Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Novembre 2007
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

I - Question d’actualité posée par le groupe socialiste et radical de gauche à M. le Maire de Paris relative à la situation du logement en France.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2007


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - D?abord, nous passons à la question d?actualité de Mme Annick LEPETIT pour le groupe socialiste et radical de gauche.

La parole est à Mme LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT. - Monsieur le Maire,

La situation du logement en France est catastrophique. C?est la ministre du Logement et de la Ville Christine Boutin qui l?a déclaré par deux fois la semaine dernière.

En effet, la crise du logement est sans précédent. Il y a dans notre pays 1,5 million de demandeurs de logement, 3,2 millions de personnes pas logées ou mal logées.

Même s?il n?est jamais trop tard pour les prises de conscience, nous savons tous que depuis 2002, la politique nationale du logement a d?abord privilégié des dispositifs fiscaux comme le ?de Robien? qui encourage la spéculation et coûte très cher à l?Etat plutôt que de faire appliquer fermement l?article 55 de la loi SRU qui oblige la construction de logements sociaux équitablement répartis sur tout le territoire.

A Paris, Monsieur le Maire, vous avez décidé de mener une politique volontaire, ambitieuse et vous n?avez pas attendu 2007, comme certains, pour découvrir qu?il y avait une crise du logement.

Ce sont ainsi 30.000 logements sociaux qui ont été financés depuis le début de la mandature. De plus, la Ville de Paris s?est engagée fortement contre la résorption de l?habitat indigne. 1.200 immeubles insalubres ont été recensés depuis 2002, contre 136 sous l?ancienne mandature, je vous le signale, Madame de PANAFIEU, et sont donc en cours de réhabilitation. 70 hôtels ont déjà été transformés en logement social et 19.000 personnes ont déjà été relogées.

Les classes moyennes ont aussi des difficultés à se loger. La Ville les aide via la SIEMP ou encore le Prêt Paris Logement à 0 % qui d?ici la fin de l?année aura permis à 6.000 ménages de devenir propriétaires.

Je pourrais ajouter les immeubles achetées par la Ville pour lutter contre les ventes à la découpe : sur ce point, nous aurions voulu davantage d?outils pour pouvoir s?opposer à l?éviction des locataires en place mais l?UMP à l?Assemblée Nationale l?a refusé malgré notre proposition de loi.

Pour endiguer la crise du logement, il faut l?engagement de tous et en premier celui de l?Etat. Qu?attendez-vous concrètement de l?Etat, Monsieur le Maire, et pouvez-vous nous expliquer le contenu de votre proposition d?une conférence régionale de l?hébergement ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Je donne la parole à Jean-Yves MANO.

M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Madame, chers collègues, le constat que vous faites de la situation du logement dans notre pays correspond hélas à la réalité.

Oui, il y a des difficultés indéniables de logement dans notre pays et il est clair que les mesures ou les annonces successives ne sauraient suffire à endiguer la crise actuelle. D?ailleurs, au niveau des chiffres nationaux, il faudrait un jour en parler.

120.000 logements sociaux nouveaux sont, en effet, annoncés très régulièrement mais la réalité est bien évidemment différente.

Pourquoi ? Parce que nous devrions parler de solde net. Dans le même temps où potentiellement on arriverait un jour à financer 120.000 logements sociaux, il faudrait déduire les 42.000 qui sont déduits. Et si j?en crois la volonté présidentielle, il faudra bientôt enlever de ce stock les 40.000 logements sociaux qui pourraient être, paraît-il, vendus à leurs occupants.

Ce qui veut dire que par rapport à la crise et l?énorme demande, le solde net de propositions nouvelles en logement serait de 42.000. La Ville de Paris ne s?inscrit pas dans cette démarche extrêmement restrictive. Bien au contraire, puisque nous, nous avons? dès l?année 2007, nous financerons au cours de cette année-là 6.000 logements sociaux.

Et d?ailleurs, pour que votre information soit complète, sachez que malgré cet élan, paraît-il annoncé en haut lieu, le nombre de logements sociaux financés sur l?Ile-de-France en 2007 sera inférieur à ce qui s?était fait en 2006. Voilà la réalité de la dynamique, paraît-il, apportée par Mme BOUTIN ou M. BORLOO précédemment.

Sur un aspect particulier des choses, sur l?aspect des logements d?urgence, oui, nous avons réclamé et le Maire de Paris a réclamé, à corps et à cris, la tenue d?une conférence pour l?hébergement d?urgence. C?est la moindre des choses car Paris concentre 60 % du logement d?urgence de l?Ile-de-France et ne saurait, à lui seul, résoudre la totalité des problèmes.

Alors qu?est-ce que nous demandons ? Nous demandons simplement l?application réelle de la loi Dalo qui prévoit, dans l?article 2, la production de places d?hébergement d?urgence supplémentaires. Et nous souhaitons cette conférence pour mettre à plat les engagements précis des communes et, j?espère, la volonté politique exprimée par le préfet de région qui imposera aux communes de l?Ile-de-France la construction de logements d?hébergement d?urgence, non pas en fonction des besoins exprimés sur le plan local mais de façon proportionnelle à leur population pour que la solidarité régionale sur le logement d?urgence s?exerce sur la totalité du territoire.

Voilà ce que nous attendons de concret de la réunion que nous réclamons à corps et à cris. Et de la même façon, nous attendons qu?au-delà des incantations, des supplications de Mme BOUTIN, l?Etat ait les moyens à la fois de développer la création des logements d?urgence et également de les faire fonctionner car aujourd?hui les logements d?urgence se reposent essentiellement sur la volonté associative et? qui quémande régulièrement des enveloppes complémentaires pour gérer ces immeubles-là, ces ensembles-là. Aujourd?hui, nous n?avons aucune garantie que la gestion des ensembles ne reposera pas demain sur les collectivités locales ; ce qui est inadmissible.

Voilà, il y a urgence effectivement. Les gens qui sont dans la rue le savent, les médias sont mobilisés, nous le savons tous les jours, et pour autant, nous, Ville de Paris, nous faisons notre boulot, y compris dans la convention que nous avons signée avec l?Etat puisque nous nous engageons à 350 logements d?urgence supplémentaires par an pour les prochaines années.

Voilà la réponse concrète de la Ville de Paris. Voilà ce que nous attendons de la part de l?Etat.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.