur l'hôpital Lariboisière, sans que cela entraîne des difficultés majeures pour la population.
Enfin, il est à noter que des investissements très importants ont été réalisés sur les urgences de Lariboisière pour faire de ce service l'un des plus importants sites d'accueil d'urgence de Paris."