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Juillet 1998
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Conseil Général
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24 - 1998, DAEE 26 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec l'association " Les Amandines " une convention. - Attribution d'une subvention d'investissement d'un montant de 200.000 F. - Attribution d'une subvention exceptionnelle de démarrage d'un montant de 200.000 F

Débat/ Conseil général/ Juillet 1998


M. Philippe LAFAY, président. - Nous passons au projet de délibération DAEE 26 G autorisant M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, à signer avec l'association " Les Amandines" une convention. - Attribution d'une subvention d'investissement d'un montant de 200.000 F. - Attribution d'une subvention extrêmement exceptionnelle de démarrage d'un montant de 200.000 F.
Je donne la parole à M. MALBERG.
M. Henri MALBERG. - Monsieur le Président, le vote que nous allons émettre est important puisqu'il s'agit d'une contribution à la naissance de la première régie de quartier à Paris : " Les Amandines ". Les régies de quartier, dont l'expérience chemine depuis longtemps dans toute la France, c'est la recherche originale d'un nouveau rapport entre les habitants, les associations, les municipalités, l'Etat et les bailleurs sociaux. C'est-à-dire la recherche d'un lieu, d'un engagement, d'un partenariat.
Ici, il s'agit des Amandiers-Ménilmontant, c'est-à-dire un de ces quartiers du 20e arrondissement où, comme à Belleville, une longue et âpre contestation s'est développée. Une intervention de la population a fini par peser positivement sur une rénovation qui, sans cette intervention, n'aurait rien laissé de tout ce qui méritait de l'être et aurait mis dehors des centaines de familles. Un lien social très fort s'est créé dans ces luttes. La régie de quartier " les Amandines " est l'une des expressions de ce nouveau lien social. Ce quartier compte 20.000 habitants avec une forte population de moins de 18 ans, y cohabitent des populations d'origine très diverses et réputées à forte tradition populaire, artisanale et artistique. Les habitants sont confrontés depuis plusieurs années à différents types de difficultés, telles que l'insuffisance de l'activité économique, notamment en ce qui concerne le commerce de proximité, le manque d'espaces verts, l'habitat trop serré sans espace libre ni aire de jeux, peu d'équipements sportifs ou de loisirs, déclassification de l'environnement urbain, dégradation constante, insuffisance de l'entretien, des signes d'insalubrité, des problèmes de santé et d'insécurité.
Dans ce quartier, une quinzaine d'associations impliquées dans la vie sociale participent activement à la création de cette régie de quartier et contribuent à ce qu'elle soit perçue par les habitants comme un moyen leur permettant de préserver leur quartier par des actions de gestion, de protection, de valorisation de leur propre environnement urbain.
La régie a donc un impact positif dans divers domaines y compris et peut-être d'abord en matière économique, de vie sociale, de vie du quartier.
Les activités proposées par cette régie de quartier, la première du genre, sont des activités à dominante économique : second oeuvre de bâtiment qui améliore les conditions de vie du quartier et qui crée des emplois. Aussi des activités à dominante sociale, correspondant au quartier dont le but est de le rendre plus convivial. Des activités de création et d'insertion par des fresques renouvelables en chantiers d'insertion. Enfin, de l'accueil, de l'animation, de l'information, du conseil aux habitants.
Ces activités perçues comme socialement utiles permettront d'initier un processus d'insertion économique et sociale pour les habitants, renforceront les liens sociaux aujourd'hui distendus.
A un autre niveau, habitants et associations voient dans la régie l'occasion d'établir d'autres rapports avec les institutions car participant à l'entretien et à l'embellissement de leur quartier, à la responsabilisation des habitants, à l'animation des endroits sensibles ; ils pourront interpeller directement les élus et les bailleurs partenaires de la régie.
Cette première régie de quartier a donc un fort contenu emblématique. Concrètement, elle va créer des emplois, une quinzaine d'équivalents temps plein en valorisant l'économie solidaire et à terme une autonomie financière totale.
Elle améliorera les conditions de vie matérielles des habitants par leur propre intervention sur l'habitat. Elle renforcera et créera des liens de convivialité et du lien social. Elle permettra par la proximité, par l'intervention des habitants de les responsabiliser par rapport à la qualité de la vie du quartier. Au total, je me réjouis au nom du groupe communiste que cette étape soit franchie et je voudrais remercier tous ceux qui y ont contribué à gauche dans la Municipalité, d'abord les habitants du quartier, mais aussi sur les bancs de la majorité, j'en prends acte.
M. Philippe LAFAY, président. - Je vous remercie.
La parole est à M. Bertrand BRET.
M. Bertrand BRET. - Mon intervention sera brève. Beaucoup de choses très justes ont été dites par M. MALBERG. Je voudrais commencer par sa conclusion. Lorsqu'une idée est bonne et qu'elle va dans le sens de l'intérêt général, pour Paris, pour un quartier, il est bien que tout le monde puisse travailler ensemble, s'y retrouve et fasse en sorte qu'elle aboutisse.
Cette subvention est un symbole, celui de la création de la première régie de quartier à Paris. C'est un événement. C'est en même un pari. Ni les uns ni les autres et singulièrement pas les animateurs de la future régie de quartier, n'ont droit à l'échec, tant il est vrai que leur action sera regardée pour ce qu'elle est, une expérience pilote, une expérience de première importance.
En ce sens, la mairie d'arrondissement du 20e dès son élection en 1995 a, avec les habitants et le tissu associatif du quartier des Amandiers, commencé à faire émerger ce projet de régie de quartier. Elle a ensuite reçu l'écoute attentive des bailleurs sociaux et singulièrement de l'O.P.A.C. et puis de la Ville. Cette démarche initiatique trouve aujourd'hui une heureuse conclusion. La somme n'est pas très importante (200.000 F), mais elle est symbolique et permet d'aller de l'avant dans ce qui, à l'évidence, va permettre de transformer profondément et non seulement les relations sociales à l'intérieur d'un quartier, mais aussi la vie même de ce quartier. A terme, cette régie de quartier aura pour ambition d'employer 18 personnes à temps plein. D'ores et déjà, ce sont deux personnes et 4 emplois-jeunes qui vont commencer dès le mois de septembre, à travailler d'arrache-pied pour décrocher les premiers contrats et réaliser les premiers travaux. Cet événement d'importance est le fruit d'un travail en commun dont nous ne pouvons tous que nous féliciter. C'est un pari sur l'avenir. Une fois encore, quand les intérêts communs, quand l'intelligence est partagée, nous aboutissons à des résultats qui valent la peine d'être réalisés et soutenus. En ce sens, nous apportons tout notre soutien à cette initiative, à laquelle nous souhaitons bonne chance.
M. Philippe LAFAY, président. - La parole est à M. BARIANI.
M. Didier BARIANI. - La régie de quartier des Amandines est la première expérience de cette nature à Paris. Née dans la Z.A.C. " des Amandiers " (20e) de l'initiative des habitants et des associations actives dans les domaines de l'urbanisme et du logement, le Maire de Paris a entendu soutenir, dès l'origine, cette démarche novatrice. Il m'avait donné faculté, en quelque sorte, d'entretenir avec les initiateurs de ce projet les relations permettant d'aboutir à la délibération d'aujourd'hui.
Personnellement, je me suis très tôt associé à ce soutien, convaincu de l'intérêt pour le quartier de ce projet, et j'ai pris une part active aux nombreuses réunions de travail organisées sous l'autorité du Maire de Paris, avec les protagonistes de ce projet et les partenaires que sont les Pouvoirs publics, mais aussi les bailleurs sociaux, la mairie d'arrondissement. Ce partenariat était à construire.
Il a donné lieu à de nombreux échanges fructueux, permettant de caler, comme l'on dit, les différentes approches pour aboutir, lors d'une dernière réunion de travail, le 12 mai dernier, à la décision de l'ouverture des activités de la régie du quartier Amandiers-Ménilmontant.
Pour aider au démarrage de cette régie, la Ville, dans le cadre du projet de délibération qui est présenté aujourd'hui à votre Assemblée par Mme CATALA, attribue à l'association " Les Amandines " une subvention exceptionnelle de 200.000 F pour son fonctionnement, ainsi qu'une subvention de même montant pour ses besoins en investissement. Par ailleurs, je soulignerai que le Département de Paris finance à hauteur de 95.000 F un emploi local d'insertion.
Avec ces subventions, ces aides à la création d'emploi, le projet prend aujourd'hui une concrétisation économique dont nous nous réjouissons tous.
Celle-ci devra être parfaite par des conventions avec les bailleurs sociaux, et je tiens à dire que j'avais l'accord du Maire de Paris pour alerter les différents bailleurs sociaux qui interviennent dans ce quartier, que ce soit la S.E.M.E.A.-XV, et j'ai reçu un bon accueil de mon collègue Philippe GOUJON qui en préside les destinées, que ce soit l'O.P.A.C., la S.A.G.I. ou la R.I.V.P. Ce sont des partenaires indispensables pour la montée en puissance des activités de la régie. Ce partenariat, à la consolidation duquel nous avons beaucoup oeuvré, commence à se confirmer avec notamment la participation de l'O.P.A.C. de Paris. Il évoluera en fonction des besoins des bailleurs, mais également des demandes des habitants du quartier.
Les activités de la régie doivent être des activités de proximité réalisées par les habitants au service des habitants et concentrées sur la gestion urbaine.
Mais, c'est une nuance, pas une contradiction avec ce qui a été dit par les deux intervenants précédents, j'ai toujours eu la loyauté d'informer les initiateurs de la régie Amandines qu'ils doivent faire la preuve, pour le futur, de leur capacité à se développer à partir de leurs propres activités économiques car depuis que cette initiative est validée, nous avons d'autres demandes pour d'autres régies de quartier et d'autres dossiers sont déposés.
Je n'ai jamais caché, et c'est sans doute l'avis de Mme Nicole CATALA, que c'est au vu des résultats de cette première expérience, obtenus au terme d'un certain temps de fonctionnement, un an par exemple, que la Ville s'investira éventuellement dans de nouveaux projets.
Je sais que les responsables d'Amandines en sont conscients, ils savent qu'ils doivent faire la preuve de leur efficacité dans les prestations qui leur seront demandées, qu'ils ont un rôle social et économique, et je ne vous cache pas, car nous avons tous à cet égard de bonnes intentions, que nous souhaitons qu'au bout d'un certain temps - car il est normal qu'il y ait une période de démarrage, on ne peut pas demander aux gens d'être immédiatement opérationnels - la régie Amandines fasse preuve de son efficacité et génère, du fait de son succès, d'autres expériences et d'autres projets que la Ville pourra alors examiner positivement.
Voilà ce que je voulais dire sur ce sujet.
M. Philippe LAFAY, président. - Je donne la parole à Mme CATALA.
Mme Nicole CATALA, vice-président, au nom de la 7 Commission. - Merci, Monsieur le Président. Mes propos seront brefs.
Nous sommes en effet en présence d'un projet qui est à la fois nouveau puisque c'est la première régie de quartier qui va être créée dans Paris et ancien car il est à l'étude depuis près de deux ans, sinon plus longtemps encore.
Il est par ailleurs tout à fait inhabituel qu'un projet soit aussi consensuel, et je ne saurai que m'en réjouir, à la suite des différents intervenants qui ont exprimé leur satisfaction de voir aboutir la création de cette régie de quartier. Je m'en réjouirai avec eux, ajoutant qu'il s'agit d'un dispositif relativement lourd à faire fonctionner ; de plus, si l'on peut en attendre des effets fructueux et positifs, il faudra néanmoins veiller à ce que cette régie fonctionne bien et efficacement.
Je souhaite donc que nous portions un regard attentif sur son fonctionnement et son évolution et je souhaite que dans un an ou deux, nous puissions ensemble constater qu'elle a pleinement réussi.
Voilà simplement ce que je voulais dire, Monsieur le Président.
M. Philippe LAFAY, président. - Nous passons au vote.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAEE 26 G.
Quels sont ceux qui sont pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe des Indépendants s'étant abstenu, M. REVEAU ayant voté contre et Mme LOPEZ n'ayant pas pris part au vote. (1998, DAEE 26 G).