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Novembre 2007
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2007, Vœu déposé par le groupe “Les Verts” relatif au relogement des familles expulsées de la Ferme Montsouris.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2007


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 63 dans le fascicule, déposé par le groupe ?Les Verts?. Ce v?u est relatif au relogement des familles expulsées de la Ferme Montsouris.

Je donne la parole à M. DUTREY sur le v?u n° 63.

M. René DUTREY. - Le 2 septembre 2005, s?est produit ce qui risque de se reproduire à Paris, aujourd?hui. A l?époque, Nicolas SARKOZY, Ministre de l?Intérieur, s?était engagé à vider 60 squats de la capitale, comme suite aux incendies qui étaient survenus.

Suite à cette annonce médiatique, très médiatique d?ailleurs car les premières expulsions se firent sous le feu des photographes et des caméras convoqués tôt le matin, il y eu 4 squats expulsés sur les 60 promis : David-d?Angers, dans le 19e arrondissement ; rue de la Tombe-Issoire ; un hôtel, avenue Jean-Jaurès ; enfin, une famille qui restait seule dans un immeuble. Il se trouve que c?est effectivement une des seules familles polygames parmi les familles recensées dans ces immeubles insalubres qui avaient été expulsées à grand renfort de médias. Bien sûr, l?engagement avait été de reloger les personnes ou de leur proposer des situations d?hébergement. Personne n?a été relogé.

Les situations ont perduré. Parmi ces 4 expulsions, les deux premières concernaient des opérations de promotion privées qui étaient bloquées par l?occupation de ces squats. On voit bien le cynisme qui a pu opérer à l?époque.

Il se trouve que les familles de la Tombe-Issoire avaient eu des garanties de la Préfecture et même des garanties de l?ambassadeur de Côte-d?Ivoire qui s?était déplacé à la demande, je crois, de la Préfecture de Police, pour essayer d?arranger les choses et de faire monter ces familles dans les autobus, devant cet immeuble.

Elles sont effectivement montées dans les autobus. Elles sont allées à l?hôtel ?Formule 1? et voilà deux ans qu?elles s?y trouvent. Leur situation est bloquée.

Il faut reconnaître que la Préfecture de Paris a relogé un certain nombre de ces familles, mais le reste est absolument naufragé dans cet hôtel. Un hôtel ?Formule 1?, vous voyez à peu près à quoi cela ressemble. C?est une salle de petit déjeuner avec un four à micro-ondes. Porte de Châtillon, un four à micro-ondes nourrit des dizaines de personnes dans les étages. D?ailleurs, un étage est presque exclusivement occupé par des familles.

Cette situation dure depuis trop longtemps ; ce n?est pas un cas unique. Je suis bien conscient qu?il y a d?autres personnes à l?hôtel. Mais cela fait deux ans et je crois que maintenant, vu que la Préfecture a rempli, je dirais, une part du relogement, il serait important que la Ville de Paris puisse remplir une autre part et que nous sortions de cette situation.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.

Vous avez la parole, Monsieur MANO.

M. Jean-Yves MANO, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Oui, M. DUTREY rappelle le contexte de l?époque. Et dans le contexte de l?époque, la Ville de Paris était très engagée dans le relogement en grand nombre de familles en danger dans des immeubles à risque. Et nous avions opéré une répartition entre les différents réservataires, Préfecture de Paris et Ville de Paris, sur qui faisait quoi. Et la Ville de Paris n?a pris aucun engagement, je le précise, sur la rue de la Tombe-Issoire.

La Ville de Paris était confrontée, est confrontée à différentes priorités de règlement d?un certain nombre de dossiers compliqués.

Et vous pourriez rajouter, Monsieur DUTREY, dans les opérations potentielles d?évacuation, un immeuble du 19e arrondissement où à 6 heures du matin je me trouvais avec le maire du 19e, puisqu?on nous promettait une évacuation. L?évacuation n?a pas eu lieu et nous avons relogé la totalité de cet immeuble, important en relogement.

Nous sommes face effectivement à un grand nombre de priorités et je vous rappelle, mais vous le savez d?ailleurs parce que si je lis le texte que vous nous proposez : ?Aussi le Conseil de Paris émet le voeu que le Maire de Paris intervienne de manière à relancer le processus de relogement engagé à la Préfecture de Paris?, donc vous vous adressez bien dans le v?u à la Préfecture de Paris. Et vous avez raison car la Préfecture de Paris s?est engagée, sur cette adresse, à assumer les relogements sur le territoire parisien ou hors du territoire parisien d?ailleurs, il faut bien le reconnaître, mais je crois que la responsabilité en revient à la Préfecture de Paris et non à la Ville de Paris.

Je rajouterai de plus que bien évidemment tous ceux-ci à vos yeux sont prioritaires, je le comprends, mais? prioritaire de la Tombe-Issoire, prioritaire de la rue Godefroy Cavaignac, prioritaire de la rue de la Banque, prioritaire de tous les immeubles de toutes les familles qui sont à l?hôtel meublé avec enfants, et je vous rappelle qu?il y en a mille. Nous comprenons à ce moment-là que les priorités succèdent aux priorités, donc plus personne ne devient effectivement prioritaire, d?où nos difficultés.

Je voterai bien volontiers ce v?u puisque vous vous adressez, comme nécessaire, à la Préfecture. Je pense que nous relancerons le débat et je ne doute pas que dans le cadre de la loi Dalo, bien évidemment la Préfecture exercera ses responsabilités.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de voeu déposé par le groupe ?Les Verts?, avec un avis favorable de l?exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de voeu est adopté. (2007, V. 292).