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Juillet 1998
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Conseil Général
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23 - 1998, DAEE 24 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec la Mission locale " Paris-Centre " une convention de gestion en vue du fonctionnement d'un " Cyber jeunes espace emploi ", 39, rue de Bretagne (3e). - Subventions correspondantes. - Montant total : 700.000 F

Débat/ Conseil général/ Juillet 1998


M. Philippe LAFAY, président. - Nous passons au projet de délibération DAEE 24 G autorisant M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, à signer avec la Mission locale " Paris-Centre " une convention de gestion en vue du fonctionnement d'un " Cyber jeunes espace emploi ", 39, rue de Bretagne dans le 3e arrondissement.
Je donne la parole au premier orateur inscrit : Mme PIN.
Mme Malvina PIN. - Monsieur le Président, mes chers collègues.
Vous avez décidé de ne pas écouter les élus du 3e arrondissement - d'ailleurs c'est très fréquent - et la population de cet arrondissement concernant l'occupation des petites maisons situées devant le célèbre marché des Enfants-Rouges. Je ne reviendrai pas sur l'historique de ce marché et ses péripéties, y compris les toutes dernières puisqu'il doit y avoir une malédiction du pharaon : les experts tombent tous malades dès qu'ils ont une mission !
En effet, la destination prévue par le Conseil d'arrondissement était de transformer ces locaux inoccupés en Maison des associations, structure manquante dans cet arrondissement du centre. Vous préférez y installer un " Cyber jeunes espace emploi " - j'ai failli dire " Cyber café ", il ne faut pas confondre du tout ! - comme dans le 5e arrondissement, rattaché à la Mission locale " Paris-Centre ".
Il nous semble que votre projet est peu sérieux. Tenter de résoudre le chômage des jeunes par le biais d'Internet relève, il faut bien le dire, du gadget !
La technique c'est bien, le progrès c'est mieux ! Mais naviguer sur Internet - d'ailleurs je signale à mes collègues que cela ne se dit plus, on dit : " surfer sur le net " - pour trouver un emploi international, je me pose des questions. D'ailleurs, je vous donnerai un petit exemple : M. CHIRAC avait visité - il était déjà Président de la République, il me semble - le centre de Boulogne, le premier qui a été fait en Région parisienne. Il avait tapoté son C.V. On lui a proposé un emploi dans la restauration au Japon !
(Rires sur les bancs de l'Assemblée).
Néanmoins, nous sommes pour sortir les jeunes du chômage, comme le prévoit le dispositif du Gouvernement et de Mme AUBRY avec les emplois-jeunes.
Nous voterons votre délibération en croisant les doigts pour que votre système fonctionne, mais nous émettons beaucoup de réserves.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. Philippe LAFAY, président. - Je donne la parole à M. MANSAT.
M. Pierre MANSAT. - Dans le 3e arrondissement, et pour ses 35.000 habitants, il n'y a aucun centre d'animation, maison de jeunes ou centre social. Le F.A.L. situé aux Halles couvre les quatre premiers arrondissements, mais il est beaucoup trop éloigné pour les habitants du 3e, et reste largement insuffisant.
L'arrondissement manque donc depuis toujours d'une structure de proximité de rencontre, d'animation et de loisirs, ouverte à tous. Pour les enfants, les jeunes, il n'y a aucun lieu qui leur offre quelques activités culturelles ou de loisirs.
Pour les personnes âgées, même chose. Rien pour les habitants, ni pour les associations locales qui font tant à Paris contre la précarité et l'isolement et qui sont donc, de ce fait, particulièrement freinées dans leur développement : pas de locaux pour leurs permanences, pour entreposer du matériel, pour des réunions, pas de locaux pour le soutien scolaire ou l'alphabétisation, pas de locaux pour les jeunes compagnies de théâtre, les chorales si nombreuses dans cet arrondissement.
Les maisonnettes situées 39, rue de Bretagne, vides et murées depuis 1991, devaient être démolies en même temps que le marché des Enfants-Rouges dans le cadre du projet " DOMINATI ". C'est la lutte des habitants et des associations qui les a sauvées de la démolition, et dès l'annonce par le Maire de Paris de réouvrir le marché, il est apparu que les maisonnettes constituaient un emplacement idéal pour une maison de quartier parce que c'est un lieu central, de petite taille et connu des habitants.
La mairie du 3e, sur l'initiative de Michèle ZALCMAN, déléguée à la vie associative, et les associations ont élaboré un projet d'équipement de proximité à caractère éducatif, culturel et social, soumis en septembre 1996 au Maire de Paris et aux adjoints concernés.
Ce projet a fait l'objet d'un C.I.C.A. et de quatre voeux du Conseil d'arrondissement. Faute de réponse, les associations ont envoyé au Maire de Paris plusieurs lettres, fait signer des pétitions, mené une campagne de photos, etc.
Après plus d'un an de silence, c'est par lettre du 18 octobre 1997, que M. TIBÉRI informait le Maire d'arrondissement de sa décision d'affecter les maisonnettes à un espace " Cyber emploi jeunes ". Sans concertation ni avec les élus d'arrondissement, ni avec les associations, il prive ainsi les habitants d'un équipement essentiel. Leur projet a donc été tout simplement refusé, sans aucune proposition alternative.
Au C.I.C.A. du 10 mars sur l'espace " Cyber jeunes ", auquel il était invité, M. TIBÉRI ne s'est pas fait représenter par un de ses adjoints, ni par un élu, il s'est fait représenter par M. VILOTTE, directeur du développement économique, chargé uniquement d'apporter des informations techniques, ce qu'il a fait d'ailleurs oralement.
On pourra noter qu'à ce jour, les élus n'ont toujours pas reçu le moindre dossier décrivant le projet, son budget, son fonctionnement, le nombre de personnes affectées, etc. sous prétexte que la délibération est soumise au Conseil général.
Pourtant, ce ne sont pas les déclarations sur la volonté de dialogue avec les habitants qui manquent ! Un article intitulé : " la concertation, une aide à la décision " dit : " Mieux prendre en compte les attentes des habitants, notamment pour les aménagements de proximité constitue une priorité de la Ville de Paris pour réaliser un urbanisme à visage humain " (M. TIBÉRI " Paris le Journal " n° 73 de mars 1997).
Ce n'est donc pas ce qui s'est passé dans le 3e.
Pour nous il ne s'agit donc pas de nous opposer à un projet qui constitue une aide à l'insertion professionnelle des jeunes, mais n'était-il pas possible pour la Ville d'affecter d'autres locaux à l'espace " Cyber emplois jeunes ", quitte à en louer, comme elle l'a fait 24, rue des Ecoles par exemple ? Aux alentours de la place de la République on aurait pu et on peut toujours trouver un emplacement bien mieux desservi pour accueillir des jeunes qui vont venir de tous les arrondissements du Nord de Paris, c'est pourquoi nous demandons à l'occasion de cette délibération au Maire de Paris d'une part, d'entamer le dialogue avec les élus et les associations du 3e en vue de créer dans des délais très rapides l'équipement éducatif, social et culturel de proximité qu'ils demandent ; d'autre part d'associer étroitement les associations de quartier concernées au développement, au fonctionnement de l'espace " Cyber emplois jeunes ", il y a par exemple des possibilités en les faisant rentrer dans le Conseil d'administration de la Mission locale " Paris-Centre ".
Concernant le " Cyber espace emplois jeunes ", nous avons bien entendu votre argumentation et notamment le bilan que vous tirez de celui de la rue des Ecoles. Tant mieux si grâce à Internet des jeunes trouvent du travail ou des stages, mais nous renouvelons ici nos propositions : il faut passer d'un lieu central de consultation, même s'il est nécessaire notamment pour la formation, à la mise en réseau massive et aux possibilités de consultation et d'accès à ce service à partir de P.C. installés dans des lieux fréquentés par les jeunes, les mairies, les maisons de jeunes, Paris pour les jeunes, etc.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Philippe LAFAY, président. - Je remercie M. MANSAT et je donne la parole à Mme CATALA pour répondre aux intervenants.
Vous avez la parole, Madame.
Mme Nicole CATALA, vice-président, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Président.
Je regrette un peu que Mme PIN n'ait pas eue l'occasion de visiter le " Cyber espace emplois jeunes " du 5e car elle y aurait découvert l'utilité des informations que les jeunes y recueillent. En effet l'on n'y découvre pas seulement des emplois de cuisinier à Tokyo mais toutes sortes de possibilités d'emplois à Paris et croyez-moi ces offres d'emploi sont extrêmement nombreuses et il est regrettable qu'elles ne soient pas pourvues.
Je vous propose donc, Madame PIN, d'organiser avec vous une autre visite de l'espace " Cyber emplois jeunes du 5e ", vous pourrez en mesurer l'utilité, utilité qui se vérifie d'ailleurs dans la fréquentation de ce lieu qui accueille déjà plus de 800 jeunes par mois et nous en sommes encore à un stade où il n'est pas complètement connu.
Je tiendrai à M. MANSAT un discours un peu semblable, mais lui est déjà convié à visiter l'espace " Cyber emplois jeunes du 5e " puisqu'il est prévu que les membres de la 7e Commission se rendront sur place à la rentrée, je pense, pour une visite.
Vous nous avez dit que vous regrettiez que les locaux de la rue de Bretagne aient été affectés à un second espace " Cyber emplois jeunes ", pour ma part je ne le regrette pas car l'Etat lui-même, le Conseil régional, la Délégation à l'insertion des jeunes, tous trois ont considéré que ce projet correspondait à l'intérêt général puisqu'ils ont accepté de traiter ce dossier comme tel, et donc il s'agit bien à nos yeux d'un dossier d'intérêt général.
Alors je voudrais poursuivre pour indiquer à M. MANSAT que si un dossier n'a pas été communiqué aux élus c'est parce qu'il y a déjà un " espace emplois jeunes " qui fonctionne et qu'il est donc censé être connu des uns et des autres et qu'enfin en ce qui concerne le fonctionnement en réseau qu'il appelle de ses voeux, il est évidemment dans nos intentions d'aller vers cette mise en réseau et notamment de prévoir dans un second temps la connexion entre les micro-ordinateurs qui se trouverons dans les Missions locales et l'accès au réseau Internet que permettent ces espaces " Cyber emplois jeunes ". Voilà les éléments de réponse que je voulais vous donner M. MANSAT.
M. Philippe LAFAY, président. - Merci, Madame CATALA.
M. Pierre AIDENBAUM. - S'il vous plaît?
M. Philippe LAFAY, président. - Vous n'êtes pas inscrit, je vous donne cependant la parole pour quelques instants.
M. Pierre AIDENBAUM. - Par rapport à ce dossier, je crois qu'il ne faut pas mal comprendre nos propos ; nous n'avons pas d'opposition systématique à la création d'un espace " Cyber emplois jeunes ". Simplement nous disons qu'on va y consacrer 350 mètres carrés en plein centre du quartier des Enfants-Rouges, alors que, comme cela a été rappelé dans les deux interventions précédentes, nous n'avons aucune maison de quartier.
Vous dites que tout le monde est d'accord. Je ne vois pas avec qui vous vous êtes mis d'accord, d'autant plus que le Conseil régional dont vous parlez, ne s'est pas prononcé sur ce dossier et à aucun moment vous n'avez consulté la mairie, le Conseil du 3e, à aucun moment nous n'avons reçu une lettre de M. TIBÉRI nous informant qu'il avait pris la décision d'y créer un espace " Cyber emplois jeunes ".
Quand j'ai écrit à M. TIBÉRI en lui disant que l'idée pouvait être discutée et que personnellement je voyais bien à l'intérieur d'une maison de quartier, d'une maison des associations, un tiers de cette maison consacré à un espace " Cyber emplois jeunes ", j'attends toujours aujourd'hui, six mois ou sept mois après, une réponse de M. TIBÉRI. Aucune concertation, comme cela a été rappelé tout à l'heure, il ne s'agit pas de faire des grandes déclarations de la preuve sur la concertation, notamment pour les équipements de proximité, et ne jamais en tenir compte. Le Maire du 3e arrondissement que je suis n'a jamais eu sur ce projet aucun contact, aucune information, aucune discussion, encore à ce jour. Je voulais le signaler.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. Philippe LAFAY, président. - Merci, Monsieur AIDENBAUM.
Nous passons maintenant au vote de cette délibération...
Mme Nicole CATALA, vice-président, rapporteur. - Je veux bien indiquer au préalable, Monsieur le Président que M. AIDENBAUM je crois fait un mauvais procès à la majorité municipale et au Maire de Paris. En effet, chaque espace " Cyber emplois jeunes " est géré par une mission locale, en l'espèce celui-ci le sera par la Mission locale " Paris-Centre ", chaque mairie d'arrondissement a des représentants au sein du Conseil d'administration de la Mission locale, donc vous devez être informé de ce qui se décide au sein de la Mission.
M. Pierre AIDENBAUM. - Ce n'est pas la mission qui décide, et vous le savez bien !
M. Philippe LAFAY, président. - Ne relançons pas le débat, Mme CATALA a répondu.
Mme Nicole CATALA, vice-président, rapporteur. - Le Maire d'arrondissement est représenté au Conseil d'administration de la Mission locale. Voilà, Monsieur le Président, ce que je souhaitais répondre.
Mme Malvina PIN. - C'est lamentable !
M. Philippe LAFAY, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAEE 24 G.
Quels sont ceux qui sont pour ?
Ceux qui sont contre?
Abstentions?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes communiste, des Indépendants, Mmes SCHERER, SILHOUETTE, BILLARD, MM. BLET et REVEAU s'étant abstenus. (1998, DAEE 24 G).