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Novembre 2007
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2007, SG 188 - Adhésion de la Ville de Paris à l’association “Orbival, un métro pour la banlieue” et versement de la cotisation 2007.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2007


 

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen du projet de délibération SG 188 relatif à l?adhésion de la Ville de Paris à l?association ?Orbival, un métro pour la banlieue? et versement de la cotisation 2007.

Monsieur VUILLERMOZ, vous êtes inscrit, vous avez la parole.

M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

Effectivement, nous nous réjouissons que la Ville de Paris adhère à l?Association Orbival ?un métro pour la banlieue?.

Le développement des transports de rocade en petite couronne est essentiel pour permettre aux Franciliens d?effectuer des trajets de banlieue à banlieue sans passer par Paris et donc soulager le réseau parisien qui atteindra très prochainement la saturation.

La rocade de métro est inscrite au Plan de déplacements de Paris, ainsi qu?au schéma directeur de la Région Ile-de-France. Pour l?heure, les tracés restent encore très incertains.

Dans le Val-de-Marne, les choses semblent avancer un peu plus rapidement qu?ailleurs grâce à la mobilisation des élus locaux mais aussi de l?Association Orbival, pour laquelle nous apportons aujourd?hui notre soutien. Mais il ne faut pas cependant penser que le sud-est de l?agglomération est le seul secteur prioritaire. En effet, nous avons pu en débattre hier au sujet de Clichy Batignolles. Dans ce secteur aussi, l?arrivée d?une rocade de métro est beaucoup attendue et améliorerait de façon très significative la mobilité, la fluidité, l?accessibilité de ces quartiers.

Je le dis, mais tout le monde le sait, que le prolongement du tramway, pour lequel finalement j?ai voté, n?apportera pas plus de confort sur la ligne 13, au contraire il risque d?envenimer encore les choses puisqu?il apportera plus de monde. Par contre, c?est clair qu?il améliorera la desserte du quartier. Mais par rapport à la ligne 13, ce sera plutôt négatif que positif.

Il faut avancer de façon urgente et concomitante sur tous ces fronts et boucler le plutôt possible cette rocade autour de Paris. C?est un enjeu majeur du S.D.R.I.F. Comme Paris, la plupart des collectivités locales de la zone dense sont mobilisées pour ouvrir de nouveaux secteurs à l?urbanisation. Et on observe un certain consensus quant à l?idée de favoriser une ville compacte plutôt qu?étale.

Il y a en revanche des difficultés sérieuses à coordonner ces opérations avec un vaste plan de développement des transports en commun. Les collectivités locales ne peuvent, à elles seules, faire face à de tels défis si des financements ne sont pas trouvés rapidement. Or, l?Etat, malgré les grandes déclarations formulées dans le cadre du Grenelle de l?Environnement, n?a pour l?heure apporté aucune solution pour financer les transports en commun en Ile-de-France. Au-delà des discours, il faut des prises de décision. Et il faut bien le dire : l?avenir de l?Ile-de-France en dépend.

La commission d?enquête relative à la modification du P.L.U. dans le secteur Clichy Batignolles a soulevé une recommandation qui pourrait être valable pour l?ensemble de la zone dense. Il est nécessaire de coordonner la livraison de logements et de bureaux avec celle des nouveaux transports en commun.

Etant donné que la densification du c?ur de l?agglomération est au c?ur du projet de S.D.R.I.F., la création d?une rocade de métro est absolument indispensable. L?Ile-de-France ne peut plus attendre des décisions et des financements qui n?arrivent jamais. Il y a une réelle urgence, compte tenu du retard de construction et de la crise du logement. Il faut impérativement lancer dès aujourd?hui ce projet tant attendu par les Franciliens. En effet, il faut, certes, construire des logements mais aussi prévoir les transports en commun qui vont avec et ne pas attendre de découvrir une autre crise qui menace l?Ile-de-France, celle de la mobilité.

Au final, nous soutenons fortement l?association Orbival dans sa démarche et nous espérons qu?avec l?ensemble des acteurs de l?Ile-de-France, nous pourrons être en position de force pour obtenir à partir de financements de l?Etat, cette rocade attendue depuis tant d?années et qui permettrait de redynamiser fortement l?Ile-de-France.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.

Madame DOUVIN, vous avez la parole.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais relever une phrase de l?exposé des motifs, qui nous semble particulièrement intéressante, je cite : ?Les infrastructures de transports collectifs en rocade, les plus lacunaires actuellement, doivent être particulièrement privilégiées?. Enfin, on aborde les vrais problèmes de fond et les vraies causes des encombrements dans Paris ; la saturation des réseaux routiers, et l?engorgement du trafic sur les lignes radiales, métro et R.E.R., dont le niveau de saturation atteint des limites qui ne sont pas conformes au standing d?une capitale comme Paris. Nous arrivons enfin au niveau correspondant à la situation, loin de la polarisation parisienne du Maire sur les couloirs de bus ou le tramway, qui ont monopolisé tous les crédits au profit de la circulation de surface, secondaire dans le nombre des déplacements.

Nous ne pouvons donc qu?approuver cette subvention à l?association Orbival, en espérant qu?elle soit le signe annonciateur d?une nouvelle politique d?ouverture avec la banlieue, je veux parler d?une ouverture réelle avant les décisions et non après. Pas des effets d?annonces régulières du Maire de Paris sur la Conférence métropolitaine après qu?il ait décidé seul !

Je terminerai en disant qu?il est révélateur de voir qu?un projet comme Orbival, en apportant dans la zone dense une infrastructure nouvelle de rocade reliée aux différentes radiales, trouve un soutien unanime sur tous les bancs du Conseil général du Val-de-Marne. Cela prouve donc qu?un bon projet de transport peut trouver l?unanimité sans être sujet à des polémiques. Nous sommes là, Monsieur le Maire, dans les vraies priorités et je m?en réjouis.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.

Madame BELLENGER, vous avez la parole.

Mme Geneviève BELLENGER. - Merci, Monsieur le Maire.

Effectivement, l?adhésion de Paris à l?association Orbival, métro pour la banlieue, mérite d?être signalée. Car elle manifeste, une fois de plus, que pour une municipalité de gauche, porter l?écologie urbaine ne s?arrête pas au verbe, contrairement à ce que Mme DOUVIN croit.

Cela s?inscrit dans des réalités concrètes, comme nous l?avons fait depuis 2001, en solidarité avec les territoires franciliens, comme le financement du S.T.I.F. à hauteur de 30 %, notre participation au financement du prolongement des tramways T1 et T2 en banlieue, le vaste programme d?amélioration des transports publics parisiens, qu?il s?agisse du T3 ou des bus du réseau régional Mobilien, dont la fréquentation correspond à 60 % des usagers venant de banlieues. Ce qui se traduit effectivement depuis 2001 par une augmentation du budget de 50 % par rapport à l?ancienne mandature, en termes de milliards, un vrai changement d?air qui n?a pas attendu le Grenelle de l?Environnement.

C?est tout le sens de notre adhésion à l?association Orbival comme partenaire actif aux côtés de l?ensemble des élus du Val de Marne, des Villes de Bobigny et de Malakoff, afin de réussir à mobiliser les engagements politiques et financiers nécessaires à la réalisation de ce premier maillon, d?un projet global intégré de transports, celui d?une rocade de métro en petite couronne, inscrit dans notre Plan de déplacements parisien et au Schéma directeur d?Ile-de-France que nous soutenons.

Long de 20 kilomètres, reliant Arcueil, Cachan, Fontenay-sous-Bois, connecté à cinq lignes de RER A, B, C, D et E, à trois lignes de métro, 7, 8 et 1 et au tramway, permettant d?accueillir 250.000 voyageurs par jour, de réduire de 40.000 à 50.000 le nombre de voitures circulant tous les jours dans ce département et de réduire ainsi la pollution de l?agglomération, dont on sait qu?elle ne connaît pas de frontières administratives, soit 28.000 tonnes de gaz à effet de serre par an, une situation de pollution chronique qui fait peser des risques croissants sur la santé publique, le climat et la qualité de vie de nos concitoyens.

Soutenir l?association Orbival, c?est aussi se donner les moyens pour que ce premier tronçon se réalise dès 2015. Depuis la Conférence métropolitaine en 2006, il n?est plus possible, en toute responsabilité, d?ignorer, grâce à l?étude prospective de l?A.P.U.R., que la demande de déplacements sera d?ici 2020 en hausse de plus de 15 % dans les liaisons banlieue/banlieue, liaisons qui se font aujourd?hui à hauteur de 80 % en véhicules motorisés, le plus souvent en solo, faute d?une liaison de rocade de qualité. Ce qui oblige les franciliens vertueux et responsables, ceux qui prennent les transports en commun, à des conditions d?inconfort et de fatigue, alors que ce sont eux que nous devrions valoriser.

D?où l?exigeante nécessité politique de répondre à l?évolution globale des déplacements en portant la réalisation d?une infrastructure structurante qui constitue un véritable saut qualitatif de l?offre en transports en commun, une offre à la hauteur des enjeux sociaux, environnementaux et économiques, pour le Val-de-Marne et pour Paris. L?adhésion de Paris à Orbival l?atteste.

Aussi, au nom des élus du groupe socialiste et radical de gauche, nous interpellons l?Etat pour, qu?au-delà des bonnes intentions, et afin que la fiscalité écologique annoncée ne soit pas une mystification de plus pour boucher les trous que le Gouvernement a creusé avec le paquet fiscal, sorte du Grenelle de l?Environnement un plan d?urgence pour les transports en Ile-de-France, évalué à 27 milliards d?euros, loin des quelques centaines de millions d?euros annoncés, ce qui représente des moyens financiers dérisoires face aux défis écologiques d?aujourd?hui.

Il n?est pas question que les collectivités locales tiennent seules les engagements d?un Etat défaillant et irresponsable, où l?écologie, qu?on pourrait appeler ?bouclier du développement humain?, n?aurait que l?aura du verbe et de l?image, les élus parisiens ayant confirmé par la voix de son maire, malgré le silence pesant de l?Etat sur plusieurs projets, qu?ils étaient prêts à engager les démarches contractuelles dans un cadre transparent où les responsabilités respectives sont engagées et respectées. Un v?u pieux ? L?avenir proche le dira !

Merci.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Madame BELLENGER.

La parole est à Monsieur BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - -Merci, Monsieur le Maire.

Comme dirait Mme DOUVIN, qu?est-ce que c?est reposant quand les polémiques politiciennes s?arrêtent ! En effet, cela fait plaisir de voir qu?elles s?arrêtent enfin sur les questions de transports collectifs. Mme DOUVIN dit ?enfin? par rapport à ce projet de rocade ; il a fallu attendre la décentralisation des transports collectifs pour ?enfin? que des collectivités aient la main en matière d?extension des réseaux de transports collectifs, et qu?avec le Conseil régional, nous décidions de donner un coup de ?booster? à ces projets.

Ce n?est pas une surprise pour nous, qui portions des projets comme ceux-là depuis longtemps, mais c?est peut-être une surprise pour vous de constater qu?une fois que ce n?est plus l?Etat qui est en compétence sur ces dossiers, ils peuvent enfin progresser.

Ceci étant, M. VUILLERMOZ a raison de souligner à quel point la nécessité, après avoir fait des études et des projets, ce sera de financer. La question va donc être posée. Il y a eu un Grenelle de l?Environnement, on a tous constaté qu?à ce Grenelle de l?Environnement, il était décidé de mettre des crédits pour les transports collectifs sauf en Ile-de-France.

Il va falloir nous expliquer. Si les investissements en matière de transport en Ile-de-France, c?est simplement l?enfouissement de la R.N. 13 à Neuilly, cela va faire juste pour améliorer les transports collectifs.

Sachons juste que le coût de l?enfouissement de la R.N. 13 à Neuilly, c?est un quart du financement de la rocade de métro. Il va peut-être falloir mettre en place des décisions, en fonction des besoins prioritaires, et constater qu?enfouir des voitures, c?est peut-être un petit peu moins prioritaire que le fait de les remplacer par les transports collectifs.

Je voudrais apporter une précision. Contrairement à ce que M. VUILLERMOZ semble penser, l?extension du tramway T3 ne renforcerait pas la fréquentation de la ligne 13, mais la diminuerait. C?est en tout cas ce que démontrent les études effectuées par la R.A.T.P.

Ce sont des projets qu?il ne faut pas opposer. Ce sont des projets complémentaires. Nous avons besoin d?investir beaucoup plus pour les transports collectifs. A Londres, à Madrid, on investit quatre fois plus qu?en Ile-de-France. Si on veut réussir à avoir un réseau de transports collectifs performant comme l?a rappelé Mme BELLENGER, à la hauteur des enjeux nécessaires aujourd?hui, il faut travailler sur des projets comme celui d?Orbival et, demain, y consacrer les moyens financiers.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 188.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2007, SG 188).