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Juillet 1998
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Conseil Général
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17 - 1998, ASES 68 G - Fixation de la participation prévisionnelle, pour 1998, du Département de Paris au financement de l'accompagnement social des malades du S.I.D.A. effectué par 3 associations conventionnées. - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de souscrire un avenant aux conventions signées avec lesdites associations

Débat/ Conseil général/ Juillet 1998


Mme Nicole CATALA, président. - Nous passons au projet de délibération ASES 68 G relatif au financement de l'accompagnement social des malades du S.I.D.A. effectué par 3 associations conventionnées, sur lequel j'ai un orateur inscrit, Mme HOFFMAN-RISPAL.
Je lui donne la parole.
Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL. - Merci, Madame la Présidente.
Mes chers collègues, nous examinons aujourd'hui une délibération fixant la participation prévisionnelle pour 1998 du Département de Paris au profit de trois associations conventionnées au titre de l'accompagnement social des malades du S.I.D.A. Il est bien évident que nous voterons ces subventions, mais vous me permettrez cependant d'émettre quelques réserves et de profiter de l'occasion pour vous poser quelques questions concernant la politique parisienne dans ce domaine.
Vous constatez tout au long du mémoire l'intérêt, le sérieux et même l'augmentation du volume des activités de ces associations, donc leur nécessité pour la collectivité parisienne. Les traitements médicaux ayant considérablement évolué ces deux dernières années, l'approche de la maladie, tant pour ceux qui en sont porteurs que de la part de leur entourage, a aussi beaucoup changé.
Dans le cas des malades - malheureusement ce n'est pas encore une généralité - qui supportent et profitent pleinement des traitements, c'est un accompagnement social vers un retour à la vie qui s'impose. Cela peut paraître paradoxal mais il est très difficile de réexister après avoir frôlé la mort et de retrouver l'envie de vivre, de travailler normalement ou presque.
Pour cela il faut que la ville de France et d'Europe la plus touchée par la maladie sache adapter ses propositions et son soutien aux associations qui suivent ces malades. Les demandes sociales sont de plus en plus nombreuses, mais les contributions par le biais du " Sidaction ", notamment, se font, elles de plus en plus rares.
Les réserves que j'avais à émettre tenaient essentiellement dans le fait que pour chacune des associations concernées aujourd'hui, malgré les efforts de gestion qu'elles fournissent et leur volume d'activité, les subventions attribuées ne varient pas malgré les demandes des intéressées et les besoins réels. Pour prendre un exemple " Vaincre le Sida " en particulier ne se voit accorder que 200.000 F sur les 300.000 F demandés et nécessaires. Hélas au mois de juin de cette année cette association a du licencier 9 salariés qui travaillaient au service d'accueil et de prévention.
Vous citez notamment le travail de la structure " Arc-en-ciel ", cependant nous ne trouvons pas de trace du projet " envol ", alors que vous étiez présent, au mois de février, lorsque cette structure l'a soumis en tant que projet innovant au titre de la réinsertion des malades médicalement stabilisés dans la vie active.
Dans la présentation du budget modificatif de fonctionnement du Département vous nous annoncez page 12 un abondement de crédits de 3,3 millions au profit d'associations de lutte contre l'infection au V.I.H., Mme PIN a cité ce matin ce chiffre dans les discussions budgétaires et n'a pas obtenu de réponse, à aucun moment vous ne nous précisez comment vous pensez utiliser cette augmentation de crédits.
En matière de réduction des risques d'autre part, soutiendriez-vous par exemple, à cette occasion, l'implantation ponctuelle d'un bus de " Médecins du monde " dans le 13e arrondissement, comme cette association en a fait la demande ?
Par ailleurs, il me semble souhaitable de recadrer, compte tenu des évolutions que j'évoquais tout à l'heure, une nouvelle politique de lutte contre le S.I.D.A. qui devrait à elle seule faire l'objet d'une communication devant notre Conseil.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste.).
Mme Nicole CATALA, président. - Merci, ma chère collègue.
Je donne la parole à M. LAFAY pour vous répondre.
M. Philippe LAFAY, vice-président, au nom de la 5e Commission. - Je vais vous rassurer tout de suite concernant la politique parisienne dans le domaine du S.I.D.A.
Le Département de Paris soutient depuis plusieurs années différentes associations qui consacrent leurs efforts à la lutte contre le S.I.D.A. par la prévention, l'information, le soutien sous différentes formes, l'accompagnement social des malades, des personnes atteintes du V.I.H., et cette action a reçu un nouvel élan depuis la signature avec l'Etat en 1996 d'une convention destinée à renforcer la mobilisation contre le S.I.D.A. et la toxicomanie ; en 1997 ce sont 18 millions de francs qui ont été attribués aux associations dont 2,9 au titre de leur action de prévention et 15,1 millions au titre de leur action d'accompagnement social et psychologique des malades.
Afin de permettre à ces associations d'inscrire leur action dans la durée sur la base d'objectifs précis, le Département leur a proposé de signer des conventions leur garantissant son soutien financier. C'est ainsi que plus de 50 conventions ont déjà été signées et que d'autres seront soumises prochainement à l'accord du Conseil de Paris.
S'agissant de la présente délibération elle a pour objet d'autoriser la signature d'avenants modifiant les conventions passées avec trois associations, et de fixer le montant de la participation départementale pour 1998. Les montants proposés sont identiques à ceux de 1997 dans la mesure où les associations enregistrent une certaine stagnation de leur activité. Nous devons nous en réjouir, médicalement parlant, notamment des résultats très positifs des nouveaux traitements contre le S.I.D.A. En ce qui concerne " Vaincre le Sida ", les résultats 1997 sont très contrastés puisque, si les demandes d'information, accueil, consultation sont en hausse, le nombre des consultations spécialisées est en baisse. En tout état de cause, les moyens mis en oeuvre par l'association notamment en ce qui concerne les personnels employés par ce service - une assistante sociale, une psychologue, un accueillant boutique - ne seront pas supérieurs en 1998 à ceux de 1997 et ne justifient pas une augmentation de la participation départementale.
Il convient enfin de rappeler que " Vaincre le Sida ", outre la subvention de 200.000 F qui fait l'objet de ce projet de délibération, reçoit d'autres aides très importantes de la part du Département. En 1997, celles-ci ont été de 1 million de francs pour le maintien à domicile, 930.000 F pour le portage des repas, 200.000 F pour le fonctionnement de 6 places en appartement thérapeutique, 400.000 F pour l'acquisition de la villa Amédée, 200.000 F pour les centres d'accueil du centre de la rue Voltaire.
Je vous remercie.
Mme Nicole CATALA, président. - Je vous remercie.
La parole est à Mme HERMANGE.
Mme Marie-Thérèse HERMANGE. - En ce qui concerne le débat sur le S.I.D.A., nous devons avoir la discussion concernant le rapport d'activité de l'A.P. - H.P. et, à cette occasion, puisque cela fait partie de la politique parisienne, nous pourrions donner quelques indications à nos collègues et vous pourrez constater que, même le Professeur ROZENBAUM, récemment dans un article qu'il a publié dans " Libération " expliquait que dans son service, il avait dû fermer 18 lits puisqu'il n'arrivait pas à les remplir actuellement.
Je tenais à apporter cette précision.
Mme Nicole CATALA, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 68 G.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. REVEAU s'étant abstenu. (1998, ASES 68 G).