Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Novembre 2007
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2007, Voeu déposé par le groupe Mouvement Démocrate relatif à la préservation de l’Imprimerie située 168, rue de Crimée dans le 19e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2007


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 66 dans le fascicule, déposé par le groupe Mouvement Démocrate, relatif à la préservation de l?Imprimerie située 168, rue de Crimée dans le 19e arrondissement.

Madame Violette BARANDA, vous avez la parole.

Mme Violette BARANDA. - Merci, Madame la Maire.

L?histoire de l?Imprimerie 168 est celle d?un lieu vivant emblématique de l?histoire du 19e arrondissement que nous redécouvrons grâce à l?association des artistes ?Kilowatts? qui l?occupe depuis près de 10 ans.

Les artistes ne s?y sont pas trompés, l?Imprimerie 168, rue de Crimée appelait la vie et demeurait encore en activité malgré son abandon.

Ce lieu nommé l?Imprimerie existe en effet depuis la fin du XIXe siècle. Elle se développa durant tout le XXe siècle, traversant les deux guerres mondiales et fut un chaînon important du développement industriel du nord de Paris. Cette imprimerie industrielle a représenté un pôle intense d?activité humaine dans notre quartier.

Au premier abord on ne la voit pas. Il faut traverser la cour intérieure du lotissement et même encore, là, vous ne pouvez pas la deviner tant elle est discrète au milieu des immeubles.

Il faut seulement entrer pour la découvrir, un lieu hors du temps, une sorte de théâtre élisabéthain riche de la mémoire de l?activité humaine.

Quand l?entreprise cessa son activité dans les années 80, cette parcelle fut rachetée par la Ville de Paris. Le plan de développement urbain s?est alors élaboré selon la logique implacable de la rentabilité et éliminant sur le papier purement et simplement cet espace.

Il est de notre responsabilité de dire : ?stop, nous commettons peut-être une erreur !? Lors de l?enquête publique, dernier maillon avant la validation de la démolition lancée en juillet en pleine période de vacances, les amis de l?Imprimerie alertèrent le commissaire enquêteur qui fit solliciter les avis d?un expert en architecture industrielle et des membres de la commission du Vieux Paris.

Suite à leur première impression une enquête complémentaire sur l?histoire de ce site a été demandée. En effet il semblerait que ce lieu se soit adapté régulièrement à diverses activités et que son histoire ne commence pas seulement dans les années 1880.

Avec un sous-sol et des caves voûtées, la légende du temps s?en est mêlée. Nous pensons que ce lieu est unique avec une aura architecturale, une mémoire exceptionnelle. Il fut conçu pour travailler ensemble et fut un lieu d?effort et de vie, un lieu de service de l?expression et de la communication entre les hommes. Il est, depuis 10 ans, un lieu de création artistique utilisé par des centaines d?artistes. Beaucoup s?y sont construits, certains exposent au Musée National. Avant eux il fut le lieu de répétition du jeune orchestre symphonique européen car il a une acoustique assez fantastique.

C?est pour vous dire combien ce lieu recèle d?attraction et de qualités. De nombreux événements culturels au rayonnement local et international ont réunit près de 80.000 visiteurs sur 10 ans.

Des évènements irradiant sur le quartier et bien au-delà, un lieu de rencontre et d?échange, un espace d?art, un lieu magique à taille humaine.

C?est pourquoi nous pensons que ce lieu doit être préservé, réhabilité et intégré au Plan de développement urbain, en lien avec le Plan de développement culturel du quartier. Au-delà de sa préservation et dans le contexte de développement des grands pôles institutionnels culturels, le 104, rue d?Aubervilliers, la nouvelle salle de concerts en projet à la Villette, nous pensons qu?il est temps de favoriser l?émergence de lieux passerelle, des équipements culturels intermédiaires de proximité d?une autre nature, qui rapprochent l?art de tous, sans discrimination.

C?est pourquoi, sur proposition de Violette BARANDA et des élus du Mouvement Démocrate, le Conseil de Paris émet le v?u qu?une étude sérieuse soit faite, afin que le bâtiment de cette ancienne imprimerie soit préservé et utilisé comme lieu pour le développement culturel de proximité et la création dans le 19e arrondissement.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.

Monsieur MANO, vous avez la parole.

M. Jean-Yves MANO, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Je crains fort de ne pas pouvoir suivre Mme BARANDA, bien que je comprenne la sensibilité au patrimoine et au lieu artistique, au lieu de création, fût-il squatté pendant un certain nombre d?années. Il se trouve que cet immeuble fait partie intégrante des immeubles de la Convention publique d?aménagement de la S.I.E.M.P., qui a déjà voté un certain nombre de délibérations, et notre Assemblée avec, pour y réaliser entre 29 et 32 logements sociaux et un local d?activités, à la fois par une partie de restructuration et une partie de construction neuve. Nous sommes là devant des choix que nous devons assumer de remettre en état un certain nombre de bâtiments et de développer le nombre de logements d?un parc social important, si utile aux Parisiens.

C?est pourquoi je ne peux souscrire au v?u qui nous est proposé.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Donc un avis défavorable.

Très bien ! Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par le groupe ?Les Verts?, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de voeu est rejetée.